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Questions sur corpus corrigées, EAF, séries générales, objet d'étude le théâtre; Corpus de textes sur Racine

 

racine

 

 

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    Questions sur corpus corrigées, EAF, séries générales, objet d'étude le théâtre; Corpus de textes sur Racine

     

    Séries générales

    Objets d'étude : le théâtre, texte et représentation

    *** Sujet EAF corrigé

    convaincre, persuader, délibérer

    • Textes et document iconographique
    • A. Jean Racine [1639-1699], Bérénice, acte I, scène 1.
    • B. Jean Racine, Bérénice, acte V, scène 5 (vers 1303-1347).
    • C. Interview du scénographe et peintre Gilles Aillaud [1928-], parue dans Théâtre aujourd'hui, CNDP, 1993.
    • D. Document iconographique : photo de la mise en scène de Klaus Michael Grüber à la Comédie française, 1986, scénographie de Gilles
    • Aillaud, Théâtre aujourd'hui.
    • Annexe
    • Bérénice, liste des personnages.

    A. Présentation du sujet

    1. Ce sujet croise deux objets d'étude.

    - Objet d'étude principal : théâtre et représentation :

    Le choix d'un texte de scénographe et d'une photographie de son spectacle doivent permettre

    de réfléchir sur les différentes options qu'on peut prendre lorsqu'on "représente" une pièce.

    Le sujet de dissertation permet de mettre en perspective la tradition scolaire de l'approche

    théâtrale ("lire") et les conditions de diffusion sociales du théâtre.

    - Objet d'étude : convaincre, persuader, délibérer : l'essai, le dialogue, l'apologue :

    Le corpus propose deux formes de dialogue : dialogue théâtral et interview.

    Dans un cas, un dialogue impossible (Bérénice), dans l'autre, un pseudo dialogue. Les

    connaissances des élèves pourront leur servir dans le cadre du commentaire, ou pour le sujet

    d'invention lorsqu'ils réagiront sur le travail de Gilles Aillaud.

    2. Les élèves auront aussi la possibilité d'exploiter leurs connaissances en histoire littéraire

    (classicisme / le théâtre au XVIIème siècle) tant pour le commentaire que pour la dissertation.

    Racine conçoit ses pièces comme des oeuvres à représenter devant le Roi et la cour, et pour

    Bérénice, il s'agit même d'un acte politique. "La pompe de ces lieux" redouble celle du lieu de la

    représentation. Les connaissances qu’ont les élèves sur le contexte historique de la création de

    la pièce seront utiles pour critiquer la démarche de G. Aillaud qui affirme ne pas tenir compte du

    contexte de rédaction de la pièce.

    3. Le travail d'écriture d'invention présente enfin l'intérêt de proposer aux élèves de choisir

    une position aussi bien qu'un registre. L'argumentation peut-être développée aussi bien en

    partant de la démarche du scénographe que du résultat de son travail, mais aussi à partir de ce

    qu'auraient imaginé les élèves à la lecture du texte (lien avec la question n°1).

    Le sujet est l'occasion de mettre en oeuvre des connaissances acquises en lecture de

    l'image, et plus particulièrement de réinvestir ce qui aura été vu en termes de représentation

    théâtrale (position des personnages dans l'espace, valeur des éléments du décor, costumes…).

    B. Questions

    1. Quelles indications concernant l'espace scénique de Bérénice vous donnent les deux textes de Racine (textes A et B) ?

    2. En prenant appui sur la photographie et sur l'interview de G. Aillaud, présentez brièvement les choix du scénographe.

    Question 1

    Critères d'évaluation

    - observation précise des textes ;

    - connaissance des didascalies internes ;

    - utilisation du paratexte ;

    - capacité d'induction.

    Proposition de corrigé

    Texte A

    Les élèves trouveront aisément (grâce à la lecture du texte de G. Aillaud) que le lieu est à

    considérer comme un espace médian entre les appartements de Titus et de Bérénice.

    Les termes de "pompe" et de "superbe" (expliqués en note) posent la question de la manière

    dont le pouvoir orgueilleux cherche à s'illustrer. L'étonnement d'Arsace redouble celui du

    spectateur et se charge de l'exprimer (les élèves ne sont pas censés connaître le sens

    classique du verbe, mais peuvent s'interroger sur cet étonnement).

    "Cabinet solitaire", répétition du mot "secret" : ces notations peuvent permettre de

    s'interroger sur le paradoxe du secret violé par le regard du spectateur et sur la manière de le

    représenter.

    Les plus attentifs s'interrogeront sur le "Arrêtons un moment" qui inaugure la pièce et

    pourront trouver dans le texte B des éléments pour nourrir leur réflexion.

    Texte B

    La connaissance des règles du théâtre classique ("en un lieu…") peut amener les élèves à

    quelques remarques pertinentes : il s'agit du même lieu ; cette unité renforce le caractère

    statique - déjà pressenti dans le "Arrêtons…"- et qui pourra être confirmé par la contradiction

    entre les affirmations de Bérénice ("je pars") et le fait qu'elle "demeure".

    Les élèves pourront néanmoins signaler un problème : le lieu est désigné comme celui des

    "appartements" de Bérénice, appartements décorés de festons où les noms des deux amants

    sont enlacés ; l’espace scénique apparaît ainsi comme le lieu d'amour, contraire à l'orgueil

    solitaire du cabinet qui se présentait en scène 1.

    On pourra aboutir à une réflexion sur l'espace scénique : faudrait-il imaginer deux décors ?

    faut-il concevoir un lieu à fonctions multiples, susceptible de représenter les deux lieux ?

    Enfin, la présence de la rumeur du peuple peut faire imaginer un espace ouvert sur Rome.

    Question 2

    Critères d'évaluation

    - observation du texte et de l'image ;

    - repérage de l'essentiel ;

    - reformulation.

    Proposition de corrigé

    La lecture du texte de G. Aillaud et l'observation de l'image permettent d'effectuer les

    remarques suivantes :

    - la scénographie n'a pas recours à des références contextuelles ou textuelles ; on note

    l’atemporalité des choix pour le décor et les costumes. Même si les élèves ne savent pas que la

    référence à Dioclétien est un anachronisme, ils peuvent constater que les marqueurs temporels

    sont quasiment absents et que la pierre au centre du décor évoque une idée d'immuabilité.

    - Gilles Aillaud conçoit un espace binaire : le masculin, romain, "dur" de Titus ; le féminin

    oriental, "flottant" de Bérénice. Cette conception cherche à souligner la distance qui s'est

    construite entre les deux amants et que confirme l'éloignement des deux corps sur la photo. On

    peut constater que les regards ne se rencontrent pas.

     

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