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Ronsard, Derniers vers, je n'ai plus que les os, oral EAF

 

ORAUX EAF

 

Derniers vers, Pierre de Ronsard

 
« Je n’ai plus que les os… », 1585 - Oral EAF -
 
Séquence poésie : l'objet en poésie
 
 
 
Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépoulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé ;
Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.
 
Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé.
Adieu, plaisant soleil, mon œil est étoupé,
Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.
 
Quel ami me voyant en ce point dépouillé
Ne remporte au logis un œil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant la face,
 
En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis,
Je m’en vais le premier vous préparer la place.
 
Pierre de Ronsard - Derniers Vers - 1586
 
 
Problématiques possibles :
 
- En quoi cette poésie offre t'-elle une vision apaisée de la mort?
- En quoi est-ce une poésie originale?
 
 
Commentaire du site :
 

Derniers vers, Pierre de Ronsard

                       « Je n’ai plus que les os… », 1585

 

Nous allons étudier un sonnet de Pierre de Ronsard intitulé « je n’ai plus que les os… », tiré de Derniers vers en date de 1585. Il fut écrit à la fin de sa vie et évoque la véritable approche de sa mort. Le poète y décrit sa vieillesse, sa déchéance physique. Contrairement aux autres poèmes dont le thème dominant est le carpe diem, il n’est plus question d’inviter sa belle à profiter du présent. Le sonnet s’achève sur la douceur de l’amitié et  la certitude de la survie de l’âme après la mort ce qui permettra aux amis de reconstituer leur communauté. Dans le but d’étudier cette approche, nous verrons dans un premier temps, le concept de mort et analyserons la vision apaisée grâce à l’amitié.

 

 

 

I – Le concept de mort

 

     Le poème s’ouvre sur une prise de conscience relative à l’âge du poète, il s’agit de faire le constat de façon réaliste et lucide de la dégradation physique inhérente à l’âge de l’auteur et de manière implicite à son inexorable et irréversible aboutissement, la mort. Ce poème est écrit à la première personne. Le premier vers donne le ton, « Je n’ai plus que les os, un squelette je semble ». Le champ lexical reflète la dégradation de l’être en fin de vie du point de vue physique. Ainsi, le vers 2 impose l’idée de privation avec l’emploi de quatre participes passés, tous formés du préfixe privatif dé – « décharné, dénervé, démusclé, dépulpé ». L’homme semble ainsi privé de toute l’essence de son être propre, la chair, les nerfs, les muscles. Le décharnement symbole de squelette connotant la mort est également suggéré par cet autre participe passé, « dépouillé ». La référence latente à la cécité propre à la vieillesse et extrêmement diminuante, se trouve présente au vers 7, « mon œil est étoupé », c’est-à-dire empli d’étoupe, rendu opaque. Le poète se projette de façon très réaliste comme handicapé par son âge avancé préfigurant à travers la vieillesse, la sénilité, la mort. La cécité le guette, l’affaiblit et le prive déjà de la contemplation du soleil, vers 7, symbole de vie et d’inspiration poétique. Il devient, lorsqu’il se regarde l’image de la mort elle-même, « un squelette, je semble », le rapport est analogique, il existe tel quel comparativement à la mort qui impose son emprise et son heure. Il incarne son image, le squelette. La vue de son corps l’effraie, « je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble ». Les sonorités sont dures, comme les allitérations en « k » du vers 1 et en « dé » du vers 2. L’emploi des temps confirme l’absence d’espoir. A côté du présent d’actualité, on remarque le passé composé qui souligne le fait que la vie soit révolue, « a frappé », vers 3 et « a trompé », vers 6. L’irréversibilité du temps qui passe transparaît à travers les références au Dieu de la médecine, Apollon et au patron des médecins, Esculape qui ne peuvent rien et ne font que traduire le sentiment humain d’impuissance. Il faut d’ailleurs remarquer l’ambiguïté de l’expression, « leur métier m’a trompé », car Apollon est aussi Dieu de la poésie. Ronsard exprimerait il des regrets ? La poésie n’a pas protégé Ronsard du destin des mortels.  La mort est personnifiée, « a frappé », « mes yeux par la Mort endormis », l’image du lieu « où il faut descendre », « où tout se désassemble ». Déperdition de tout son être, c’est l’image dominante du poème qui est renforcée par e rythme binaire des deux quatrains, le souffle court du mourant, les coupures à l’hémistiche aux vers 1, 2, 5, 6, et 7, et le tétramètre.

