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Denis Diderot, Supplément au voyage de Bougainville, II, 1796. Commentaire littéraire

Dnbac commentaires

Comparaison de la vie naturelle et de la civilisation européenne. La dénonciation de la colonisation 

 

texte 
: Denis Diderot, Supplément au voyage de Bougainville, II, 1796 
Introduction : 

1713-1784 philosophe des Lumières, c’est lui qui a superviser la rédaction de l’encyclopédie et a un écrit un certain nombre d’œuvres diverses (théâtre, roman, critique). Le livre a été écrit à la suite de la publication de Bougainville. Le texte de Diderot est un dialogue entre A qui a lu le livre et B qui ne l’a pas lu. A raconte donc le discours d’adieu du vieillard à Bougainville. Diderot dresse le tableau d’une société océanienne idéale qu’il faut protéger de ceux qui prétendent être la civilisation. Un sage tahitien condamne l’intrusion des Européens et prédit le sort de l’île que les français se sont appropriés en 1769 . 

Problématique : 
Comment Diderot parvient-il à faire du bonheur l’antithèse du mode de vie européen ? 


I) Comparaison de la vie naturelle et de la civilisation européenne

1) Eloge de la vie naturelle (mythe du bon sauvage) 
- Valorisation du mode de vie des tahitiens à l’aide de vocabulaire méliroratif. 
- Définition du bonheur l10 « nous sommes innocents, nous sommes heureux ; et tu ne peux que nuire à notre bonheur. » avec une parataxe et un parallélisme. Il y a un lien de cause à effet : les tahitiens ne nuisent à personne opposé à l’attitude des européens qui eux ne peuvent que nuire l11 « tu ne peux que nuire à notre bonheur » cela est mis en relief par le point-virgule qui remplace le connecteur logique. 
- Pratique du bonheur -Cette pratique du bonheur se fait d’abord par le communautarisme l12 « Ici tout est à tous. (…) Nos filles et nos femmes nous sont communes » mis en relief avec une allitération en « t » et « s » et assonance en « o » . Il y a une harmonie, les filles et les femmes appartiennent à tout le peuple tahitien qui est une grande famille - Les tahitiens ont une vision épicurienne du bonheur, ils comblent leurs désirs et se satisfont du nécessaire mis en évidence par l’assonance en « ou » à la l31 « Tout ce qui nous est nécessaire et bon nous le possédons ». Avec le parallélisme de la l32-33 « Lorsque nous avons faim, nous avons de quoi manger ; lorsque nous avons froid, nous avons de quoi nous vêtir ». Et la question rhétorique l33 « tu es entré dans nos cabanes qui manque- t-il à ton avis ? ». Met en valeur la complétude du bonheur des tahitiens. -La vie des tahitien est faite de simplicité l11 « Nous suivons le pur instinct de la nature » l37-38 « Nous avons rendu la somme de nos fatigues annuelles et journalières, la moindre qu’il était possible, parce que rien ne nous parait préférable au repos. » 

