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On a souvent reproché à la littérature d'entretenir les rêves et les illusions du lecteur, initiation à la dissertation

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Plan Dissertation

  le sujet : "On a souvent reproché a la littérature d'entretenir les rêves et les illusions du lecteur. Ce reproche vous parait-il fondé ?

 

Problématique:  Qu’apporte la littérature ? Quel est l’effet de la littérature sur le lecteur ? Quelle est la fonction de la littérature ?

INTRODUCTION : Emma Bovary, personnage éponyme du roman de Flaubert, a passe sa jeunesse au couvent à dévorer les romans qu’apportait en cachette une vieille lingère, ce qui a eu pour effet de fausser son rapport au réel. On a souvent critiqué la littérature en prétendant qu’elle encourageait le rêve et l’illusion. A-t-elle seulement cet effet de nous couper du réel ? Quelles sont ses fonctions ? Si, dans un premier temps, la littérature nous fait rêver, elle nous permet aussi d’approfondir notre réflexion en nous ramenant à la réalité, au-delà, elle est une œuvre d’art qui transfigure la réalité.

 

I. Certes, la littérature entretient les rêves et les illusions du lecteur…

1. …parce qu’elle nous projette dans un monde différent.

2. …parce qu’elle nous projette dans des identités autres.

3. …parce qu’elle nous fait vivre des vies passionnantes.

 

TRANSITION : Si la littérature sollicite notre imaginaire, elle nous ramène aussi à la réalité.

II. Cependant, la littérature permet un approfondissement de la réalité… 1. …parce que la littérature prend appui sur la réalité. 

2. …parce que la littérature nous fait réfléchir a la réalité sociale.

3. …parce que la littérature nous conduit a une exploration de la nature humaine.

 

TRANSITION : Si la littérature à ce pouvoir de nous ramener a la réalité, elle est avant tout une œuvre d’art qui transfigure le réel.

III. Au-delà, la littérature est une oeuvre d’art qui transfigure le réel… 

1. …en multipliant des visions différentes de l’Homme et de la société.

2. …en réorganisant la réalité selon la vision de l’écrivain.

3. …en créant à partir du réel un monde métaphorique.

 

 Eléments pour une dissertation sur le sujet dans le respect du plan annoncé :

 

I. Certes, la littérature entretient les rêves et les illusions du lecteur…

1. …parce qu’elle nous projette dans un monde différent.  

Utopie : étymologiquement : absence de lieu ou lieu qui n'existe pas. Dépaysement géographique (récits de voyage dans des pays exotiques :  Candide parcourt le monde, de l'Europe vers le cœur de l'Amérique du Sud, puis  revient en Europe et s'arrête enfin en Turquie on peut aussi dire que la littérature entretient les rêves et les illusions car elle nous dépayse d'un point de vue temporel avec  1984 d'Orwell par exemple. Le dépaysement est total, l'univers est totalement imaginaire, on peut y rencontrer des géants comme dans les voyages de Gulliver. La fiction permet l'évasion dans d'autres  mondes : les utopies, description d'un monde idéal servant de repoussoir  à la société que l'écrivain critique, comme Utopia de Thomas More,  l'abbaye de Thélème dans Gargantua, les Voyages de Gulliver de  Swift, les contes et la science-fiction, attirent le lecteur en le transportant  dans un monde merveilleux.    

I. Certes, la littérature entretient les rêves et les illusions du lecteur…
2. …parce qu’elle nous projette dans des identités autres.  
 
Le lecteur découvre le monde nouveau du monde utopique par un regard étranger, nous découvrons l'évolution du personnage de Candide à travers son regard naif ou encore d'autres identités comme celle de l'extraterrestre venu de Saturne ou de Sirius dans Micromégas. Le lecteur s'identifie à Candide qui évolue, il n'est plus le même en fin de parcours : parcours initiatique vers la sagesse, Candide est  détaché de son maître à penser Pangloss. Voltaire cherche l'adhésion de son lecteur grâce à ses personnages fictifs, la littérature nous projette dans de nouvelles identités

Genres qui reposent sur une  « histoire » : identification émotionnelle (roman, nouvelle, conte, théâtre) aux  personnages.

Exemples : sympathie et  pitié pour la famille Maheu, les mineurs en grève ; antipathie pour les  personnages qui représentent le Capital dans Germinal 

  I. Certes, la littérature entretient les rêves et les illusions du lecteur…

3. …parce qu’elle nous fait vivre des vies passionnantes.  

