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En attendant Godot- Samuel Beckett, l’acte 1, bloc 7

 


Dnbac commentairesQuestions sur le théâtre de l’absurde :

  • Donnez une définition du théâtre de l’absurde
  • Le terme de théâtre de l'absurde nous vient de Martin Esslin en 1962. On peut définir le théâtre de l'absurde comme un type de théâtre à partir de 1940 qui rompt avec les genres classiques comme le drame et la comédie. Le thème récurrent dans le théâtre de l'absurde est l'absurdité de la condition humaine en général.
  • Quand est-il apparu?
  • Dans les années 1940
  • Quelles sont ses caractéristiques?
  • rupture totale par rapport aux genres plus classiques, tels que le drame ou la comédie
  • Quelle est l’origine de cette pensée?
  • Le traumatisme de la seconde guerre mondiale. Le théâtre de l'absurde devient l'expression de l'impuissance de l'homme face à son destin et à l'absurdité de la condition humaine dans laquelle il est enfermé.
  • Qui le représente?
  • Ionesco, Adamov, Beckett, Genet. Les sources philosophiques : Artaud, Sartre
  • Quelles sont les œuvres littéraires représentatives du théâtre de l’absurde de Ionesco et de Beckett?
  • En attendant Godot de Beckett. Rhinocéros, la Cantatrice chauve de Ionesco
  • Quelle est l’origine philosophique du concept d’absurde?
  • Le théâtre et son double Artaud, la distanciation de Brecht, l'existentialisme, Sartre et Camus
  • Faites une fiche sur les caractéristiques du théâtre de l’absurde
  • Recherches personnelles
  • Une fiche sur les précurseurs, les pionniers et les héritiers
  • Les précurseurs :
  • Guillaume Apollinaire (1880–1918)
  • Antonin Artaud (1893–1948)
  • Albert Camus (1913–1960)
  • Les Pionniers
  • Samuel Beckett (1906–1989) :
  • Arthur Adamov (1908–1970)
  • Eugène Ionesco (1909–1994)
  • Les héritiers :
  • Jean Tardieu (1903–1995)
  • Max Frisch (1911–1991)
  • Robert Pinget (1919–1997)
  • Boris Vian (1920–1959) :

 

La parodie de l’extrait Dnbac commentaires

 
    • En attendant Godot- Samuel Beckett
    • l’acte 1, bloc 7 en date de 1952
 

En attendant Godot- Samuel Beckett

Introduction :

Nous allons étudier un extrait d’en attendant Godot tiré de l’acte 1, bloc 7 en date de 1952. Cette pièce appartient au théâtre de l’absurde qui consiste à attendre Dieu et à ne rien faire jusqu’à sa venue. La tirage de Pozzofait suite aux interventions de Vladimir et d’Estragon qu’il n’a pas écouté. A l’inverse, il va leur imposer sa parole. Nous avons deux mouvements principaux , le premier se distingue par la récurrence des impératifs et le second par les pauses oratoires que l’on retrouve dans les indications scéniques. L’orateur Pozzo définit par sa prise de parole, la fonction du texte. En fait, la tirage est une description qui parodie les règles du genre. La parole poétique devient le lieu de la parodie. Dans le but d’étudier l’absurde du texte, nous verrons dans un premier temps la parodie de l’extrait et en second lieu, la parole poétique.

I. La parodie de l’extrait :

1. La parodie de la description :

Nous avons une parole sur le modèle rhétorique de la description. Il a dès lors le statut d’enseignant et les autres celui d’enseignés. Il s’octroie le monopole de la parole = « Soyez donc un peu plus attentifs ».Dans notre extrait, Pozzo s’interroge sur la singularité du ciel = « le ciel est comme n’importe quel ciel à cette heure de la journée ». Nous sommes dans la banalité, les précisions temporelles sont insignifiante , Pozzo sombre dans les généralités. Les délais présents de façon précise : « dans ces latitudes ». Nous avons seulement des durées approximatives, aucune précision temporelle, « mettons dix heures du matin »,  « environ ». Chaque tentative d’approximation se solde par un échec, et est absurde. Les descriptions ne se précisent pas non plus avec les adjectifs qualificatifs, les adjectifs de couleur. Nous savons que le ciel est pâle et lumineux mais aussitôt, Pozzo ajoute, « comme n’importe quel ciel ». Nous retournerons  dès lors dans la banalité.

