Etude de la liberté Kantienne

 

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LA LIBERTE CHEZ KANT

 

 

 

Introduction

 

Nous allons étudier le concept de liberté chez Kant et les moments essentiels dans la liberté kantienne respectivement dans la critique de la raison pure, dans la critique de la raison pratique, la critique de la faculté de juger et du point de vue de la religion dans les limites de la simple raison. Nous retracerons l'itinéraire kantien dans sa réflexion sur la liberté dans ses différents écrits. Dans un second temps, nous nous interrogerons sur les conditions de possibilité de la volonté libre et enfin, dans une dernière partie, nous tenterons de définir l'agir volontaire en élargissant notre problématique à d'autres auteurs comme Nabert et Sartre.

 

 

I – Le concept de liberté dans l'itinéraire kantien

 

 

Nous avons une référence au pouvoir du premier commencement, ou du pouvoir de me recommencer moi-même, c'est une leçon de régénération. C'est en effet dans le cadre de la cosmologie que vient la liberté de l'homme. Mais, Dans la critique de la raison pure, le philosophe traite de la liberté sous l'aspect de l'autonomie. Il y a un décalage entre le pouvoir de commencement et l'autonomie, celle-ci est indépendante de toute considération du bien et du mal, elle est neutre du point de vue de la volonté bonne ou mauvaise. Dans le contexte de la critique de la raison pratique, au contraire, nous avons une identification entre le liberté et l'autonomie. Cela nous renvoie à la possibilité du mal vouloir, à notre impuissance. Dans Le fondement de la métaphysique des mœurs, Kant fait une introduction sur la liberté comme pouvoir de choisir pour ou contre la loi, c'est en soi une contradiction, une illusion, un égarement. C'est en m'appréhendant moi-même dans le phénomène de moi-même que j'appréhende la liberté comme pouvoir de choisir. Il met en accusation la liberté comme liberté d'indifférence, nous avons une représentation liée à l'identification de moi-même et du phénomène de moi-même, en conséquence, nous dirons, pour reprendre en substance les mots du penseur, qu'en relation avec la liberté interne de la raison, la liberté est une faculté. C'est la liberté comme pouvoir d'autonomie. Par opposition, dans La critique de la raison pure, la causalité est associée au commencement. Le concept de liberté ne s'entend plus de la même façon quand on envisage sa possibilité dans la critique de la raison pure et sa réalité dans la critique de la raison pratique. Puis, nous avons un autre moment dans la réflexion sur la liberté dans l'itinéraire kantien. Dans La critique de la faculté de juger et ses écrits sur l'histoire, la liberté ne se comprend que par rapport à la dialectique de la raison pratique. Nous avons un autre rapport établi, celui de la liberté et de la nature dans le temps de la causalité libre. Des paragraphes 79 à 91 de La critique de la faculté de juger, dans sa dialectique de raison pratique, Kant part du fait que l'acte libre, de pure volonté, est un acte qui se détermine par la seule adéquation à la loi. Nous avons donc une scission entre la loi de sa liberté et la loi du monde. Les lois des phénomènes du monde contredisent la loi de ma liberté, c'est la loi de mes passions dans mon expérience. Obéir à la loi, c'est obéir à la raison. Nous avons un besoin de penser à la possibilité d'un progrès infini de notre acte libre et besoin d'y croire en dépit du monde et de sa réalité, cela est en quelque sorte approprié à l'intention de ma bonne volonté. L'homme a besoin de se penser comme accomplissant le Souverain Bien, nous sommes à ce niveau en référence avec la dialectique de la raison pratique. Dans le paragraphe 9 de La critique de la faculté de juger, Kant insiste sur les deux législations en cours, dans un premier temps, nous avons la raison, la loi de la liberté, puis, en second lieu,la loi du monde. Cependant il faut penser nécessairement l'efficacité de la loi de la raison. Le philosophe nous invite ensuite à réfléchir sur le concept de fin, il y a une appropriation de la nature soumise à la législation de la raison. Il nous faut rechercher les signes sur lesquels peut s'appuyer celui qui obéit à la loi morale, mais ce n'est pas suffisant. La question des fins nous ramène à la question de la fin sur laquelle l'univers repose. Il faut concevoir l'organisation finale de l'univers, la question de la fin ultime, un inconditionné, une fin au-delà des moyens. En l'homme, cela se traduit par un acte purement moral existant en vue de la possibilité d'un acte de pure volonté. Nous touchons ici au thème du devenir concret de la liberté, nous avons le même aspect de la réflexion au niveau de notre relation avec autrui. C'est en communauté avec les autres que les hommes s'accomplissent comme êtres libres.

