Les annales 2006, séries générales
Corps et Biens, Robert Desnos
« J’ai tant rêvé de toi »
- Lecture du passage à étudier :
- J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
- Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
- Et de baiser sur cette bouche la naissance
- De la voix qui m'est chère?
- J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
- En étreignant ton ombre
- A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
- Au contour de ton corps, peut-être.
- Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante
- Et me gouverne depuis des jours et des années,
- Je deviendrais une ombre sans doute.
- O balances sentimentales.
- J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
- Sans doute que je m'éveille.
- Je dors debout, le corps exposé
- A toutes les apparences de la vie
- Et de l'amour et toi, la seule
- qui compte aujourd'hui pour moi,
- Je pourrais moins toucher ton front
- Et tes lèvres que les premières lèvres
- et le premier front venu.
- J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
- Couché avec ton fantôme
- Qu'il ne me reste plus peut-être,
- Et pourtant, qu'a être fantôme
- Parmi les fantômes et plus ombre
- Cent fois que l'ombre qui se promène
- Et se promènera allègrement
- Sur le cadran solaire de ta vie.
Robert Desnos, "Corps et biens".
- Plan possible pour un commentaire
- Introduction :
- 1 – Le sentiment d’amour pour la femme
- 2 - La poésie comme moyen d'évasion
- Conclusion
Commentaire, Robert Desnos, Corps et Biens, "j'ai tant rêvé de toi"