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La poésie qui ne se prend pas au sérieux est-elle encore de la poésie?

 

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La dissertation


Sujet :
Selon vous, la poésie qui ne se prend pas au sérieux est –elle encore de la poésie ? Vous répondrez à la question en vous appuyant sur les textes de votre choix, ceux étudiés en classe et vos lectures personnelles.
Consignes :
Dans le but de bien comprendre le sujet, vous devez lire le sujet plusieurs fois de façon à cerner la question, l’objet d’étude est la poésie. La question est de savoir comment aborder la poésie avec sérieux ou pas, admet-elle l’humour ? Il vous faut reformuler la question, « la poésie doit elle être nécessairement sérieuse ? Vous devez donc, après compréhension du sujet, chercher des idées, vous pouvez proposer un plan dialectique, dans une première partie par exemple, vous pouvez analyser l’idée selon laquelle la poésie est sérieuse, puis, dans une seconde, qui serait l’antithèse, vous pouvez vous interroger sur le concept d’une poésie qui au contraire ne serait pas à prendre au sérieux. Il faut bien sûr penser à définir le sens de « poésie ». vos idées devront être argumentées par des exemples tirés de la littérature, pour ce qui est de la poésie sans humour, nous penserons à la poésie engagée comme Victor Hugo, puis concernant l’humour poétique, nous pourrons évoquer des auteurs comme Ponge, Desnos, Queneau. L’ensemble de l’argumentation sera en premier lieu sur un brouillon. Il est également conseillé de faire une transition entre chaque partie, que votre devoir n’en fasse que deux ou trois. L’introduction reprendra la formulation du sujet et l’annonce du plan et la conclusion devra proposer une synthèse du travail fait ainsi qu’une ouverture qui élargira le sujet.

 


Plan proposé
Introduction :

Comment concevoir la poésie, c’est une question ouverte car les genres poétiques sont très nombreux, nous avons en effet de la poésie engagée mais aussi de la poésie fantaisiste, pouvons parler de poésie indifféremment dans ces deux cas de poésie ? devons nous admettre une restriction, n’y a-t-il de poésie que ce qui est traité de façon sérieuse, « la poésie qui ne se prend pas au sérieux est elle encore de la poésie ? » Devons nous alors exclure la poésie fantaisiste pour autant ? Dans ce cas, comment comprendre qu’un auteur comme Ponge soit reconnu comme un grand poète ? Devons nous au contraire dépasser cette réduction et élargir le concept de poésie que cette dernière soit sérieuse ou pas ? dans une première partie, nous verrons en quoi la littérature a tendance à considérer la poésie comme un genre littéraire sérieux capable de véhiculer un message profond, voire philosophique. Puis, en second lieu, dans notre antithèse, nous nous attacherons à démontrer le contraire, à savoir, que la poésie peut être grave et sérieuse sur un mode fantaisiste, car il est vrai qu’il existe des poètes qui ne se prennent pas au sérieux. Enfin, la réflexion s’annonçant difficile, nous devrons sans doute redéfinir la poésie au-delà de ces deux aspects peut être trop restrictifs.

 


I – la poésie est fatalement attachée aux concepts de gravité et de profondeur
Il est vrai que le poète est le plus souvent assimilé à un homme sérieux et grave. Nous allons tenter de préciser le statut du poète, c’est un créateur comme l’indique l’étymologie du mot, il est assimilé à un dieu démiurge, il recréé le monde, il a l’image d’un être mal compris, marginalisé, maudit ainsi que l’ont traduit Verlaine, Rimbaud et Baudelaire. Son origine est essentiellement religieuse ainsi qu’en témoigne les célébrations des dieux par les hymnes antiques, par ses liens avec la tragédie qui était en vers ou l’épopée. Les thèmes traités en la matière sont donc humains pour la plupart, il s’agit de soulever les questions métaphysiques et existentielles qui touchent l’homme. La gravité de la mission des poètes transparait également par les visées que les artistes poètes se proposent de suivre et enfin en dernier point, le sérieux apparait en outre par les sujets traités, la vie, la mort, la fuite du temps qui passe, l’irréversibilité du temps, l’amour, la nature. Ainsi nous pouvons affirmer pour reprendre la terminologie de Musset que « les plus désespérés sont les chants les plus beaux, et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots ». Nous avons par conséquent une attitude sérieuse dominante, un état d’esprit de recueillement et de méditation qui renvoie le poète à lui-même. Le sérieux devient ainsi un moyen de poétisation du sujet.
Mais faut-il se cantonner à ce profil d’une poésie sérieuse et ne rechercher que la gravité ou au contraire, pouvons concevoir l’idée que la poésie est aussi ainsi que le suggère sa définition le caractère de ce qui touche ou élève l’âme de ce qui inspire ou fait rêver ? Ne pourrions-nous pas de ce fait élargir l’esprit de la poésie à l’humour, le divertissement.

