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   Les sujets tombés au baccalauréat de philosophie : Liban, bac 2018

Sujets de la série ES

Terminale ES 

SUJET 1

L’idée d’inconscient remet-elle en cause la responsabilité ?

SUJET 2

L’histoire peut-elle servir l’action politique ?

SUJET 3

Expliquer le texte suivant :

Si l’intérêt rapproche les hommes, ce n’est jamais que pour quelques instants ; il ne peut créer entre eux qu’un lien extérieur. Dans le fait de l’échange, les divers agents restent en dehors les uns des autres, et l’opération terminée, chacun se retrouve et reprend tout entier. Les consciences ne sont que superficiellement en contact ; ni elles ne se pénètrent, ni elles n’adhèrent fortement les unes aux autres. Si même on regarde au fond des choses, on verra que toute harmonie d’intérêts recèle un conflit latent1 ou simplement ajourné2 . Car, là où l’intérêt règne seul, comme rien ne vient refréner les égoïsmes en présence, chaque moi se trouve vis-à- vis de l’autre sur le pied de guerre et toute trêve à cet éternel antagonisme ne saurait être de longue durée. L’intérêt est, en effet, ce qu’il y a de moins constant au monde. Aujourd’hui, il m’est utile de m’unir à vous ; demain la même raison fera de moi votre ennemi. Une telle cause ne peut donc donner naissance qu’à des rapprochements passagers et à des associations d’un jour.

DURKHEIM, De la division du travail social (1893) La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

__________________________

1 latent : caché

2 ajourné : reporté

 

L’idée d’inconscient remet-elle en cause la responsabilité ?

 

Concepts :

Conscience/inconscient

Responsabilité/liberté/morale

Si l’inconscient peut se définir come ce qui n’est pas conscient et ce à quoi la conscience n’a pas accès, cela pose la question de la responsabilité de l’individu : peut-on encore revendiquer la paternité d’une action s’il y a un inconscient ? Puis-je dire que telle ou telle action était inconsciente et qu’alors je n’en suis pas responsable ?

Problématique : Sommes-nous responsables de tous nos actes, même inconscients ?

L’inconscient dépasse le conscient : profonde remise en cause de la responsabilité individuelle

  1. Il existe un inconscient qui m’est inconnu, qui ne transparait pas clairement à la conscience (Freud). Les rêves par exemple sont des désirs inconscients déguisés : puisque l’on n’en a pas conscience, on ne peut pas être tenu responsable des rêves que l’on fait

  2. L’inconscient n’est pas une seule masse ignorée : Freud met à jour une tripartition entre Ca (pulsions primaires), Moi (siège de la conscience, médiation entre Ca et Surmoi) et Surmoi (intériorisation des interdits parentaux et sociaux). Ce que je suis et ce que je fais est en partie déterminé par la confrontation en moi du Ca et du Surmoi : la conscience n’est pas maître chez elle. Difficile d’imputer alors des actions à quelqu’un

  3. Il existe une conscience collective, qui est en partie du domaine de l’inconscient pour l’individu (valeurs, culture…). Pour Durkheim, la conscience morale individuelle est l’écho de la conscience collective : on peut penser la même chose de l’inconscient. La culture dans laquelle je suis élevé par exemple influence la façon dont je vais réagir à tel ou tel évènement. L’individu est soumis à un déterminisme collectif, à l’influence du groupe, ce qui remet en cause sa responsabilité

Il existe différents niveaux d’inconscient qui ne remettent pas systématiquement en doute la responsabilité

  1. Dans la lignée de Descartes (le corps est une machine), Alain affirme que l’inconscient est du domaine du corps. Ainsi je sis totalement conscient de mes pensées et de mes actes, j’en suis donc responsable

  2. Leibniz : Il y a en nous des perceptions trop confuses pour accéder à la conscience. Ce sont les petites perceptions inconscientes ou aperceptions. Elles forment un des fondements de l’univers humain mais ne nous déresponsabilisent pas pour autant.

  3. Bergson, L’Energie spirituelle : L’inconscient est seulement ce dont on n’a pas conscience à un moment donné, ce qui est oublié mais peut redevenir conscient. On est donc responsable quoiqu’il arrive

L’homme est un sujet libre, l’inconscient ne peut-être une excuse

  1. Si on admet pleinement la théorie de Freud, l’inconscient peut devenir une excuse, ce qui peut créer des problèmes dans le domaine juridique par exemple. N’importe quel accusé pourrait dire que c’était son inconscient qui parlait. Mais l’individu dispose d’une conscience morale, certes influencée par la société et la culture, qui ne permet pas pour autant de se dédouaner systématiquement

  2. Pour Sartre, dans L’Etre et le Néant, croire à la réalité de l’inconscient revient à rejeter ce qui est fondamental chez l’être humain, c’est-à-dire sa liberté. L’inconscient est une manifestation de la mauvaise foi, qui est le fait de trouver des excuses pour nier sa liberté, et donc sa responsabilité.

