Turcaret ou le financier, Lesage

Turcaret ou le financier  -Lesage

acte III, scène 11, 12

 

***Oral EAF séquence théâtre

 

 

Ce qu’il faut retenir: les notions à l'oral : séquence théâtre

L'analyse du langage théâtral permet de mettre en évidence les caractéristiques du langage dramatique, dialogue, monologue, stances, aparté, didascalies, et celles de l'action dramatique (avec ses trois moments : exposition, nœud dramatique et dénouement). La scène et le jeu choisi par les acteurs ou le metteur en scène participent également de ce langage et font sens. On distingue deux formes théâtrales majeures : la comédie, héritée de la farce et de la commedia dell"arte, et la tragédie issue de l'antiquité. La comédie se donne pour but de divertir en dénonçant les vices et en tentant de les corriger, comme le montrent les pièces de Molière et de Marivaux. La tragédie, régie par la bienséance et la vraisemblance, présente une action noble, une "tristesse majestueuse", (Racine, préface de Bérénice). Elle s'épanouit en France au XVIIè avec des auteurs comme Racine ou Corneille. Le drame romantique se développe au XIXè avec Victor Hugo, Alfred de Vigny et Musset, comme l'expression théâtrale de la passion et la revendication d'une liberté face aux classiques. Le XXè siècle multiplie les entorses aux règles du langage théâtral et donne naissance au théâtre de l'absurde. Ionesco exploite ainsi la crise du langage et la déconstruction du personnage.

 ORAUX EAF

 

 

Vocabulaire du théâtre

 

1 - organisation

 

  • action : événements de la pièce, intrigues
  • coup de théâtre : un événement imprévu modifie le cours de l'action
  • acte : une pièce de théâtre est divisée en actes
  • l'entracte : temps qui sépare un acte d'un autre
  • l'exposition : permet aux spectateurs de connaître les personnages et les faits qui expliquent la situation au début de la pièce; la première scène d'une pièce est une scène d'exposition
  • nœud : point culminant de l'action
  • dénouement : fin de l'intrigue

 

3 règles d'unité :

  • l'unité d'action : une histoire à la fois
  • l'unité de lieu : un seul lieu
  • l'unité de temps : une seule journée

 

2 - le texte théâtral

  • réplique : une prise de parole
  • tirade : longue suite de phrases dite par un acteur sans interruption
  • monologue : un personnage parle seul
  • didascalies : indications scéniques sur le décor, les déplacements et les gestes.

 

3 - la représentation théâtrale

  • un théâtre comprend une scène, lieu où les acteurs jouent.
  • plateau : l'espace où les décors sont plantés
  • coulisses : partie située derrière le décor
  • metteur en scène : personne qui organise la représentation

 

Une pièce de théâtre

 

  • La pièce de théâtre est une suite de dialogues, sans narrateur. Il peut s'agir de comédie, de tragédie ou (au XIXème) de drame. Ce texte est fait pour être joué, vu et entendu. Il faut donc être attentif à toutes les indications dans le texte -registres de langue, répartition de la parole, types de phrases- permettant de comprendre les intentions et sentiments des personnages ou les didascalies permettant de mieux comprendre certains points comme le lieu, le temps, le ton.

 

I Composition d'une pièce

 
  • Au début le changement d'acte était lié à la nécessité de changer les bougies donnant la lumière. Chaque acte doit constituer une unité. Une pièce est généralement constituée de trois ou cinq actes.
  • Le premier acte est celui de l'exposition dans lequel l'auteur présente le contexte (où et quand), les personnages, le héros, le nœud de l'intrigue, les obstacles(opposants) et les "aides" (adjuvants) du héros.
  • Le dernier acte est celui du dénouement, dans lequel l'intrigue trouve sa solution.
  • On change de scène quand un personnage entre ou sort. Les scènes n'ont pas toutes la même importance pour l'intrigue.

 

II Composition du texte

 

  • Il faut distinguer le texte dit par les comédiens : les répliques, et les indications scéniques : les didascalies.
  • Si une réplique est longue, c'est une "tirade". Si le personnage parle seul en scène (ou se croit seul), c'est un "monologue". Une réplique dite à part (sans que l'interlocuteur ne l'entende) est un "aparté".
  • Les didascalies renseignent sur le décor, les mouvements, le ton à prendre... Elles permettent de faciliter la mise en scène.

 

 

 ORAUX EAF

Problématiques possibles

En quoi peut-on parler de renouveau du comique ?

