Consultez les corrigés des sujets de philosophie bac Washington 2019, série S, ils sont en ligne. Entraînez-vous pour le jour J.

 
 
 

Philosophie BAC S 2019 - Washington

 

  • Epreuve : BAC S
  • Matière : Philosophie
  • Classe : Terminale
  • Centre : Washington
  • Date :  mardi 21 mai 2019
  • Durée : 4h

 

 

  • Soumettre son plan, commentaire, dissertation
  • Correction et évaluation de tous les devoirs, toutes séries générales et technologiques
  • Confirmer votre crainte du hors-sujet
  • Demander une évaluation de la note
  • Posez vos questions dans le forum

 

Sujets : lecture PDF 

Washington s 2019 philosophieWashington s 2019 philosophie (535.18 Ko)

 

Sujet 1

Avons-nous besoin d'art? 

Sujet 2

La  raison suffit-elle à connaître le réel? 

Sujet 3

Commentaire : Freud Malaise dans la civilisation 

Correction sujet 1

Avons-nous besoin d'art? 

 

Désir / besoin : la satisfaction du besoin est nécessaire, celle du désir est contingente

Le besoin est relatif : besoin pour
→ Kant : impératif hypothétique

Double enjeu du sujet :
notre nature : connaître nos besoins, ce qui structure notre existence
valeur de l'art : activité gratuite ou liée à des besoins anthropologiques ?

Problème : Art pas lié à notre survie et pourtant grande réticence à l'idée de l'abandonner complètement : pourquoi cette tension ?


Nous n'avons pas besoin d'art pour vivre (= survivre)

a) art = activité gratuite dans son essence. L'art est inutile :
Théophile Gautier : « Tout ce qui est utile est laid »
L'activité artistique, créatrice ou contemplative, ne remplit aucun besoin vital, ne sert à rien. Les besoins sont d'ordre biologique. Les animaux de pratiquent pas l'art.

b) L'art suppose justement un dépassement de la sphère du biologique. Kant : la contemplation esthétique est désintéressée, elle va de pair avec un abandon des considérations matérielles, elle suppose une attitude de l'esprit qui n'est pas celle de la satisfaction des besoins. L'art est intrinsèquement étranger au besoin.

c) L'art est une activité gratuite, ludique, oisive. Elle est réservée à ceux qui ont les moyens de consacrer leur temps à autre chose que la satisfaction des besoins : elle s'adresse prioritairement aux riches, comme le montrent les prix sur le marché de l'art. Preuve que l'art n'est pas indispensable.


Nous avons besoin de l'art pour certaines actions

a) Valeur didactique de l'art. Peut servir comme outil pédagogique. Peut permettre de donner de la force à un message (politique, moral...). Peut même avoir sa valeur didactique propre, dans des types de savoir / de vérité qui lui sont propres : justesse psychologique, vérités existentielles... (exemples littéraires nombreux)

b) L'art satisfait un désir de communication, d'expression que le langage habituel ne permet pas. Il permet un accès à l'ineffable. Certains états intérieurs, certaines couches de sens dans le monde, ne peuvent pas être exprimées d'une autre manière. Idée de l'art comme langage à part, universel.


Nous avons besoin d'art pour vivre (= mener une existence heureuse et sensée)

a) Précisément nous ne sommes pas comme les autres animaux et avons une conscience, une sensibilité, une intelligence qui diffèrent des leurs. Nous sommes des animaux raisonnables et cela génère une sphère de nouveaux besoins, spécifiques à l'humanité. Le propre de l'homme implique des besoins proprement humains.

b) L'art apaise. L'expérience du malheur est proprement humaine ; le plaisir esthétique vient apporter une consolation elle aussi proprement humaine. Sa force, sa capacité à toucher l'âme le rend indispensable pour affronter les épreuves de la vie. « La musique adoucit les moeurs ». Nietzsche : la création est « le grand remède à la douleur ».

c) Nous avons besoin de sens. L'art (création + contemplation) vient faire advenir ce sens, cette cohérence des choses. Par le sens qu'il porte, il peut transcender l'absurdité de l'existence et nous faire vivre dans un monde où exister en vaut la peine. Il apporte une raison d'être à soi et au monde extérieur. Nietzsche : « sans la musique, la vie serait une erreur ».

 

Corrigé du sujet n° 2

 

La raison : faculté du vrai et du faux, qui obéit aux règles logiques
Le réel : les choses qui nous entourent, le monde, ce qui existe (étymologie latine res = chose)
Connaître : posséder une représentation juste et vraie du monde
Connaître le réel : les différents objets du réel (la science) + les structures du réel (la métaphysique)

Problème : expérience de l'erreur → l'application des règles de la raison ne suffit pas à garantir une connaissance certaine. Faut-il alors se tourner vers les autres types de rapport au réel que la connaissance rationnelle ?

La valeur de la connaissance rationnelle du réel

a) La raison : faculté du vrai et du faux, de la fabrication et de l'agencement des concepts, de la cohérence des différents contenus de connaissance. Faculté par excellence qui sert à connaître. L'irrationnel, ce qui n'obéit à aucune règle logique, est le contraire de la connaissance : opposition entre connaissance et délire. Une représentation vraie du réel ne peut venir que de la raison.

b) Opposition entre connaissance et expérience. Faire l'expérience d'un objet n'est pas le connaître. La connaissance suppose un passage au général qui est le fruit de la raison. La seule expérience même répétée apporte une habitude, mais la connaissance au sens fort suppose une appréhension du contenu empirique par une raison qui cherche des régularités, une objectivité. Différence entre l'expérience (empirique, courante, naïve) et l'expérimentation (construite, pensée, contrôlée).

c) Opposition entre connaissance et opinion. La connaissance à proprement parler suppose un examen scrupuleux de la raison, une attention rigoureuse à la cohérence des concepts, ainsi qu'à la cohérence avec l'expérience (ce qui est encore une préoccupation de la raison, qui se traduit notamment par l'expérimentation). La connaissance est une démarche rationnelle qui suppose un surplus par rapport à la rationalité courante. Bachelard : « l'opinion pense mal ; elle ne pense pas ; elle transforme des besoins en connaissance » (= elle ne produit pas de vraies connaissance, elle adapte ses représentations aux besoin de situations concrètes. La connaissance est un processus d'abstraction supplémentaire).


Excès du réel sur la raison + sur la connaissance

a) La raison ne peut pas appréhender tout le réel. Il y a un réel rationalisable, et un réel qui suppose un autre type de compréhension. La réalité humaine en particulier ne peut pas être entièrement rationalisée et mathématisée, ce qui correspondrait à une attitude mécaniste. La compréhension de l'être humain (courante mais aussi scientifique en sciences humaines) suppose d'autres actes de l'esprit, d'autres facultés, par exemple la projection de soi et l'identification.

b) La connaissance du réel ne sera jamais totale. Doctrine du constructivisme : les théories scientifiques sont des modèles construits sur un certain nombre d'expériences, mais qui ne sont jamais certains de ne pas être remis en question par une expérience nouvelle et différente.Connaître le réel est une entreprise infinie.

c) La connaissance métaphysique est impossible si on se limite à la seule raison. Définition kantienne de la connaissance : combinaison dune intuition et d'un concept. La métaphysique ne combine que des concepts entre eux et ne peut que penser le réel. S'il peut exister une connaissance métaphysique du réel, celle-ci ne peut être que de type surnaturel : vision béatifique, spiritualité, mysticisme...


La raison qui unifie / ordonne / structure les connaissances sur le réel

a) Double rôle de la raison. D'une part, produire les connaissances en produisant les concepts. D'autre part, ordonner les concepts entre eux. Kant : le rôle de la raison est architectonique, elle ordonne les concepts en un tout cohérent.

b) Aucune faculté ne suffit à connaître le réel, c'est une tâche infinie, mais la raison est celle qui joue le rôle le plus important, elle demeure indispensable pour former une connaissance véritable. La connaissance du réel est toujours insuffisante mais c'est ce qui rend la raison indispensable. La raison est faillible mais cela doit nous amener à faire preuve de toujours plus de raison.

