Candidats libres   Descriptifs   Oeuvres intégrales   L'entretien EAF  Coaching scolaire    Lycées français à l'étranger  Docbac

Les annales 2018  -  L'actualité du bac 2018 - Bac 2019 L'actualité du brevet 2018 - Brevet 2019 -

Le socratisme et ses implications


DNBAC

 

 

 

 

 

 

LA METHODE SOCRATIQUE

 

la philosophie grecque

 

 

Introduction

 

 

Nous allons étudier la méthode socratique en philosophie à plusieurs niveaux. Dans un premier temps, nous analyserons la méthode en respectant les trois temps de l'analyse proposée par Socrate, avec l'ironie qu'elle suppose, la nature et sa fonction et les moyens mis en œuvre pour y parvenir, enfin nous évaluerons sa valeur du point de vue des critères de la connaissance. Dans un second temps, nous verrons en quoi consiste l'orientation philosophique de Socrate en prenant en considération le but de la philosophie et ses conséquences pédagogiques articulées autour des adages socratiques.

 

 

 

I -La méthode socratique :la dialectique

 

  • L'ironie -

L'ironie reflète l'aptitude de celui qui interroge en feignant l'ignorance afin de faire en sorte que l'interrogé se remette en question.

 

Nous avons en premier lieu,

 

la maïeutique qui se définit par l'art d'accoucher les esprits du vide dont ils sont pleins. Il s'agit de montrer le vide de celui qui croyait savoir. Il faut pour cela souligner les contradictions de celui qui croit savoir et qui ignore son ignorance. Socrate accouche les esprits comme sa mère, sage femme accouchait les corps.

 

L'élenctique, terme scolastique qui signifie, réfutatio, réfutation. Il faut à ce niveau second, montrer les contradictions dans l'art cathartique, technique libératrice de la pseudo-connaissance.

 

L'anatreptique, cette dernière étape correspond au renversement opéré par le respect des trois étapes de la méthode, tout se ramène en fait à la maïeutique.

 

 

 

1 – Nature et fonction de la méthode

 

Les dialogues de Platon

 

Nous pouvons souligner le rapport inter-subjectif des dialogues. Socrate interroge mais ne répond pas; C'est cependant une communauté de paroles qui reflète la solidarité dans le savoir de la connaissance. Socrate n'est pas un solitaire et pour illustrer cette idée, nous pouvons citer Nietzsche, «la vérité commence à deux».

 

L'humanisme socratique

 

Sa méthode est pédagogique elle consiste à susciter une prise de conscience de son ignorance car cette dernière s'ignore elle-même et parle beaucoup. Cette lucidité nouvelle engendre le mutisme, cela se vérifie dans tous les dialogues de Platon. La discussion est l'étape initiatique permettant à l'ignorance de se libérer, il faut se débarrasser de son pseudo-savoir.

 

 

 

2 – Les moyens de la méthode

 

 

L'intentionnalité de Socrate

 

L'intentionnalité du penseur nous renvoie au niveau subjectif ainsi que le suggère un dialogue comme Alcibiade. Il semble d'abord donner bon rôle à Alcibiade. Socrate se met en position de demandeur. L'interlocuteur et le philosophe sont sur un terrain commun. Socrate incarne le faux naïf,la malice vis à vis de son interlocuteur, c'est sa pédagogie. Nous retrouvons une analogie de rapport chez Descartes qui avoue, «je m'avance masqué», fiction pour expliquer son point de vue, ruse pour faire passer ce qui heurterait les esprits. La machination philosophique est de mettre l'interrogé en confiance sans quoi il refuserait de se démentir.

 

La situation de l'interrogé

 

Elle se manifeste au niveau objectif. Il est victime de l'habileté du philosophe, il faut amener l'interlocuteur à se renier lui-même. C'est une préparation psychologique nécessaire. En répondant aux questions de Socrate, il passe de l'ignorance qui s'ignore à l'ignorance qui se sait. Nous pouvons nous référer au Ménon dans lequel nous comprenons que le savoir est réminiscence, savoir c'est se ressouvenir, car ce qui a été appris a été oublié. Socrate toujours ironique, n'est jamais sarcastique, il aime sa victime et souhaite la convertir à la sagesse, il considère que l'ignorance est inconsciente. Dans le Gorgias, nous pouvons lire que «nul n'est méchant volontairement» ce qui nous renseigne sur la nature du bien et du mal, le tyran voit le bien où il n'est pas, faire le mal, c'est ignorer le bien. Nous touchons à présent à la problématique de connaissance. La responsabilité n'est pas au niveau de l'acte mais du savoir. Dans la République de Platon, le mythe nous informe de la responsabilité des âmes, l'âme décide de son destin mais il y a la caverne, l'oubli de l'âme, c'est-à-dire, l'emprisonnement du savoir dans l'opinion -doxa-.

 

 

3 – la valeur de la méthode

 

La vertu de la méthode est avant tout critique, au sens étymologique, nous pourrions dire qu'il s'agit d'examiner pour séparer la vrai du faux chez l'individu. Cela va dans le sens d'une remise en question et d'une accusation des formes immédiates de la pensée, l'opinion. La vie immédiate selon Platon nous renvoie au domaine de l'apparence, aux pensées toutes faites, les autres pensent en nous, nous sommes aliénés par cette pensée non pensée par nous. Cette idée se retrouve chez Descartes. Il faut critiquer l'éducation dès le début dit Socrate, l'éducation est l'école de tout le monde, tous se transmettent les mêmes insuffisances, Alcibiade.

 

Quels sont les critères de la connaissance?

 

Ce que le philosophe recherche est une universalité pour dire la connaissance. Il s'agit de l'essence de la connaissance immuable que Platon considèrera comme des idées, des être métaphysiques. Cela doit renvoyer à une compétence acquise. Le savoir compétent est celui qui peut s'enseigner alors que l'opinion se transmet mais ne s'enseigne pas, car elle ne donne pas ses raisons.

 

 

 

II L'orientation philosophique de Socrate

 

La science ou l'épistémé découle partiellement de la méthode précédemment citée. C'est un pré-supposé philosophique, il faut se débarrasser de l'illusion de l'homme par rapport au savoir et mettre en avant les insuffisances du savoir des hommes .

Nous sommes en présence d'une double question préliminaire, qu'est-ce que l'homme? Et qu'est-ce que le savoir?

La méthode est la réponse aux interrogations, l'homme est un esprit comme ce qui lui permet d'être connaissant. Il s'agit de savoir appliquer son esprit aux choses. Au niveau du socratisme, nous avons une anthropologie philosophique : comment l'homme doit vivre conformément à ce qu'il est, soit un esprit. C'est une philosophie du salut. D'une façon générale, la philosophie socratique se résume bien dans l'adage bien connu du «connais-toi toi même». le penseur ainsi que Platon sont soucieux de connaître les arts par lesquels on s'améliore, et les manières de savoir si on se connait soi même.

 

La réflexion est axée sur l'homme contre les enseignements sophistiques qui incarnent la pseudo-philosophie. Platon et Socrate représentent la philosophie en chemin vers la vérité toujours anti-dogmatique dans le sens où elle refuse tout savoir considéré comme définitif. Il faut savoir se remettre en question, par définition, le philosophe est plus soucieux des questions que des réponses, c'est pourquoi, le philosophe est anti-dogmatique du fait de l'humilité dont il doit faire preuve.

 

Le savoir n'est pas digne de prétention, les hommes d'esprit doivent rester humbles et lucides. Nous avons ainsi l'image d'une philosophie initiatique et le moyen utilisé pour réussir son éducation est la dialectique avec comme professeur, le meilleur dialecticien qui soit, Socrate.

Date de dernière mise à jour : 16/08/2017