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BACCALAURÉAT TECHNOLOGIQUE SESSION 2018 PHILOSOPHIE
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Le candidat traitera l’un des sujets suivants au choix.
Sujet 3 :
Il est vrai que, dans les démocraties, le peuple paraît faire ce qu'il veut : mais la liberté politique ne consiste point à faire ce que l'on veut. Dans un Etat, c'est-à-dire dans une société où il y a des lois, la liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir, et à n'être point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir. Il faut se mettre dans l'esprit ce que c'est que l'indépendance, et ce que c'est que la liberté. La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent : et, si un citoyen pouvait faire ce qu'elles défendent, il n'aurait plus de liberté, parce que les autres auraient ce même pouvoir.
MONTESQUIEU, De l’Esprit des lois (1748)
Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction.
Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.
1. Dégager l’idée principale du texte et les étapes du raisonnement.
2. Expliquer :
a) « dans les démocraties, le peuple paraît faire ce qu'il veut » ;
b) « la liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir » ;
c) que signifie « l’indépendance » dans le texte ?
3. Les lois sont-elles nécessaires à la liberté ?
Correction du commentaire
Sujet techno 3
1) L’idée principale du texte est que la liberté ce n’est pas faire ce que l’on veut, mais faire ce que les lois permettent de faire. « La liberté est le droit de faire ce que les lois permettent ».
Dans un premier temps (jusqu’à « ne doit pas vouloir) Montesquieu explique ce que n’est pas la liberté politique (faire ce que l’on veut) pour montrer que la liberté politique se situe dans la limite des lois.
Dans un deuxième temps il explique sa pensée : si on pouvait faire ce que l’on voulait et donc aller contre la loi, il n’y aurait même plus de liberté possible puisque la liberté des uns finirait par empiéter sur celle des autres.
2)
a) Il s’agit ici de dire que la démocratie paraît être un régime de liberté totale, de licence (absence de règle). C’est le pouvoir du peuple par le peuple (demos / cratos) et donc on pourrait croire que puisque le peuple a le pouvoir, il fait ce qu’il veut.
b) Cette phrase, aux apparences paradoxales, explique que la liberté de l’homme est posée par les limites de la loi. On peut faire ce qu’on doit vouloir, c’est-à-dire ce que la loi formule. La loi pour Montesquieu est l’expression humaine. Il est moral de ne vouloir que ce qui est permis par la loi. La loi contraint ma volonté. Être libre c’est donc accorder sa volonté avec son action. Non pas faire ce que l’on veut, sans règles, mais faire ce que l’on peut faire tout en respectant la loi.
c) ici l’indépendance est synonyme d’absence de règles, de contraintes. Elle n’est pas liberté puisque pour Montesquieu la liberté est compatible avec les règles de la loi, et même elle ne peut exister sans ces règles.
3) Pour Montesquieu les lois sont donc nécessaires à la liberté. Sans loi on n’est pas libre mais indépendant. La loi me permet d’agir librement et moralement.