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La prose du transsibérien, commentaire littéraire, Blaise Cendrars, Pondichéry, série L 2016, corrigé bac

 

DNBAC

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Epreuve anticipée de français : session 2016

Pondichéry 2016, série L

 

Les sujets des EAF à l'étranger : série L

** Les sujets sont mis en ligne le jour de l'épreuve du bac

Objet d’étude: Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours.

Le sujet comprend :

Texte A : Blaise Cendrars,La Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France,1913 (extrait)

Texte B : Jean Follain,Usage du Temps,1941, « Vie urbaine », (extrait)

Texte C : Léopold Sédar Senghor, EthiopiquesA New York »,, 1956, « (extrait)

Texte D : Jacques Réda,Amen, 1968, « Hauteurs de Belleville »

 

Blaise Cendrars,La Prose du Transsibérien et de la Petite Jeanne de France,1913

Commentaire série L



Texte étudié :

En ce temps-là j'étais en mon adolescence
J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais
Déjà plus de mon enfance
J'étais à seize mille lieues du lieu de ma naissance
J'étais à Moscou, dans la ville des mille et trois
Clochers et des sept gares
Et je n'avais pas assez des sept gares et des mille
et trois tours
Car mon adolescence était si ardente et si folle
que mon coeur, tour à tour, brûlait
comme le temple d'Éphèse ou comme la Place Rouge
de Moscou quand le soleil se couche.
Et mes yeux éclairaient des voies anciennes.
Et j'étais déjà si mauvais poète
que je ne savais pas aller jusqu'au bout.
Le Kremlin était comme un immense gâteau tartare
croustillé d'or, avec les grandes amandes
des cathédrales toutes blanches
et l'or mielleux des cloches...
Un vieux moine me lisait la légende de Novgorode
J'avais soif et je déchiffrais des caractères cunéiformes
Puis, tout à coup, les pigeons du Saint Esprit
s'envolaient sur la place
et mes mains s'envolaient aussi, avec des bruissements d'albatros
et ceci, c'était les dernières réminiscences du dernier jour
du tout dernier voyage
Et de la mer.

Blaise Cendrars, La Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France


Plan possible pour un commentaire 

I – Un voyage qui transforme la réalité

Une vision fragmentée de la réalité

Ellipse du réel et recréation d'une réalité

Procédé de la liberté typographique

transition

II - Un voyage ferroviaire

Caractéristiques du voyage

Dans le mouvement

Recréation du monde perçu 

conclusion

ouverture



La prose du transsibérien, Blaise Cendrars, 187 – 1961
« Le train palpite au cœur des horizons plombés »





I – La représentation de la réalité
1 – Un voyage initiatique

- vers libre = innovation formelle
Modernité poétique
La femme = petite Jehanne
Voyage dans des conditions insolites
C’est un véritable voyage initiatique.
le poète avec Jeanne roulent depuis « 7 jours », « Je suis en route avec la petite Jehanne de France ».

2 – Liberté typographique et rythmique

Image d'une réalité fragmentée, fuyante qui se recompose sans cesse
diversité typographique grâce à la longueur des vers, diversité rythmique
La liberté typographique est pleinement exploitée, disposition décalée des vers, regroupement en strophes ou au contraire mise en valeur d’un vers. Tout comme Apollinaire, Cendrars use de toutes les possibilités figuratives du vers en accord avec les poètes de son temps, ce qu’Apollinaire appellera « Calligramme ».
Jeu sur les anaphores
Le paysage observé évolue sans cesse mais est toujours restitué depuis un cadre inchangé, c’est la vitre.
Effets sonores :

3 – Une vision fragmentée et elliptique de la réalité

L’aspect elliptique est mis en valeur par l’absence de mots de liaison à l’exception de la conjonction de coordination « et » qui cependant ne créé qu’un lien syntaxique très faible sans exprimer de lien logique ou temporel.

II – L’évocation du voyage ferroviaire
1 – Le renouvellement de la perception

Dimension nouvelle du monde transmise par la vitesse
Nouvelle perception du monde.
Voyage en train suggéré par le champ lexical du monde ferroviaire

2 – Le mouvement et la vitesse

L’accent est mis sur l’aspect insolite de la perception.
Le paysage est déformé par la vitesse qui transforme les perceptions
La perception habituelle du monde est perturbée au profit d’associations d’idées et de l’état rêveur dans lequel se trouve le voyageur.

Conclusion
Cette poésie nous offre une transfiguration du réel concret. On a une vision fragmentée et transfigurée de la réalité, un monde modernr suggéré par le vers libre et le rythme destructuré.
_________________
Professeur de français, lycée
Intervenant, professeur de français
1ères S et ES

 

Annales bac

Sujets Pondichéry 2016 séries technologiques

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 31/01/2018