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Baudelaire, le Spleen et l'Idéal

 

 

Dnbac commentaires

 

Biographie

Baudelaire est un poète né en 1824 et décédé en 1867. Il est l'auteur des Fleurs du mal, des Paradis artificiels et des Petits poèmes en prose. Il a marqué son siècle par sa poésie, ses essais et ses critiques d'art, musicales et littéraires. L'artiste après l'obtention de sa baccalauréat fréquente les salons littéraires, le monde des lettres, il y rencontre Balzac, Nerval. Parallèlement, il mène une vie de débauche, il cumule les dettes. Les trois femmes qui ont marqué sa vie et à qui il voue un cycle dans les Fleurs du mal sont Marie Daubrun, Madame Sabatier et Jeanne Duval.

 

Structure des Fleurs du mal

L’Œuvre Les Fleurs du mal fut censurée, condamnée du fait de son immoralité au moins pour une partie. Le pessimisme est ce qui domine dans l'ouvrage articulé autour des concepts de spleen et d'idéal. Le constat pessimiste de la nature humaine transparaît dans le poème d'introduction «Au lecteur». Baudelaire tente d'atteindre l'idéal pour se détourner du mal, du péché et du malaise existentiel qui emplissent sa vie. La section consacrée à cette idéalité dans son opposition au spleen s'intitule Spleen et Idéal. Le poète tente de s'élever au-delà de la médiocre condition humaine par l'art, l'amour à qui il consacre 42 poésies et une section à la féminité en plusieurs cycles réservés à ces trois différentes femmes aimées, l'amour sensuel pour Duval, l'amour spiritualisé pour Sabatier et l'amour sincère et tendre pour Daubrun.

Mais ce qui domine tout au long de l’œuvre est le mal de vivre, le spleen, angoisse profonde qui habitait Baudelaire de tout son être, dégoût de vivre, angoisse de la mort et du temps qui passe illustrés dans l'Ennemi. Le tragique de la condition mortelle s'accompagne de diverses obsessions et de désespoir. Englué dans son obsession pour le mal qu'il veut fuir il envisage les différentes possibilités d'y parvenir : l'art remplit alors une fonction salvatrice, purifier les maux par les mots. L'écriture devient purificatrice, libératrice. On note ainsi que dans la section « Tableaux parisiens», le poète recherche dans les grandes villes un échappatoire à son mal-être et à son isolement. Cependant, très vite la ville devient synonyme de débauche, prostitution, corruption... Sa quête se poursuit dans les Tableaux parisiens, «le Vin», l'alcool l'autorise à s'évader et le pouvoir évocateur du vin grandit l'inspiration de l'artiste torturé. Les moyens très superficiels et éphémères de l'alcool conduiront Baudelaire à la plus grande des débauches. Aux Fleurs du mal succède alors le cycle de la révolte dans lequel il renie l'aspect misérable de son existence, il se rebelle contre Dieu mais en vain. La mort reste à elle seule la solution la plus radicale et la seule délivrance possible.

 

 

La section « spleen et Idéal »

L’ouvrage est composé de 126 poèmes. « Spleen et Idéal » comprend 85 poésies. C'est dans cette section que Baudelaire présente sa théorie de l'art et ses cycles amoureux illustrés dans « Parfum exotique » pour Jeanne Duval, « Harmonie du soir » pour Madame Sabatier et « L’invitation au voyage » pour Marie Daubrun. Un des poèmes représentatifs du spleen pourrait être l'horloge qui tout comme l'Ennemi connote le temps qui passe et le tragique de notre mortelle condition. Cette section se compose de six parties mais le rythme est ternaire, à savoir, le spleen et l'idéal, les paradis artificiels et la mort. Les concepts récurrents sont Dieu, Satan, la chair, l'esprit et le ciel, l'enfer. La quête est celle de l'Idéal contre le Spleen au sens de mal de vivre et de malaise existentiel profond.

 

 Le double postulat d'un être déchiré

Le spleen et l’idéal, expression baudelairienne qui suggère la dualité toujours en marche = le double postulat du poète déchiré.

Le désespoir de Baudelaire s'enracine dans le quotidien, cet enlisement est le spleen et appelle à l'idéalité. C'est un drame, le drame Baudelairien. La déchirure est donc double = oppression et mal-être d'un côté, le spleen « au moral comme au physique, j’ai toujours eu la sensation du gouffre », citation extraite des « Fusées » puis, quête de l'idéal et volonté de retrouver les illusions perdues. Le néant ou encore la néantisation par le spleen pourrait se traduire ainsi = « Et le temps m’engloutit minute pour minute, comme la neige immense d’un corps pris de raideur». L'homme se courbe tel le roseau Pascalien sous ce poids au point que le poète compare la souffrance au cannibalisme et au vampirisme mettant ainsi l'accent sur l'impuissance de l'homme se pliant à sa fatalité de mortel, à son destin d'homme, à sa condition tragique. Le temps est le malaise absolu qui éloigne l'homme de sa part de divinité.

Le spleen

Le spleen Baudelairien est plus profond qu'une quête identitaire, l'artiste est à la recherche de son moi profond à travers la création poétique. L'écriture salvatrice autorise l'artiste à s'approcher de son idéal, de son moi reconquis malgré les dérives et les souffrances. Le but de la poésie dans sa quête se révèle très clairement, il s'agit de s'élever d'appréhender son moi de manière thérapeutique, par les mots. L'identification du poète se profile également en tendant vers les contraires, Dieu, Satan par exemple, ce qui traduit l'intériorité déchirée de l'artiste. Cet état d'esprit fait de Baudelaire un homme isolé et un artiste marginal, inadapté au quotidien ainsi que le suggère les vers de l'Albatros.

Le temps est l'expression du spleen «j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans». Le spleen est lié au temps qui en est l'expression. Le malaise de Baudelaire est total, au physique comme au moral, tout son être suggère le spleen en puissance et appelle l'idéal qui a à voir avec l'instant.

L’idéal

L’idéal connote l'instant et s'oppose au temps spleenétique à la durée. Il y a opposition entre le Spleen et l'Idéal comme deux mondes différents. On pourrait affirmer que l'Idéal est l'anti-monde du Spleen inscrivant la quête dans un conflit permanent car la dualité persiste toujours.

 

L’idéal ou l’idéalité

Le symbole de l’idéal est l’anti-monde du spleen. Les poèmes qui retracent ce double postulat de l'homme déchiré sont = section « spleen et idéal », comme « l’horloge », « le goût du néant », « l’ennemi » etc.


 

Date de dernière mise à jour : 16/08/2017