| Commentaire
Vous commenterez au choix le poème de Robert Desnos ou celui de René de Obaldia.
Texte de Robert Desnos
Deux modes d’organisation du commentaire peuvent ici être suggérés.
1. Le premier épouse les réactions du lecteur et se situe ouvertement du côté de la réception
du poème.
- Un poème surprenant et en apparence énigmatique : personnages, énonciation, logique
discursive, cadre spatio-temporel.
- La reconnaissance d’un mode d’organisation narratif.
- La définition du procédé du « langage cuit » et les effets produits : esthétique de la surprise,
étonnement, perte des repères, merveilleux, triomphe de l’imaginaire.
2. Le second part d’une interprétation déjà construite et organise un redéploiement du sens :
- Un « langage cuit ».
- Un récit merveilleux.
Le mouvement de la dissertation peut articuler les élément suivants.
I. La poésie joue avec la langage.
- Refus des règles ordinaires de l’expression quotidienne ; détournement des lois du langage
social.
- Aspect ludique des exemples proposés dans le corpus (Max Jacob, Desnos, Obaldia,
Queneau).
- La poésie par ses jeux sur le langage peut apparaître comme une ornementation ou un écart
face au langage quotidien.
- Le poète apparaît comme un technicien jouant gratuitement avec le langage.
- Mais tout jeu de mots, toute recherche formelle ne mènent pas nécessairement à la poésie ; la
publicité, le slogan, le langage quotidien travaillent également l’euphonie, le rythme, l’image.
Dans bon nombre de cas évoqués la poésie se définit essentiellement par son aspect
ludique ; le jeu sur le langage est-il liberté prise avec le langage ou affirmation de nouvelles
contraintes linguistiques ?
II. La poésie travaille sur le langage et émet de nouvelles contraintes.
- Le langage poétique n’est pas simple jeu, il « cède l’initiative aux mots » (Mallarmé, Crise du
vers). Ainsi le poète ne va pas rechercher un sens préexistant ; il n’est pas celui qui pense,
mais celui à qui s’impose le langage.
- La poésie se fonde sur des recherches autour des rimes et des jeux phoniques.
- La poésie est travail sur les jeux métriques et rythmiques.
- La poésie engage un usage particulier du mot : recherches lexicales, images.
- La poésie peut s’inscrire dans l’observation de règles formelles - voir l’exemple fertile du
sonnet - règles qui ont nourri son histoire ; « nul n’est poète sans art » (Du Bellay).
Exemples divers : les Rhétoriqueurs, la Pléiade, les recherches formelles des classiques sur
le beau vers. La poésie n’est pas seulement élaboration ludique ou formelle, pure gratuité ; elle
engage un sens.
III. Un jeu entre liberté et contraintes qui répond à différentes fonctions.
- La poésie comme expression des sentiments et de la subjectivité (fonction lyrique) ; exemple
des romantiques qui choisissent les voies de l’effusion.
- La poésie peut aussi être engagement et message adressé aux hommes (fonctions polémique
et politique) ; exemple des écrivains engagés dans les tourments de l’Histoire pendant la
Seconde Guerre mondiale.
- La poésie peut être contemplation et interrogation sur le monde et la vie (finalités
philosophiques) ; exemple des surréalistes qui explorent les hasards des rencontres et le
dérèglement de la conscience.
Conclusion
Nombre de poètes modernes privilégient le jeu de mots conscient, le « travail sur la langue »
pour construire leur oeuvre poétique, comme le montrent les exemples donnés dans le corpus.
Le poète est celui qui accorde aux mots tout leur poids ; le poète invite le lecteur à redécouvrir
le côté tangible et palpable du langage.
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