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L'esprit est-il plus facile à connaître que le corps?

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L'esprit est-il plus facile à connaître que le corps? 

 

Depuis l’antiquité, les philosophes se sont intéressés à l’esprit de l’être humain et ce qui le caractérise. Il fut d’abord considéré d’un point de vue moral jusqu’à ce que Descartes lui donne un aspect psychologique. Le corps quant à lui fut délaissé au départ par les antiques. Rabelais dans Gargantua décrivit la mauvaise éducation antique à travers un bourrage de l’esprit et un délaissement du corps. Il faut attendre le développement de la médecine à la renaissance pour que ce dernier retrouve une place de choix. Il convient donc de s’interroger dans quelle mesure la connaissance de l'esprit est plus facile que celle du corps pour que les penseurs lui consacrent au départ plus de réflexion. Nous poserons tout d’abord que l’esprit est à priori plus aisé à connaître, puis nous montrerons que cette facilité admet certaines limites devant le développement de la science au profit de la connaissance du corps puis nous expliquerons que l’un et l’autre présentent des difficultés à connaître.

 

La terme connaissance réfère à une compréhension claire et vraie d’un objet. En effet connaître c’est appréhender la chose dans toutes ses dimensions clairement et distinctement. Dans l’antiquité l’esprit parut aux philosophes plus clair à saisir. En effet, Platon considéra à l’époque que l’esprit se résumait à une âme qui serait composée de trois éléments : une partie qui raisonne , c’est l’élément rationnel, une partie qui aime, qui a faim, soif et vole autours des autres désirs : c’est l’élément irrationnel et une partie irascible , celle qui se met en colère.

Descartes aussi s’intéressa à l’esprit dans son traité des passions de l’Ame où il explique que les passions de l’esprit ne sont pas des maladies de l’âme mais qu’  « elles sont toutes bonnes de leur nature , nous n’avons rien à éviter que leurs mauvais usages ou leurs excès ».

Les romanciers et moralistes jusqu’à nos jours ne cessent de s’intéresser à l’esprit. Il n’y a qu’à observer l’engouement des gens pour les romans de développement personnel où une grande partie est réservée à l’équilibre de l’esprit et à sa sérénité, tels que les romans de Paul Cuelho qui enregistre les meilleures ventes de l’année.

En parallèle , la connaissance du corps ne semble pas avancer au même rythme que celle de l’esprit. Jusqu’au XVII ème siècle, les médecins étaient encore considérés comme des charlatans par certains penseurs comme Molière dans Don Juan où le serviteur de ce dernier marque l’ironie à travers laquelle Molière passe le message qu’il suffisait de porter une blouse blanche pour se croire un médecin. Il faut attendre le XIX ème siècle et la révolution industrielle qui fut accompagnée par des progrès astronomiques de la science du corps comme la découverte du vaccin, de la pénicilline ….

Il est tout à fait logique que la connaissance de l’esprit à cette époque paraisse plus aisée car elle était plus abordable par tous. C’était une connaissance qui demandait peu d’efforts et qui semblait immédiate et évidente. L’introspection permettait de se dire ce qu’on ressentait et ce qu’on éprouvait comme sentiments.

Jusqu’au XIX siècle donc, l’esprit n’est que clarté et évidence. Sa forme la plus noble est la raison. Il est le propre et l’essentiel de l’Homme et c’est ce qui le différencie des autres êtres vivants. Descartes dans ses premières méditations a prouvé à travers son Cogito que l’on pouvait douter de tout sauf de la faculté de l’esprit à douter. Il écarta le corps de la conscience dont le privilège doit revenir à l’esprit.

Mais l’histoire dans son avancée va prouver que l'esprit n’est pas si facile à connaître.

Les premiers qui ont protesté contre cette évidence de la facilité dans la connaissance de l’esprit sont les poètes romantiques, les symbolistes et les philosophes. Ils soutiennent que la connaissance de l’esprit n’est pas si transparente dans la mesure où une partie du « moi » est plongée dans l’obscurité. « Je suis un autre » écrivait Rimbaud. En effet, nous pouvons parfois avoir ce sentiment que quelque chose en nous est comme étranger et inconnu.

Des philosophes comme Nietzsche prennent le contre-pied de Descartes en affirmant que la chose la mieux connue du monde est notre corps. Pour lui, tout ce que nous connaissons de l’esprit ce sont nos sentiments et nos représentations. Nous ne pouvons aller plus loin.

Pour Marx, c’est l’existence sociale qui détermine la conscience. La conscience est en quelque sorte un produit social. Notre manière de penser et nos opinions ne sont que le fruit d’un déterminisme issu de la structure sociale et des conditions de production .

La connaissance de l’esprit s’avère ainsi limitée à ce à quoi nous pouvons accéder mais aussi à ce à quoi nous voulons accéder. Ainsi , nous ne sommes pas prêts à reconnaître certains de nos défauts. Nous voulons parfois ignorer certaines choses de notre esprit. Nous ne sommes pas prêts à reconnaître notre égoïsme ou notre cupidité ou notre avarice.

Freud va à travers son analyse intervenir d’une façon décisive dans la connaissance de l’esprit en affirmant qu’il y a plus d’inconscient que de conscient dans le psychisme. Le psychisme pourrait être comparé à un iceberg dont la partie émergée représentait la conscience. La psychanalyse suppose que le sujet refoule dans les profondeurs de l’inconscient les pensées qui, d’une façon ou d’une autre le perturbent, surtout quand elles sont en contradiction avec les interdits de son éducation. La connaissance de l’esprit devient donc réellement problématique.

Au moment où Freud nous démontre que l’esprit n’est pas plus aisé à connaître que le corps, la médecine fait des progrès considérables en matière de mico-organismes et en physiologie mais il semblerait que des progrès restent encore à faire car la connaissance du corps n’est pas encore suffisante. Les chercheurs estiment qu’on ne connaîtrait qu’aux alentours de 20% de la neurologie.

 

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Il serait donc légitime de penser que l’esprit est aussi difficile à connaître que le corps. Aucune certitude ne peut être affirmée pour ces deux substances, aucune vérité ne peut être proclamée. Les sciences et les recherches sont en perpétuel mouvement. Le cerveau siège de l’esprit et de la conscience est encore mal connu. Freud est suivi et controversé en même temps. L’Homme est une machine complexe ne tolérant aucune mise en équation. Toute tentative de compréhension totale est une pure illusion. Le sujet soumis à notre étude suppose la séparation du corps et de l’esprit, mais cette séparation est-elle légitime ? Que penser des maladies psychosomatiques où le corps influence l’esprit et inversement l’esprit influence le corps. Quelle est la frontière entre le corps et l’esprit ? Faut-il dans ce genre de maladie soigner le corps pour soulager l’esprit ou aérer l’esprit pour récupérer le corps ?

 

Au terme de notre analyse, nous pouvons dire que connaître l’esprit et le corps séparément ne sembleraient pas être une entreprise concluante. Toutes les recherches dans ce sens se sont avérées non concluantes. Il serait plus raisonnable de penser qu’il existerait un composé d’esprit et de corps, dont notre représentation et connaissance devient de plus en plus complexe et laisse présager une complexité bien plus grande encore

Date de dernière mise à jour : 24/07/2017