En quoi cette scène de comédie est-elle aussi un témoignage des mutations sociales de l'époque ?

 

Commentaire

 

I- De nouvelles ambitions

 

Mise en évidence de l'argent par  le  champs lexical : « pistoles, gagnerais, amasser du bien, riche, enrichir » ; Second champ lexical de l’ascension sociale « commence, premier fondement, des idées de grandeur, réussir, deviendrait, ambitieuse. »

Ces mots sont d'ailleurs renforcés pas les oppositions  « modestie/ grandeur », « être soubrette/ femme de qualité », et associés à un troisième champs, celui du temps « promptement, le peu de temps, hâte-toi (idée d'urgence), 2 ans au train ». Ce dernier champs marque à la fois le désir de Lisette de changer d'état mais souligne aussi la faisabilité de cette ascension. Le temps semble être le seul obstacle à la satisfaction des nouvelles ambitions des valets : cloisonnement des catégories sociales n 'existe plus, il est devenu étanche. Cette rapidité et ambitions sont incarnées par l'évolution du personnage de Lisette. Le champs lexical du temps met en évidence l'impatience de Lisette et également son changement d'état d’esprit comme en témoignent l'exclamation et l'interrogation de Frontin « Comment, diable ! Tu deviens ambitieuse ? » . Le maître joue un rôle dans cette ambition, il est à la fois le moteur et le moyen involontaire de leurs ambitions. La métaphore de l'air employée par Lisette  montre la contagion de l'aspiration à l'ascension sociale. Emploi article indéfini pour déterminer le nom « financier » généralise le processus. L'idée  est la suivante: des valets fréquentant des maîtres ambitieux le deviennent à leur tour, les maîtres sont donc les modèles des valets. Mais ils le sont à leur détriment car ils sont l’instrument de la satisfaction de cette ambition. En effet les valets vont s'enrichir aux dépends des maîtres : le futur de l'indicatif employé par Frontin  ainsi que l'adverbe « bien » soulignent sa certitude et son envie de réussir. De même, le mariage envisagé par Turcaret avec la baronne devient un exemple à suivre. C'est ce que laisse entendre Lisette à Frontin . L'emploi de l’expression « riche faquin » témoigne l’intérêt purement matériel et pécuniaire d'un tel engagement. Ainsi à nouveau, le désordre social est mis en évidence mais il s'agit ici d'en souligner les causes : L'exemplarité des maîtres est ici immorale.

 

 

 

II- De nouveaux valets

 

 

L'évolution des valets apparaît aussi dans la façon dont ils se considèrent l'un, l’autre, soit déjà comme des maîtres. Ils n'en n'ont pas le statut, mais ils en ont les manières. En effet, nous sommes loin des paysans valets de l'école des femmes » de Molière.

 

F et L maîtrisent la langue. Ainsi ils usent de métaphores, et les filent. « premier fondement de notre communauté » . Lisette use aussi de l'ironie, qualifiant de « réflexions morales »,« l'ennui d'être soubrette » ou encore l'humour lorsqu’elle associe implicitement le fait de s'enrichir à la qualité d'homme d’esprit de F. Elle rappelle alors que leur fortune repose sur les ruses de son complice. F quant à lui, joue sur la polysémie du verbe épargner, employé à la fois dans le sens « d'économiser de l'argent », l'expression montre alors sa générosité envers Lisette, et dans le sens de « traiter avec indulgence » ce qui témoigne alors de sa pugnacité. La façon dont les personnes se désignent est aussi révélatrice de leur maîtrise du langage et de leurs ambitions. Lisette fait preuve d'autoritarisme envers F. Elle « l'avertit », l'appelle« mon enfant » et lui fixe des limites « je te donne 3 ans » ». Ce n’est que lorsqu’ils sont seuls qu'elle lui avoue sa faiblesse, c'est-à-dire ses sentiments envers lui . Mais là encore la dénomination employée envers F ou envers elle-même témoigne de l'instabilité de leur statut social : emploi du démonstratif et du terme « garçon », « ce Frontin », « ce garçon-là » rappellent son statut de valet, tandis que des termes comme « chevalier »ou « femme de qualité » évoquent leur projet d'ascension. F anticipe même celle-ci dans sa dernière réplique en jouant sur  le changement de personne « je te demande … pour vous mériter » et dénomination « princesse ». Enfin le traitement des sentiments participe aussi au témoignage de l'évolution des valets. L'amour des deux valets apparaît peu dans cette première scène « ma princesse » peu sembler affectueux mais « mon enfant » est ici dénué de toutes connotations affectives/ amoureuses. On peut supposer que ce mot « princesse » est  une référence à l'amour courtois : « vous méritez »: humour ? On peut remarquer aussi la sécheresse calculatrice de L qui est tempérée par la scène suivante : la tournure restrictive et la surenchère possessive  mettent en valeur ses sentiments. Mais ce traitement des sentiments soulignent encore l'ambition des valets dans la mesure où les deux sont liés. Ainsi nous avons des termes de droit ainsi que la construction de ces mêmes lignes où l'adverbe« autrement » rappelle que l'argent est la condition de l'amour, F devient le moyen de parvenir à Lisette.