Des figures de sages se dessinent, le lecteur est amené dans un monde nouveau qui lui fait vivre une vie passionnante. Des univers étranges sont à découvrir. Le plaisir du rêve est omniprésent, l'homme se purge de ses pulsions ordinaires, quotidiennes grâce à la visite d'un monde où le mal est évacué, inhibé : ex l'Eldorado dans Candide.

  • Le caractère merveilleux domine : exotisme, sensualité de l'Orient : séduction

  • L'utopie conduit le lecteur vers un ailleurs: l'homme est détourné de son quotidien

Les évocations de contrées lointaines fournissent certes un dépaysement à même  de procurer au lecteur le plaisir de l'évasion.

  TRANSITION : Si la littérature sollicite notre imaginaire, elle nous ramène aussi à la réalité.  

II. Cependant, la littérature permet un approfondissement de la réalité…

 1. …parce que la littérature prend appui sur la réalité.   

Si la littérature nous éloigne de la réalité pour nous faire rêver et vivre des passions, elle nous y ramène. Au-delà de notre imaginaire, la dimension réaliste reprend le dessus, la réalité nous rappelle grâce à des effets de similitude ou encore des allusions, des marques ironiques; La littérature permet ainsi un approfondissement de la réalité car elle prend appui sur cette même réalité de sorte que l'univers utopique par exemple n'est qu'un outil de travail pour l'écrivain. En effet, derrière la vision très naive de Candide admiratif pour la guerre, ch. 3, Voltaire procède à une dénonciation en faisant valoir son sens de l'ironie "rien n'était si beau, si leste....". Autre référence à la réalité : le personnage caricatural de Pangloss dans Candide, il incarne Leibniz et la philosophie optimiste. Il devient dans l'apologue philosophique du penseur un personnage caricatural par ses défauts : il incarne les discours vides de sens, discours tautologiques (dire la même chose) : il est le mauvais, le pseudo philosophe. Candide n'a pas de réelle profondeur psychologique et sa naïveté permet à  Voltaire de révéler les ravages de la philosophie optimiste. Les thèses sont clairement définies, voire caricaturées - Le but est de frapper l'imagination. Dans Candide, la thèse de Leibnitz est simplifiée et se résume à un slogan « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes    possibles ». Cela frappe l'esprit du lecteur.

L'argumentation indirecte sollicite  la participation du lecteur et l'associe :

  • il doit interpréter, notamment  quand la « leçon » est implicite ;

  • le raisonnement déductif (de  l'exemple à l'idée, à la réflexion).

Une « leçon » infusée et non pas imposée, pas un cours magistral.

Exemples : cas de la  fable (« Les Animaux malades de la peste » de La Fontaine) et de l'apologue  (Candide de Voltaire…).  

II. Cependant, la littérature permet un approfondissement de la réalité…

2. …parce que la littérature nous fait réfléchir à la réalité sociale.  

La littérature prend ainsi appui sur la réalité dans le but de nous faire réfléchir. L'auteur suggère de cette manière des contre-exemples sans pour autant substituer notre monde au monde utopique idéal. C'est en fait une stratégie du détour qui nous fait réfléchir sur la réalité sociale. Le voyage, le dépaysement, le monde utopique, l'idéal ne sont que des motifs et ils ne diminuent en rien la portée de l'analyse critique du lecteur bien au contraire. Les critiques se cachent derrière Candide, personnage fictif grâce auquel Voltaire a évité la censure.  Il s'agit précisément de s'éloigner de notre monde pour procurer la distance  nécessaire à une réflexion authentique sur notre réalité. Certains romans ont une portée sociale  (Germinal de Zola). Étienne Lantier, symbole de la révolution dans Germinal « Germinal » est une peinture de la vie des mineurs dans les corons,

Zola, par exemple, s'inspire des conditions de travail terrible des mineurs où des accidents causaient des décès et des handicaps suite à des éboulements ou à des explosions.  Ces faits sont notables dans Germinal où l'auteur décrit le père Maheu supplicié durant sa besogne, où Zachary, fils ainé de la famille Maheu, perd la vie suite à une explosion, où Jeanlin Maheu devient handicapé à vie suite à la perte de sa jambe dans un éboulement lié à un boisage défectueux.  « L'assommoir » décrit la vie des ouvriers dans les quartiers populaires de Paris

Le narrateur ressuscite les générations qui l'ont précédé, il adopte la posture de l'écrivain journaliste : la nécessité d'écrire s'énonce par le souci d'approcher une vérité. La stratégie du réalisme radical ou du naturalisme, très en vogue encore aujourd'hui,  consiste à donner accès aux profondeurs d'une vie sociale.

