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La tragédie, expression de la fatalité

Dnbac commentaires

 

 

La tragédie, expression de la fatalité humaine

 

Les thèmes de la tragédie d’Anouilh sont révélateurs de la condition humaine

 

Fiche bac

 

 

Conception de la tragédie

-Antigone-

 

Il nous faut comprendre pour élucider le concept de tragédie dans la littérature, la nécessité du mécanisme tragique. A l’aide d’images toutes empruntées au domaine de la machine, le mécanisme tragique nous laisse entendre qu’un rien suffit à son déclenchement; tous les rouages sont prêts à fonctionner et rien ne peut les enrayer « le ressort est bandé… cela n’a plus qu’à se dérouler tout seul… cela démarre… cela roule.. C’est minutieux, bien huilé ». La machine infernale décide d’avance et rend le dénouement irrémédiable.

 

La nécessité, caractère essentiel à la tragédie

 

La tragédie est fatale c’est son caractère essentiel, cela peut se traduire par la nécessité. Elle n’est pas le lieu du hasard, de la contingence tout comme le drame. Il n’y a pas d’accidents. La tragédie est nécessaire, tout y est réglé par une logique implacable. Il n’y a pas de retournements imprévus comme dans le drame, c’est un genre différent. Rien ne peut suspendre la marche du mécanisme.

 

Anouilh : « c’est propre la tragédie. C’est reposant, c’est sûr;.. C’est cela qui est commode… dans la tragédie, on est tranquille ».

 

La trappe ne peut pas ne pas se refermer, on est sûr que la pièce finira mal.

 

 

Un jeu désintéresséDnbac commentaires

 

« le jeu tragique est gratuit » dit Anouilh, c’est-à-dire, désintéressé. Il va au-delà de l’instinct de conservation, de là l’espèce de délivrance lorsqu’Antigone est sûre qu’elle va mourir. C’est pourquoi le chœur lors du dénouement soulignera non la violence de l’histoire ou son horreur mais le repos qui sera le lot de tous les personnages, « tous ceux qui avaient à mourir sont morts ». Nous pouvons souligner la tristesse majestueuse de Racine.

la fatalité antique des grecs

La fatalité humaine d’Anouilh

 

Anouilh par opposition à la fatalité antique des grecs a dépouillé sa pièce de toute transcendance, nous nous opposons ici à l’Antigone de Sophocle; les actes ne sont plus rattachés à une cause, à l’idéal. Antigone ne se réfère plus à des interdits religieux. Elle ne représente plus qu’elle-même. La fatalité tragique n’est plus divine, elle est humaine. La conception d’Anouilh est rattachée à une tradition en insistant sur le caractère inéluctable de la fatalité, il est désireux de nous présenter une tragédie contemporaine vécue par des hommes de notre temps.

 

 

Les thèmes de la tragédie

 

La solitude : dans la pièce grecque, la foule soutient Antigone contre Créon. Anouilh a voulu qu’Antigone soit seule en face du monde. Toute la ville hurlante réclame sa mort. Antigone se heurte à l’incompréhension et à l’hostilité générale. Elle s’enferme dans cet isolement car elle refuse de comprendre les autres. « je suis toute seule ». Nous avons une mise en avant de la solitude de Créon également, « tu es tout seul maintenant Créon » affirme le chœur à la fin de la pièce.

 

Le suicide : la tragédie dit non au bonheur de vivre. L’évocation du bonheur, la vie de compromission, de lâcheté ou se dégraderait son idéal d’absolu la conduisent à un désir de mort. C’est pour rester fidèle à elle-même qu’elle finit par aller au devant de son supplice.

 

L’enfance : Antigone sent qu’elle est encore une enfant et qu’elle n’est pas de taille à jouer son rôle. La présence de la nourrice souligne la fragilité de celle-ci par opposition à Sophocle qui nous présente une Antigone à la hauteur de ses ambitions, à la mesure de son aventure. Avec Anouilh, elle n’est pas au niveau de son histoire. C’est au moment où elle va grandir pour assumer sa mission qu’elle découvre avec horreur le monde des adultes, un monde où l’on ne croit pas ce que l’on fait, ce que l’on dit; Un monde absurde. C’est Créon qui le lui a révélé en lui montant dans l’exercice du pouvoir une mécanique sans âme, la maturité devient l’image d’une constante démission. Vivre c’est accepter de voir s’effriter une à une ses illusions et ses raisons d’exister. Ce qu’Antigone veut préserver, c’est la magie de l’enfance, il lui faut de l’absolu, « je veux être sûre de tout aujourd’hui et que cela soit aussi beau que lorsque j’étais petite ou mourir ».

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 09/08/2017