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Lucie Aubrac

Lucie aubracLucie aubrac

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Une héroine de l'époque de la résistance française : Lucie Aubrac

Lucie Aubrac (Lucie Samuel, née Bernard) née le à Paris[1] de parents originaires de Saône-et-Loire, morte le à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), est une résistante française à l'Occupation allemande et au régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle est l'épouse de Raymond Aubrac.

Lucie aubrac

 

 

 

Lucie d'Aubrac : un personnage autobiographique au service de la résistance

Mobilisation des femmes pendant la résistance 

 

En août 1940, elle organise l'évasion de son mari, prisonnier de guerre à Sarrebourg. Le couple se réfugie à Lyon où Raymond a trouvé un emploi d'ingénieur dans un cabinet de brevets d'invention mais Lucie garde le bénéfice de sa bourse et n'enseigne pas l'année scolaire 1940-1941. Elle obtiendra un poste au lycée Edgar-Quinet de Lyon en octobre 1941, sous son nouveau nom d'épouse, Lucie Samuel. En automne 1940, de passage à Clermont-Ferrand ou peut-être tout simplement à Lyon elle retrouve Jean Cavaillès, professeur de philosophie et qui a été son collègue à Strasbourg. Celui-ci lui présente Emmanuel d'Astier de La Vigerie, journaliste, qui a créé deux mois plus tôt une organisation anti-nazie et anti-vichyste dénommée « La dernière Colonne »[ Cette rencontre est décisive. Raymond et elle consacrent alors tout leur temps libre aux activités de cette organisation : diffusion de tracts, recrutement, sabotages… Alors qu'elle est déjà engagée avec le groupe de Cavaillès et d'Astier, Lucie retrouve un ancien camarade communiste André Ternet qu'elle aurait aidé à mettre sur pied des moyens d'édition et d'émission clandestine. Elle a également un contact avec Georges Marrane qui représente le Parti communiste français en zone Sud

À partir du mois de mai 1941, après la naissance de Jean-Pierre, leurs fils ainé, Raymond et Lucie aident Emmanuel d'Astier à faire un journal dont la parution du premier numéro, deux mois plus tard, marque la naissance du mouvement Libération-Sud. Sous divers pseudonymes, on retiendra Catherine pour Lucie et Aubrac pour Raymond, Lucie et Raymond contribuent à faire de Libération le mouvement de Résistance le plus important en zone Sud après le mouvement Combat fondé par Henri Frenay. Enseignante bien notée et assidue au cours de l'année scolaire 1941-1942, les activités clandestines de Lucie Samuel sont la cause de multiples retards au premier trimestre de l'année scolaire 1942-1943. Elle est en congé maladie sans discontinuer du 9 janvier au 4 mai, puis du 22 mai au 21 juin De passage à Lyon en janvier 1942, Jacques Brunschwig, adjoint d'Emmanuel d'Astier, donne une idée des activités de Lucie Samuel à cette époque :

« […] Le mari formait l'élément pondérateur. Lucie Aubrac est une intellectuelle, peu pondérée, n'ayant pas d'esprit d'organisation, confuse et bouillonnante, douée d'un dynamisme excessif. Elle est d'un courage étonnant et donna un travail considérable. Bien qu'ayant un jeune bébé, elle travaillait la nuit, allait coller des tracts et papillons en ville, etc. »

Lucie et Raymond Aubrac font partie du noyau de Libération-Sud. Elle assiste aux réunions de la direction qui se passent souvent à son domicile. Lucie est chargée des liaisons avec Libération-Nord et à ce titre, se rend souvent à Paris

