Candidats libres     Descriptifs    Oeuvres intégrales     L'entretien EAF    Coaching scolaire      Lycées français à l'étranger 

Les annales 2018  -  L'actualité du bac 2018  -  L'actualité du brevet 2018

Empédocle : circularité et harmonie

 

Dnbac commentaires

 

Thématiques philosophiques

 

Circularité et harmonie chez Empédocle

 

Concept associé, “l'origine”

 

 

 

Introduction

 

Nous allons étudier le concept d’harmonie chez Empédocle. Nous commencerons notre analyse par la notion d’archè que nous pouvons traduire par commencement, le moment initial, cela correspond au développement d’une cosmologie à partir de cet état premier dont la représentation fait problème car cet état est un apeiron, un indéterminé, un illimité. Notre étude touche à la question de l’origine. Nous verrons en quoi et comment cette problématique philosophique peut être thématisée en termes de principes. Nous tenterons de développer notre thématique afin de répondre à la question de savoir comment il est possible de concevoir le concept d’origine.

 

Dnbac commentaires

 

Comment concevoir le concept d’origine?

 

Nous devons rapprocher le concept d’origine à la source de toutes les différences. L’indifférenciation originaire ne peut être vide car on ne peut présupposer le vide. Nous avons l’idée d’une sphère immobile, une harmonie enfermée dans les liens du sphairos, harmonie secrète indiscernable, rien n’est donc visible dans celle-ci car tout est confondu, on ne sait pas ce qui constitue cette harmonie comme lien. Il y a donc un paradoxe au sein même du concept d’harmonie, au lieu de chasser l’apeiron, elle est qualifiée d’apeiron. Elle aurait donc un double rôle. L’harmonie se situe entre l’ordre et le désordre, elle est fluctuante, homogène et hétérogène, un et multiple. Mais elle n’est pas seulement unification de la diversité. L’harmonie est elle un apeiron, comment peut elle être un apeiron? Comment penser leur rapport réciproque? L’harmonie est enténébrée, elle embrasse les choses dans une étreinte si serrée qu’elle les rend indiscernables.

Il est difficile de définir le sphairos comme un cercle ou le début et la fin coïncideraient. Empédocle envisage le sphairos sans penser le cercle. La sphère embrasse toutes choses, toutes les différences dans une étreinte si serrée qu’elle les rend invisibles; il y a désordre, chaque point de la sphère serait commencement et fin selon l’image du cercle, il y a une infinité de cercles dans la sphère. Nous avons donc un point de départ, les cercles sont serrés dans cette sphère, la pensée de l’enchevêtrement domine.Dnbac commentaires

 

 

Nous mettrons en avant la métaphore de la mer aux mille routes, l’harmonie compose avec cet apeiron, il y a une hypertrophie des chemins. La conception ionienne de l’harmonie est inspirée de l’indéterminé selon Empédocle. Elle est source de toutes les différences et est indifférenciée. Quel arrangement peut elle opérer? Comment comprendre qu’elle soit la source de toutes les différences sans être indifférenciée?

 

Nous avons un arrangement cosmologique, une façon d’harmoniser, un principe permet d’expliquer la genèse et la multiplicité des choses, il y a un ébranlement du stade initial de la cosmogonie. Le cosmos est un modèle tourbillonnaire, il a des défauts dans sa structure. L’homogénéité a des hétérogénéités. « Mon discours est double », affirme t’il, cela met en évidence le mouvement cosmogonique du tourbillon et la duplicité par conséquent de ce mouvement, le mouvement inversé de ce même tourbillon. La réunion crée et détruit, « tantôt la réunion crée et détruit toutes choses ». Platon nous dit, « l’être est un et multiple, il est composé par l’action de l’amour et de la haine ». Les opposés s’accorderaient. L’amour crée par unification le sphairos. L’amour a une valeur d’union, la haine une valeur de séparation. Les éléments sont mus alternativement par la puissance efficiente de la haine et de l’amour. Aristote estime que l’amour dissocie et que la haine unit, dans tous les cas, nous devons retenir la duplicité de la relation amour, haine.

 

Dnbac commentaires

 

Il n’y a donc pas un principe de mouvement unique mais une division de la cause, un principe double et contraire. C’est un mouvement de renversement de l’amour et de la haine, ce n’est pas un cycle mais une combinaison de cycles, un cycle tourbillonnaire; « tantôt par l’amour les éléments sont unis et tantôt ils se trouvent séparés par la haine ennemie et tantôt c’est sous l’influence de la haine qui naissent les choses et sous l’influence de l‘amour que meurent les vivants ». Donc par deux fois, il y a naissance et destruction, notre monde se déroule suivant le mouvement de l’amour et de la haine. Il n’est pas d’endroit qui soit vide de choses, elles deviennent ceci ou cela. Les phases se transforment et transforment les choses. Tout s’explique par l’organisation intérieure du tourbillon. Nous avons ainsi trois directions, « et la haine est tombée au fond du tourbillon, l’amour atteint le centre du remous, la haine retirée au bord du centre ».

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 08/08/2017