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Dossier texte complémentaire, les Vanités. Définition et symboles des vanités

DNBAC

 

Une vanité est une représentation allégorique de la mort, du passage du temps, de la vacuité des passions et activités humaines

Certaines natures mortes de gibier, représentant notamment du gibier, des massacres, des armes constituent un genre particulier, proches des vanités

Si le thème est très ancien, puisqu'on le trouve déjà chez les antiques, il se constitue comme genre autonome vers 1620, à Leyde, en Hollande, pour se répandre ensuite tout au long du XVIIe siècle en Europe, particulièrement en Flandres et en France. Prisées à l'époque baroque, les vanités vont quasiment disparaître au XVIIIe siècle, mais renaissent avec Cézanne, puis plusieurs peintres du XXe siècle et une photographe, telle que Valérie Belin au XXIe siècle.

Les objets représentés symbolisent les activités humaines, étude, argent, plaisir, richesse, puissance, mises en regard d'éléments évoquant le temps qui passe trop vite, la fragilité, la destruction, et le triomphe de la mort avec souvent un crâne humain

Vanites 6

Résumé

Les vanités :

Le mot vanité est polysémique, c'est à dire qu'il possède plusieurs sens ou significations differentes. Vanité vient du latin vanitas qui signifie vain, donc vide, creux ou même insignifiant. Il peut, dans un premier temps, désigner un défaut humain, aussi appelé sous un autre nom : l'orgueil. Dans le domaine artistique, une vanité est une catégorie particulière de nature morte qui suggère que l'existence terrestre est vide, inutile et que l'existence humaine est sans valeur, car nous allons tous, un jour ou l'autre, mourir. Très à la mode au XVIIème siècle, il peut également s'agir de bijoux, d'objets. Dans les vanités, les objets représentés sont tous symboliques de la fragilité et de la brieveté de la vie, du temps qui passe, de la mort. Nous y retrouvons souvent des objets tels que le sablier ou la bougie, synonmes du temps qui passe, les fleurs, qui ont chacune une symbolique différente (comme les fruits) et notamment la rose, qui est jolie quand elle est "jeune" mais qui est éphémère : elle ne vit pas indéfiniement. On peut également voir le crâne, qui signifie bien sûr la mort, mais aussi la résurrection (dans certains cas). Pour finir, on peut également retrouver le livre, et plus précisément la Bible.

Vanites

Le nom du genre des Vanités est issu de la sentence de l’Ecclésiaste, livre de l’Ancien Testament (Bible) : « הֲבֵל הֲבָלִים הַכֹּל הָֽבֶל » (« Vanité des vanités, tout est vanité »). Le terme traduit par « vanité » signifie littéralement « souffle léger, vapeur éphémère ». Le message est de méditer sur la nature passagère et « vaine » (d’où « vanité ») de la vie humaine, l’inutilité des plaisirs sexuels du monde face à la mort qui guetteVanites

 On retrouve ce memento mori (« souviens-toi que tu mourras ») parmi les objets qui évoquent les activités et les propriétés humaines : étude, sagesse et science, richesse, amour charnel, beauté… Les vanités invitent à méditer sur leur caractère fugace et la vanité du genre humain soumis à la fuite du temps, à la mort

 

Le premier groupe « évoque la vanité des biens terrestres »

  • livres, instruments scientifiques, art, pour la vanité du savoir
  • argent, bijoux, pièces de collection, armes, couronnes et sceptres pour la vanité des richesses et du pouvoir
  • pipes, vin, instrument de musique et jeux pour la vanité des plaisirs

Vanites

Le deuxième groupe « évoque le caractère transitoire de la vie humaine » : crâne, squelettes, mesure du temps, montres et sabliers, bougies et lampes à huile éteintes, fleurs se fanant

Le troisième groupe « contient les éléments qui sont les symboles de la résurrection et de la vie éternelle », épis de blé, couronnes de lauriers.