L’histoire peut-elle servir l’action politique ?

 

Histoire : connaissance du passé, des évènements. Il y a aussi une dimension de narration (on parle de « roman national »).

Action politique : action dans la sphère publique avec comme fin le bien de la communauté. Action politique se projette dans l’avenir, c’est une intention qui prend forme dans la durée

Peut-elle : pose la question de la possibilité sur le plan pratique mais aussi est-ce qu’il est souhaitable que l’histoire serve l’action politique ? Attention à la différence entre peut-elle et doit-elle : la notion de la nécessité de l’éclairage historique en politique peut aussi se poser.

Attention également à la polysémie de servir : cela peut être compris au sens d’un éclairage, de guider mais aussi au sens de la servitude : l’histoire peut-elle et doit-elle être soumise à l’action politique ?

Reformulation : l’action politique peut-elle et doit-elle être guidée par la connaissance historique ?

Problématique : Est-ce que le passé peut et doit servir de modèle pour penser l’avenir ?

 

Oui, l’histoire peut et doit servir l’action politique

  1. Marx et Engels mettent en relief la lutte des classes comme causalité des évènements historiques dans le Manifeste du parti communiste. La connaissance historique peut éclaire l’action politique dans la mesure où elle procure des cadres d’analyse pour penser la société et envisager l’avenir. L’histoire est un guide pour l’action (praxis)

  2. Pour Machiavel dans Le Prince, l’histoire doit faire partie des connaissances que l’on enseigne au prince. Il doit être capable d’en tirer des leçons, qui lui serviront de repères pour ses actions futures

Risque d’utilisation abusive de l’histoire par l’action politique

  1. L’histoire est un récit, donc une construction. Ce n’est pas une science exacte, il y a dans l’histoire une dimension subjective. Il n’y a pas une histoire mais des histoires (Braudel) : cela peut dépendre du point de vue d’où on se place. Le risque est alors celui d’une déformation des faits (propagande, totalitarismes)

  2. Le double sens de servir : servir, ce n’est pas seulement guider mais aussi être au service de. Est-ce que l’action politique doit maîtriser la connaissance historique, le récit historique pour le bien commun ? Encore une fois, il y a un risque de dérive

  3. Nietzsche : le devoir, la morale (et donc l’avenir) ne doivent pas s’incliner devant la puissance aveugle des faits historiques. L’histoire ne doit donc pas servir l’action politique de façon systématique (aux deux sens du mot servir)

Il faut considérer les faits historiques avec prudence lorsque l’action politique est pensée

  1. Hegel : il serait dangereux de confondre les problèmes du passé et ceux du présent ou de l’avenir. Le temps ne se répète pas. Il n’y a pas de leçons de l’histoire en ce qui concerne l’action.

  2. Le passé ne doit pas infester le présent (Nietzsche) : chaque temps a sa spécificité, chaque action politique doit avoir la sienne et être en accord avec son temps

  3. La connaissance de l’histoire est nécessaire pour penser une action politique mais elle ne doit pas s’imposer comme un absolu tyrannique. Elle peut être un éclairage, un guide. Mais pour penser une action politique différente, unique, il faut aussi pouvoir se projeter dans l’avenir sans que le poids de l’histoire ne soit trop lourd.

DURKHEIM, De la division du travail social (1893)

 

Concepts :

Société et échanges

Intérêts -> rapport à l’autre ; individualisme

Conscience

Problématique : Les individus peuvent-ils s’unir autrement que par intérêts ?

Idée principale : Les hommes ne sont jamais liés autrement que par intérêts. Il n’y a pas de communication profonde des consciences. Les alliances, associations entre les hommes sont donc toujours temporaires. Règne une sorte d’égoïsme universel

Plan :

On peut distinguer deux mouvements dans le texte, qui serviront de base au plan. Il faut être attentif aux moments du texte, il n’est pas conseillé de vouloir absolument faire un plan en trois parties en commentaire de texte.

« Si l’intérêt rapproche (…) fortement les unes aux autres » : L’échange, la communication sont toujours superficiels

Toute forme d’association entre les hommes est temporaire. La société, les échanges créent des « lien[s] extérieur[s] » aux individus. L’autre est toujours un étranger pour un individu donné, le contact des « consciences » est toujours superficiel, ce qui crée une forme d’égoïsme puisque d’une certaine manière, on est condamné à rester extérieur aux autres.

 

« Si même on regarde (…) à des associations d’un jour » : la société est régie par le principe de l’égoïsme

  1. Le conflit est un principe fondateur de la société : dans les formes d’accord entre les individus, il est simplement « latent » ou « ajourné ». Les « égoïsmes » s’opposent par nature, ce qui crée un état de conflit

  2. Les unions sont motivées par l’intérêt. Or les intérêts divergent par nature : chaque « ego », chaque individu recherche ce qui est le mieux pour lui. Toutes les « associations » sont alors fragiles, sans intérêt commun durable.

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Date de dernière mise à jour : 11/06/2018