Les romans proposent donc aux lecteurs de connaître une période historique ou une société de manière différente, notamment en prenant appui sur les points de vue des personnages. Dans le roman « Germinal » (treizième roman de la série, publiée en 1885), Zola s'emploie souvent à confronter les idées des mineurs et celles des riches propriétaires des mines de la bourgeoisie. Comme un greffier qui se garderait bien de juger ou de conclure. Il doit garder pour lui ses propres émotions et se contenter de restituer les faits observés afin de mieux faire réfléchir son lecteur... Et Zola de conclure à ce propos : « La vérité est que les chefs d'œuvre du roman contemporain en disent beaucoup plus long sur l'homme et sur la nature que de graves outils de philosophie, d'histoire et de critique » (Le Roman expérimental – 1880).  

De plus, les romans peuvent aussi être comparés à une fresque sociale.  Balzac, par exemple, s'est échiné à représenter la société dans son ensemble dans pas moins des 137 oeuvres qui composent La comédie humaine.  Nous pouvons citer le personnage de Goriot, figure du père qui porte un amour sans limite, même celles de la convenance (en effet, son amour paternel finit par revêtir des apparences d'inceste), à ses enfants ou bien  la cousine Bette qui représente la femme mauvaise par excellence.  Zola dépeint lui aussi la société dans sa collection Les Rougon-Maquart.  Nous pouvons découvrir les ouvriers miniers comme Maheu, les syndicalistes comme Pluchart ou Etienne Lantier et même les prostituées comme Nana.

 

ses romans sont d'une rigueur et d'une logique presque déconcertante : il a pour vocation de prouver l'effet du milieu social et des tares héréditaires sur le comportement des hommes.  Ces œuvres analysent les mécanismes sociaux comme la révolte (Germinal ou La Fortune des Rougon), la prostitution (Nana) ou l'alcoolisme (L'Assommoir). 

  II. Cependant, la littérature permet un approfondissement de la réalité…
3. …parce que la littérature nous conduit a une exploration de la nature humaine.

 

Le roman serait-il, par rapport aux autres genres, un moyen privilégié de  connaître l’homme ?  george sand disait la littérature est l’étude des hommes La littérature permet l'exploitation du cœur humain : connaissance de l'homme Par métonymie, le « cœur » désigne les émotions, les  sentiments, les  passions, les désirs, les pensées Zola, « le romancier part à la recherche d’une vérité », crée des « types », « Au bout , il y a la connaissance de  l’homme. »  Les dialogues argumentatifs dévoilent les pensées et convictions des  personnages (dialogues d’Étienne avec les autres mineurs dans  Germinal de Zola  il donne accès directement à l’univers affectif et mental par la focalisation  interne La diversité des personnages permet, par la multiplication des émotions, des  sentiments, des pensées, de « faire le tour » de l’être  humain Parfois le romancier peut choisir d’incarner dans deux personnages distincts deux  aspirations opposées de l’être humain, mettant ainsi en  évidence plus clairement les composantes du « cœur humain ». Ainsi, George et  Lennie, dans Des souris et des hommes de  Steinbeck, représentent les deux composantes de l’homme : George est la partie  humaine (qui réfléchit), Lennie la partie animale (soumise aux instincts). Le  lecteur ­comprend que le meurtre de Lennie par George représente la volonté de  l’homme de détruire la part animale en lui. Cela éclaire sur les contradictions des hommes. 

    TRANSITION : Si la littérature à ce pouvoir de nous ramener a la réalité, elle est avant tout une œuvre d’art qui transfigure le réel.

  III. Au-delà, la littérature est une oeuvre d’art qui transfigure le réel… 

1. …en multipliant des visions différentes de l’Homme et de la société.

  • Comme tout art, la littérature est  une représentation qui reflète le monde.

    Exemple : reconstitution de toute une époque dans les romans, peinture des différents  milieux sociaux…

  • La multiplicité des œuvres  littéraires donne des éclairages nombreux et variés d'une même époque. La  multiplicité des œuvres, donc des points de vue, compose une mosaïque qui permet  de mesurer les évolutions, de mieux les comprendre… Intérêt de la littérature  comparée.

    Exemples : les  mutations du xviiie siècle  vues, fort différemment, par Voltaire et Rousseau.

    Les machines de la révolution  industrielle vues positivement par le romancier Jules Verne

  • La succession dans le temps des  œuvres littéraires permet de mesurer les évolutions. Une même réalité est  reprise au fil du temps et est le sujet d'œuvres littéraires qui se succèdent,  ce qui permet :

    • de comprendre l'évolution des  conditions et des mentalités ;

    • de percevoir les aspects positifs ou  négatifs de l'évolution du monde

    – Du philosophe luttant pour la  tolérance (Diderot), contre l'esclavage, la torture (Voltaire), au poète  s'élevant contre la peine de mort (Hugo), au romancier-philosophe (Camus) qui  poursuit ce combat.

