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Les châtiments, VII, 11, Victor Hugo, " ultima verba"

 

Dnbac commentaires

 

 

  • Les châtiments, VII,11
  • Victor Hugo
  • « Ultima verba »
  • Lecture du poème :
     
    Je ne fléchirai pas! Sans plainte dans la bouche,
    Calme le deuil au cœur, dédaignat le troupeau,
    Je vous embrasserai dans mon exil farouche,
    Patrie, ô mon autel! Liberté, mon drapeau!
     
    Mes nobles compagnons, je garde votre culte;
    Bannis, la République est là qui nous unit.
    J’attacherai la gloire à tout ce qu’on insulte;
    Je jetterai l’opprobre à tout ce qu’on bénit!
     
    Je serai, sous le sac de cendre qui me couvre,
    La voix qui dit; malheur! La bouche qui dit: non!
    Tandis que tes valets te montreront ton Louvre,
    Moi, je te montrerai, César, ton cabanon.
     
    Devant les trahisons et les têtes coupées
    Je croiserai les bras, indigné, mais serein.
    Sombre fidélité pour les choses tombées,
    Sois ma force et ma joie et mon pilier d’airain!
     
    Oui, tant qu’il sera là, qu’on cède ou qu’on persiste,
    O France! France aimée et qu’on pleure toujours
    Je ne reverrai pas ta terre douce et triste,
    Tombeau de mes aïeux et nid de mes amours!
     
    Je ne reverrai pas ta rive qui nous tente,
    France! Hors le devoir, hélas! J’oublîrai tout.
    Parmi les éprouvés je planterai ma tente;
    Je resterai proscrit, voulant rester debout;
     
    J’accepte l’âpre exil, n’eût-il ni fin ni terme,
    Sans chercher à savoir et sans considérer
    Si quelqu’un a plié qu’on aurait cru plus ferme,
    Et si plusieurs s’en vont qui devraient demeurer.
     
    Si l’on n’est plus que mille, eh bien, j’en suis! Si même
    Ils ne sont plus que cent, je brave encor Sylla;
    S’ilen demeure dix, je serai le dixième;
    Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là!
 
Analyse :
I - La force du verbe poétique
1 - un style oratoire
2 - La parole lyrique
Transition
II - Résistance à l'oppression
1 - Usurpation du pouvoir
2 - Portrait de l'exilé
Conclusion
 
 
LECTURE ANALYTIQUE

Introduction



Nous allons étudier un extrait des Châtiments de Victor Hugo, tiré de VII, 11, intitulé « Ultima verba » écrit à Jersey, le 2 décembre 1852. Hugo est l’auteur Du dernier jour d’un condamné, Des misérables, il aspirait à un règne républicain. Dans le but d’étudier cette poésie, nous allons analyser dans un premier temps la force du verbe poétique avec son style oratoire, sa parole lyrique et sa structure dramatique puis en second lieu, nous verrons la résistance à l’oppression c’est-à-dire, la nomination de l’usurpateur du pouvoir et le portrait de l’exilé.



I - La force du verbe poétique

1 - un style oratoire


L’ultima verba est une poésie extraite des châtiments, poème engagé dans lequel l’auteur confie à son lecteur ses aspirations au règne républicain. Ce texte est d’une grande force poétique et d’un style oratoire. Nous pouvons mettre en avant les effets produits par les répétitions et l’ampleur ainsi que les ruptures du rythme. Ce poème est composé de huit quatrains. L’alexandrin classique apparaît comme un mode d’expression. La césure qui coupe l’alexandrin en deux hémistiches de six syllabes met en valeur la détermination et l’engagement du poète, son patriotisme, vers 5, les oppositions et les hyperboles , vers 24 et 25. Le même schéma se retrouve aux vers 30 et 31 ainsi qu’au vers 32. La symétrie de construction met en avant la détermination, les deux hémistiches des vers 31 et 32, au lieu de s’opposer se font écho. La reprise de « s’il en » et »je serai » suggère le caractère répétitif et l’attitude volontaire et décidée de l’auteur. Certains vers échappent au rythme régulier de l’alexandrin, vers 2; 4, 6, 9, 12, 17, 18 et 22. Nous avons des variétés dans le rythme et les sonorités qui sonnent une impression d’élan et de force ave des rythme ternaires, vers 16 et binaires, vers 20. Les ruptures de rythme désignent dans le style oratoire des vers plus longs fermement structurés. Nous mettrons également en évidence la construction symétrique et les répétitions des vers 10, 16, 19, 21 18, 22, 31 et 32. La liberté d’expression est totale et expose exactement les nuances de la pensé, du sentiment et de la crainte.

