– Montrez que l'incipit est déroutant
Enonciation
Aurélien fait le récit de ses pensées, le lecteur se sent proche de lui. Il utilise la troisième personne puis la première du singulier, le «je » est-il en référence au narrateur ou Aurélien ? Le lecteur est destabilisé. L'énonciation est surprenante. Il y a du discours direct et l'espace temps se mêlent.
Présence de la première personne du singulier « je » ainsi que du présent d'énonciation « je crois » qui s'oppose à l'ensemble du texte à la troisième personne et au passé. Cela crée d'emblée une certaine confusion dans la voix narrative
-narrateur/Aurélien... qui est qui? On confond par ailleurs le narrateur avec Aurélien: "Il l'avait mal regardée(...) Plutôt petite, pâle, je crois..."
-Le narrateur laisse de côté la narration, il entrepend un monologue "Césarée, c'est du côté d'Antioche, de Beyrouth". Le lecteur doit se sentir tout à fait perplexe, en tout cas ce n'est pas l'habituel.
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Questionnaire :
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Pour bien présenter votre commentaire il faut développer et pouvoir répondre aux questions suivantes (après lecture du commentaire) : toutes les réponses sont dans l'étude proposée.
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L'énonciation
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En quoi l'énonciation est-elle surprenante ?
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Qui est qui ?
Marques d'intertextualité
Bérénice de Racine est à l'origine de la citation de la fin du texte. Bérénice est une tragédie sur l'amour impossible : une reine juive et un jeune citoyen romain qui devient empereur, et devra épouser une citoyenne romaine. Le choix du devoir ou celui des sentiments : il choisira le devoir.
Dans Aurélien : hésitation avec point de vue omniscient ou interne. Très forte intertextualité avec le texte de Racine, il y a un refrain à chaque fin de paragraphe.
La Bérénice de la tragédie est critiquée par le personnage éponyme.Celle-ci est dévalorisée.Son histoire est considérée comme "une scie,une romance",ce qui caricature cette histoire mythique.
Le mythe évoque l'amour impossible de Bérénice et de l'empereur Titus,celle -ci "se met en ménage" avec celui-ci,ce qui montre une relation hors-mariage qu'on comprend à travers cette expression moderne.On a donc une critique implicite.
Le vers 'Je demeurais longtemps errant dans le Césarée" évoque la souffrance du prince d'Orient amoureux de Bérénice qui erre dans le palais tandis que celle-ci se trouve avec son "bellâtre potelé"qui dévalorise Titus.
Ensuite on a une dérision du nom "Titus"qui devient Tite.
Le prince d'Orient transi d'amour est désigné par des adjectifs péjoratifs tels que "ravagé" "flemmard"
On a donc une assimilation indirecte au sort futur d'Aurélien.
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Questionnaire
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Les marques d'intertextualité
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Quel est le genre littéraire de la pièce, Bérénice de Racine ?
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Quel est le thème de cette pièce ?
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Y a t'-il une très forte intertextualité chez Aragon avec le texte de Racine ?
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Quelles sont les marques représentatives de cette intertextualité ? Relevez-les en citant le texte.
Repères traditionnels
Un incipit tradtionnel doit remplir deux fonctions, une fonction informative sur le cadre spatio-temporel et les personnages, puis une fonction incitative, donner au lecteur l'envie de poursuivre la lecture. Nous ne retrouvons pas les repères traditionnels de l'incipit car il ne précise pas le cadre spatio-temporel : Où ? Dans Césarée, c'est une ville en ruine. Quand ? Nous avons quelques repères isolés comme « guerre des tranchées ». On peut imaginer que l'action se situe après la première guerre mondiale. Les personnages ne sont pas décrits de manière explicite mais nous avons malgré tout une description de Bérénice par Aurélien sans avoir de détails précis sur ce dernier. Il y a deux personnages principaux. On note donc le refus de l'incipit traditionnel. En ce sens c'est un incipit déroutant.
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Questionnaire
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Les repères traditionnels
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Quelles sont les deux fonctions d'un incipit traditionnel ?
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Retrouvons-nous ces deux fonctions dans l'incipit d'Aragon ?
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Quelles sont les indications données au lecteur du point de vue du cadre spatio-temporel ? Relevez-les en citant le texte
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Qu'en est-il des personnages ? Sont-ils décrits ?
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Le lecteur note t-il le refus d'un incipit traditionnel ?
II- Quelle est la personnalité du héros ?
Un anti-héros ?
Un anti-héros est un terme péjoratif car il évoque un personnage qui manque de bienveillance. La litote « je me sentis si peu vainqueur » (pour dire perdant) est caractéristique de l'état d'esprit du anti-héros. Nous sommes loin du héros traditionnel dont l'image est brisée.
Il n'est pas non plus très cultivé ainsi que le suggère l'expression : «les vers lui... ».
Personnage burlesque dont la sensibilité n'est pas évoquée de manière traditionnelle.
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Questionnaire
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Un anti-héros
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Proposez une définition de l'anti-héros
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Citez un autre anti-héros célèbre dans la littérature (Ex : Meursault dans l'Etranger de Camus)
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Relevez une litote révélatrice de l'état d'esprit de l'anti-héros
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Comment la sensibilité d'Aurélien s'exprime t'-elle ? Cela peut-il surprendre le lecteur ?
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Peut-on parler d'un personnage burlesque ?