 

Dans la religion dans les limites de la simple raison

 

 

Kant fait en référence à la religion dans l'histoire, une analyse du mal radical. La liberté est perçue comme un acte intelligible du principe aux mauvais penchants. C'est l'intention de recommencement. La question envisagée est la suivante, comment peut-on retrouver l'équivalence entre les pouvoirs comme dans «la critique de la raison pure»? Nous retrouvons la même difficulté qu'avec St Augustin. La pensée de la liberté est envisagée comme pouvoir de commencer dans l'optique chrétienne. La nouveauté chez Kant est d'envisager la question comme un premier commencement. L'acte libre est un commencement qui se pense en analogie avec la création ex-nihilo. Nous retrouvons malgré tout la figure augustinienne dans l'interprétation de la réalité du mal.

 

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II – Comment penser la causalité liberté?

 

Un commencement

 

La pensée d'un mal ayant une consistance réelle est envisagée avec un seul acte d'un seul homme. La création dans sa perfection est rayée du seul fait de l'acte d'un seul homme. Comment la création peut-elle être marquée par l'acte d'un seul homme? En même temps, il nous faut rappeler que la pensée chrétienne est aussi la pensée de la liberté comme acte de recommencement médiatisée par le pardon du christ. Nous devons donc mettre en évidence l'idée d'un pouvoir de commencement au sens du fondement des origines chrétiennes. Comment penser la causalité comme liberté, c'est la question de Kant; Il conçoit la possibilité de la régénération, celle de se détacher du passé pour recommencer. La solution est proposée dans la Critique de la raison pure, dans la troisième antinomie. Dans la troisième exposition apparaît l'homme, cela reflète le fait que pour Kant toutes les références à la psychologie comme démarche pour expliquer la liberté de l'acte libre sont rejetées et vouées à l'échec. La pensée de la liberté est conçue comme une pensée qui ne peut pas intervenir dans une compréhension du «Tout» par l'homme, du «Tout» de expérience humaine. Dans la critique de la raison pratique, le philosophe précise que le concept de liberté est la clef de voute du système de la raison pure y compris de la raison spéculative. Il ne faut pas négliger la possibilité de l'existence de Dieu, l'immortalité de l'âme et la possibilité de l'acte de bonne volonté. On ne peut entrer dans la question du sens que par l'acte de bonne volonté en étant raisonnable ou en obéissant à la loi.

 

 

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III – L'agir volontaire

 

Il nous faut donc concevoir la liberté comme un problème de commencement, le commencement d'un nouvel ordre de chose; l'acte libre est une nouvelle manière d'être de moi-même dans le temps. Cet aspect est également pris en considération par Nabert dans le «productivité de la conscience». La décision libre est vue comme une promesse de fidélité au nouvel ordre qui s'engendre par la liberté. L'acte libre pour autant qu'il pose la foi dans la possibilité d'exister d'un nouvel ordre devient pour l'homme la capacité de se perpétuer dans le temps. L'acte libre suppose pour cela de se livrer à l'altérité, car la confiance de l'autre viendra comme une réponse à ma propre promesse. L'acte libre est un acte décisif dans un horizon d'être avec les autres qui sont une possibilité de moi-même. Un être doit donc être ontologiquement attaché à un autre. La liberté n'est pas qu'un pouvoir de dire mais également un pouvoir de faire, et d'être. L'autonomie de ce fait n'est qu'une apparente autarcie de l'homme libre à laquelle il ne faut pas se fier; C'est fondamentalement un pouvoir de l'amour. Pour Sartre, ce pouvoir me met au-delà du bien et du mal. Pour Kant, le fondement de la légitimité de la loi nous renvoie au fait de nous ouvrir à la capacité de reconnaître les autres comme êtres raisonnables, comme fin en soi, nous avons besoin de trouver une écoute et de croire que celle-ci est possible. La matière pour le philosophe, c'est les autres. La fin en soi est l'intérieur de nous mêmes, il faut être raisonnable, être comme fin en soi.

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 16/05/2019

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