2)Critique du mode de vie européen 
- Les européens sont-ils moraux ? Champ lexical de l’immoralité l2 « Ambitieux et méchants » l5 « extravagances et vices » l40 « vertus chimériques » 
- La propriété est contre nature d’après le texte l12 « tu nous as prêché je ne sais quelle distinction du tien et du mien » et l19 « Ce pays est à toi ! et pourquoi ? parce que tu y a mis le pied ? ». Marque de mépris ( ?, !) du vieillard et dénonciation de l’absurdité de l’appropriation de l’île par Bougainville. Pour le vieillard la terre 
appartient aux premiers habitants. Donc Diderot condamne les actions de Bougainville. 
- La propriété ne permet pas d’accéder au bonheur : l32 « des besoins superflus » il s’agit d’un oxymore pour montrer à quel point les besoins des européens sont superficiels, l34-35 « Poursuis jusqu’où tu voudras ce que tu appelles commodités de la vie ; mais permets à des êtres sensés de s’arrêter » l39 « tes besoins factices ». 
- La connaissance n’est pas préférable à l’ignorance l30 « Nous ne voulons pas troquer ce que tu appelles notre ignorance contre tes inutiles Lumières » 
- Les européens ne savent pas profiter de ce qu’ils ont l35-36 « ils n’auraient à obtenir, de la continuité de leurs pénibles efforts, que des biens imaginaires ». 
-Cette course permanente qui se trompe d’objet rend les européens malheureux. L6 «un jour vous servirez sous eux, aussi vils, aussi corrompus, aussi malheureux qu’eux ». Ce malheur est mis en relief par le rythme ternaire et l’anaphore. 
-La thèse emploi le comparatif de supériorité « plus que » l30 « Laisses- nous nos mœurs, elles sont plus sages et plus honnêtes que les tiennes. » -Exemple 1 le peuple tahitien possède des qualités physiques l4O-41 « Regarde ces hommes ; vois comme ils sont droits, sains et robustes. Regarde ces femmes ; vois comme elles sont droites, saines, fraîches et belles. » 
- Les qualités sont mises en évidence par le parallélisme, l’usage de synonyme et de l’impératif « regarde », « voit ». Les tahitiens sont la preuve vivante de la justesse du mode de vie. 
- Le vieillard se prend lui-même comme exemple : -l41-42Prends cet arc, c’est le mien ; appelle à ton aide un, deux, trois, quatre de tes camarades, et tâchez de le tendre. Je le tend moi seul ; » Il s’agit d’une référence à la fin de l’Odyssée, le vieillard est donc comparé à un héros antique. -l42-44 « ; je laboure la terre ; je grimpe la montage ; je perce la forêt ; je parcours une lieue de la pleine en moins d’une heure. Tes compagnons ont eu peine à me suivre, et j’ai quatre-vingt-dix ans passés. » C’est une accumulation parataxique et une hyperbole qui met en valeur la force du vieillard. => Il y a une gradation, le vieillard sert de point d’orgue à sa démonstration. 


II) La dénonciation de la colonisation 

1) Un discours éloquent et prophétique 
- Le vieillard tient deux discours : 
-Le premier est le discours aux tahitiens solennel l1 « Ce vieillard s’avança d’un air sévère » et pathétique l1 « Pleurez, malheureux Tahitiens ! » 
- Discours méprisant et polémique à Bougainville l9 « Et toi, chef des brigands qui t’obéissent ! » 
- Le vieillard est une figure expériences et d’autorités, il apparaît aussi comme un sage mais surtout comme un prophète. : 
- L2 « Un jour, vous les connaîtrez mieux », l3 « un jour, il reviendront » l5 « un jour vous servirez » Il utilise le futur et l’anaphore « un jour ». - Il évoque l’avenir avec certitude l6-7 « la calamité que je vous annonce », l7 « un funeste avenir » l16-17 « notre futur esclavage » - Le ton du vieillard est emphatique : - 16 phrases déclaratives, 10 injonctives, 10 exclamatives, et 10 interrogatives ces trois derniers types sont des marques d’indignations. - Apostrophe L1 « malheureux tahitiens », l7 « toi qui » - Anaphore l1 « pleurez », l2-5 « un jour », l5 « aussi », l8 « et qu’ils », l 10 « nous sommes » L10-13 « es-tu » l22-23 « tu t’es » l27 « avons-nous » l32-33 « lorsque nous avons (…) nous avons de quoi » l36-37. - Une imprécation l40-45 « Malheur à cette île ! malheur aux tahitien présents, et à tous les tahitiens à venir, du jour où tu nous à visiter ! » 