    – Les figures de la pauvreté et de la  misère de La Bruyère à Hugo

    – L'évolution de la place des  femmes : du xviiie siècle  (La Colonie de Marivaux, « Femmes soyez soumises à vos maris », Voltaire)  au xxe siècle  (Mémoires d'une jeune fille rangée, de S. de Beauvoir).

    – Le travail des enfants (de Hugo à  Prévert).

  • En condensant, donc en donnant une  vue d'ensemble, globale. L'écrivain concentre et, dans une œuvre de  dimension forcément limitée, permet une vue globale.

    Exemples : grandes  fresques romanesques : La Comédie humaine de Balzac ; Les  Rougon-Macquart de Zola… 

 

III. Au-delà, la littérature est une oeuvre d’art qui transfigure le réel… 

2. …en réorganisant la réalité selon la vision de l’écrivain.

 

L'écrivain vit dans un monde réel qui l'entoure et le façonne, dans une  époque où il puise son inspiration.

L'écrivain partage les  tendances et mouvements affectifs de son époque et l'appréhende avec  une sensibilité particulièrement aiguë.

Exemples

– Romantisme humanitaire de Hugo dans  Les Misérables ; réalisme de Balzac, de Flaubert ; naturalisme de  Zola ; sens de l'absurde de L'Étranger de Camus

  • L'écrivain « travaille » sur  ce monde réel pour son œuvre.

    Exemples

    – Romans de Flaubert ou de Zola, qui  enserrent toute une époque, des tranches de vie, des personnages représentatifs,  des types humains (Goriot, Jean Valjean, les différents membres de la famille  des Rougon-Macquart…)

  •   la vision suggérée des événements historiques ou des sociétés décrites par les auteurs est souvent teintée d'un point de vue qui met à mal l'objectivité supposée des œuvres

  • Victor Hugo et Emile Zola  partagent les idéaux républicains des insurgés (même si leur républicanisme social s'éloigne du républicanisme révolutionnaire). Ces deux auteurs nous proposent une vision  assez exaltée et enthousiaste des événements révolutionnaires.  Ce qui n'est guère le cas de Flaubert. 

  • Chaque auteur impose au lecteur, d'une certaine façon, un point de vue sur les événements historiques ou sur les scènes décrites dans son œuvre

  •  De manière plus fréquente, le romancier se pose en chroniqueur et porte un regard, un jugement sur son temps.

  • « Le  Rouge et le Noir » (1830) , Stendhal [1783-1842]  se montre le témoin de toutes les désillusions de la jeunesse pendant la Restauration 

  • Le lecteur découvre le monde avec le personnage, Julien Sorel, et par le personnage (procédé narratif que l'on désigne par le terme de  « réalisme subjectif »)  

  •  Il faudrait parler aussi  des romans qui empruntent des choses aux autres récits ou mémoires. Ce que l'on désigne par le terme  « intertextualité ». Par exemple, les œuvres de Balzac, Eugène Sue ou les Mémoires de Vidocq, chef de la police de Sûreté, jusqu'en 1827 (1828-1829) ont largement inspiré les personnages de Jean Valjean, un ancien bagnard, et de Javert, inspecteur de police dans le roman-feuilleton  Les Misérables (1862) de Hugo.

  • Un auteur plutôt mécontent de tout bouleversement politique  donnera un avis péjoratif sur le peuple en révolte. Tel autre, opposé au régime en place, va encenser les révolutionnaires.  On peut donc considérer le romancier comme un journaliste de son époque, qui, à travers ses oeuvres, veut décrire et représenter une société.  Emile Zola en est l'illustre exemple.   

 

III. Au-delà, la littérature est une oeuvre d’art qui transfigure le réel… 

3. …en créant à partir du réel un monde métaphorique.

 

  •  la littérature invente et recourt à l'imagination.

    – Elle recourt aux images et parfois  aux symboles, qui font mieux -comprendre l'évolution du monde.

    Exemples : la  personnification de la locomotive La Lison dans La Bête humaine pour  faire comprendre le progrès ; l'animalisation du puits de mine Le Voreux dans  Germinal pour faire comprendre les souffrances des mineurs pendant la  révolution industrielle…

    – Elle permet, par exemple, une  projection fictive vers le futur et met alors en évidence les dangers qui  peuvent menacer une société.

    Exemples : les utopies,  les contre-utopies ; les œuvres d'anticipation : 1984 ; Farenheit 451 de  Bradbury…


 

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