 

 

 

 

 

III- Une scène de comédie

 

Comique de situation dans l'action principale de la comédie . Elle s'appuie sur la situation proverbiale du « tel est pris qui croyait prendre ». En effet le maître Turcaret s'enrichit de façon malhonnête en exploitant les faiblesses du système social et cherche à intégrer les rangs de la noblesse. Or F use d'une stratégie semblable mais cette fois, aux dépends de son maître. Ainsi, celui qui croyait parvenir, le maître, en utilisant le valet, va être doublé par ce même valet. A noter que ce procédé va être reproduit par la baronne que Turcaret va séduire et son amant le chevalier. L’action principale repose sur une multiplication d'impostures imbriquées les unes dans les autres, touchant toutes les strates sociales. Ce comique permet encore une fois de dénoncer le dérèglement social. Le comique des personnages : Chez F on retrouve du Scapin, son ancêtre auquel il doit sûrement la terminaison de son nom. Tous deux cherchent à tromper leur maître par leurs ruses. Les fourberies de F sont mises en évidence « je les gagnerais bien sur l'équipage », par sa finesse « homme d’esprit », et non plus sur les procédés de la farce et de coups de bâtons. Mais le mobile est différent : Scapin se vengeait d'un maître trop autoritaire, F lui, veut une revanche sociale : F, l'effronté ne rougit pas, n'a pas honte, n'a donc pas de morale. Tous les moyens sont valables et la morale n'entre plus en jeu. A travers ce perso de F, c'est l'audace et l'habileté qui sont célébrées car F, comme Scapin fait rire aux dépends de son maître grâce à son intelligence, trait que l'on retrouvera + tard dans le personnage  de Figaro. Lisette quand à elle reprend les traits de la servante autoritaire et sachant manœuvrer. Mais ici, les manœuvres s'effectuent à différentes échelles : au niveau des maîtres, et de ses paires ( = valets). En outre, elle n'agit pas que pour sa maîtresse, mais aussi pour elle. Enfin, le personnage est enrichi et raffiné : elle fait preuve d’esprit, ainsi que  de franc-parler autoritaire  et d'un langage + recherché qui crée un nouveau personnage  comique.

 

Conclusion

 

Les personnages en présence reprennent certains aspects des valets de Molière, mais ils innovent aussi en jouant sur les ambitions sociales qu'ils souhaitent assouvir. Les personnages jouent avec la situation et avec le langage.

 

 ORAUX EAF

 

 

 

Turcaret

Comédie en 5 actes en prose représentée pour la première fois à la comédie français en 1709. C'est une œuvre qui ressemble aux création de Molière. C'est une satire des vices d'un parvenu de la fortune sans éducation. Satire très acerbe = laideur morale et bassesses en tous genres. Pièce qui reflète la société réelle de son temps = satire classique.

Genre = comédie

Parution = 1709

1ère représentation 1709, comédie français.

 

Lesage

1668-1747

Romancier et auteur dramatique français.

Auteur du roman = le diable boiteux qui connut un grand succès

Autre roman = Gil Blas

Turcaret = comédie

Il est reconnu comme le premier écrivain dans l'histoire littéraire à avoir vécu de sa plume.

 

 

 

 

Questionnaire sur les notions = séquence théâtre

Quels sont les trois moments de l'action dramatique?

Quelles sont les deux formes théâtrales majeures?

Définissez-les

Quel est le but de la comédie?

Citez deux comédies et deux tragédies

 

Définir

L'exposition,

la didascalies

les stichomythies

l'unité de temps, de lieu, d'action

la réplique

la tirade

le monologue

Proposez une définition de la pièce de théâtre

Comment une pièce est-elle composée?