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Définir la litote
Son rapport à la guerre
-Un anti-héros à la guerre
-Passage qui est en fait un descriptif de la guerre
-La ville fait penser à Aurélien, il décrit la ville de pierre. Le vocabulaire est cru
-La zone est déshumanisée
-Le sentiment de tristesse domine, il est dévasté par la guerre
-Champ lexical de la guerre
-La guerre est évoquée de manière métaphorique.
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Questionnaire
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Son rapport à la guerre
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Relevez le champ lexical de la guerre
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Comment Aurélien perçoit-il la guerre ?
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Comment la guerre est-elle évoquée ?
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Montrez qu'Aurélien n'est pas animé par l'héroisme guerrier : relevez la litote qui le prouve.
A quel personnage de la tragédie de Racine pourrait-on l'identifier ?
c'est Antiochus qui prononce ce vers dans la pièce Bérénice de Racine, le rival de Titus pour l'amour de Bérénice. Aurélien peut donc être confondu avec Antiochus. Les personnages ont des points communs, ils sont en fait décrits de la même façon, sont tous deux perdus dans leurs pensées. Ce sont deux amants perdus donnant d'eux une image de perdant.
III – Montrez qu'Aragon déterre les codes de la scène de rencontre
Comment le narrateur prend t'-il le contre-pied des récits traditionnels ?
Il s'agit en fait d'une anti-rencontre amoureuse. C'est une non rencontre. En fait l'amour n'a pas lieu, Aurélien « l'avait mal regardée » ainsi l'amour ne se déclare pas c'est même le contraire. On peut parler de mépris.
-Ironie: "les cheveux coupés: ça demande des soins constants"
-"Irritation", "l'irritait": On a des impressions péjoratives.
Il y a une subversion des codes traditionnels
Au début du texte, le registre est soutenu. Au contraire à la fin du texte ce sont plutôt des expressions orales « franchement ».... et des phrases incomplètes
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Montrez qu'il s'agit en fait d'une anti-rencontre et que les codes n'ont rien à voir avec ceux d'une scène de rencontre traditionnelle
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Montrez que le registre varie entre le début et la fin du texte dans le but de renforcer et de souligner la subversion des codes traditionnels.
Analysez le portrait péjoratif de Bérenice « la vraie... » et comparez le à celui de Bérenice fictive
Montrez qu'Aurélien est obsédé par Bérénice
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- Lexique du regard: "il la trouva", "Elle lui déplut", "qu'il avait vue", "Il l'avait mal regardée"
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On a une description subjective de Bérénice qui n'est pas très sympatique.
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- Une véritable argumentation sur la laideur de Bérénice: la thèse "il la trouva franchement laide''
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-Arguments: "il n'aima pas comment elle était habillée", "Cela lui fait mal augurer de celle-ci qui portait un nom de princesse d'orient sans avoir l'air de se considérer dans l'obligation d'avoir du goût.", "Les cheveux coupés" et ternes, "petite,pâle"
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-Utilisation d'exemples: "Qu'elle se fût appelée Jeanne ou Marie"
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- Le lecteur a une image de Bérénice pratiquemment trouble: des phrases de doute: "impression vague, générale", "Plutôt petite, pâle", "Aurélien n'aurait pas pû dire si elle était blonde ou brune".
Mais il y a une évolution vers l'amour car Aurélien est obsédé par Bérénice
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De nombreux indices suggèrent l'amour entre Aurélien et Bérénice: "La première fois qu'Aurélien vit Bérénice"= il y a donc une deuxième fois où Aurélien voit Bérénice, "..., il la trouva franchement laide"= le deuxième regard permet supposer qu'il créera des impressions différentes voire contraires, c'est-à-dire l'amour.
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-De même, "ses cheveux étaient ternes ce jour-là" le complément circonstanciel de temps ne nie pas le fait que d'autres jours elle aie les cheveux reluisants.
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- "Il l'avait mal regardée": confirme finalement le fait que leur première rencontre fût une situation d'exception.
L'héroïne semble discréditée d'un amour possible. L'héroine est dépourvue de charme, le portrait est repoussant
Le narrateur procède par association d'idées. Dans cette association, il passe d'une étoffe, à la princesse d'Orient, c'est comme si on était dans la tête d'Aurélien et que nous faisions face à toutes ses pensées telles qu'elles lui arrivent
Ainsi le narrateur sème des indices troublants. La femme est associée au vers de Racine «je demeurai longtemps errant dans Césarée », vers de Bérénice de Racine. Il reconnaît être obsédé par ce vers, il ne le trouve pas beau mais il l'obsède. Il en va de même pour Bérénice. Le lecteur se perd, l'incipit soulève de nombreux doutes. Cette rencontre n'est peut-être pas impossible.
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Questionnaire
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le portrait péjoratif de Bérénice, la vraie et sur l'étude comparative avec le personnage fictif
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Analyser l'argumentation sur la laideur. Montrez que le champ lexical du regard montre l'échec de la rencontre amoureuse et souligne le non respect des codes d'une rencontre traditionnelle : citez le texte
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Quelle image le lecteur a t'-il de Bérénice ?
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Y a t'-il une évolution vers l'amour ? Relevez le texte pour citer et justifier votre réponse
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Comment expliquer l'obsession d'Aurélien pour Bérénice ?
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Montrez que la femme est associée au vers de Racine