2) Le surgissement de la violence 
- Si les tahitiens sont innocents et heureux, les européens ne peuvent que nuire. 
-La première violence des européens est exprimée contre les femmes l13-16 « tu es venu allumer en elles des fureurs inconnues. Elles sont devenues folles dans tes bras ; tu es devenu féroce entre les leurs. Elles ont commencé à se haïr ; vous vous êtes égorgés pour elles ; et elles nous sont revenues teintes de votre sang. » Il y a une gradation et une allitération en « f » puis à nouveau une énumération qui rend compte de la rapidité avec laquelle s’installe la violence. 
- La violence s’est propagé des européens aux tahitiens, mais elle a prit tellement d’ampleur qu’à la fin elle s’exerce sur le mode de la réciprocité comme le montre les pronoms : ce sont les femmes qui subissent les actions des européens (elles) mais ensuite les européens essuient également la violence (vous). 
- La seconde violence des européens est à venir, c’est l’esclavage comme le montre le champ lexical. L4 « enchaîné, égorgé, assujettir », - L5 « vous servirez sous eux » - L16-17 « tu as enfoui dans nos terres le titre de notre futur esclavage » - L24 « tu veux nous asservir » Cet esclavage se double du vol de Tahiti - L9 « chef des brigands » c’est une apostrophe hyperbolique qui montre que les européens sont mauvais et que Bougainville est pire, cela introduit deux violences : le vol et l’inégalité car il y a un chef. 
- L23 « tu as projeté le vol de toute une contré » 
- Les européens apportent donc la douleur l1 « pleurer » l11 « tu ne peux que nuire à notre bonheur. » La violence et la mort métonymie « fer » l4, funeste l7 

3) Le dévoilement de la parole du Christ 
- La colonisation est donc critiqué car elle se fait dans la violence et qu’elle se base sur un système faussé selon lequel la civilisation européenne serait supérieur à une vie naturelle. 
- L3 « le morceau de bois que vous voyez attaché à la ceinture » Diderot critique aussi la civilisation européenne. Le bout de bois étant une métonymie pour désigner la croix du Christ. 
- Par la colonisation l’européen se donne des droits qui outrepasse sa condition humaine l17 « Tu n’es ni un dieu, ni un démon : qui es-tu donc pour faire des esclaves ? » 
- Les européens agissent dans un contre sens religieux puisque il désobéit la parole du Christ « tu aimeras ton prochain comme toi-même » l’évangile selon saint luc (10,27) puisqu’ils traitent les tahitiens comme eux même n’aimeraient pas être traité. -l18-21 « ils ont écrit sur cette lame de métal : ce pays est à nous (…) si un tahitien débarquait un jour sur vos côtes, et qu’il gravât (…) Ce pays appartient au Tahitien qu’en penserais tu ? » -l22-23 « lorsqu’on t’a enlevé une des méprisables bagatelles dont ton bâtiment est rempli, tu t’es récrié, tu t’es vengé ; et dans le même instant tu as projeté dans ton cœur le vol de toute une contrée » -L23-24 « tu n’es pas esclave : tu souffrirais la mort plutôt que de l’être, et tu veux nous asservir ! » 
- D’après cette façon d’agir, le tahitien ne serait pas le même que l’européen mais une « brute » alors qu’ils sont « frères » l26 « deux enfants de la nature » qui ont donc les même droits « quel droit as-tu sur lui qu’il n’ait pas sur toi ? » 
-Le modèle de l’action de l’européen devrait être celui des tahitiens suivant le principe de la réciprocité qui est celui du dogme chrétien l27- 28 « tu es venu ; nous sommes-nous jetés sur ta personne ? avons-nous pillé ton vaisseau ? t’avons-nous saisi et exposé aux flèches de nos ennemis ? t’avons-nous associé dans nos champs au travail de nos animaux ? » Un retournement hypothétique de situation, hypotypose rendant saisissante la réalité de la colonisation à venir. 

Conclusion : Ce texte présente la harangue d’un vieillard tahitien figure d’un homme sage et porte-parole de l’auteur. C’est donc un réquisitoire qui a pour objet la dénonciation de la notion de sauvage et de colonisation tout en proposant une autre définition du bonheur que celle des Lumières européennes. Ce bonheur réside dans la vie naturelle, le respect de tous les hommes et s’oppose donc aux valeurs individualistes de propriété et de connaissance. Le bonheur consiste alors à satisfaire seulement ce qui est indispensable à la vie et l’île de Tahiti apparait comme une utopie. 

 

Diderot, Supplément au voyage de Bougainville, ch.2, les questions pour l'oral du bac

  • Par prepabac
  • Le 22/08/2012
  • Dans Les oraux de français

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