 

Le poète a cependant trouvé le remède idéal pour conjurer l’irréversibilité du temps qui passe et sa fin tragique, la mort. Nous allons voir qu’il trouve un apaisement dans l’amitié au sens d’un soutien. Nous allons par conséquent étudier ce concept  dans la poésie de Ronsard.

 

 

II – Une vision apaisée, le soutien de l’amitié

 

     « Adieu, plaisant soleil » transcrit tout à fait les sentiments du poète qui exprime sa peur, la lucidité et sa douleur. Son lyrisme n’est malgré tout pas excessif, nous n’avons que deux points d’exclamation dans tout le sonnet. Deux autres aspects viennent nuancer l’approche de la mort dans le sens d’un réconfort terrestre et céleste, l’amitié et la croyance en la survivance de l’âme. Si Apollon ne peut conjurer le sort de l’humaine condition, les hommes en sont encore moins capables, cependant, l’amitié, au-delà de l’homme peut idéalement donner un sens à la vie. La dégradation physique se poursuit, mais le réconfort de l’union par l’amitié s’apparente ici au sentiment d’une osmose amoureuse. Réconfort, fidélité, consolation, soutien, tendresse, autant de notions propres à l’homme qui le rendent plus grands, voire infiniment grand au sens pascalien du terme. Le poète a donc le soutien des amis et la survie de l’âme pour réconfort. « Essuyant mes yeux par la Mort endormis », il nous offre la tendresse toute physique qui malgré tout s’accompagne d’une affliction sincère, car tous repartent avec « un œil triste et mouillé ». L’image d’une communauté fraternelle domine et rendent d’autant plus dignes, les adieux. Le paradoxe de l’homme, infiniment petit car mortel et infiniment grand par sa force en l’autre et sa foi est porté à son paroxysme. C’est une victoire sur la mort car il évite ainsi toute complaisance narcissique en refusant de se plaindre et de sombrer dans les lamentations. Le dernier vers nous offre  la promesse d’un au-delà où la communauté des amis sera reconstituée. La chute du sonnet serait ainsi ironique

 

Conclusion

 

     Ce poème n’est pas sans nous rappeler le memento mori, souviens toi que tu vas mourir, il ne faut pas oublier son humaine condition, c’est-à-dire, sa mortelle condition. Ronsard nous invite à considérer la mort de façon très naturelle comme faisant partie de la vie, c’est la fin inexorable à laquelle nul ne peut échapper. Il y a cependant une allusion à la grandeur de l’homme au sens pascalien dans ce sonnet, car ce dernier peut dépasser sa mortelle condition en s’élevant par les sentiments et la foi. L’écriture, enfin trouve ici son sens le plus profond car elle remplit sa fonction première, celle de purifier l’homme, celle de libérer
des maux par les mots. Peut-être assure-t-elle également un devoir de mémoire envers les hommes en général, les êtres aimés en particulier en plus de sa fonction cathartique.

 

 

ORAUX EAF

Oral  EAF de 74 questions

 

Questions sur la biographie de Ronsard:

 

 

De quel siècle Ronsard est-il?

De quel genre de littérature poétique de la Renaissance est-il adepte?

Définir la pléiade

Quels en sont les poètes représentatifs?

Quels sont l'idéal et la mission de la pléiade?

A quel mouvement littéraire appartient-il?

Citez deux de ses recueils

A qui sont-ils dédiés?

 

 

 

Questions générales sur la poésie:

*** Réponses dans l'introduction du commentaire

 

De quel recueil la poésie «je n'ai plus que les os», est-elle tirée?

Quelle est la date?

Quand ce poème fut-il écrit?

