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Desnos Vieille clameur, Corps et Biens

Dnbac commentaires

 

Commentaire littéraire

Document dubrevetaubac.fr

 

 

Desnos, Corps et bien, « Vieille clameur »

Une tige dépouillée dans ma main c’est le monde

La serrure se ferme sur l’ombre et l’ombre met son œil à la serrure

Et voilà que l’ombre se glisse dans la chambre

La belle amante que voila l’ombre plus charnelle que ne l’imagine

perdu dans son blasphème le grand oiseau de fourrure blanche

perché sur l’épaule de la belle,

de l’incomparable putain qui veille sur le sommeil

Le chemin se calme soudain en attendant la tempête

Un vert filet à papillon s’abat sur la bougie

Qui es-tu toi qui prends la flamme pour un insecte

Un étrange combat entre la gaze et le feu

C’est à vos genoux que je voudrais passer la nuit

C’est à tes genoux

De temps à autre sur ton front ténébreux et calme

en dépit des apparitions nocturnes,

je remettrai en place une mèche de cheveux dérangée

Je surveillerai le lent balancement du temps et de ta respiration

Ce bouton je l’ai trouvé par terre

Il est en nacre

Et je cherche la boutonnière qui le perdit

Je sais qu’il manque un bouton à ton manteau

Au flanc de la montagne se flétrit l’edelweiss

L’edelweiss qui fleurit dans mon rêve et dans tes mains quand elles s’ouvrent

 

Commentaire littéraire

Introduction

Robert Desnos, un poète du XXe siècle a une passion pour la chanteuse Yvonne George. Cette dernière était si mystérieuse qu’elle hantait ses rêves, il publie donc le poème "vielle clameur" en 1930 dans son recueil nommé "corps et biens". Le poème est alors probablement lié et destiné à la fameuse chanteuse, nous nous demanderons quelle image de la femme est proposée dans ce poème. Dans le but de répondre à la question, nous verrons dans un premier temps en quoi Desnos emploie un jeu sur la présence et l' absence, puis dans un second temps, nous montrerons le portrait dressé d’une femme insaisissable

Problématique

Quelle image de la femme est proposée dans ce poème?

Plan

I- un jeu sur la présence et l'absence

II – Le portrait d'une femme insaisissable

 

I- Un jeu sur la présence et l’absence

A-Une divagation spirituelle du poète entre songe et réalité

L’ambivalence règne dans le poème quant à l’absence et la présence psychique du poète. En effet, les éléments relevant de l’imagination et de la réalité se confondent à travers la succession d’images.

-champ lexical du rêve et du sommeil «l’imagine», «qui veille sur le sommeil», «l’edelweiss qui fleurit dans mon rêve».

  • L’auteur fait une allusion explicite au rêve qu’il fait de la femme aimée dans le dernier vers en reprenant la métaphore de l’edelweiss.

-parallélisme entre absence et présence à travers la métaphore de l’ombre symbolisant le passage éphémère de la femme. L’ombre suggère par son mouvement le passage de la réalité visible à l’invisible. Les contours flous de l’ombre s’envisage comme un futur départ.

La métaphore filée de l’ombre propose un jeu entre fermeture (absence) et ouverture (présence) à travers la serrure de la porte. Si elle se trouve initialement derrière la serrure, «l’ombre se glisse dans la chambre». L’ombre renvoie à un passage éphémère.

B- L’évocation d’un passage de l’être aimé, d’instants volés

-allusion explicite à la présence limitée de la femme auprès du poète «en dépit de tes apparitions nocturnes». Jeu d’allers-retours dans les venues de son amante

-parallélisme entre la distance et la proximité que le poète éprouve à l’égard de son amante avec les anaphores «C’est à vos genoux» et «C’est à tes genoux».

L’emploi du vouvoiement est le synonyme d’une distance tandis que le tutoiement renvoie à la proximité, à l’intimité qui implique forcément la présence de la femme aimée.

-Parallèle entre absence et présence suggéré par l’évocation du bouton et du poète qui «cherche la boutonnière qui le perdit».

  • Le jeu sur la présence et l’absence pourrait symboliser le caractère insaisissable du sentiment amoureux, sa précarité car la confiance de l’être aimé n’est jamais totalement acquise. Évocation de la liberté laissée à l’amante qui fait de brèves venues. Elle est toujours présente dans l’esprit du poète qu’elle hante mais pourtant matériellement absente. Allusion au caractère volatile de l’amour.

 

II- Le portrait d’une femme insaisissable

A- Le double visage de l’être aimé

-La femme fait l’objet d’un double portrait par le poète qui propose une description duale de sa personnalité par des termes opposés.

L’être aimée est d’un côté une représentation de la pureté, de la légèreté:

-la gaze, une étoffe transparente, blanche et légère

-la pureté et la blancheur à travers la métaphore de l’edelweiss

-le bouton en nacre propose également une évocation de la pureté

Elle est cependant un être à l’amour «indomptable» et aux sentiments équivoques

-antithèse de la gaze avec le feu symbole de la combustion domestiquée par l’homme mais aussi d’un élément naturel partiellement maîtrisé tout comme l’amour de la femme qui est l’objet d’incertitudes, de revirements.

-opposition où «la belle amante» se transforme en «incomparable putain»

Le poète semble malmené par les sentiments qu’il éprouve à l’égard de la femme qu’il aime et partagé quant au portrait qu’il fait de cette dernière, de manière triviale à la fois «l’ange et le démon».

-symbolique duale du bouton et de la boutonnière qui renvoient à la fois à la pureté et à une forme d’érotisme, allusion aux vêtements arrachés.

-la femme est une «tempête»
 

B- Un amour inatteignable?

-métaphore de l’edelweiss, une fleur inaccessible en haut des cimes, pourtant considéré comme la plus symbolique pour exprimer son amour tant elle nécessite une ascension audacieuse et périlleuse.

-le poète cherche désespérément à revoir la femme qu’il aime comme en témoigne l’allusion au bouton dont il cherche la boutonnière.

-emploi du futur témoignant du fait que le poète cherche à retrouver la belle amante «je remettrai», «je surveillerai».

 

Conclusion

  • La femme aimée semble n’être qu’un rêve pour le poète, prisonnier des images qu’elle lui renvoie. On retrouve une profonde liberté poétique et lyrique de la part de l’auteur qui propose une accumulation de métaphores et d’images, symboles des divagations de son imagination.

 

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 02/11/2017

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