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Le goût peut-il être instrument de discernement esthétique?

 

Dnbac dissertations

 

 

 

L'art et le goût

 

Le goût comme instrument de discernement esthétique

 

 

Introduction

 

 

Nous allons étudier le goût comme élément essentiel en matière d'esthétique. Nous verrons dans un premier temps, le goût ramené au beau comme finalité. Si la production artistique a pour fonction d'être belle alors l'art serait affaire de goût. Nous étudierons cette problématique sous forme d'une thèse , d'une antithèse et d'une synthèse. En second lieu, nous analyserons le goût du point de vue kantien, nous envisagerons le goût du point de vue de la qualité, de la quantité, de la relation et de la modalité.

 

 

I – Thèse

 

Argument :

 

Si la production artistique a pour fonction d'être belle alors l'art serait affaire de goût, le beau serait la finalité et aurait un lien évident avec le problème du goût.

 

Chaque société, chaque culture a sa notion du beau et nous attendons que l'art soit conforme à cette idée. Mais le beau de l'artiste ne correspond pas forcément aux goûts du spectateur. Le beau est une notion relative, à chacun son esthétique. Chaque société a sa conception du beau, on admire aujourd'hui les peintres impressionnistes alors que ceux-ci étaient refusés par les salons officiels de la fin du XIX ème siècle, par opposition à la peinture académique. Pour reprendre les mots de Kant, nous dirons que l'art n'est pas la représentation d'une belle chose, mais la belle représentation d'une chose. Le beau du spectateur n'est pas le beau de l'artiste. Ce dernier n'a pas à faire plaisir au spectateur. Il n'a pas à se conformer aux goûts d'une culture et d'une époque. Son but premier est la création qu'il adopte avec ses sujets et ses formes. L'art serait donc affaire avant tout de goût, celui de l'artiste, puis celui du spectateur.

 

 

II – Antithèse

 

 

L'artiste ne doit pas e^être limité par une finalité esthétique. Marcel Duchamp affirme que, «le grand ennemi de l'art, c'est le bon goût. L'artiste n'a pas à se préoccuper des modes des goûts et des notions du beau qui prédominent dans une société». L'art serait une affaire d'authenticité et de liberté, plus qu'une affaire de goût.

 

 

III – Synthèse

 

 

Si la notion de beau signifie conformité aux goûts d'une époque, on peut répondre oui à la question de savoir si l'art est affaire de goût. On se place alors dans la positon d'un spectateur habitué à une forme plutôt qu'à une autre de langage artistique. Pascal affirmait à ce sujet que «la mode elle même et les pays règlent souvent ce qu'on appelle la beauté, par conséquent le jugement de goût». Si l'artiste veut créer la vérité d'une émotion, il doit aussi être libre,il ne doit être contraint par aucun canon esthétique, nous entendons par canon l'ensemble des règles fixes pour déterminer les proportions de l 'être humain conformément à un idéal de beauté.

 

 

Nous allons reformuler la même problématique avec une thèse et une synthèse différentes afin de mieux comprendre le sujet.

 

 

IV – reformulation de la thèse

 

 

Si le plaisir esthétique suppose une culture esthétique alors l'art n'est pas seulement affaire de goût. Il est nécessaire d'étendre notre connaissance de l'art afin de nous permettre de saisir avec plus de finesse,la richesse, les qualités d'une œuvre; Un œuvre ne peut être réduite par un public inculte à un spectacle produisant des impressions subjectives. Il faut donc récuser la subjectivité des goûts d'un amateur dont l'appréciation serait réduite à l'alternative, j'aime ou je n'aime pas L'amateur ne sera jamais dans l'état propice à l'appréciation d'un œuvre d'art. Goûter, c'est toujours juger. Si je veux juger Mozart, Mondrian, il faut pour ne pas que leur œuvre reste hermétiques apprendre leur langage.

 

 

V – Reformulation de l'antithèse

 

 

Le goût est cette faculté naturelle et subjective qu'on les hommes à la différencier le beau du laid. Il n'est pas nécessaire d'être cultivé pour saisir ce que notre goût nous donne à apprécier. L'œuvre d'art se donne à celui q qui la trouve immédiatement belle. L'attitude de l'amateur se réduit à une pure réceptivité du sentiment de plaisir ou de déplaisir que l'œuvre provoque en lui. Indépendamment de toute considération théorique. L'art est purement et simplement affaire de goût. La culture esthétique n'est pas une condition de possibilité du goût. L'art a donc à voir avec la subjectivité du goût. Cette dernière traduit l'attitude d'une personne qui juge, pense, apprécie en fonction de sa conscience, de ses opinions et de ses goûts.

 

 

VI – Le goût selon Kant

 

 

Le goût est l'instrument de discernement esthétique, la capacité de reconnaître le beau, de porter un jugement sur les rouvres d'art. Dans sa Critique de la faculté de juger, Kant étudie le goût comme une exposition et une déduction transcendantale du jugement qui pose qu'une chose est belle. Il en pose quatre aspects :

 

1 – Le goût du point de vue de la qualité

 

La première définition est déduite de la qualité du jugement de goût. Le beau est l'objet d'une satisfaction désintéressée. Il se rapporte aux sentiments de plaisir et de peine. Dans le goût, le sujet ne porte pas de jugement sur l'objet. Il est juste affecté par une représentation. Il y a un plaisir pur qui n'est pas lié à l'existence de l'objet par opposition à la notion d'agréable relativement à la consommation d'un objet.

 

2 – Le goût du point de vue de la quantité

 

Est beau ce qui plait universellement sans concept. C'est la conséquence de notre point précédent., puisque la satisfaction donnée par la représentation de l'objet est libre de tout intérêt, celui qui juge est amené à attribuer à chacun une semblable satisfaction qui ne constitue pas une connaissance objective mais elle est valable pour tous. L'art est affaire de goût qui relève d'un jugement esthétique du point de vue de la quantité qui nous révèle une universalité subjective et qui nous sépare de l'agréable. Lorsque dans un jugement réfléchi on dit qu'un chose est belle, on juge aussi pour autrui, nous avons donc une universalité subjective et cela nous permet d'échapper à l'empirisme, car cette universalité est une idée.

 

3 – Le goût du point de vue de la relation à une fin

 

La beauté est définie comme la forme de la finalité d'un objet en tant qu'elle est perçue en celui-ci sans représentation d'une fin. C'est la définition de la beauté comme finalité sans fin, formelle. Cela nous informe sur le principe transcendantal du goût. La finalité qui sert de principe au goût est une finalité subjective, formelle. Si la finalité admettait une fin elle ferait dépendre la beauté de l'agréable. Il n'y a pas de finalité objective.

 

4 – Le goût du point de vue de la modalité du jugement de goût

 

«Est beau ce qui est reconnu sans concept comme objet d'une satisfaction nécessaire». La nécessité du jugement esthétique est une nécessité exemplaire, tous doivent adhérer à un jugement qui apparaît comme un exemple d'un règle que l'on ne peut énoncer. Le quatrième moment de l'analytique du jugement de goût permet de définir l'art comme une affaire de goût au sens où le goût est vu comme la faculté de juger d'un objet en rapport avec la libre légalité de l'imagination.

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 11/08/2017