Quel est le thème du poème?

En quoi s'oppose t'-ils aux autres poésies?

Définir le carpe Diem

A quelle certitude le carpe Diem absent de cette poésie est-il substitué?

L'évocation de la mort est-elle angoissante ou plutôt apaisante?

 

Problématiques possibles:

 

En quoi cette poésie offre t'-elle une vision apaisée de la mort?

En quoi est-ce un sonnet original?

 

Plan de l'étude:

 

I – Le concept de la mort

II – Une vision apaisée, le soutien de l'amitié

Conclusion/Ouverture

 

 

Questions sur le commentaire en fonction des axes d'étude:

*** Les réponses sont dans le commentaire

 

I –

Le concept de mort

 

Sur quelle prise de conscience la poésie s'ouvre t'-elle?

A quoi aboutit-elle?

Étudiez le premier vers

A quelle personne le poème est-il écrit?

Étudiez le champ lexical de la dégradation physique

A quoi est-il associé?

Comment la mort est-elle connotée?

A quoi le vers 7 fait-il référence?

Relevez et étudiez une analogie

Quel est l'état d'esprit du poète face à cette prise de conscience?

Étudiez les sonorités

Relevez et étudiez les allitérations

Quels sont les temps présents?

Que traduisent-ils? Citez pour justifier votre réponse

Comment l'irréversibilité du temps qui passe est-elle traduite? Citez le poème pour justifier votre réponse

Quelles sont les références qui mettent en avant l'impuissance de l'homme?

L'écriture poétique apparaît-elle comme capable de glorifier le poète?

Remplit-elle ici une fonction cathartique, libératrice?

Quel rapport établir entre le poète et l'écriture?

Relevez les personnifications de la mort

Relevez et étudiez les effets des coupures à l'hémistiche?

 

 

II -

Une vision apaisée, le soutien de l'amitié

 

Comment le poète parvient-il à conjurer l'irréversibilité du temps qui passe?

Étudiez la ponctuation du sonnet; Que met-elle en évidence?

Qu'en est-il du lyrisme?

Quelle idée apparaît-elle comme un réconfort terrestre par rapport au concept de la mort?

Qu'en est-il du réconfort céleste?

Comment l'amitié est-elle perçue?

Quels en sont les synonymes?

Relevez les vers évocateurs du soutien des amis

Relevez l'expression de l'affliction sincère

En quoi le paradoxe de l'homme est-il Pascalien?

En ce sens peut-on parler d'une victoire sur la mort?

Étudiez le dernier vers et la chute du sonnet

 

 

Conclusion:

 

Dénominateur commun: memento mori. Ex, sonnet à Hélène

Différences: Sonnet à Hélène: carpe Diem

                  Je n'ai plus que les os: Survivance de l'âme comme consolation céleste et amitié comme consolation terrestre. Grandeur de l'homme au sens Pascalien, élévation par les sentiments et la foi.

 

Rôle de l'écriture: fonction libératrice et cathartique


 

 

Complément d’analyse sur la poésie pour répondre aux questions

 

La pléiade

Fiche bac

 

Le contexte historique du XVIème siècle : Le 16ème siècle est un âge de la renaissance qui succède aux temps obscurs du moyen âge. C'est l'époque où Copernic et Galilée révolutionnent la conception de l'univers, l'imprimerie, le savoir s'étend. la vie intellectuelle devient plus intense, on entre dans le genre littéraire appelé l"humanisme, il se développe en Europe. Cette vie intellectuelle se construit autour de modèles culturels comme l'Italie dont la peinture, la poésie et l'architecture qui s'inspirent de l'antiquité gréco latine et de l'orient; En France, ce mouvement appuie la volonté royale d'unité nationale et linguistique, sous François 1er. Les écrivains souhaitent s'exprimer en français contre le latin de l'église et de l'université. C'est donc dans cette nouvelle langue qu'est le français que la poésie va connaître un véritable âge d'or. Ainsi la pléiade qui va égaler les grands poètes latins en versifiant en français.

