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Sujet 1

Le désir est-il la marque de notre imperfection ?

Sujet 2

Éprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ?

Sujet 3

Expliquez le texte suivant :

Tous les phénomènes de la société sont des phénomènes de la nature humaine, produits par l'action des circonstances extérieures sur des masses d'êtres humains. Si donc les phénomènes de la pensée, du sentiment, de l'activité humaine, sont assujettis à des lois fixes, les phénomènes de la société doivent aussi être régis par des lois fixes, conséquences des précédentes. Nous ne pouvons espérer, il est vrai, que ces lois, lors même que nous les connaîtrions d'une manière aussi complète et avec autant de certitude que celles de l'astronomie, nous mettent jamais en état de prédire l'histoire de la société, comme celle des phénomènes célestes, pour des milliers d'années à venir. Mais la différence de certitude n'est pas dans les lois elles-mêmes, elle est dans les données auxquelles ces lois doivent être appliquées. En astronomie, les causes qui influent sur le résultat sont peu nombreuses ; elles changent peu, et toujours d'après des lois connues. Nous pouvons constater ce qu'elles sont maintenant, et par là déterminer ce qu'elles seront à une époque quelconque d'un lointain avenir. Les données, en astronomie, sont donc aussi certaines que les lois elles-mêmes. Au contraire, les circonstances qui influent sur la condition et la marche de la société sont innombrables, et changent perpétuellement ; et quoique tous ces changements aient des causes et, par conséquent des lois, la multitude des causes est telle qu'elle défie nos capacités limitées de calcul. Ajoutez que l'impossibilité d'appliquer des nombres précis à des faits de cette nature mettrait une limite infranchissable à la possibilité de les calculer à l'avance, lors même que les capacités de l'intelligence humaine seraient à la hauteur de la tâche.

MILL, Système de logique, 1843

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question. 

 

Le désir est-il la marque de notre imperfection ?

 

Distinctions conceptuelles

Désir / besoin

Imperfection / inachèvement

Le questionnement s’organise autour de la relation entre le désir et l’achèvement humain

Reformulation du sujet : manquer de quelque chose, est-ce être imparfait ?

Problématisation : le sujet suggère d’une part que manquer de quelque chose, c’est-à-dire le désirer, c’est être imparfait. Mais d’autre part on peut distinguer désir et besoin et voir le désir comme le moteur de l’action, voire comme constitutif de l’existence humaine elle-même.

Plan possible :

I- Oui, le désir marque notre imperfection, car désirer c’est ne pas avoir

A/ Leibniz définit le désir comme une inquiétude produite par l’absence d’une chose. Par là-même il est signe d’imperfection.

B/ Le désir est un manque. Quand on désire quelque chose c’est qu’on ne le possède pas. Pour Schoppenhauer ce manque engendre de la souffrance. Or souffrir n’a jamais été une marque de perfection : le désir marque donc notre imperfection.

C/ On peut également voir le désir comme un écart, un pas dans le réel. Pour Descartes le désir c’est l’écart entre notre nature imparfaite et l’idée d’un Dieu parfait. C’est donc une tension vers un idéal jamais atteignable, et une marque d’inachèvement, d’imperfection.

II- Mais il faut distinguer désir et besoin : le désir n’est pas tant un manque, une marque d’imperfection, qu’une incitation à l’action, au mouvement.

A/ Dans la Lettre à Ménécée, Epicure distingue plusieurs types de désirs : naturels, non-naturels, naturels et nécessaires, naturels et non nécessaires, etc. Il faut donc bien veiller à distinguer désir et besoin, non-nécessaire et nécessaire. Le manque de quelque chose de non-nécessaire marque moins l’imperfection que le manque de quelque chose de nécessaire (le besoin).

B/ Le désir est une quête, une marche en avant. Pour Platon le désir, entendu comme désir amoureux, c’est la quête de la totalité perdue (Le Banquet). Ainsi il est mise en branle de l’action et non immobilité imparfaite.

C/ Avec Deleuze on peut même voir que le désir est ce qui produit le réel et étreint la vie. Non pas imperfection mais mouvement, et même production du réel. Le désir ne nous stoppe pas mais nous rend plus actifs, et donc plus en quête de perfection. En aucun cas il ne marque l’imperfection.

III- On peut même dire, en allant plus loin, que le désir et le mouvement qui le constitue est ce qui nous rend humains

A/ L’inquiétude est aiguillon de l’action. Pour Spinoza, l’effort de soi pour persévérer dans son être le conatus) est ce qui définit le désir : c’est ce qui fait l’essence même de l’homme. L’homme est désir et se définit par son mouvement, sa quête, son action, son effort. C’est la recherche de la perfection qui le rend parfait.

B/ On ne peut pas lire le monde de manière figée. Si on cherche à trop catégoriser le monde on l’immobilise. Pour Bergson (et Nietzsche avant lui) il faut comprendre le monde (et l’humain) à partir du mouvement. Le désir permet à l’homme de toujours continuer à se définir en chemin, de ne jamais se prendre pour acquis. Finalement c’est le perpétuel inachèvement de l’homme qui fait non pas son imperfection mais sa perfection.

C/ Le vrai bonheur, c’est d’accepter le désir, et de ne pas chercher à le refouler. Accepter le manque non pas comme cruauté mais comme incitation à vivre et à continuer à chercher des moyens de mieux vivre, et d’être heureux.

 

Eprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ?

 

Distinctions conceptuelles

Juste → légal / légitime

Eprouver / savoir

Le raisonnement s’articule autour du rapport entre la sensation et la connaissance, entre la légitimité et la légalité.

Reformulation : faut-il vivre l’injustice pour voir la justice ?

Problématisation : le sujet suggère d’une part que la connaissance justice n’a pas à se référer au sentiment d’injustice. D’autre part cependant on peut voir que la justice repose tout autant sur un ressenti que la justice, qui peut se comprendre soit comme légitimité, soit comme légalité.

Plan possible

I- Il n’est pas nécessaire d’éprouver l’injustice pour connaître la justice puisque la justice se connaît par la loi

A/ La loi pose le juste et l’injuste, le permis et l’interdit. Elle est ce qui permet à nos sociétés de vivre hors d’un état de guerre permanent. C’est la loi qui nous permet de savoir ce qui est juste.

B/ La loi est ce qui corrige l’injuste : pas besoin donc de l’éprouver puisqu’il est supposé être annulé par la loi. Pour Machiavel par exemple la loi suppose la méchanceté humaine (donc l’injustice) et cherche à y remédier.

C/ C’est la loi qui nous permet de juger les injustices, et non l’inverse. Le code pénal par exemple repère les injustices et leur associe des peines.

II- Il faut distinguer le légal et le légitime : la loi elle-même peut être injuste, et en ce cas il faut bien passer par le ressenti de son injustice pour le voir.

A/ La loi est la mise en forme de la raison humaine (Montesquieu). Elle est censée être parfaite, mais l’homme n’est jamais parfait ; elle peut donc bien comporter des injustices.

B/ Il faut distinguer le droit positif et le droit naturel, tout comme la légalité de la légitimité. Une loi peut être juste du point de vue de la loi positive (le code pénal par exemple) mais injuste du point de vue du droit naturel (le droit que j’ai en tant qu’humain avant d’être citoyen). Pour Léo Strauss ainsi une loi qui ne respecte pas les valeurs humaines (lois naturelles) ne mérite pas d’être appelée juste.

C/ La loi est légitime si elle respecte la dignité humaine. Sinon, mieux vaut pas de loi du tout : les hommes gouvernés par eux-mêmes seront toujours plus libres que sous le joug d’une mauvaise loi. C’est la théorie d’un homme comme Proudhon. Dans ce cas il faut bien ressentir l’injustice pour voir où se situe la justice.

III- Le sentiment d’injustice est ce à l’aune de quoi on repère la justice. Mais a-t-on besoin de le ressentir en première personne ?

A/ Pour savoir ce qui est juste je me fie à mon ressenti d’injustice. Selon la conception kantienne de la morale par exemple, je sais qu’il est injuste que je sois traité comme un moyen et non comme une fin, puisque les hommes doivent être traités comme des fins.

