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Dieu et la liberté

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METAPHYSIQUE

DIEU ET LA LIBERTE


 


Introduction

nous allons étudier d'un point de vue métaphysique la question de Dieu et de la liberté. Nous verrons dans un premier temps, comment dans sa liberté Dieu peut créer des êtres libres et comment sa liberté se manifeste dans sa causalité en second lieu, nous analyserons le concept de création ex-nihilo et verrons en quoi nous pouvons parler d'une création au sens d'une réconciliation d'un éloignement.


I- Dieu et la liberté

Nous associons dans un premier temps, le problème de la liberté en Dieu dans sa causalité à l'extraordinaire problème de la libre ou non libre création de vérités éternelles (Descartes).

Comment dans sa liberté Dieu peut-il créer des êtres libres?

Comment répondre à cette question si la liberté en Dieu est rapportée à la création d'un être hors de lui. Si l'on prend l'exemple du potier, pour un homme qui fabrique, il y a abandon une fois la création réalisée. Le statut de l'univers implique l'univers d'une certaine matière, une fois que le créateur s'en est détourné, il y a persistance de la matière. Donc, la présence de Dieu à sa création est opposée à l'abandon de son produit par l'artiste.

Comment est-il possible de créer un être libre?


Comment Dieu comme créateur peut-il donner lieu à une créature? Comment cette liberté une fois créée va t'-elle pouvoir être conciliée avec les autres prédicats? Si l'on se réfère à l'étude de Shelling sur l'essence de la liberté humaine, la liberté de Dieu serait dans sa propre existence, Dieu se déciderait à être Dieu. Il y a en Dieu une sorte de dramaturgie de la liberté.


La liberté en Dieu comme se manifestant dans la causalité de Dieu

Comment concevoir la liberté en Dieu comme création? C'est la problématique classique chez Descartes par exemple. Chez l'homme, la volonté renvoie au bien de même l'entendement se rapporte au vrai et la puissance à l'être; Chez Dieu, tout ne fait qu'un, il n'y a aucune distinction. L'indistinction des trois facultés s'opère au bénéfice de la volonté en Dieu donc au bénéfice de la liberté. La volonté divine devient synonyme de liberté. La volonté en Dieu est initiative, il y a nous dit Descartes, «une libre création des vérités éternelles». Dans cette identité, l'initiative revient à la volonté divine. La vérité trouve son origine dans la volonté de Dieu. Il est naturel de considérer Dieu comme cause des vérités que les hommes estiment contingentes. L'appel à la causalité divine va donc de soi. Descartes fait intervenir la causalité divine comme liberté alors que l'homme la pense comme nécessaire. C'est donner à la liberté en Dieu une extension, cela va introduire une distorsion entre la liberté finie et la liberté de l'être infini. Nous avons ainsi une figure des modalités, possible, impossible, nécessaire et contingent, est nécessaire ce dont le contraire est impossible. La liberté est ce qui rend raison d'un contingent. C'est un état de bifurcation de choix entre deux possibles. La pensée de la contingence amène à la liberté comme pouvoir de choix entre des possibles qui se décident. La liberté devient délibération.

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Comment concevoir cette représentation des possibles?

Descartes affirme qu'on se représente comme une choix de Dieu entre des possibles comme la représentation par Dieu de plusieurs possibles. De cette manière, c'est poser en Dieu un entendement de choix possibles, c'est donner aux possibles une réalité dans un entendement antérieur à la réalité. Donc donner à Dieu une structure humaine puisque tout est une façon de concevoir, de vouloir, d'accomplir, or il est impossible qu'il se représente plusieurs possibles, cela signifierait donner à l'entendement une antériorité par rapport à Dieu. Descartes pose l'absolue liberté de Dieu dans le choix des vérités éternelles, à la fois contingence de la vérité éternelle sans que l'on puisse poser la réalité d'un autre possible. Exemple de liberté pure contingence 2+2 = 4. L'expérience de l'usage de notre liberté ne nous dit rien quant à l'exercice de la liberté, la thèse de l'infinité de la liberté est la marque de Dieu. La solution proposée par Descartes est la suivante, il faut radicaliser la liberté. L'exercice de la liberté m'est intrinsèquement impossible tandis que la question de la création procède absolument de la volonté seule. L'auto-détermination me sert à mimer la liberté divine.

Le propre de la liberté

Le propre de la liberté pourrait se définir comme la capacité de se décider sans que rien nous y contraigne. Selon Kant, il s'agirait de la négation de l'extériorité; Cela signifie non pas que les volontés se déterminent sans raisons mais que les raisons agissent comme des forces, les raison seraient comme un extérieur à l'intérieur de la liberté. Le schéma de la contrainte intérieure est la simple conséquence de la pensée des raisons. Le propre de la volonté est de se représenter les raisons selon lesquelles elle se détermine. Descartes rapporte le problème a jugement en général selon les raisons que me présente mon entendement. L'entendement ayant pour fonction de concevoir. Ainsi, plus je conçois clairement et distinctement quelque chose, plus je pense que c'est la vérité. L'exerce de ma liberté admet en priorité de l'entendement précisément parce que dans un monde où la vérité est dotée d'un être antérieur, nous sommes en val des vérités éternelles, indice dune postériorité ontologique.



II – La création ex-nihilo

Notre référence est St Augustin, son dernier livre des Confessions. La création ex-nihilo signifie refus d'un modèle démiurgique de la création, c'est-à-dire, du Dieu artisan, figure qui crée en imposant une forme à une matière qui lui préexiste. Le démiurge admet antérieurement la forme et la matière. Avec la création ex-nihilo, Dieu amène à l'être les créatures. Le penseur veut faire du nihil une sorte de matière de la créature. Pour St Augustin la créature est entre l'être et le néant. Il est question de la place possible de l'être créé, en second lieu, ex-nihilo implique que la matière créature soit elle-même créée. Nous avons ici le concept d'une double création, Dieu crée la matière et à l'égard de cette matière se comporte comme un démiurge. St Augustin affirme que Dieu est en fait successivement démiurge et créateur. Dieu crée dans le rien, il fait succéder Dieu au rien. Comment y a t'il de la place entre l'être et le rien? Nous pouvons répondre que si Dieu est l'absoluité de l'être, il n'y a rien à côté de Dieu. Le rien est un espace vide dans l'attente de la création. La matière est elle-même quelque chose de créée. Toute la causalité de Dieu va à l'être. Dieu ne peut pas causer autre chose que l'être. Dieu ne pose pas la matière dans un rien, Dieu est distant par rapport à la création. En fait, nous dit le philosophe, Dieu est le premier auteur de la spatialisation du rien. Il peut étendre sa puissance jusqu'au rien. La matière est l'autre extrémité de la création. Le premier geste de Dieu est de dessiner la portée de son geste créateur. Le nihil est, la matière n'est pas rien, la création ex nihilo est posée comme matière et terme ultime d'une distance. C'est de cet espace que Dieu va remplir l'espace entre lui et la matière, laquelle est ce qui avoisine avec le rien. En même temps que Dieu pose une distance, la création consistera à faire surgir de cette distance autant de créatures. L'acte même de la création est une fois posée la distance,la réconciliation de cette distance avec son origine.


La création est donc la réconciliation d'un éloignement

Date de dernière mise à jour : 05/08/2017