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V. Hugo, les Orientales, Rêverie, commentaire

 

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Rêverie (in Les Orientales), de Victor HUGO (1828).


Rêverie

Oh ! laissez-moi ! c'est l'heure où l'horizon qui fume

Cache un front inégal sous un cercle de brume,

 L'heure où l'astre géant rougit et disparaît.

Le grand bois jaunissant dore seul la colline.

 On dirait qu'en ces jours où l'automne décline,

Le soleil et la pluie ont rouillé la forêt.

 

Oh ! qui fera surgir soudain, qui fera naître,

 Là-bas, - tandis que seul je rêve à la fenêtre

Et que l'ombre s'amasse au fond du corridor,

 - Quelque ville mauresque, éclatante, inouïe,

 Qui, comme la fusée en gerbe épanouie,

Déchire ce brouillard avec ses flèches d'or !

 

Qu'elle vienne inspirer, ranimer, ô génies,

 Mes chansons, comme un ciel d'automne rembrunies,

 Et jeter dans mes yeux son magique reflet,

Et longtemps, s'éteignant en rumeurs étouffées,

 Avec les mille tours de ses palais de fées,

 Brumeuse, denteler l'horizon violet

 

Commentaire

Le Romantisme, principal mouvement du XIXème siècle, voit ses poètes exprimer leurs sentiments profonds et leur envie d’ailleurs. Victor Hugo, grâce à de nombreux recueils tels que Les Orientales, est l’un des plus grands auteurs de ce mouvement. Le poème Rêverie, écrit durant la jeunesse du poète, traduit son envie d’exotisme et de changement. Il est axé sur l’opposition entre l’aspect insipide du lieu réel et le désir d'évasion du poète.

Ce poème, dans un premier temps, relate la monotonie du quotidien du poète. Son sentiment de lassitude est projeté sur la nature comme l’atteste le champ lexical d’une nature triste et morne (« le grand bois jaunissant » (v. 4), « l’automne décline » (v. 5), « le soleil est la pluie ont rouillé la forêt » (v. 6), « déchire ce brouillard » (v. 12)). Ses émotions sont aussi projetées sur le climat qui, lui aussi, prend une teinte monotone : « la pluie » (v.6), « brouillard » (v. 12). Le poète compare même explicitement ses chansons au climat au vers 14 : « mes chansons, comme un ciel d’automne rembrunies ». La projection des sentiments du poète se poursuit avec un champ lexical de l’obscurité comme le montrent les termes « l’ombre » (v. 9), « s’éteignant » (v.16) et « rembrunies » (v. 14). Finalement, on constate que le poète utilise les couleurs de la nature pour exprimer ses émotions, par exemple, « jaunissant » (v. 4), « rouillé » (v. 6). Cette expression des sentiments à travers la nature contribue à relater la monotonie du quotidien du poète.

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Date de dernière mise à jour : 31/08/2017