2 - la parole lyrique


La force du verbe poétique et l’effet oratoire de sont renforcés par la parole lyrique de la poésie. La tonalité lyrique permet au poète d’exprimer directement, d’une manière vive et émouvante ses sentiments et ses convictions patriotiques; Le lyrisme se manifeste par la présence du « je. L’énonciation se fait à la première personne du singulier, vers 1, 3, 7, 9, 14... Ainsi que par le besoin constant de la part de Victor Hugo de s’adresser à sa patrie,la France en la personnalisant vers 4, 18, 19 21 et 22. Nous pouvons mettre en avant l’invocation des vers 4 et 18 ainsi que les exclamations très nombreuses tout au long du poème.

3 - Structure dramatique de l’extrait

Le poème suit une structure dramatique évolutive, nous avons dans les deux premiers quatrains le concept de patriotisme, de lutte pour la liberté du peuple républicain; Dans le troisième et le sixième quatrain, il y a une description du peuple oppressé et l’oppresseur. Enfin, dans le sixième et le septième quatrain, l’image d’une France affligée et tyrannisée domine. Le poète reste déterminé dans les deux derniers quatrains, nous en avons une expression hyperbolique avec l’image du combattant solitaire.

 

II - Résistance à l’oppression

1 - Usurpation du pouvoir


L’aspiration du poète pour la République et son engagement contre l’empereur et la tyrannie le pousse à désigner sans le nommer l’usurpateur du pouvoir qu’est Napoléon III. César est le première dénomination indirecte, le patricien a choisi de servir la cause plébéienne contre la dictature de Sylla. Nous avons une allusion à une situation politique passée analogue à l’état tyrannique de la France à plusieurs siècles d’écart, c’est le même combat, celui de l’oppressé et de l’oppresseur, c’est la lutte pour la liberté d’un peuple tyrannisé.

2 - Portrait de l’exilé


La force des convictions du poète et sa détermination se traduisent et sont renforcées par le portrait que l’exilé brosse de lui-même. Nous avons le champ lexical de l’engagement, sa détermination est totale pour défendre ses idées et conquérir une France républicaine, vers 1. Nous pouvons souligner le futur qui marque la lutte à long terme,l’énonciation de la première personne du singulier, « j » n » fléchirai pas » qui s’oppose à l’image du troupeau vers 2 et qui renforce la bravoure de l’auteur volontaire, décidé et exilé,vers 3. La solitude de l’exilé est renforcée par les contrastes entre le « je, vers 5 le désignant et les images du peuple, « mes nobles compagnons…votre culte », vers 5, ainsi que « la République est là qu nous unit », vers 6. C’est un rappel de la lutte commune. L’hyperbole de la détermination du poète qui fait de la quête de la liberté le sens du combat pour la vie est à son paroxysme. Il n’y a pas de découragement, vers 13 et 14.,malgré la nostalgie évoquée des vers 17 à 24. Nous avons une identification à César qui combat Sylla avec l’incarnation de la tyrannie que le poète ne cesserait pas de combattre même s’il était seul contre tous, vers 29 à 32. Le portrait d’un homme engagé dans la lutte pour la démocratie républicaine domine et son objectif est la dénonciation de la tyrannie.

Conclusion


Ce poème est une plainte individuelle mais certains éléments donnent une signification politique. L’élan est patriotique, nous avons une connotation de l’engagement, l’union d’un peuple dans le combat pour la république domine. C’est donc une poème engagé contre l’empereur et la tyrannie en faveur de la république.

Date de dernière mise à jour : 10/08/2017