 

Correction du commentaire 

 

Freud, Malaise dans la civilisation

Thème : le bonheur
Problème : dans quelle mesure les hommes peuvent-ils espérer être heureux ?
Thèse : le bonheur est faiblement accessible aux hommes

Plan :
l. 1-6 : le bonheur est éphémère
l. 6-15 : le bonheur est rare
l. 15-17 : conclusion

Le bonheur est éphémère

Freud s'intéresse au « bonheur au sens strict », c'est-à-dire à l'expérience effective du bonheur, non à un état général de bien-être considéré comme moyenne des différents états effectifs. L'expérience du bonheur est définie comme l'effet de la satisfaction d'un besoin. Celui-ci devient ainsi une « situation épisodique », limitée dans le temps, qui suit une telle satisfaction et finit par s'affaiblir. Le retour du bonheur supposera donc la satisfaction de nouveaux besoins.

Le schéma du bonheur que Freud tente de constituer est pensé au prisme des concepts de la psychanalyse : le « principe de plaisir » est le principe selon lequel les pulsions tendent naturellement à leur satisfaction. Or, ce principe ne mène pas au bonheur, état qui implique une intensité de ce qui est ressenti, mais à un « tiède contentement » quand la satisfaction des besoins est maintenue. Le bonheur, la jouissance viennent au contraire du contraste. Il faut que des besoins nombreux et pressants se soient accumulés pendant longtemps pour que la force du bonheur puisse advenir dans leur satisfaction. La jouissance vient du « contraste », du poids qui s'allège, et non de l'« état ». L'opinion courante sur le bonheur, qui se le représente comme un état, est donc illusoire. Notre « constitution » est telle que le bonheur est éphémère.

Le bonheur est rare

Au contraire, le « malheur » (là aussi « au sens strict » : l'expérience de la souffrance) est fréquent pour l'humanité. Le bonheur est donc non seulement éphémère quand il advient, il est également rare. Freud dresse une typologie des causes du malheur pour montrer combien celui-ci menace de tous côtés et est à peu près inévitable. Les trois causes invoquées participent implicitement du « principe de réalité », qui est le fait que la conscience doive composer avec un monde matériel dans lequel toutes les pulsions ne peuvent pas être satisfaites.

La première cause de souffrance est notre corps, soumis à dégradation croissante. Or la « déchéance » et la « décomposition » sont des causes de douleur croissante. De plus, ajoute Freud, la souffrance est intrinsèque au fonctionnement du corps et même un corps qui ne vieillirait pas en serait affecté : douleur (devant un problème effectif) et angoisse (devant le risque d'un problème, le danger) sont des « signaux d'alarme », des fonctions naturelles et nécessaires du corps.

La seconde cause est le monde extérieur. Ici le malheur apparaît moins nécessaire : au fond le monde est seulement « capable » de nous faire souffrir, et chaque tragédie qui nous affecte est au fond un événement contingent. Mais la probabilité de souffrir est si forte que ce monde extérieur est une cause de malheur pour chaque être avec une quasi certitude : il possède des « forces énormes ».

La dernière cause de souffrance est le monde social et les relations intersubjectives. Comme le souligne Freud, cette souffrance-ci nous apparaît encore plus blessante, car très contingente : nous y voyons « une sorte de surcroît sans nécessité ». Le combat de Freud, philosophe du soupçon, contre l'illusion du libre arbitre et de la conscience toute-puissante se fait ici sentir : nous croyons que les autres ont choisi de façon non contrainte de nous faire du mal, parce que nous ne voulons pas reconnaître que le mécanisme pulsionnel des autres n'est « pas moins fatalement inévitable », que « le moi n'est pas le maître en sa propre maison ».

Conclusion

Le bonheur semble donc à Freud à la fois rare du fait de la misère de la condition humaine, nécessairement exposé à de nombreuses causes de souffrances, et éphémère quand il est ressenti, du fait qu'il tient justement à l'allègement du poids de la souffrance et des besoins insatisfaits, et non à un état ou à une situation. Voilà pourquoi les hommes se comportent à ses yeux selon des revendications modestes de bonheur : la vie demeure essentiellement souffrance. C'est un texte très pessimiste.

Bac Washington, philosophie 2019

Métropole, DOM-TOM, à l'étranger philosophie 2019

Métropole, DOM-TOM, philosophie 2019

 

Philosophie 2018 métropole et DOM-TOM

 
 
 

Pour aller plus loin 

<

Date de dernière mise à jour : 22/05/2019