Comment un texte est-il composé au théâtre?

 

 

 

 

Questions sur Turcaret

A quel genre littéraire cette pièce appartient-elle?

Quelle est sa date de parution?

Cette pièce est-elle en prose ou en vers?

Quand fut-elle représentée pour la première fois à la comédie française?

Avec quel auteur peut-on comparer Lesage concernant son œuvre Turcaret?

Quel est le thème de la pièce?

Quelles en sont les implications?

Quelle est l'intention de Lesage?

Cette pièce reflète t'-elle la société réelle de son temps?

En ce sens est-ce une satire classique?

 

 

 

 

Questions sur Lesage

Quelles sont les dates de Lesage?

Qui était Lesage?

Citez un roman et une pièce de théâtre de cet auteur

Quelle image a t'-il dans l'histoire littéraire en tant qu'écrivain?

 

Problématiques possibles

En quoi peut-on parler de renouveau comique?

En quoi cette scène de comédie est-elle aussi un témoignage des mutations sociales de l'époque?

 

Plan de l'étude

I – De nouvelles ambitions

II – De nouveaux valets

III – Une scène de comédie

 

 

 

 

Questions sur le commentaire en fonction des axes d'étude : toutes les réponses sont dans le commentaire

 

I -

Relevez le champ lexical de l'argent. De l'ascension sociale

Par quelles oppositions ces champs lexicaux sont-ils renforcés?

A quelle idée le champ lexical du temps renvoie t'-il? Relevez le et analysez le

Comment le temps est-il perçu par les valets?

Que représente le personnage Lisette?

A quoi aspire t'-elle du point de vue social?

Relevez l'exclamation et l'interrogation révélatrices de son ambition

Quel est le rôle du maître dans cette ascension des valets?

Étudiez la métaphore de l'air de Lisette

Quelle image le lecteur a t'-il des valets et des maîtres?

Comment le mariage Turcaret et la baronne est-il perçu? A t'-il valeur d'exemple à suivre? Citez pour justifier votre réponse

Sur quoi l'expression «riche faquin» nous renseigne t'-elle?

Quelle est la cause du désordre social?

 

 

 

II -

Comment l'évolution des valets se traduit-elle?

En quoi cela se différencie t'-il de l'école des femmes de Molière?

Quelle figure de style les valets utilisent-ils?

Lisette fait-elle preuve d'ironie? A quel moment?

Fait-elle preuve d'humour?

Montrez que Frontin joue sue la polysémie du verbe «épargner». Expliquez et citez le texte pour justifier votre réponse

Montrez que la façon dont les valets se désignent prouve qu'ils ont une certaine maîtrise du langage et qu'ils sont ambitieux.

Quelle est l'attitude de Lisette vis-à-vis de Frontin lorsqu'ils ne sont pas seuls? Lorsqu'ils sont seuls?

Relevez les termes et expressions du texte qui montrent et reflètent leur volonté d'ascension

Le traitement des sentiments témoigne t'-il de l'évolution des valets?

Comment l'amour des deux valets se transcrit-il tout au long du texte?

Les sentiments sont-ils mis en rapport avec l'ambition?

L'argent est-il la condition de l'amour? Citez le texte.

 

 

 

 

III -

Le comique de situation

De quelle nature le comique est-il?

Quel proverbe illustrerait le mieux la situation de cette scène de comédie ?

Frontin use t'-il de la même stratégie que Turcaret?

Le maître est-il doublé par son valet?

Ce procédé sera t'-il repris par la baronne?

Que dénonce ce comique?

 

Le comique des personnages

A qui pourrait-on comparer Frontin?

Les fourberies de ce dernier sont-elles dignes d'un homme d'esprit rusé ou relèvent-elles des procédés de la farce?

Expliquez la différence du mobile entre les motivations de Frontin et de Scapin

La morale entre t'-elle encore en jeu?

Chez quel personnage retrouve t'-on cette intelligence?

Quels sont les traits de caractère de Lisette?

En qeul sens peut-on parler d'un  nouveau personnage comique?

 

 

 

 

Question sur la conclusion

Les personnages en présence sont-ils à la fois traditionnels par leurs traits déjà présents chez Molière et modernes par leurs aspirations sociales et leur raffinement dans la manière d'y parvenir?

Ouverture

Retrouvons-nous cette même intelligence et cette même ruse  dans le personnage de Figaro?

 
 
 

Date de dernière mise à jour : 17/05/2019

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