De la brigade à la pléiade : Le collège Coqueret à Paris devient avec son professeur helléniste, Jean Dorat, l'un des foyers les plus importants de l'humanisme français. Ronsard et Du Bellay y étudient et se passionnent pour les chefs d'oeuvre antiques, ils fondent alors leur propre groupe, la brigade. On assiste à la publication d'un manifeste de Du Bellay, "Défense et illustration de la langue française. Le groupe prend ensuite le nom de pléiade en hommage à un groupe de poètes grecs du III ème siècle avant J.C qui avaient emprunté l'appellation au groupe que formatent les 7 filles du géant mythologique Atlas, transformées en étoiles par Zeus. Sept poètes constituent le groupe : Du Bellay, Ronsard et Dorat, Rémi Belleau, Etienne Jodelle, Pontus de Tyard et Jean Antoine Baif.

Les convictions de la pléiade : Le poète doit être inspiré par la muse

qui permet d'accéder aux harmonies célestes et terrestres. Mais l'inspiration ne suffit pas, le travail est essentiel, il faut savoir manier les techniques poétiques. Le statut du poète change avec l'apparition de la pléiade.

Le principe de l'imitation a son importance :

le poète transpose les modèles antiques ou italiens découverts, Platon, Pétrarque, ou redécouverts, Virgile, Ovide à la Renaissance dans le but de proposer des formes poétiques d'inspiration lyrique et élégiaque. D'où l'importance accordée au sonnet.

Réhabilitation de la langue française :

La seule langue de l'intelligence n'est plus le latin. Il faut à présent accorder ce statut au français en l'enrichissant linguistiquement.

Un enrichissement poétique :

Il y a une modernisation du sonnet. Nous assistons à une nouvelle harmonie de la phrase et du vers par l'alternance préconisée des voyelles masculines et féminines. La métrique est nouvelle.

Exemples d'oeuvres poétiques de la pléiade :

Pétrarque : Le Canzoniere italien 1549 : les erreurs amoureuses : Pontus de Tyard 1550 : Odes, Ronsard 1552 : Le premier livre des Amours, Ronsard 1555 : La continuation des Amours, Ronsard : Les Amours de Franine, Bai

 

Fiche synthèse : l'essentiel à retenir sur la pléiade

 

1 - De la brigade à la pléiade

  • Du Bellay et Ronsard fondent le groupe de la brigade, ils cherchent une nouvelle poésie française nourrie des trésors de l’antiquité.
  • 1549 : défense et illustration de la langue française, manifeste du groupe sous la signature de Du Bellay.
  • 1553 : la brigade prend le nom de la pléiade : 7 poètes : Du Bellay, Ronsard, De Baif, Belleau, Jodelle, Pelletier du Mans, Pontus de Tyard et Dorat.

 

 

2 - Projets et convictions

  • - réhabilitation de la langue française comme langue littéraire à part entière et refus de soumission au vieux latin universitaire
  • - enrichissement de la langue française par emprunt aux langues anciennes aux dialectes français ou au vocabulaire des métiers.
  • -embellissement stylistique et évolution métrique pour une meilleure harmonie de la p hrase et du vers
  • - Imitation innovante des modèles antiques -Redéfinition du statut du poète : homme de technique et de savoir faire et inspiré de valeurs humanistes, engagé dans les débats ou combats de son temps.

 

 

 

  • Questionnaire :
  • La pléiade:
  • *** Réponses dans l'exposé
  • Quel est le contexte historique du 16ème siècle?
  • Citez une invention importante
  • Quel est le genre littéraire de cette époque?
  • Autour de quels modèles culturels, la vie intellectuelle se construit-elle?
  • En quoi peut-on parler d'âge d'or?
  • En quoi la pléiade égale t'-elle les grands poètes latins?
  • A quel moment le groupe prend t'-il le nom de pléiade?
  • De combien de poètes la pléiade est-elle constituée?
  • Citez les
  • Énumérez les convictions de la pléiade
  • Citez Trois exemples d’œuvres poétiques

 

 

Date de dernière mise à jour : 11/08/2017

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