Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, commentaire philosophique.

Le bac de français

Problématique : Dans quelle mesure nos désirs ou nos craintes sont motivés par l’inconscient ?

 

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Bac de philosophie série L

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3 ème sujet

Expliquer le texte suivant :

Souvent nous ne savons pas ce que nous souhaitons ou ce que nous craignons. Nous pouvons caresser un souhait pendant des années entières, sans nous l’avouer, sans même en prendre clairement conscience ; c’est que l’intellect n’en doit rien savoir, c’est qu’une révélation nous semble dangereuse pour notre amour-propre, pour la bonne opinion que nous tenons à avoir de nous-mêmes ; mais quand ce souhait vient à se réaliser, notre propre joie nous apprend, non sans nous causer une certaine confusion, que nous appelions cet événement de tous nos vœux ; tel est le cas de la mort d’un proche parent dont nous héritons. Et quant à ce que nous craignons, nous ne le savons souvent pas, parce que nous n’avons pas le courage d’en prendre clairement conscience. Souvent même nous nous trompons entièrement sur le motif véritable de notre action ou de notre abstention, jusqu’à ce qu’un hasard nous dévoile le mystère. Nous apprenons alors que nous nous étions mépris sur le motif véritable, que nous n’osions pas nous l’avouer, parce qu’il ne répondait nullement à la bonne opinion que nous avons de nous-mêmes. Ainsi, nous nous abstenons d’une certaine action, pour des raisons purement morales à notre avis ; mais après coup nous apprenons que la peur seule nous retenait, puisque, une fois tout danger disparu, nous commettons cette action. SCHOPENHAUER, Le monde comme volonté et comme représentation, 1818. La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

 

 

Correction du sujet 3 : le commentaire philosophique 

 

Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

 

Notions :

Désir

Conscience/inconscient

Morale/amour-propre

Problématique : Dans quelle mesure nos désirs ou nos craintes sont motivés par l’inconscient ?

Idée principale : Nos désirs ou nos craintes ne nous sont pas complètement transparents. Nous nous les dissimulons pour des raisons morales ou en raison de notre amour-propre.

Plan :

On peut distinguer deux mouvements dans le texte, correspondant aux deux paragraphes, qui serviront de base au plan. Il faut être attentif aux moments du texte, il n’est pas conseillé de vouloir absolument faire un plan en trois parties en commentaire de texte.

 

  1. « Souvent nous ne savons pas (…) proche parent dont nous héritons » : la question de la transparence de nos désirs, de la conscience que nous en avons

  1. Le caractère inconscient de nos désirs : Schopenhauer établit une différence entre « l’intellect », la raison et nos désirs. Les désirs ne sont pas totalement conscients, nous nous cachons nos propres désirs, nous ne sommes pas totalement transparents à nous-mêmes pour des raisons d’amour-propre. Souvent, l’individu a une haute estime de soi, qui n’est pas compatible avec tous ses désirs, parfois contraires à la morale.

  2. Mais nous devenons pleinement conscients de nous-mêmes en raison du sentiment que l’on ressent lorsqu’un désir caché se réalise. Cela peut être perturbant, mais les sentiments révèlent nos vrais désirs, même si cela n’est pas moral

  1. « Et quant à ce que nous craignons (…) nous commettons cette action » : la conscience des causes de nos craintes

  1. Comme nos désirs, nos craintes influencent nos actions de façon plus ou moins inconscientes. Souvent l’homme se dissimule à lui-même le motif de son action. L’homme n’a pas pleinement conscience de lui-même, ou ne le désire pas.

  2. Les motifs de nos actions ne sont pas souvent en accord avec les règles morales ou l’estime que l’on a de soi. Pour des raisons d’ego, d’amour-propre, nous n’osons pas nous avouer le motif de nos actions.

  3. La morale peut servir de justification à nos craintes, pour des raisons d’amour-propre, parce que nous ne voulons pas reconnaître nos peurs.

 

 

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