À partir de novembre 1942, les Allemands occupent la zone Sud et donc Lyon. Les résistants sont alors pourchassés par la Gestapo mais aussi par la milice créée en janvier 1943. Un premier coup dur frappe Libération-Sud le avec l'arrestation par la police lyonnaise d'un agent de liaison inexpérimenté qui entraîne celle de neuf autres personnes dont Raymond Aubrac. Ce dernier avait été chargé par d'Astier à l'été 1942 de diriger la branche paramilitaire du mouvement, c'est-à-dire de former des « groupes francs », sortes de commandos qui forment le bras armé du mouvement. « Catherine », alias Lucie Samuel, n'a de cesse de monter des coups pour libérer ses camarades avec l'aide des groupes francs nouvellement formés. Son zèle est parfois jugé intempestif : Jacques d'Andurain, membre de ces groupes francs, se montrera critique en 1946 vis-à-vis de « l'attitude de Lucie Aubrac qui, après l'arrestation de son mari, voulait que toutes les forces de Libération, toutes affaires cessantes, fussent mises au service de l'évasion ». Faute de pouvoir faire agir les corps francs, Lucie se rend directement chez le procureur qui a l'affaire en charge, se présente comme une envoyée des services gaullistes et le menace de mort si François Vallet — c'est le nom d'emprunt sous lequel Raymond a été arrêté — n'était pas libéré. De fait, Raymond est mis en liberté provisoire entre le 10 et le 12 mai. Le 24 maiLucie organise, avec la participation de son mari, l'évasion de l'hôpital de l'Antiquaille des comparses de Raymond qui, eux, n'avaient pas été mis en liberté provisoire : Serge Ravanel, Maurice Kriegel-Valrimont et François Morin-Forestier. Ils leur avaient d'abord procuré des médicaments pour les rendre malades afin qu'ils soient transférés à l'hôpital de l'Antiquaille où il était plus facile d'organiser l'évasion[20].

Après ce coup, Lucie et Raymond prennent quelques jours de vacances dans une pension sur la Côte d'Azur, à Carqueiranne, avec leur fils âgé de deux ans.

Le 21 juin, Raymond est à nouveau arrêté, cette fois-ci par la Gestapo, à Caluire, avec Jean Moulin notamment. En outre, sont arrêtés : le docteur Frédéric Dugoujon, leur hôte de la villa Castellane, Henri Aubry, du mouvement Combat, Bruno Larat, André Lassagne, de Libération-Sud, le colonel Albert Lacaze, du 4e bureau de l'Armée secrète et le colonel Émile Schwarzfeld, responsable du mouvement lyonnais France d'abord. René Hardy parvient à s'enfuir dans des conditions controversées qui le rendent suspect de trahison. C'est évidemment un coup très dur pour Lucie. Une de ses amies la dépeint au bord du désespoir le 24 juin, mais sur la voie du rétablissement six jours plus tard. Elle envoie Jean-Pierre à la campagne avec la bonne et prépare à nouveau l'évasion de son mari, ce qui ne l'empêche pas de participer à d'autres opérations : en septembre 1943, elle se fait passer pour un médecin pendant quelques jours, le temps de prendre contact, à l'hôpital de Saint-Étienne, avec quatre résistants arrêtés dans cette ville, blessés, dont Robert Kahn — chef des Mouvements unis de la Résistance (MUR) de la Loire, et frère de Pierre Kahn-Farelle, « Pierre-des-Faux-papiers » — et d'organiser le 6 septembre une exfiltration des quatre résistants avec un commando de faux gestapistes censé les conduire à un interrogatoire

Raymond Aubrac est emprisonné à la prison Montluc de Lyon. Dès la fin du mois de juin et en septembre, elle va voir en personne le chef de la Gestapo à Lyon, Klaus Barbie, et le prie de la laisser voir son prétendu fiancé dont elle était enceinte — ce qui était vrai — et d'autoriser leur mariage en prison. Elle se présente sous le nom de Guillaine de Barbentane, et trompe Barbie en lui disant qu'une personne de sa condition ne pouvait être mère sans être mariée. Lors de cette visite, elle fait parvenir à Raymond les plans de l'évasion. C'est pendant un transfert, le 21, que Lucie et ses compagnons attaquent, avenue Berthelot, à 300 mètres avant le boulevard des Hirondelles, le camion allemand dans lequel se trouvent quatorze résistants dont son mari. Six Allemands, le chauffeur du camion cellulaire et les cinq gardes (qui croyant à une soudaine panne ne s'étaient pas méfiés) sont tués pendant l'attaque et les résistants parviennent à s'évader

Source

La Résistance, une affaire de femmes ?



