Epreuve anticipée de français : session 2018
Les sujets des EAF à l'étranger :
séries générales : Washington
Séries ES et S
** Les sujets sont mis en ligne
Séries ES et S
Durée 4 heures
Corrigé du commentaire
Le personnage de roman du XVII à nos jours
Emile Zola la Curée
Georges Simenon, le Chien jaune
Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien
Aurélien Bellanger, Le Grand Paris
Commentaire
Le thème de la ville peut être fréquemment perçu au sein de différentes œuvres, ainsi dans l'extrait qui nous est proposé, nous pouvons découvrir Saccard et Angèle sa femme au cours du dîner, où Saccard va alors se perdre dans la contemplation de la ville de Paris. Celle-ci est à la fois regardée avec admiration et un intérêt certain pour ce qu'elle pourrait rapporter au personnage de Saccard.
Nous pouvons alors nous demander en quoi Paris est vu comme un paysage impressionniste qui se métamorphoserait en lieu d'argent. Pour répondre à cette question, nous verrons tout d'abord la description de Paris, puis nous aborderons l'idée que l'extrait comporterait une vision prémonitoire quant à la suite de l'extrait.
I/ Une description impressionniste de Paris
a) une ville géante, assimilée à une entité marine
• métaphore filée de l'océan "cette mer vivante et pullulante..." (l4) = traduit agitation de la ville + images successives de la mer et du lac (plus grand au plus petit) = effet de zoom
• ampleur des phrases est une caractéristique du style impressionniste
• champ lexical de la grandeur : « immense », « grand » etc
b) un regard de peintre
• plans successifs, comme un tableau : les monuments de la rive droite (colonne Vendôme, Madeleine), puis "les fonds" (terme appartenant au vocabulaire de la peinture).
• peintres impressionnistes aiment l'automne « c'était l'automne » + beaucoup de notations de couleurs « verdure sombre », « poussière d'or », « émeraude, saphir, rubis »
•Contraste entre les teintes « verdure sombre »…et les couleurs chaudes « poussière d'or », « émeraude, saphir, rubis »
II/ Une vision prémonitoire
a) Paris, une future conquête ?
• Paris représenté comme une femme que Saccard courtiserait : « il souriait à l'espace », « galanterie », « ses regards », « amoureusement ».
• Paris personnifié en une femme passive et sensuelle : « La ville, sous le grand ciel pâle, s'alanguissait d'un gris doux et tendre » + connotation affective = ponctuation (phrase scandée par des virgules + rythme pour renforcer cette impression de personnification
• allitération en « l » ralentit le rythme « ville », « ciel », « languissant ». Cela peut nous donner une impression de sensualité venant de la ville : analogie à la femme
b) Un lieu de réussite
• champ lexical de l'argent « émeraude, saphir, rubis », « lingot d'or », « rosée d'or », « pièces de vingt francs ».
• métamorphose grâce au comparant « On dirait que le quartier bout dans l'alambic de quelques chimistes », « comme un lingot d'or dans un creuset » + métaphore « de toits de rubis »
• phrase ressemblant à une prophétie ligne 25 à 30 : utilisation futur proche + ponctuation forte ne laissant pas de place au doute.
Pour conclure, nous pouvons rappeler que nous nous sommes demandés en quoi Paris pouvait être vu comme un paysage impressionniste qui se métamorphoserait en un lieu d'argent et de profit. Ainsi cet extrait présente des ambivalences concernant le thème de la ville perçue à la fois comme une femme à séduire, puis comme un lieu dont il faudrait et dont Saccard tirera fortune. Nous pourrions alors penser que l'idée de l'auteur ici serait de montrer qu'avant de songer à tirer profit d'un lieu, il faudrait d'abord apprendre de lui afin de mieux le comprendre et réagir de manière raisonnée. Nous retrouvons le thème de la ville dans Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo.