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Roland Barthes, Sur Racine, le monstre. Le théâtre et sa représentation

DNBAC

 

 

 

OBJET D’ÉTUDE : LE THÉÂTRE

Le texte théâtral dans sa représentation du XVIIe siècle à nos jours

LC : Roland Barthes, Sur Racine(1963).

 

 

« Le Monstre »

 

D'abord, le monstrueux menace tous les personnages ; ils sont tous monstres les uns pour les autres, et tous aussi chasseurs de monstres. Mais surtout, c'est un monstre, et cette fois-ci véritable, qui intervient pour dénouer la tragédie. Et ce monstre-là est l'essence même du monstrueux, c'est-à-dire qu'il résume dans sa structure biologique le paradoxe fondamental de Phèdre : il est la force qui fait irruption hors de la profondeur marine, il est celui qui fond sur le secret, l'ouvre, le ravit, le déchire, l'éparpille et le disperse ; à la fermeture principielle d'Hippolyte correspond tragiquement (c'est-à-dire ironiquement) une mort par éclatement, ta pulvérisation, largement étendue par le récit, d'un corps jusque-là essentiellement compact. Le récit de Théramène constitue donc le point critique où la tragédie se résout, c'est-à-dire où la rétention antérieure de tous les personnages se défait à travers un cataclysme total. C'est donc bien Hippolyte « Le » personnage exemplaire de Phèdre (je ne dis pas le personnage principal), il est vraiment la victime propitiatoire, en qui le secret et sa rupture atteignent en quelque sorte leur forme la plus gratuite ; et par rapport à cette grande fonction mythique du secret brisé, Phèdre elle-même est un personnage impur : son secret, dont l'issue est en quelque sorte essayée à deux reprises, est finalement dénoué à travers une fonction positive : elle a le temps de mourir, il y a finalement un accord entre son langage et la mort, l'un et l'autre ont la même mesure (alors que le dernier mot même est volé à Hippolyte) ; comme une nappe, une mort lente se glisse en elle, et comme une nappe aussi, une parole pure, égale, sort d'elle ; te temps tragique, ce temps affreux qui sépare l'ordre parlé de l'ordre réel, le temps tragique est sublimé, l'unité de la nature est restaurée.

 

 

 

 

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