                       Le Petit Robert précise que la Résistance signifie « l´opposition desFrançais à l´action de l´occupant allemand et du gouvernement de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale ».


            Généralement, la guerre, y compris la Résistance, est une affaire d´hommes. Le 20 avril  1944, Lucie Aubrac, héroïne de la Résistance, affirme pour l´émission Honneur et Patrie, diffusée sur les ondes de la BBC :

     " La guerre est l´affaire d´hommes. Mais les Allemands qui ont menacé des femmes et asphyxiédes enfants ont fait que cette guerre est aussi l´affaire des femmes. Mais les Allemands et la police de Vichy ne connaissent pas le droit internationnal et cette guerre est aussi l´affaire des femmes 
  Nous, les femmes de France, avons dès l´armistice pris notre place dans le combat. »

 

Lucie aubrac

 

 

 

 

 Hommage
Un texte de Renaud Helfer Aubrac

            Monsieur le Président de la République,
            Raymond,
            Mesdames et Messieurs,

            Ce sont les 10 petits-enfants de Lucie et Raymond qui s’expriment  maintenant devant vous.
            10 petits enfants.
            Mais ne sommes nous pas en réalité beaucoup plus nombreux ?             
            50 000 ? 100 000 ? 200 000 peut-être ?
            Rythmé par les visites de Lucie dans les écoles, notre         

            famille s’est en effet considérablement agrandie. De semaines en semaines, devenant toujours plus nombreuse.

            Nous en étions heureux.
            Nous en sommes fiers.

            Les relations exceptionnelles que Lucie nouait avec les jeunes –mais  aussi les moins jeunes- étaient empreintes d’un profond           

            respect mutuel et d’un partage constant des valeurs.
            Ces relations se fondaient aussi sur le partage des petites choses   de la vie.
            Ses joies. Ses peines.

            L’intimité de ces liens faisait que finalement Lucie 

appartenait un peu à tout le monde. En retour, il faut bien           

  le dire, nous lui appartenions tous un peu.

            Aujourd’hui, Lucie, tu as transmis.
            Tu as transmis ces valeurs de notre beau pays et qui te sont si chères :
            La Liberté. L’Egalité. La Fraternité.
            Ces valeurs pour lesquelles tu as toujours dis OUI à la France.

            Aujourd’hui, Lucie, tu as transmis.
            Tu as transmis l’exigence d’un Devoir de mémoire.
            Ne jamais oublier les horreurs du passe garantit la vigilance pour la construction d’un avenir plus juste.

            Aujourd’hui, Lucie, tu as transmis.
            Tu as transmis la spontanéité d’un sursaut face à l’injustice que tu sais être sans frontière.
            Tu as transmis cette décharge électrique qui nous fait redresser la tête, et dire d’une seule et même voix :            

            NON.

            Non aux injustices sociales
            Non aux injustices politiques

            Combien de personnes meurent encore de faim ?
            Combien de personnes meurent encore de froid ?
            Combien de femmes et d’enfants subissent encore les conséquences de conflits armes qu’ils n’ont jamais souhaite ?
            Combien de libertés encore bafouées ?

            Et bien, Lucie, dans ces combats d’aujourd’hui et de demain,  nous serons ensemble.
            Intimement liés.
            Pour défendre les plus démunis.
            Pour défendre les plus opprimés.
            Pour défendre les valeurs de notre République contre  les Injustices.

 

 

Pour aller plus loin 

Date de dernière mise à jour : 08/10/2018