Le vivant
La biologie est-elle une science de la vie ? Peut-on définir la vie ? - Pour Claude Bernard, la vie c'est la création. - Pour François Jacob, biologiste français, cette question n'a pas de réponse : voir ce texte. - Ainsi, comme le dit Ernest Kahane, pour le biologiste, La vie n'existe pas. Seuls existent des êtres vivants dotés de certaines caractéristiques (croissance, échanges avec le milieu, auto-réparation dans une certaine mesure et auto-reproduction) réductibles - et explicables grâce - à des processus physico-chimiques.
Vitalisme et mécanisme : - Le vitalisme comme obstacle à l'étude scientifique des êtres vivants : voir la critique de la notion de "principe vital" par Claude Bernard dans ce texte et l'affirmation de la légitimité d'une approche déterministe et mécaniste des phénomènes vitaux dans celui-ci. - Un exemple d'explication physico-chimique d'un phénomène biologique : Lavoisier et la respiration. - Descartes et la machine comme modèle du corps : voir en particulier cet article des Principes de la philosophie (1644). - Le modèle mécaniste n'est-il pas cependant réducteur ? cf. ce texte de Kant sur l'assimilation de l'organisme à une machine.
Y'a-t-il une finalité dans la nature ?
- Pour une certaine tradition, que l'on peut faire remonter à Aristote, si les organismes vivants sont si bien adaptés à leur milieu, ou si leurs organes sont agencés de manière harmonieuse, c'est parce que la nature, comme cause productrice de ces êtres, a créé ces organes pour remplir cette fonction. La nature et ses productions sont finalisées, c'est-à-dire orientées vers des fins. Ainsi, Aristote pense-t-il que la nature a doté l'homme de la main parce qu'il est un être intelligent : voir ce texte. - La théorie darwinienne de l'évolution, au contraire, permet d'expliquer les mêmes phénomènes sans faire intervenir des causes finales, mais un mécanisme "aveugle" : la sélection naturelle. Voir ce nouveau texte de François Jacob.
Enjeux éthiques :
La réflexion éthique sur le vivant croise de nombreuses notions du programme : Le sujet, la conscience, la morale, la technique, la religion, la matière et l'esprit, la justice et le droit ou encore les échanges. - Le rapport à l'animal : Comment considérer un être vivant ? Quand peut-on ou doit-on lui accorder le statut de sujet, en particulier du point de vue moral ? Doit-on a priori rejeter de la sphère des considérations morales les animaux ? Qu'est-ce qui distingue l'homme des autres vivants, et ces différences éventuelles justifient-elles des inégalités de traitement ? Voir ce texte célèbre de Bentham, philosophe utilitariste (pour des précisions sur la morale utilitariste reportezvous à la fiche sur la morale) qui plaide pour la reconnaissance de droits à l'animal.
- Questions posées à la médecine :
La nécessité épistémologique de considérer le vivant comme un objet, n'a-t-elle pas des conséquences d'un point de vue éthique ? Penser à la haute technicité de la médecine et aux dérives possibles concernant le rapport au patient... Puis-je être réduit à mon corps et mon corps à un assemblage d'organes ? Qu'est-ce qu'une maladie, n'estelle forcément qu'un dysfonctionnement du corps ? Peuton traiter une maladie et ses symptômes sans s'intéresser au sujet malade dans sa globalité ? Qu'en est-il de la prise en compte de la douleur, de l'accompagnement de la fin de vie ? Jusqu'où, jusqu'à quel moment, doit-on mettre en œuvre des traitements quand les chances de survie sont minces voire inexistantes ?