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BAC PRO 2018 METROPOLE

Les sujets du bac pro en français : session de juin métropole 

 

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Évaluation des compétences de lecture (10 points)

 

Évaluation des compétences d'écriture (10 points)

 

 

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SESSION 2018 BACCALAURÉAT PROFESSIONNEL

ÉPREUVE DE FRANÇAIS DE LA SESSION DE JUIN EN METROPOLE

(L’usage du dictionnaire et de la calculatrice est interdit)

 

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Objet d’étude : Identité et diversité



Texte 1 : Pull-over

Les vêtements retiennent la mémoire de ceux qui les ont portés, puis s’en séparent un jour, sans prévenir, avec une brutalité qui est la marque des choses. Il y a une trahison des matières bien pire que celles dont les hommes peuvent se rendre coupables. Nous portons sur nos corps des linges, des laines, des fourrures qui nous connaissent au plus intime, qui nous respirent et nous ressemblent, au creux desquels nous laissons le parfum de notre peau, son empreinte olfactive1 et sa respiration. Je garde ainsi un vieux pull-over que mon Oncle Dédé porte quand il vient dans notre maison pour travailler. Journée de dix heures côte à côte, entre poussière, gravats, plâtre, mortier, Gauloises bleues2 et bières partagées. C’est la deuxième maison dans laquelle nous travaillons ainsi. La première, nous l’avons refaite à trois. Mon beau-père Iaschou en maître d’oeuvre. Mon oncle et moi en manoeuvres. Souvenir heureux. Iaschou décède quelques années plus tard. Un matin, j’attends mon oncle en préparant le café, comme d’habitude. Il ne viendra pas : il est mort dans la nuit. Son pull-over repose sur un escabeau. Presque humain. Fatigué. Troué par endroits. Avec deux petites taches de plâtre frais qui se sont lovées3 dans les fibres du tissu. J’enfouis mon visage en lui comme dans le creux des bras d’un être aimé, en pleurant. Mon oncle est là, violemment présent, dans le parfum froid de la cigarette, les traces atténuées d’un après-rasage bon marché, la poussière de ciment, la colle à papier peint, surgissant d’une alchimie4 que le vêtement a concentrée malgré lui. Je ne peux 20 pas le jeter à la poubelle, ni le porter. Je le remise dans un placard, près des combles5, duquel je l’exhume6 souvent pour le toucher, le respirer et retrouver grâce à lui cet oncle que j’ai beaucoup aimé depuis l’enfance, qui m’a vu grandir comme un second père, mais libéré de toutes les charges et de tous les tracas de la paternité, et qui, par le fait, était plus léger et plus drôle que mon père. Faire son deuil, c’est lancer une poignée de vie dans les jeux de la mort. On sait qu’elle n’en sera aveuglée qu’un bref instant, mais cela nous fait du bien. Et nous pouvons continuer. Un jour, en approchant le pull-over de mon visage, je ne retrouve rien. Il s’est défait de tout. Mon oncle l’a quitté. Ce n’est plus qu’une vieille nippe7, sans mémoire et sans âme. Je le garde tout de même. Il est toujours là-haut, près du ciel, dans le placard du grenier.

Philippe CLAUDEL, « Pull-over », Parfums, 2012

Document 2 : Coquelicots d’Irak, de Brigitte Findakly et Lewis Trondheim, 2016



Texte 3 : Le père du poète était instituteur.

AUTOMNE
Odeur des pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison !
À sept ans comme il faisait bon
Après d’ennuyeuses vacances,
Se retrouver dans sa maison !

La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées,
Sentait l’encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été.

Ô temps charmant des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d’oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau.

René-Guy CADOU, Poésie la vie entière, 1978.
 

Évaluation des compétences de lecture (10 points)


Présentation du corpus

Question 1 :
Présentez brièvement le corpus en 3 à 6 lignes, en dégageant son unité et les
différences entre les documents qui le composent. (3 points)
Analyse et interprétation

Question 2 :
Texte 1 : Pourquoi le pull-over est-il très important aux yeux du narrateur ? Montrez
comment le texte présente des visions successives de cet objet. (3 points)

Question 3 :
Document 2 et texte 3 : Comment le dessinateur et le poète rendent-ils compte de la
douceur du souvenir ? (4 points)
 

Évaluation des compétences d’écriture (10 points)


En quoi, selon vous, les souvenirs favorisent-ils et limitent-ils la construction de l’identité ?
Vous répondrez à cette question, dans un développement argumenté d’une quarantaine de lignes, en vous appuyant sur le corpus, sur vos lectures de l’année et sur vos connaissances.


 

Questions corrigées

 

Question 1 :
Présentez brièvement le corpus en 3 à 6 lignes, en dégageant son unité et les
différences entre les documents qui le composent.

Au sein de ce corpus, nous pouvons voir que le thème des souvenirs est particulièrement présent, et ce, dans les deux textes : « Pull-over » de P.Claudel (texte 1), Poésie la vie entière de R-G. Cadou (texte 3) et dans l'oeuvre du document 2 : Coquelicots d’Irak, de Brigitte Findakly et Lewis Trondheim. Ce sont des souvenirs d'enfance qui sont exposés, à travers divers moyens, le roman, le dessin, et la poésie. Nous pouvons dire que cela est propre à la restitution de souvenirs, puisqu'il s'agit d'un thème subjectif, ce qui explique en quoi la personne concernée ne peut réagir de la même manière qu'une autre, mais bien selon sa propre sensibilité

Question 2 :
Texte 1 : Pourquoi le pull-over est-il très important aux yeux du narrateur ? Montrez
comment le texte présente des visions successives de cet objet. (3 points)

Le pull-over semble ici dans le texte 1 être la preuve matérielle d'un passé heureux pour le narrateur, ce qui pourrait nous laisser penser que ce pull-over a une grande importance dans la mesure où il n'est pas seulement un déclencheur dans les souvenirs du narrateur, mais davantage perçu comme un artefact où serait nichée l'âme de son oncle, sujet majeur des souvenirs.

De plus, il est possible dans le texte de voir à travers l'évolution de ce pull-over, la propre évolution du narrateur dans son deuil. Alors nous commençons à lire dans le texte une description d'un linge à travers la perception du narrateur, puis nous sommes mis dans un contexte où le pull-over prend une plus grande importance puisqu'il est largement humanisé, comme un miroir de l'oncle du narrateur, un morceau de lui-même. Enfin ce pull-over apparaît comme un objet permettant au narrateur de se souvenir, de retrouver son oncle à travers ce pull-over, jusqu'à ce qu'il ne redevienne qu'un simple objet auquel il tient, un réel souvenir de son oncle, strictement matériel, « plus qu'une vieille nippe, sans mémoire et sans âme . »

Question 3 :
Document 2 et texte 3 : Comment le dessinateur et le poète rendent-ils compte de la
douceur du souvenir ?

Le dessinateur et le poète se servent avant tout de la simplicité afin de rendre compte de la douceur des souvenirs d'enfance, une simplicité permettant à tout un chacun de capter l'essense du message délivré : se souvenir, et continuer à rêver.

Alors le dessinateur semble choicir de lier souvenirs et rêves, ce qui amène une douceur sans nom à son œuvre, la petite fille prend une connotation candide et rêveuse.

Le poète quant à lui, choisit de s'appuyer sur l'image du père, qui dès lors apporte une notion de douceur aux souvenirs de l'enfant, l'image paternelle étant majoritairement une image de sécurité et de sérénité. De plus le poète joue davantage sur les sonorités au sein de son poème, où tout semble beau, même les poussières qui deviennent « merveilleuses ». Le souvenir devient alors doux dès lors qu'il est perçu comme tel.

Compétences d’écriture


En quoi, selon vous, les souvenirs favorisent-ils et limitent-ils la construction de l’identité ?


Tout d'abord, nous pouvons dire que les souvenirs, en particulier les souvenirs d'enfance et heureux, permettent à l'individu de se construire une identité, en effet l'individu tirera de ses souvenirs le meilleur et tentera de le reproduire, ainsi les souvenirs favorisent-ils la construction tout en permettant un bon développement de celle-ci. Il semblerait que l'identité ne soit qu'un récit de vie issu des événements passés de l'individu en question. Ses souvenirs favorisant la construction de son identité dès lors que ceux-ci sont en rapport avec ses buts, ses valeurs et les projets envisagés, comme nous pouvons le voir dans le document 2, où la petite fille se souvient de bons moments passés avec le cireur de chaussures, et veut par conséquent pratiquer le même métier.

Cependant, il est également possible de dire que les souvenirs, et en particuliers ceux qui sont associés à une mauvaise partie de la vie de l'individu, à une mauvaise période où l'individu ne s'est pas épanoui, limitent quant à eux la construction de l'identité. En effet l'individu cherchera alors à ne pas reproduire ce qu'il a déjà pu vivre, et placera des freins dans sa vie afin de ne pas se retrouver confronté à la même situation. Mais nous pouvons penser que l'individu ne vivra qu'en recherche d'opposition avec ce qu'il aura d'abord vécu, ne construisant son identité sur des volontés de différences. L' individu serait tenté de ne vivre que par rapport au passé, voir directement « dans le passé ». Son identité ne serait pas réellement ce qu'elle devrait être, n'étant plus qu'un miroir d'une vie antérieure.

 

 

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Date de dernière mise à jour : 28/04/2021

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