Vanites

Vanité, Philippe de Champaigne, 1646

 

 

Le thème de la fuite du temps en poésie

 

  • Questions sur corpus : séquence "poésie"
  • 1/pour quelles raisons peut-on rapprocher ces 4 documents?
  • 2/ comment chaque document représente t'-il le théme du temps qui passe?

consignes: vos réponses dévront etres rédigés et justifiés par des exemples précis

 

***Le memento mori

Memento mori est une locution latine qui signifie « Souviens-toi que tu mourras ». Elle désigne un genre artistique de créations de toutes sortes, mais qui partagent toutes le même but, celui de rappeler aux hommes qu'ils sont mortels et la vanité de leurs activités ou intérêts terrestres

 

Corpus

LXXXV -  L'Horloge de Baudelaire

  • Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,
  • Dont le doigt nous menace et nous dit: "Souviens-toi!
  • Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
  • Se planteront bientôt comme dans une cible;
  • Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
  • Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse;
  • Chaque instant te dévore un morceau du délice
  • A chaque homme accordé pour toute sa saison.
  • Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
  • Chuchote: Souviens-toi! - Rapide, avec sa voix
  • D'insecte, Maintenant dit: Je suis Autrefois,
  • Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!
  • Remember! Souviens-toi! prodigue! Esto memor!
  • (Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
  • Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
  • Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!
  • Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
  • Qui gagne sans tricher, à tout coup! c'est la loi.
  • Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!
  • Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.
  • Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
  • Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
  • Où le Repentir même (oh! la dernière auberge!),
  • Où tout te dira Meurs, vieux lâche! il est trop tard!"

Charles Baudelaire

 

Une Charogne de Baudelaire

  • Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
  • Ce beau matin d'été si doux :
  • Au détour d'un sentier une charogne infâme
  • Sur un lit semé de cailloux,
  • Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
  • Brûlante et suant les poisons,
  • Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
  • Son ventre plein d'exhalaisons.
  • Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
  • Comme afin de la cuire à point,
  • Et de rendre au centuple à la grande Nature
  • Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;
  • Et le ciel regardait la carcasse superbe
  • Comme une fleur s'épanouir.
  • La puanteur était si forte, que sur l'herbe
  • Vous crûtes vous évanouir.
  • Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
  • D'où sortaient de noirs bataillons
  • De larves, qui coulaient comme un épais liquide
  • Le long de ces vivants haillons.
  • Tout cela descendait, montait comme une vague,
  • Ou s'élançait en pétillant ;
  • On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
  • Vivait en se multipliant.
  • Et ce monde rendait une étrange musique,
  • Comme l'eau courante et le vent,
  • Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
  • Agite et tourne dans son van.
  • Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
  • Une ébauche lente à venir,
  • Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
  • Seulement par le souvenir.
  • Derrière les rochers une chienne inquiète
  • Nous regardait d'un œil fâché,
  • Épiant le moment de reprendre au squelette
  • Le morceau qu'elle avait lâché.
  • Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
  • À cette horrible infection,
  • Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
  • Vous, mon ange et ma passion !
  • Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
  • Après les derniers sacrements,
  • Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
  • Moisir parmi les ossements.
  • Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
  • Qui vous mangera de baisers,
  • Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
  • De mes amours décomposés !

Sonnet à Hélène, Ronsard, 1578 (II, 43)

  • Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
  • Assise auprès du feu, dévidant et filant,
  • Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
  • « Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle ! »
  • Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
  • Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
  • Qui au bruit de Ronsard ne s'aille réveillant,
  • Bénissant votre nom de louange immortelle.
  • Je serais sous la terre, et, fantôme sans os,
  • Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;
  • Vous serez au foyer une vieille accroupie,
  • Regrettant mon amour et votre fier dédain.
  • Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
  • Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.

Vanit 1646 philippe de champaigne

tableau de philippe de champaigne vanité,1646 - ci-dessus-

huile sur bois le mans , musée de tessé

Etude :

Question 1 :

, la thématique est commune, il s'agit de la fuite du temps telle qu'elle transparait dans le genre poétique et pictural. C'est un dénominateur commun mais les représentations sont différentes. Nous avons deux genres artistiques qui nous permettent d'appréhender le temps qui passe irréversiblement et qui nous offre l'image de notre condition humaine fatalement exposée à la vieillesse comme préfiguration de la mort.

