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Héraclite, fragments, 36, 119 et 50

 

Dnbac commentaires

 

 

La pensée de la contradiction et histoire du devenir

La philosophie héraclitéenne

 

 

- commentaire de quelques fragments 36 119 50 et la nature aime à se cacher

 

Introduction

 

Nous allons étudier la pensée de la contradiction et l’histoire du devenir chez Héraclite, nous commenterons quelques fragments qui illustreront les pensées les plus représentatives du penseur. Nous savons que la fin et le commencement du monde coïncident, mais il n’y a pas chez Héraclite de schéma de la circularité absolue qui abolit les différences. Il est nécessaire de se représenter une différence au sein de chaque cercle. Il n’y a pas de reconduction au même. Héraclite n’est pas aristotélicien, ni stoicien; il n’y a pas d’éternel retour du même mais permanence de l’impermanence, les cycles de vie reviennent mais les individus vivants ne reviennent pas. Il y a permanence des cycles de vie et fuite sans retour des individus. « Les saisons apportent tout », il y a l’éternité périodique de l’espèce, les espèces tout comme les saisons reviennent. Mais concernant l’individu, « le même est en nous jeune et vieux, vivant et mort, éveillé et endormi ». Nous tenterons de nous concentrer sur les fragments essentiels favorisant une meilleure compréhension du système.Dnbac commentaires

 

Le fragment 36

 

 

« Pour les âmes, mort de devenir eau, pour l’eau mort de devenir terre: de la terre naît l’eau et de l’eau l’âme ». Par l’âme, l’homme est en vie, l’âme meurt non pas par l’envol de l’âme délaissant le corps mais par la mort de l’âme qui se change en eau et en terre. Mourir signifie redevenir eau et terre. Mais de la terre et de l’eau, l’âme peut renaître. Les âmes mortes ne renaissent pas. Ce qui renaît, c’est l’âme comme mode d’existence du feu. L’âme n’est pas le feu mais un feu psychique qui est de la nature du feu atmosphérique, elle est comme le prester du feu mêlé. Elle n’est pas exclue de la vie universelle. Les mortels sont immortels et les immortels sont mortels, ils sont reliés au feu immortel. Les états opposés ne peuvent rester séparés, ils passent l’un dans l’autre, s’échangent car l’un des deux états comporte le droit à l’autre. Le vivant est de droit un mort. L’unité des contraires de la vie et de la mort manifeste l’unité harmonieuse et discordante des contraires, « nous sommes et nous ne sommes pas ».

 

Le fragment 119

 

« L’être de l’homme est l’être divin ». Comme le feu du monde est lui-même son propre destin, c’est l’être divin de l’homme qui constitue le moteur interne du devenir humain. L’être divin de l’homme constitue son harmonie discordante, l’être divin est-ce qui le relie à l’universel, nous sommes dans une harmonie qui est synonyme de l’unité des contraires. La lutte des éléments est la loi constitutive du cosmos, « tout devient dans la lutte et la nécessité », « la guerre est le père de toutes choses ».

 

Le fragment 50

 

« Il est sage que ceux qui ont écouté non moi mais le logos conviennent que tout est Un ». La raison cosmique nous fait comprendre que le tout est les contraires à la fois. Les discours particuliers doivent se taire, le discours est universel. Il faut se plier à la sagesse toujours déjà là. Le discours vrai est le discours universel. Le monde commun et universel, unique est celui des éveillés, par opposition au monde particulier, celui qui a perdu son unité. Il y a réconciliation par la philosophie de l’homme et du monde universel, c’est-à-dire, un détournement des mondes particuliers.

 

« La nature aime à se cacher »

 

Il faut savoir écouter le logos, saisir l’harmonie, c’est une vocation philosophique car connaître la loi de l’unité des contraires signifie comprendre l’harmonie. Les savoirs s’opposent à ce savoir essentiel d’un point de vue qualitatif. En ce sens, il s’oppose à la somme des savoirs particuliers, quantitatifs, inessentiels. Nous pouvons faire une allusion à Parménide pour qui la vérité ne se dit pas au pluriel. « Ce discours qui est toujours vrai, tout arrive conformément à ce discours ». Ainsi le devenir et la génération est l’histoire des transformations du feu, c’est le mobilisme universel, il n’ y a pas de périodicité cyclique, il faut comprendre le désaccord de l’Un, éternel et immobile et l’unité des contraires qui sont toujours un. La pensée d’Héraclite est la pensée de la contradiction, le moteur du devenir.

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 10/08/2017