Corrigé du commentaire, bac de français 2018 Liban séries ES et S. Entraînez-vous avec les corrigés

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Les corrigés du bac de français Liban, ES, S 2018 sont en ligne. Commentaire bac :

Profs en direct le jour du bac : Liban 2018

 

 

Epreuve anticipée de français : session 2018

Les sujets des EAF à l'étranger :

séries générales : Liban

Séries ES, S 

** Les sujets sont mis en ligne

Séries ES, S

Durée 4 heures

Corpus textes 

Texte A : Honoré de BALZAC, Le Colonel Chabert, extrait (1832).

Texte B : Émile ZOLA, La Fortune des Rougon, chapitre V, extrait (1871).

Texte C : Jean-Paul SARTRE, Le Mur, « La Chambre », extrait (1939)

I. Vous répondrez d'abord à la question suivante (4 points) :

Comment la folie est-elle représentée dans les trois textes du corpus ?

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l'un des sujets suivants (16 points) :

Commentaire :

Vous ferez le commentaire de l'extrait du Colonel Chabert d’Honoré de Balzac (Texte A).

Dissertation

À votre avis, quel intérêt un romancier, et plus largement un artiste, peut-il avoir à mettre en scène des personnages frappés de folie ? Votre réflexion s’appuiera sur les textes du corpus, sur les œuvres étudiées en classe et sur toute autre œuvre connue de vous.

Écriture d'invention :

Racontez à la troisième personne la scène du texte C en adoptant cette fois le point de vue de Pierre. Vous imaginerez son hallucination ; vous vous attacherez particulièrement à rendre compte de la progression de sa folie ; votre écriture mettra en valeur l’évolution des émotions et sensations du personnage par un travail stylistique recherché

Commentaire :

 

Le thème de la folie est présent dans de nombreux romans, sujet d'inspiration de bien des auteurs. Ici Balzac dans l'extrait (texte A) du Colonel Chabert, met en scène un vieillard tout à fait commun tourné en dérision par les deux autres personnages Godeschal et Derville. Il nous est précisé dans l'entête que l'extrait étudié se passe après bien des événements, ce qui nous laisse penser que le passage se situe à la fin de l'oeuvre, peut-être même dans l'excipit. Pourtant cet extrait rassemble les caractéristiques convenant au contraire.
Nous pouvons alors nous demander dans quelle mesure Balzac a fait ce choix.

Pour répondre à ce questionnement, nous verrons tout d'abord qu'il s'agit d'un texte à l'allure d'un incipit, et enfin qu'il pourrait peut-être s'agir d'un retour au point de départ.

I/ Un texte à l'allure d'un incipit

a) Une présentation banale

comme dans tout incipit, on a des indications quant au temps et au lieu de l’action dans ce dernier extrait « En 1840, vers la fin du mois de juin », et « à Ris », dans « l’Hospice de la vieillesse ».

• le premier personnage à être cité dans cet extrait est « Godeschal » « alors avoué ». Derville, lui, a vieilli, il est le « prédécesseur » de Godeschal

• Chabert n’est plus qu’un « vieillard » à la « physionomie attachante ».

b) La folie comme fin, dénaturant le personnage

• le thème de la folie apparaît sans que le lecteur ne s'y attende

• « Pas Chabert ! pas Chabert ! » annonce le début du phénomène de la folie, notamment les points d'exclamation qui rompent avec le calme de la phrase précédente

champ lexical péjoratif, qui présente l'homme auparavant « à la physionomie attachante », comme un « enfant », « gamin », « stupide ».

II / Un retour au point de départ ?

a) l’identité  du Colonel Chabert

• le colonel n'est pas reconnu, au début il est « un vieillard », et à la fin il est seulement appelé « le colonel »

• seul Derville se souvient de son nom au centre de l'extrait et « raconta l’histoire qui
précède »

• il apparaît que le colonel Chabert garde une certaine lucidité quant à son passé. Se souvient de sa jeunesse dans l'armée de Napoléon quant il imite un soldat « vive Napoléon ! », qui apparaît pour les deux autres personnages comme un moment de folie

b) le Colonel retombé en enfance

Godeschal et Derville le retrouvent : en train de s’amuser « à tracer des raies sur le sable » avec un bâton, comme un enfant + son regard est empli d’une « crainte de vieillard et d’enfant ».

la vieillesse est mêlée à l’enfance, le colonel décrit comme un enfant « vieux bicêtrien » retombé « en enfance » + le lieu : à Bicêtre dans un hospice « l’Hospice de la Vieillesse »

le colonel imite un soldat (celui qu’il a été) comme un enfant pourrait faire quand il joue « Il se mit au port d’armes, feignit de les coucher en joue »

Pour conclure, nous pouvons rappeler que nous nous sommes demandés dans quelle mesure Balzac aurait fait le choix de donner l'apparence à cet extrait de fin d'oeuvre, d'un incipit. Il apparaîtrait, si l'on se concentre sur la présence du phénomène de la folie, que Balzac aurait pu vouloir démontrer comment autrui peut réagir face à ce phénomène. Les passions humaines apparaissent alors comme le centre de ce texte. Nous pourrions nous intéresser de manière plus prononcée sur le sentiment que peuvent éprouver ceux étant concernés par la folie.

 

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