B/ On n’a pas forcément besoin d’éprouver l’injustice pour soi pour voir la justice. L’empathie par exemple, et l’intersubjectivité qui lui est liée, permettent de reconnaître dans l’autre un autre homme (Sartre) et donc de ressentir le cri de la justice au vu de l’injustice que lui-même subit. C’est ce qu’on a pu observer par exemple pendant le siècle des Lumières, lorsque les philosophes des Lumières s’indignaient contre l’injustice de l’esclavage. L’injustice vécue par les autres leur permettait de voir la justice.
 

Explication de texte S

 

Distinctions conceptuelles :

Sciences dures / sciences molles (scientificité / société)

Problématique : quelle est la différence entre les phénomènes de la société et les phénomènes scientifiques ?

Idée principale : les phénomènes de la société sont par nature imprévisibles et incertains, tandis que les phénomènes scientifiques peuvent être connus avec certitude

Plan : le plan se compose ici de deux parties. La première partie, qui va jusqu’à « pour des milliers d’années à venir », expose les deux différents types de phénomènes (sociaux / scientifiques). La deuxième partie, de « Mais la différence de certitude » jusqu’à la fin, présente les différences entre ces deux phénomènes.

I- phénomènes sociaux et phénomènes scientifiques

A/ Les phénomènes sociaux (jusqu’à « conséquences des précédentes »). Dans un premier temps de la première partie, Mill explique ce que sont les phénomènes de la société. Ce sont les phénomènes qui découlent des comportements humains. Ces phénomènes peuvent, dans une certaine mesure, être connus par des « lois fixes ». La nature humaine n’est pas pure imprévisibilité. Elle peut être connue avec rigueur, avec une certaine forme de scientificité : c’est une science dite « molle », c’est-à-dire une science sociale.

B/ (jusqu’à « des milliers d’années à venir). Si Mill nous dit que les phénomènes de la société peuvent être connus avec une certaine forme de rigueur, il nous met néanmoins en garde : la science sociale n’est pas une science « dure », semblable aux mathématiques ou, pour reprendre son exemple, à l’astronomie. L’astronomie est une science exacte, qui permet de « prédire » les « phénomènes célestes pour des milliers d’années à venir ». Elle peut être théorisée, calculée, appliquée avec exactitude et certitude. La science de la société à l’inverse, si elle permet de mieux comprendre certains phénomènes sociaux, ne permet pas cette certitude.

II- La différence de certitude

A/ Il faut cependant bien voir où se situe la différence entre la certitude permise par l’étude des étoiles et la certitude permise par l’étude des phénomènes de société (jusqu’à « doivent être appliquées »). Elle ne se situe pas au niveau des « lois elles-mêmes » mais au niveau des données auxquelles ces lois s’appliquent. Ici il faut faire attention à bien expliquer cette phrase, essentielle pour la compréhension globale du texte. Pour Mill il s’agit de dire que les lois sont immuables et fixes, quelles qu’elles soient. Le facteur de variabilité ici est le phénomène que ces lois permettent de comprendre : les hommes sont changeants, incertains. Les étoiles non.

B/ Les données astrologiques (jusqu’à « les lois elles-mêmes »). Dans cette partie du texte Mill explique pourquoi les données astrologiques sont aussi certaines que les lois elles-mêmes. L’idée importante à retenir est que les causes qui influencent ces données ne changent pas, ou très peu, et sont peu nombreuses. Il n’y a pas une grande pluralité de facteurs à prendre en considération pour comprendre l’évolution des phénomènes astrologiques.

C/ Les données sociales (de « au contraire » à la fin du texte). Il faut voir ici que les causes qui influencent les phénomènes sociaux sont multiples et très évolutives, liées à l’imprévisibilité humaine et à ses affects. « La multitude des causes est telle qu’elle défie nos capacités limitées de calcul ». Avec les données qu’il possède, l’homme ne peut pas faire de la science des phénomènes de société une science exacte et de prévision : il n’a pas une vue assez large, une intelligence assez grande.

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Date de dernière mise à jour : 18/06/2018