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Pascal : un Dieu sensible au coeur et non à la raison

 

Dnbac commentaires

 

Dieu sensible au cœur

Pascal

 

 

 

 

Introduction

 

Le philosophe insiste sur le sentiment de situation de l’homme dans le monde, « l’angoisse », l’homme se sent égaré dans l’univers, il s’effraye lui-même, « je ne sais qui m’a mis au monde, ni ce que c’est que le monde », ceci n’est pas l’expression de sa propre subjectivité. Il y a une raison, la disproportion de l’homme, il n’est pas en accord avec ce qu’il y a à connaître. L’homme est un néant à l’égard de l’infini, il vit dans l’angoisse, il est un « milieu entre tout et rien », il est « l’infiniment grand et l’infiniment petit ». Le trop et le trop peu le caractérisent. Nous sommes « englués en terme sartrien dans le monde et nous pouvons à tout instant sombrer dans l’indéterminé. « le peu que nos avons d’être nous cache la vue, l’infini ». Je peux savoir d’une chose qu’elle est sans savoir ce qu’elle est par opposition à Descartes dont nous pouvons saisir l’essence et l’existence. Pour Pascal, il y a une séparation, voire un divorce entre l’essence et l’existence. « Nous connaissons ce qu’il y a d’infini et nous ignorons sa nature ».

 

 

Les ordres de la réalité

Les ordres de la réalité dans la philosophie tragique pascalienne ne se rejoignent pas, la réalité est discontinue. Nous sommes à la fois sans repère, égaré, tout s’écoule, tout me fuit ainsi que l’affirme Montaigne. Il met ainsi en avant les contradictions de l’homme qui s’étendent sur plusieurs plans, il est ange et bête, nous avons un mélange de scepticisme et de dogmatisme. Il touche au malheur et au bonheur, à l’être et au paraître. Pascal part d’un senti métaphysique de situation de l’homme dans le monde, c’est l’effroi. Il est nécessaire de communiquer l’angoisse. Pascal est un penseur tragique qui pense la discontinuité de l’être, par opposition à Platon, pour qui la logique dialectique est la continuité et l’ordre. Nous pouvons faire un rapprochement entre pascal et Racine, Andromaque met en scène celui qui aime et qui est désespéré, non aimé de la personne qu’il aime; l’amour au sens de la pensée exclusive est vue par celui qui la reçoit comme quelque chose d’effrayant, chez Racine, la pensée est moralisante. Chez Platon, il y a différents ordres de réalité qui sont incommunicables.

Mais pour faire face à ce triste constat, nous avons Dieu, un Dieu sensible au cœur de l’homme. Nous allons voir en quoi consiste cet aspect de la philosophie pascalienne.

 

 

Un Dieu sensible au cœur non à la raison

 

L’espérance qui guide la conversion est avant tout l’attente de cette grâce par laquelle le Dieu parié devient le Dieu sensible au cœur. Dieu se manifeste dans l’histoire par des signes qu’il revient à la liberté de l’homme d’interpréter. Les miracles et les prophéties assurent la perpétuité pour la permanence absolue du dialogue entre l’homme et Dieu. Nous pouvons de christocentrisme, pour se comprendre soi même le monde, les écritures, il faut toujours avoir en la pensée l’incarnation par laquelle la mort passe à la vie, le temps accueille l’éternité et le péché se résout en salut.

Mais pour Pascal, il n’y a pas de philosophie chrétienne. Dieu par le directement au cœur à l’intérieur même de l’être, par la grâce, et de l’extérieur par les signes. Mais la grâce et les miracles sont surnaturels, c’est le mystère de Dieu. En le christ, l’homme voit son image, son espérance. Dieu n’est pas caché, il s’est voulu caché.

 

Il y a des révélations intérieures, il se révèle à ceux qui le cherchent, c’est lui-même qui suggère aux hommes, le devoir de le chercher. « Dieu sensible au cœur et non à la raison », la foi est le mouvement de l’homme vers Dieu, un élan d’amour. La grâce oriente l’homme vers le bien. Tous les êtres vivants sont répartis selon trois ordres de grandeur, l’ordre des corps représenté par les rois, les riches et les capitaines, l’ordre des esprits représenté par les avants et celui de la charité qui nous renvoie aux saints et au christ. Les grandeurs charnelles, intellectuelles et spirituelles sont perceptibles chacune à l’intérieur de leur ordre. Le cœur, cette intuition de l’être est aussi un amour de l’être; la raison n’est pas sensible et c’est là, son moindre défaut. L’être moi est l’homme singulier par opposition a l’homme universel, Dieu. Si le moi renie l’amour, l’ordre universel pour son amour à soi, le moi devient haïssable. L’être est compris entre Dieu et par Dieu. L’amour de soi n’est compréhensible que par rapport à l’amour de Dieu. Un homme qui a conscience de lui-même s’aime lui-même. Le cœur est quelque chose de naturel mais c’est le point d’insertion du surnaturel, c’est dans le cœur que réside tout ce qui constitue la loi. L’homme ne peut se connaître lui-même que par une dérivation de l’être qui se connaît parfaitement par lui-même. Dieu est l’examen de conscience, l’homme ne peut pas connaître son propre être, par opposition au cogito cartésien.

En fait nous pouvons affirmer que Dieu est au fond de nous même, c’est pourquoi, Dieu est sensible au cœur et non à la raison.

Date de dernière mise à jour : 22/08/2017