2. Un au – delà des morts = les limites de la représentation :

Nous savons que la littérature est un art de la représentation par les mots. Pozzo invite à voir, « regardez », en fait, il ordonne de voir le ciel avant de donner un équivalent verbal à l’objet désigné. Au-delà des mort, l’ineffable , l’indicible est transcrit par les gestes et les intonations de ce qu’il ne peut exprimer  avec les mots. Il mime l’objet évoqué, pour transcrire l’idée que le soleil s’est mis à perdre son éclat et à pâlir, il fait le geste «  des mains qui descendent par paliers » au fur et à mesure que le ciel tombe. Nous avons également des variations de tons et de rythmes dans la voix du personnage qui sont des équivalents sonores de la pâleur du ciel. Nous en avons une autre suggestion à travers la citation « la nuit galope » , ce qui lui permet de hausser le ton et de le baisser en suivant le mouvement de la nuit personnifiée. Nous sommes également en présence d’un ton lyrique « ton à nouveau lyrique », puis d’une pause dramatique « pause dramatique, large geste horizontal des deux mains qui s’écartent ». Nous avons donc pour illustrer les limites de la représentation différents modes poétiques et rhétoriques à propos d’un même objet. Cependant l’absurde domine car la tirade de Pozzo est vide de sens . Beckett critique les imitateurs des règles de rhétorique et de la poésie de la façon la plus impersonnelle. Nous avons un simple exercice de style et un discours banal et creux dépourvu de cohérence et de conviction.

 

II. Les modes de la poésie

1. Les limites et les dérivés de la rhétorique :

Les procédés rhétoriques et poétiques sont caricaturés par Beckett qui nous invite à différencier la bonne littérature de la mauvaise. La mauvaise n’étant q’une simple reproduction. Nous sommes ici en présence d’un personnage prétentieux, ridicule, objet de toutes moqueries du lecteur. Les limites de la rhétoriques sont mises en évidences par le fait  que Pozzo ne capte pas son auditoire et impose, oblige les autres à regarder le ciel, « regardez », « veux-tu regarder le ciel ? » .Il n’a donc aucun pouvoir de convaincre, la tirade ne répond à aucune logique et le fil conducteur ne comprend pas de connecteur logiques. Nous sombrons rapidement dans le langage inaudible, les onomatopées « vlan », « pfft ». Beckett procède ainsi  à une critique virulente des séducteurs par les mots.

2. Une parodie de la poésie descriptive :

La poésie est associée à sa propre parodie. La parole est ici tautologique, elle dit toujours la même chose, nous sommes dans ce que l’on peut appeler au niveau littéral, le discours du même = Une vulgarité imitation poétique. Le discours de Pozzo ne fait que démontrer par l’absurde ce qu’est la création artistique. L’indicible domine le texte, nous avons en effet la pensée de la mort comme pensée ineffable suggérée dans l’image de la chute du ciel. Le crépuscule pourrait ainsi  connoter la mort = « vlan !fini !il ne bouge plus ». L’univers est ainsi réduit au silence.

CONCLUSION :

Samuel Beckett s’applique à dénoncer les usages du langage, les mauvais usages de la poésie. Il pose ainsi des limites et des frontières entre technique et création artistique. Nous sommes a-mi chemin entre l’absurdité du langage et l’absurdité de l’existence. En effet, le véritable objectif est d’évoquer la mort, d’inventer un langage qui permettrait de la décrire mais là encore, le personnage échoue. C’est pourquoi, nous pouvons dire que l’absurde domine tant au niveau du langage que de langage.

Date de dernière mise à jour : 09/08/2017