 


II – la poésie est compatible avec l’humour
La légèreté au sens des formes comiques comme la satire, l’épigramme, les chansons pourraient ne pas exclure la poésie. En effet, elle peut se dévoiler sous un autre jour et ne pas être sérieuse mais fantaisiste ou satirique, le rire devient alors une arme d’opposition, rire noir de la satire politique ou sociale ainsi qu’on le trouve chez François Villon par exemple. Elle peut aussi se dévoiler sous sa forme parodique en prenant du recul sur elle-même pour se moquer d’elle-même ou encore trouver son inspiration dans le quotidien comme chez Ponge qui fait d’un objet banal une véritable création poétique transposant ainsi le sens esthétique des choses simples.
De cette manière nous voyons que le rire ne serait incompatible avec le sens du sérieux, « ne pas se prendre au sérieux par conséquent ne signifierait pas ne pas être sérieux ». La poésie restera par définition toujours d’une certaine manière un jeu avec l’espace et avec les mots ainsi que le suggèrent les calligrammes d’Apollinaire. Nous pouvons en outre ajouter que le plus souvent l’humour cache le sérieux. Elle dévoile des vérités et aborde des sujets très métaphysiques. Ainsi, malgré son détachement apparent l’intention n’en est pas moins engagée. La prise de position reste la même. Dans les châtiments, Hugo est le plus comique au moment où il est le plus grave, « ironie, grotesque, bouffon, rire satirique, tous ces rires sont mobilisés et se rejoignent en un éclat unique, qui n’a jamais été plus sérieux ». Le rire ne serait donc qu’une manière de relativiser et de dédramatiser les choses en maîtrisant sa condition de mortel. Le sujet de la mort est souvent abordée en poésie, on le retrouve chez Ronsard dans derniers vers, ou encore chez Baudelaire, le rire devient dès lors une attitude philosophique. Ainsi le poète qui ne se prend pas au sérieux est philosophe par définition. Il met une certaine distance avec sa condition d’homme mortel au destin tracé et pose le rire comme arme pour lutter contre l’irréversibilité du temps qui passe. De cette manière le rire autorise une ouverture différente sur le monde, il allège l’écriture et permet à l’artiste poète de remplir sa mission auprès de l’humanité dont il est porteur, il se projette de cette manière hors de lui-même en s’ouvrant au monde. Victor Hugo confirme cette idée dans les Contemplations lorsqu’il affirme :
« Nature est un peu moqueuse autour des hommes :
O poète, tes chants, ou ce qu’ainsi tu nommes,
Lui ressembleraient mieux si tu les dégonflais.
L’Olympe reste grand en éclatant de rire :
Ne crois pas que l’esprit du pète descend
Lorsqu’entre deux grands vers un mot passe en dansant.
Si nous reformulons le sujet de notre étude, « poésie qui ne se prend pas au sérieux, est-elle encore de la poésie ? Nous allons tenter d’élargir sa définition première et de la nuancer par rapport aux données préalables dont nous disposons.

 


III - une définition plus nuancée de la poésie
La question en effet a tendance à amoindrir sa définition, aussi n’a-t-elle peut être pas tendance à se réduire au sérieux, mais qu’est ce que la poésie ? N’est-elle pas un état d’esprit avant tout ? En effet, le poète ne fait que suggérer à travers ses vers sa vision du monde particulière, elle révèle ainsi à l’homme ordinaire conditionné par l’habitude les faces cachées de notre monde. Elle devient de ce fait une manière de s’exprimer sur le monde. Le poète restera toujours cet original qui avec son langage propre, ses images, ses métaphores, ses allégories, ses comparaisons et ses jeux sur les rythmes. Nous pouvons reprendre les mots de Cocteau, « l’espace d’un instant, nous voyons un chien, un fiacre. Une maison pour la première fois… la poésie dévoile dans toute la force du terme. Elle montre nue, sous une lumière qui secoue la torpeur, les choses surprenantes qui nous environnent et que nos sens enregistraient machinalement. Mettez un lieu commun en place, nettoyez le, frottez le, éclairez le de telle sorte qu’il frappe avec sa jeunesse et avec la même fraîcheur, le même jet qu’il avait à sa source, vous ferez œuvre de poète. »


Conclusion
Nous voyons donc qu’il est faux d’affirmer que la poésie qui ne se prend pas au sérieux n’est pas de la poésie, il nous faut admettre le rire, l’humour au sens d’une position, d’un état d’esprit propre au poète pour s’ouvrir au monde et partager sa vision avec l’humanité trop centrée sur le quotidien. Faire de la poésie est ainsi une manière de s’engager et de lutter contre sa condition de mortel. Le rire est la meilleure arme pour combattre la peur, l’angoisse et la mort.


 

Date de dernière mise à jour : 14/08/2017

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