La culture sert-elle à changer le monde? Sujet corrigé, bac philosophie 2018 Pondichéry, séries technologiques

Bac 2018

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Sujet corrigé séries technologiques, Pondichéry, bac de philosophie 2018

 

la culture sert-elle à changer le monde ?

Distinctions conceptuelles :

Nature // culture

Culture // société

Le raisonnement s’articule autour de la distinction entre nature et culture.

Reformulation : la culture permet-elle de dépasser la nature ?

Problématisation : le sujet suggère que la culture permet de dépasser la nature ; toutefois il convient d’interroger ce postulat en se posant la question de l’efficacité (ou non) de la culture. Il pose plusieurs questions :

La culture a-t-elle une efficace ?

La nature est-elle dépassée par la culture ?

Plan

I- La nature permet de dépasser la nature, de changer le monde en ce qu’elle permet de faire société

A/ La société permet à l’homme de survivre : l’homme à l’état de nature est un loup pour l’homme, vivant dans un état de guerre permanent. La société permet de réaliser la paix civile par le transfert des volontés au souverain (Hobbes). Elle apporte à l’homme sécurité et liberté.

B/ La culture change ainsi le monde en ce qu’elle permet aux hommes de rentrer en relations, d’échanger, de quitter leur solitude initiale (Rousseau).

C/ Plus encore la société, par la culture, donne à l’homme sa raison d’être, lui offre une appartenance sociale, culturelle, qui forge son identité et le fonde comme homme parmi les hommes. C’est ce que propose de voir Bourdieu dans ses écrits sur la société.

II- Toutefois la culture ne peut résoudre l’irréductible conflictualité de l’homme, la violence qui lui est propre 

A/ la culture ne permet pas de changer la nature en ce sens que l’homme restera toujours un loup pour l’homme : sinon il n’y aurait plus de guerres, de violences, de meurtres, de viols, de criminels.

B/ La culture permet à l’homme de faire société seulement en ce qu’elle institue un rapport de forces permanent, ou, pour le dire autrement, un conflit de classes : c’est dans la violence que la culture se créé ; on voit mal alors en quoi elle peut changer le monde et son état de nature initial.

C/ La culture ne fait que déplacer la violence : l’Etat exerce alors le monopole de la violence légitime (Weber). Ce ne sont plus les hommes qui se vont (légitimement) violence entre eux mais l’Etat qui concentre les rapports de force. Un changement qui n’est que différence d’échelle donc.

III- la culture ne « sert » à rien : elle n’est que l’évolution naturelle de la nature, et ne peut pas être instrumentalisée de manière à changer les choses.

A/ Dans le livre I des Politiques, Aristote évoque que « l’homme est un animal politique ». L’association des hommes est naturelle ; l’homme est, de par son animalité, sa naturalité même, culturel, politique, civil. La culture n’est que l’évolution logique des choses, la continuité de la nature à des fins de protection mutuelle et d’échanges.

B/ L’homme est en même temps nature et culture. La culture ne change pas la nature, ne change pas le monde : elles sont toujours co-présentes à l’homme dans sa plus profonde intériorité.

 

 

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