- Calendrier scolaire - Nos rendez-vous sur skype pour l'oral de français - Docbac

Candidats libres     Descriptifs    Oeuvres intégrales    L'entretien EAF    Coaching scolaire     Lycées français à l'étranger   

les loups et les brebis, La Fontaine, commentaire

 

Dnbac commentaires

 

Les loups et les brebis

La Fontaine. Commentaire littéraire

 

 
Après mille ans et plus de guerre déclarée, 
Les loups firent la paix avecque les brebis. 
C'était apparemment le bien des deux partis: 
Car, si les loups mangeaient mainte bête égarée, 
Les bergers de leur peau se faisaient maints habits. 
Jamais de liberté, ni pour les pâturages,
            Ni d'autre part pour les carnages:
Ils ne pouvaient jouir qu'en tremblant de leurs biens. 
La paix se conclut donc: on donne des otages: 
Les loups leurs louveteaux; et les brebis leurs chiens.
L'échange en étant fait aux formes ordinaires, 
            Et réglé par des commissaires,
Au bout de quelque temps que Messieurs les Louvats
Se virent loups parfaits et friands de tuerie, 
Ils vous prennent le temps que dans la bergerie 
            Messieurs les Bergers n'étaient pas, 
Etranglent la moitié des agneaux les plus gras, 
Les emportent aux dents, dans les bois se retirent. 
Ils avaient averti leurs gens secrètement. 
Les chiens, qui, sur leur foi, reposaient sûrement, 
            Furent étranglés en dormant: 
Cela fut sitôt fait qu'à peine ils le sentirent. 
Tout fut mis en morceaux; un seul n'en échappa.

            Nous pouvons conclure de là 
Qu'il faut faire aux méchants guerre continuelle. 
            La paix est fort bonne de soi; 
            J'en conviens; mais de quoi sert-elle 
            Avec des ennemis sans foi?

 
 

Avecque: Pour la versification une syllabe de plus est ainsi créée. 

Aux: Selon les habitudes des formes ordinaires. 

Louvats: Probablement un terme inventé par La Fontaine pour dire les louveteaux ; « lovat » est provençal). 

Aux dents: Les emportent entre leurs dents. 

Un seul: Pas un seul. 

 

Commentaire littéraire

 

LES LOUPS ET LES BREBIS
La Fontaine

 


Nous allons étudier la fable « les loups et les brebis » de jean de Lafontaine, extrait 3 du livre 8. La Fontaine était un fabuliste engagé, ce qu’il prouve encore une fois dans cet écrit. Son dévouement lui valut un grand succès ainsi que la protection du surintendant des finances du roi, Fouquet et de Mme de la sablière. Malgré les critiques que La Fontaine faisait de la cour il adressait ces œuvres au dauphin ce qui pesa en partie au respect de Louis 14.

La problématique que nous allons suivre durant cette étude est la suivante :

en quoi ce texte a-t’il une portée argumentative ?

Annonce du plan

Afin de répondre à cette problématique nous allons voir en premier lieu la paix entre les deux espèces, en second lieu la trahison des loups et pour finir la dénonciation de la naïveté des brebis (à portée argumentative).Dnbac commentaires


LA PAIX
Dans un premier temps nous constatons une paix illusoire, un marché de dupe entre les brebis et les loups puisque les loups échangent leurs enfants (futurs dangers) contre les chiens des brebis (leur protection). En ce sens, on nous montre les désagréments comme égaux «  bergers tuent les loups, loups tuent les brebis ». Ce parallélisme est présent durant toute la fable avec la répétition des mots « maints maintes », « ni », cette fausse égalité se retrouve aussi dans le vers « ils ne peuvent pas jouir de leur besoin sans trembler » tandis que ce problème ne concerne que les loups ainsi que dans « les loups firent la paix avec les brebis » tandis que ça devrait être le contraire. Selon les deux partis, l’intérêt commun semble la paix et nous constatons ainsi le champ lexical du droit « formes ordinaires », « commissaires », « se conclue ». D’autre part, cette réconciliation n’est pas clair, nous le constatons aux vers 6-7, avec les mots « pâturage » dans un alexandrin et « carnage » dans un octosyllabe ce qui contredit l’égalité déjà présente dans le titre «les loups et les brebis ». Cette paix illusoire est montrée par le fabuliste qui fait une apparition et s’engage dans sa fable dans le vers « c’était apparemment le bien des 2 partis » et perpétue l’hyperbole du début « mille ans de guerre ».

 


LA TRAHISON
La paix illusoire fait place à la vraie nature des loups qui, par l’allégorie animale représentent les forces du mal. En effet le champ lexical du droit s’est arrêté au profit de celui de la violence, de la cruauté avec par exemple « tuerie » « étrangler »… Au contraire des loups les brebis représentent la faiblesse et LF s’en sert pour montrer la naïveté des victimes. Ce vocabulaire dénonce le manque de scrupule, de pitié, de morale des loups. D’autre part les actions d’ « étrangler » et d’ « avertir les gens secrètement » sont décrites au présent de narration ce qui montre la planification, l’illustration du piège tendue par les loups. Leur professionnalisme est tel que « tout fut mis en morceaux » et que les jeunes loups ont eu le temps de devenir expérimentés comme leurs pères.


Dénonciation de la naïveté des brebis 


LA PORTEE ARGUMENTATIVE
En dernier lieu nous remarquons le savoir faire de La fontaine. Nous pouvons remarquer facilement la morale présente en octosyllabes mais aussi le vers 25 « il faut faire aux méchants guerre continuelle » en alexandrin. Dans ce vers il écrit au présent de vérité générale, c’est une nécessité (il faut…), il donne ainsi son point de vue. D’autre part il montre son investissement dans les 3 derniers vers où il refait une apparition « j’en conviens » et où il répond à une éventuelle réserve. En effet il fait une concession comme quoi il faut plus travailler à la paix qu’à la guerre mais que pour faire la paix, il faut être deux. il souligne que la paix ne provient jamais des plus puissants, qui ne sont attirés que par le profit, et qu’en politique mieux il vaut être lucide (contrairement à la naïveté des brebis). La portée argumentative se fait de plus ressentir au dernier qui finit la fable par une interrogation.



Conclusion

Nous admirons la démonstration efficace et l’engagement de La Fontaine. Il veut prouver qu’il vaut mieux avoir un vrai ennemi qu’un faux ami, qui pourrait nous trahir à tout moment. Nous pouvons ainsi nous interroger sur les relations sociales de notre époque et sur la franchise des différents régimes politiques présents dans le monde entre eux.
 

Date de dernière mise à jour : 17/08/2017

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau