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Jacques Brel, J'aimais, commentaire littéraire

 

Dnbac commentaires

 

LECTURE ANALYTIQUE

J’AIMAIS
Jacques Brel, 1929 - 1978
 
  • Problématique :
  • Quelles sont les caractéristiques de la thématique de l'amour?
 
 
 
  • Plan de la lecture analytique :
  • Introduction
  • Problématique
  • I - La structure du poème
  • 1 - Les différents aspects du monde
  • 2 - La récurrence de l’expression « j’aimais »
  • Transition
  • II - Étude thématique de l’amour
  • 1 - une expérience amoureuse personnelle
  • 2 - La femme aimée
  • Conclusion
  • Ouverture
 
 

Lecture

 

J'aimais les fées et les princesses
Qu'on me disait n'exister pas
J'aimais le feu et la tendresse
Tu vois je vous rêvais déjà

J'aimais les tours hautes et larges
Pour voir au large venir l'amour
J'aimais les tours de cœur de garde
Tu vois je vous guettais déjà

J'aimais le col ondoyant des vagues
Les saules nobles languissant vers moi
J'aimais la ligne tournante des algues
Tu vois je vous savais déjà

J'aimais courir jusqu'à tomber
J'aimais la nuit jusqu'au matin
Je n'aimais rien non j'ai adoré
Tu vois je vous aimais déjà

J'aimais l'été pour ses orages
Et pour la foudre sur le toit
J'aimais l'éclair sur ton visage
Tu vois je vous brûlais déjà

J'aimais la pluie noyant l'espace
Au long des brumes du pays plat
J'aimais la brume que le vent chasse
Tu vois je vous pleurais déjà

J'aimais la vigne et le houblon
Les villes du Nord les laides de nuit
Les fleuves profonds m'appelant au lit
Tu vois je vous oubliais déjà.

 

Jacques Brel, Pierre Seghers, Editeur (1964)

 
 
 
 
LECTURE ANALYTIQUE

J’AIMAIS

Jacques Brel, 1929 - 1978



 


Introduction

Nous allons étudier une poésie de Jacques Brel intitulée « J’aimais ». Brel était un compositeur belge et poète contemporain, né en 1929 et mort en 1978, il est l’auteur d’un très grand nombre de textes en prose et en vers. Ainsi que le suggère le titre, il s’agit d’une histoire d’amour, une chanson plus précisément qui est le récit d’une expérience amoureuse personnelle. Le poète présente une image particulière de la femme aimée. Nous verrons dans un premier temps la structure du poème, les différents aspects du monde et la récurrence de l’expression « j’aimais, puis, en second lieu, nous étudierons l’aspect thématique de l’amour, son expérience personnelle en matière de sentiments et l’image de la femme aimée.


I - La structure du poème

 


1 - Les différents aspects du monde


C’est un poème d’amour qui a pour principe d’être une énumération. Le poète nous présente les différents aspects du monde. Dans un premier temps, nous avons une référence au monde imaginaire avec l’évocation des fées et des princesses, « j’aimais les fées et les princesses », l’amour est symbolisé par la double image du feu et de la tendresse, vers 3. L’attente est suggérée par les vers 6 et 8, « pour voir au large venir l’amour » et « tu vois je vous guettais déjà ». L’impatience transparaît dans le verbe guetter du vers 8. A l’attente des deux premières strophes, succède la plénitude le l’amour des strophes trois et quatre. L’énumération se rapporte cette fois au monde réel avec la métaphore de la mer, « j’aimais le col ondoyant des vagues » et « j’aimais la ligne tournante des algues » ainsi que la nature, « les saules nobles languissant vers moi » et le temps, « j’aimais la nuit jusqu’au matin »; Nous pouvons souligner l’aspect anaphorique de la construction du texte poétique. Les trois dernières strophes évoquent la rupture. A l’été succèdent les orages, « j’aimais l’été pour ses orages », la foudre, « et pour la foudre sur le toit », l’éclair, « j’aimais l’éclair sur ton visage », la pluie, « j’aimais la pluie noyant l’espace » et les brumes, «au long des brumes du pays plat ». La rupture est symbolisée par le verbe oublier du vers 28, « tu vois je vous oubliais déjà ».


2 - La récurrence de l’expression « j’aimais »


 

Cette énumération s’articule autour d’un certain nombre de récurrences de « j’aimais ». Chaque strophe s’articule autour de deux anaphores de « j’aimais » sauf le dernier quatrain qui correspond à la rupture. Une seule fois au vers 15, « j’aimais » apparaît sous la forme négative, « je n’aimais rien non j’ai adoré ». Les quatre premières occurrences des deux premières strophes correspondent à l’attente et sont renforcées par les verbes « rêver » et « guetter ». Celles des strophes trois et quatre renvoient à l’amour et sont mises en valeur par les verbes « savoir » du vers 12 et « aimer » du vers 16. Enfin, les dernières anaphores de « j’aimais » des trois dernières strophes marquent la rupture également symbolisée par l’alternance des verbes, « brûler », vers 20, « pleurer », vers 24 et « oublier », vers 28.


II - Étude thématique de l’amour


 

1 - une expérience amoureuse personnelle


L’expérience est au passé ainsi que le montre l’usage répété du pronom personnel « je ». Le poète parle et une certaine chronologie est respectée D’abord il la rêve, puis il la rencontre et enfin et la pleure. L’amour perdu transparaît au vers 24; La dernière phase de son amour déçu est l’oubli suggéré au dernier vers. A sept reprises, le poète s’adresse à l’aimée au présent « tu vois ». Mais l’expérience amoureuse est finie ainsi que le montrent les trois dernières strophes qui suggèrent la rupture avec violence en analogie avec l’orage. Le signe de l’eau vers 21 contraste avec celui du feu vers 3 et est symbole de tristesse qui dure et rend les choses floues « brume », vers 23. L’issue de son échec amoureux se transcrit tout au long de la dernière strophe. Au vers 25, nous avons une évocation de l’alcool. Au vers 26, il y a une référence aux prostitués. Le poète se perd et noie son chagrin.


3 - La femme aimée



Elle est l’interlocutrice et l’objet du poème. Il lui parle directement et le tutoiement « tu vois » montre qu’il est proche d’elle. Il y a cependant avec l’aimée une mise à distance qui s’opère et que l’on remarque avec le vouvoiement. Il la dessine comme un croquis et la suggère grâce à l’image de la courbe; vers 9, nous avons l’image du corps féminin elle est renforcée par le vers 11, « ligne tournante », oxymore qui reflète l’image du rond. Une impression de douceur domine grâce aux sons « en vers 9 et 10. L’évocation très sensuelle du portrait de la femme aimée prend toute l’importance. Le caractère magique de la femme apparaît à travers les fées et les princesses et est renforcé par le feu, symbole d’éclat et par la tendresse qui connote la douceur.


Conclusion

 

Ce poème est très riche au niveau symbolique et reflète la vie toute entière dans ce qu’elle peut apporter d’amour et de réconfort, d’espoir et de souffrance.
 

Date de dernière mise à jour : 11/08/2017

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