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1 er sujet

La culture nous rend-elle plus humain ?

2 ème sujet

Peut-on renoncer à la vérité ?

3 ème sujet

Expliquer le texte suivant :

Souvent nous ne savons pas ce que nous souhaitons ou ce que nous craignons. Nous pouvons caresser un souhait pendant des années entières, sans nous l’avouer, sans même en prendre clairement conscience ; c’est que l’intellect n’en doit rien savoir, c’est qu’une révélation nous semble dangereuse pour notre amour-propre, pour la bonne opinion que nous tenons à avoir de nous-mêmes ; mais quand ce souhait vient à se réaliser, notre propre joie nous apprend, non sans nous causer une certaine confusion, que nous appelions cet événement de tous nos vœux ; tel est le cas de la mort d’un proche parent dont nous héritons. Et quant à ce que nous craignons, nous ne le savons souvent pas, parce que nous n’avons pas le courage d’en prendre clairement conscience. Souvent même nous nous trompons entièrement sur le motif véritable de notre action ou de notre abstention, jusqu’à ce qu’un hasard nous dévoile le mystère. Nous apprenons alors que nous nous étions mépris sur le motif véritable, que nous n’osions pas nous l’avouer, parce qu’il ne répondait nullement à la bonne opinion que nous avons de nous-mêmes. Ainsi, nous nous abstenons d’une certaine action, pour des raisons purement morales à notre avis ; mais après coup nous apprenons que la peur seule nous retenait, puisque, une fois tout danger disparu, nous commettons cette action.

SCHOPENHAUER, Le monde comme volonté et comme représentation, 1818. La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

 

La culture nous rend-elle plus humain ?

 

Concepts :

Nature//culture

Humanité// inhumanité

Le sujet interroge la notion de la nature humaine et son rapport à la culture. Il laisse entendre que l’humanité est une question de degré (« plus ») : on serait « plus » homme que quelqu’un d’autre en raison de sa culture.

Par culture, on peut entendre la civilisation, la culture « générale » (ce qui fait de nous quelqu’un de cultivé) ou encore l’ensemble des caractéristiques qui nous différencient des autres animaux, l’ensemble des représentations, concepts philosophiques, religieux, symboliques… que l’on partage ou que l’on peut partager au sein de la société. Il faut interroger le rapport entre état de nature et état social.

Problématique : La culture est-elle ce qui nous fait sortir de l’état de nature ? Y-a-t-il des degrés d’humanité à franchir entre l’état de nature et la culture ?

  1. L’humanité est une. Il n’existe pas de degré. La culture ne nous rend pas plus humain

  1. Au sens biologique, l’humanité est un degré de l’animalité. A partir du moment où un homme naît homme au sens biologique, il n’est pas moins humain qu’un autre.

  2. Au XIXe siècle, l’idée que la culture, entendue cette fois au sens de civilisation, c’est-à-dire d’une culture particulière, rendait plus ou moins homme a été utilisée dans le cadre des théories raciales. Ceux qui n’avaient pas la culture occidentale étaient considérés comme moins hommes, « inférieurs », ce qui justifiait la colonisation et l’œuvre de la prétendue « mission civilisatrice », destinée à inculquer la culture occidentale aux peuples colonisés

II -La culture fait sortir de l’état de nature. Elle est ce qui fait que les hommes arrêtent de céder aux pulsions primaires.

  1. Chez Hobbes (Léviathan), l’état de nature est un état de guerre, où les hommes luttent les uns contre les autres afin de satisfaire leurs pulsions. L’instauration du contrat social et la création de l’Etat pacifie cet état. L’Etat et la façon dont il est pensé est une marque de la culture. La culture fait sortir l’homme de ses passions primitives, animales.

  2. Rousseau théorise aussi le passage de l’état de nature à la culture. Invention de la propriété privée établit ce passage et modifie la condition de l’homme. La culture, par le biais de la propriété privée, fait sortir l’homme de l’état de nature.

  3. La culture nous fait donc advenir à notre humanité. On peut utiliser la distinction en acte/ en puissance faite par Aristote. L’humanité de l’homme est en quelque sorte présente en lui de manière permanente, mais elle se réalise pleinement avec la culture.

III -La culture nous rend plus humain

  1. La culture est un ensemble de représentations qui se partage avec l’ensemble de la société dans laquelle on vit. L’humanité se définit par sa capacité à raisonner, à dialoguer et à vivre en société. Aristote définit l’homme comme un animal politique. C’est dans la cité, avec les autres que se développe pleinement la culture, nous rendant ainsi pleinement homme.

  2. C’est ma culture qui me fait exister comme homme. La culture est propre à chaque individu, qui l’a construit par ses rencontres et ses expériences. La culture de chacun est unique mais en même temps partageable avec les autres.

  3. C’est la reconnaissance de l’autre qui me fait exister comme homme et qui me fait être plus humain. Quand l’autre me respecte, selon Kant, c’est-à-dire respecte qui je suis et donc ma culture, mes représentations, il me fait véritablement exister comme homme.

 

Peut-on renoncer à la vérité ?

 

Concepts :

Peut-on : pose la question de la possibilité sur le plan pratique mais aussi est-ce qu’il est souhaitable de renoncer à la vérité ? Attention à la différence entre peut-elle et doit-elle : peut-être est-il nécessaire de renoncer à la liberté parfois.

Vérité/doute/recherche scientifique

 

Reformulation : est-il possible d’atteindre la vérité ? ne faut-il pas abandonner cette recherche, sous couvert de l’impossibilité d’atteindre la vérité ?

Problématique : faut-il abandonner l’idée d’atteindre la vérité ou bien la recherche de la vérité est-elle nécessaire ?

 

  1. On peut renoncer à la vérité, et parfois cela est nécessaire

  1. Théorie de la relativité de la vérité. Chacun aurait sa propre vérité et on ne pourrait déterminer s’il y existe une vérité « meilleure » qu’une autre. Dans le débat, on peut renoncer à l’établissement de la vérité, en abandonnant le dialogue avec l’autre, afin de préserver nos relations amicales avec notre interlocuteur par exemple.

  2. Le doute radical des pyrrhoniens exprime la possibilité mais aussi la nécessité de renoncer à la vérité, ou plutôt à la recherche de la vérité. Sextus Empiricus affirme qu’il est impossible d’être sûr de quelque chose, le doute remettant toute vérité en question. Ce scepticisme devient un mode de vie.

  3. Il faut parfois renoncer à la vérité temporairement, sans aller vers les extrémités des sceptiques. Il est parfois bon de remettre en cause ce que nous avons appris, de renoncer à des vérités toutes faites, pour mieux reconstruire son savoir. C’est la méthode utilisée par Descartes dans les Méditations métaphysiques afin de trouver les premières vérités lui permettant de reconstruire ses connaissances et la science.

  1. Il y a une nécessité pratique de la vérité. Il n’est peut-être pas souhaitable de renoncer à toute vérité.

  1. La vérité, les connaissances organisent le monde et la société. Renoncer à la vérité serait renoncer à un certain ordre social fondé sur notre connaissance du monde. Pourrait créer le désordre absolu, le chaos dans la société, puisque s’il n’y a plus de vérité, chacun peut affirmer ce qu’elle veut. Les paroles des individus n’auraient plus aucune valeur, puisqu’il n’y aurait plus de différence entre mensonge et vérité, ou en tout cas, plus de moyen de la déterminer.

  2. Si on pratique le doute radical à la façon de Sextus Empiricus, n’est-ce pas un obstacle à l’action ? Comment agir sans conviction de vérité ? Le doute peut être paralysant, la vérité, même dans ses imperfections, nous donne une impulsion pour agir.

Ce à quoi il ne faut pas renoncer, c’est la recherche de la vérité, l’effort de vérité

  1. Pour Kant, ce à quoi l’homme à accès sont les phénomènes. Ils sont à différencier des noumènes. Les phénomènes sont la vérité telle que nous la percevons, les noumènes sont la vérité des choses, mais nous n’y avons pas accès. On ne peut donc jamais être certain de détenir la vérité, mais l’effort pour déterminer le vrai est important.

  2. La science cherche à déterminer la meilleure vérité possible. Elle se définit, comme la philosophie, comme un effort vers la vérité, le but étant de se rapprocher au mieux possible de la vérité. Mais la science fonctionne par cycles, selon Kuhn. A certains moments de l’histoire, des découvertes remettent en cause ce qui était considéré comme vérité auparavant.

  3. Il ne faut donc pas renoncer à la vérité, entendue comme un effort, une poursuite. La science cherche toujours à se rapprocher le plus possible de la vérité, même si elle n’est peut-être pas atteignable. Mais l’établissement de certitudes, mêmes provisoires, est un moteur à l’action et un principe ordonnant le monde.

 

Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

 

Notions :

Désir

Conscience/inconscient

Morale/amour-propre

Problématique : Dans quelle mesure nos désirs ou nos craintes sont motivés par l’inconscient ?

Idée principale : Nos désirs ou nos craintes ne nous sont pas complètement transparents. Nous nous les dissimulons pour des raisons morales ou en raison de notre amour-propre.

Plan :

On peut distinguer deux mouvements dans le texte, correspondant aux deux paragraphes, qui serviront de base au plan. Il faut être attentif aux moments du texte, il n’est pas conseillé de vouloir absolument faire un plan en trois parties en commentaire de texte.

 

  1. « Souvent nous ne savons pas (…) proche parent dont nous héritons » : la question de la transparence de nos désirs, de la conscience que nous en avons

  1. Le caractère inconscient de nos désirs : Schopenhauer établit une différence entre « l’intellect », la raison et nos désirs. Les désirs ne sont pas totalement conscients, nous nous cachons nos propres désirs, nous ne sommes pas totalement transparents à nous-mêmes pour des raisons d’amour-propre. Souvent, l’individu a une haute estime de soi, qui n’est pas compatible avec tous ses désirs, parfois contraires à la morale.

  2. Mais nous devenons pleinement conscients de nous-mêmes en raison du sentiment que l’on ressent lorsqu’un désir caché se réalise. Cela peut être perturbant, mais les sentiments révèlent nos vrais désirs, même si cela n’est pas moral

  1. « Et quant à ce que nous craignons (…) nous commettons cette action » : la conscience des causes de nos craintes

  1. Comme nos désirs, nos craintes influencent nos actions de façon plus ou moins inconscientes. Souvent l’homme se dissimule à lui-même le motif de son action. L’homme n’a pas pleinement conscience de lui-même, ou ne le désire pas.

  2. Les motifs de nos actions ne sont pas souvent en accord avec les règles morales ou l’estime que l’on a de soi. Pour des raisons d’ego, d’amour-propre, nous n’osons pas nous avouer le motif de nos actions.

  3. La morale peut servir de justification à nos craintes, pour des raisons d’amour-propre, parce que nous ne voulons pas reconnaître nos peurs.

 

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Date de dernière mise à jour : 18/06/2018