Question 2 :

  • Question : comment ce poème représente t'il le temps qui passe?

Une charogne parle du temps qui passe car on a le mémento Mori : souviens toi que tu vas mourir et les thèmes de la poésie pétrarquiste, le carpe diem : profite du jourA travers le discours de la femme aimée des vers 37 48, Baudelaire rappelle que la mort détruit la beauté : il parle donc de la condition humaine, on peut ainsi faire le lien avec le tableau de vanités. Il y a un décalage avec la poésie traditionnelle, il évoque la puissance de l'art en particulier de la poésie. L'usage du pronom "je" isole le poète, c'est un être à part, il n'est pas soumis à la puissance du temps, il est supérieur. Son essence est divine car il est immortel.

C'est un apologue de la création poétique, c'est un acte créateur du poète.L'art est assimilé à la source de la vie tandis que la vie elle même est synonyme de mort. C'est une réflexion sur le temps qui passe et sur la mort. Thème récurrent en poésie, on le retrouve chez Ronsard.

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Le tableau de Philippe Champaigne

Vanité, 1846

  • Comment ce tableau représente t'-il le temps qui passe?

Le tableau est composé essentiellement de trois éléments à savoir une fleur, un crâne et un sablier. la fleur représente la vie, le crâne, la mort et le sablier le temps.

Nous avons donc la vie, la mort et le temps qui passe représenté par le sablier ou encore le temps éternel qui recommence sans cesse qui s'écoule. Le sablier incarne donc le temps qui s'écoule sur terre, c'est l'élément terrestre.

L'homme est incarné par le crane, il est soumis aux lois du temps, destiné à mourir. Le temps qui passe nous ramène à notre mortelle condition irréversiblement. En outre ce tableau reflète l'impuissance de l'homme face à la mort et à la fuite du temps, toujours vainqueur et représenté par le crane qui nous réduit à l'état final de cadavre.

 

L'horloge

  • Comment ce poème représente t'-il le temps qui passe?

L'horloge est le symbole du temps. Nous avons les différentes unités de temps : jour, nuit, heures, minutes, secondes, "l'instant". "Horloge", l'horloge est apostrophée comme un défi lancé contre elle même. Elle représente le temps qui est toujours vainqueur et l'homme qui est vaincu, impuissant face au temps qui passe. Le message est universel : le temps est le symble du drame dont l'homme est le théâtre.

 

Ronsard : sonnet à Hélène

  • Comment ce poème représente t'-il le temps qui passe?

Le poète lance son appel à la jeune femme, « Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain : cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie ». Il cherche ainsi à insister sur le caractère fugitif de sa beauté, de sa jeunesse et de la vie en général. Cette invitation à l’amour s’appuie donc encore une fois sur le constat du temps qui passe, mais ici le poète fait valoir en plus la puissance de sa poésie qui peut prolonger la beauté en lui donnant une sorte d’immortalité.

Le carpe diem (cueille le jour) est un motif emprunté au poète latin Horace : c’est une invitation à profiter du moment présent, à suivre les pulsions de sa nature mais sans excès avec équilibre et raison, car il ne s’agit pas de trouver le plaisir à tout prix conformément à la philosophie épicurienne. D’une façon originale, Ronsard mêle deux thèmes connus : le carpe diem d’une part, l’immortalité que prodigue la poésie d’autre part. Le poète évoque sa mort sous ce jour très positif de l’immortalité littéraire de l’artiste. Cependant, il utilise pour séduire un moyen peu fréquent : faire peur à la jeune femme en lui montrant une vision réaliste et angoissante de sa vieillesse, afin qu’elle choisisse les vertus de la poésie pour vaincre le côté éphémère de l’existence. La poésie est donc aussi un appel à vivre le présent pour vaincre la mort

 

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Textes complémentaires

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