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La méthode socratique

Dnbac commentaires

 

 

 

LA PHILOSOPHIE, SA NECESSITE, SON BUT

 

LA METHODE PHILOSOPHIQUE

 

 

 

Introduction

 

Nous avons vu que la méthode philosophique chez Socrate consistait à mettre en valeur l'ironie au sens d'une aptitude chez celui qui interroge en feignant l'ignorance. Nous l'avons qualifiée de méthode maïeutique qui consiste à accoucher les esprits du vide dont ils sont pleins. L'art d'accoucher est suivi de l'élenctique qui est la phase de réfutation, il faut à ce stade de la réflexion montrer les contradictions, nous retrouvons la méthode cathartique puis vient la dernière étape, l'anatreptique qui est le renversement, en fait tout revient à la maïeutique. L'interlocuteur a ainsi pris conscience de son ignorance qui s'ignore. Franchir le cap d'une ignorance qui se sait, voilà le but à atteindre dans la méthode socratique, l'ignorance doit prendre conscience d'elle-même. Nous allons à présent étudier les moyens de la méthode à deux niveaux, en premier lieu, le niveau subjectif, puis au niveau objectif, nous analyserons ensuite la valeur de cette méthode et son orientation philosophique ainsi que son but. Nous nous consacrerons en dernier point aux conséquences pédagogiques d'une telle méthode.

 

 

I – La méthode socratique : Les moyens de la méthode

 

1 – Le niveau subjectif : l'intentionnalité de Socrate

 

Il semble d'abord donner bon rôle à ses interlocuteurs, il se met en position de demandeur. C'est un faux naïf. C'est une machination philosophique qui consiste à mettre l'interrogé en confiance.

 

2 – le niveau objectif : situation de l'interrogé

 

L'interrogé est victime de l'habileté philosophique de Socrate. Il amène l'interlocuteur à se démentir. C'est une préparation psychologique. L'interlocuteur apporte l'ignorance. Socrate apporte la connaissance par le jeu de questions et de réponses; L'ignorance est inconsciente. On peut par exemple voir le bien là où il n'est pas. La problématique de la connaissance engage la responsabilité qui n'est pas au niveau de l'acte mais du savoir. Faire le mal chez Platon signifie ne pas connaître le bien. Nous citerons le philosophe pour illustrer cette théorie, «nul n'est méchant volontairement». Mal agir veut dire ne pas savoir, ne pas avoir connaissance du bien. Ne pas savoir pour Platon, c'est avoir oublié. Cette théorie s'appelle la théorie de la réminiscence; Savoir, n'est autre que se ressouvenir. Dans le but d'illustrer cette théorie, nous pouvons nous référer «au mythe de la caverne» de la République. L'oubli de l'âme renvoie à l'emprisonnement du savoir dans l'opinion - doxa-

 

II – La valeur de la méthode

 

La méthode socratique a des vertus critiques. Il faut examiner de près la question pour séparer le vrai du faux. Cela a pour conséquences chez Platon de poser la nécessité de s'élever du sensible vers l'intelligible. Il faut saisir l'Idée en soi des choses, c'est-à-dire, l'essence. L'homme en quête de sagesse doit quitter le monde empirique. Nous entendons par empirisme, la doctrine qui pose que la connaissance est accessible par l'expérience et l'observation. Le savoir compétent est celui qui peut s'enseigner; L'idée est ce dont on peut rendre compte. L'opinion, -doxa-, se transmet mais ne s'enseigne pas, on ne peut pas en rendre compte.

 

III – L'orientation philosophique de la méthode

 

Elle renvoie à une double question préliminaire

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Qu'est-ce que l'homme?

- Qu'est -ce que le savoir?

L'homme est un esprit, c'est-à-dire ce qui lui permet d'être connaissant. Comment appliquer son esprit aux choses? C'est une question d'anthropologie philosophique. Comment l'homme doit-il vivre conformément à ce qu'il est ? Un esprit. Nous sommes en présence d'une philosophie du salut. Cela nous ramène à l'adage socratique, «connais-toi-toi même».

 

IV – Le but de la philosophie

 

Platon nous donne une philosophie négative de l'homme. Il n'est pas défini par ses biens. Il y a une distinction entre le corps et ce qu'il possède; L'être physique ne se confond pas avec ce qu'il possède. Pour reprendre les mots du phédon, dialogue de Platon, nous dirons que «si l'on se préoccupe de ses biens, on ne se préoccupe plus de soi-même». C'est le thème de la purification ou la catharsis.

 

La catharsis

 

La philosophie se libère du superflu. Platon considère que la philosophie s'adresse aux hommes dont la finalité est de développer leur partie de l'âme qui est l'intelligence. Il faut par conséquent se détourner du travail, de la production. Ceux qui travaillent n'ont rien à faire avec la philosophie. Ce n'est pas leur finalité. On ne peut pas philosopher si on est asservi à la production. Nous retrouvons la conception grecque en la matière. Aristote affirme à ce propos, «l'esclave est un outil animé». Ainsi chaque homme est naturellement fait pour quelque chose; On a des dispositions innées mais il faut savoir les actualiser. L'homme n'est pas non plus défini par ce par quoi il se sert. L'organe doit être distingué de l'outil. Le cordonnier et le cithariste ne se définissent pas par leur instrument, mais parce qu'ils l'utilisent; L'homme est plus que le langage dont il se sert car il exprime son idée par la parole. L'homme n'est pas son corps mais il est un tout du corps et de l'âme. Le corps ne commande pas. L'homme est ce qui commande au corps. C'est l'âme qui prémédite les mouvements du corps. Le corps est chez Platon assimilé à la déraison, lieu de désirs, de besoins, source des passions. Les morales du plaisir évaluent le bien à ce qui fait plaisir à l'homme. Par opposition, pour Platon, ce qui est propre à l'homme est l'âme. Mais l'âme n'est pas donnée dans l'expérience sensible. L'homme ne se fonde pas dans la réalité sensible, empirique, doctrine qui pose que la connaissance relève de l'expérience, des faits.

 

V – Conséquences pédagogiques

 

C'est une pédagogie de l'âme. Toute connaissance du corps est une pseudo-connaissance. Pour définir l'âme et la fonction qu'elle doit remplir nous nous réfèrerons à la définition donnée par Platon dans la République : «Sera juste chaque chose en laquelle chaque élément sera à sa place».

 

 

Une tripartition fonctionnelle au niveau individuel et collectif

 

La justice est le respect d'un ordre fondé en nature. Il y a un ordre dans la cité juste. C'est une cité -polis- ordonnée ou chaque groupe social exerce la fonction pour laquelle il est destiné par nature. L'ordre de l'âme juste est celui ou dans une âme, chaque partie est à sa place. Nous avons trois parties, l'épithunia ou le désir, partie qui domine chez les producteurs, le thumos, ou le courage qui est la partie dominante chez les guerriers et le nous ou la raison qui concerne les philosophes. Une âme juste est une harmonie de nature entre ces trois parties de l'âme et chaque partie doit être subordonnée à ce qu'elle a de supérieur. L'âme est tel un attelage dont la raison tient les rennes des deux chevaux. La vertu consiste donc à cultiver l'intellect, nous retrouvons cette idée chez Aristote, «l'homme est un animal raisonnable». La vertu est pour ce philosophe l'effet d'une habitude, une seconde nature. La philosophe est donc pour Platon un homme enclin à la critique, de vertu, anti-dogmatique. Cela n'est pas en contradiction avec l'eudémonisme, la recherche du bonheur.

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 28/08/2017