Candidats libres   Descriptifs   Oeuvres intégrales   L'entretien EAF  Coaching scolaire    Lycées français à l'étranger  Docbac

Les annales 2018  -  L'actualité du bac 2018 - Bac 2019 L'actualité du brevet 2018 - Brevet 2019 -

Oral EAF sur les Fleurs du mal

 


ORAUX EAF

 

 

Le Spleen chez Baudelaire, Spleen, LXXV et Spleen LXXVIII


 

 

 

Questions sur Baudelaire

 

  • - A quel siècle appartient-il?
  • 19ème siècle
  • - Citer deux contemporains
  • Nerval, Balzac, Victor Hugo
  • - Quelle est son oeuvre la plus célèbre?
  • Les Fleurs du mal
  • - Citer deux autres oeuvres du poète
  • Les paradis artificiels, petits poèmes en prose
  • - Quelles sont les trois femmes de Baudelaire?
  • jeanne Duval, Mme Sabatier, Marie Daubrun
  • Qu'est ce qu'un dandy?
  • Un dandy est un homme très élégant, raffiné. Le courant de mode s'appelle le dandysme. Il vient d'Angleterre, XVIIIème siècle. On peut aussi parler en terme d'état d'esprit, d'affectation de l'esprit.
  • - Quels hommes de lettres fréquentait-il?
  • Nerval, Balzac
  • De quoi est-il décédé?
  • Baudelaire est atteint d’une congestion cérébrale et rapatrié vivant, mais aphasique, il meurt le 31 août 1867.

 

 

 

 

Spleen LXXV

 

Spleen (LXXV)
Les fleurs du mal (1861)

Charles Baudelaire, 1821 - 1867

Pluviôse, irrité contre la ville entière,
De son urne à grands flots verse un froid ténébreux
Aux pâles habitants du voisin cimetière
Et la mortalité sur les faubourgs brumeux.

Mon chat sur le carreau cherchant une litière
Agite sans repos son corps maigre et galeux ;
L'âme d'un vieux poète erre dans la gouttière
Avec la triste voix d'un fantôme frileux.

Le bourdon se lamente, et la bûche enfumée
Accompagne en fausset la pendule enrhumée,
Cependant qu'en un jeu plein de sales parfums,

Héritage fatal d'une vieille hydropique,
Le beau valet de cœur et la dame de pique
Causent sinistrement de leurs amours défunts.

 

Commentaire littéraire

Dans la première section des Fleurs du Mal, « Spleen et Idéal », il y a quatre "Spleen". Le Spleen LXXV est le premier de la série. Le poème qui marque la transition entre l'Idéal et le Spleen est La Cloche Fêlée. C'est un sonnet en alexandrins. Il a pour caractéristique d'être régulier sauf aux rimes du quatrain croisées au lieu d'être embrassées. Le cadre quotidien du poète est envahi par le spleen jusque dans les objets les plus anodins. Il envahit le cadre spatio temporel.

Ce sonnet retrace l'état d'esprit du poète en proie au spleen. Nous y étudierons le concept de la mort et nous verrons en quoi le spleen fait écho à la mort omniprésente dans la poésie.

Plan du commentaire littéraire

I - La mort

II - Le spleen fait écho à la mort

Problématique :

Comment la mort fait-elle écho au spleen dans ce poème de Baudelaire?

 

I - Le concept de Mort

La mort est omniprésente dans la poésie.

Vers 1, premier quatrain, ouvre la poésie sur l'image de l'hiver, "pluviôse" est une personnification qui connote le froid, la pluie, la tristesse et la grisaille sur la ville. Cette idée ouvre la poésie et renforce l'impression de départ du lecteur qui s'imprègne de l'état d'esprit du poète. Le nom "Pluviôse" est de même souligné et renforcé par la diérèse. La pluie domine, le froid envahit la ville. La mort dans la ville se poursuit par les images des autres vers du quatrain : "urne", "froid ténébreux", "cimetière", "mortalité", "brumeux". Le champ lexical de la grisaille se mêle à celui de la mort. Les connotations sont mortuaires et répondent à l'état d'âme du sonnet. La sensation se traduit d'un point de vue physique et "toute la ville " est frappée. La mort semble appeler de manière violente et angoissante les habitants. La ville est persécutée par l'appel de la mort

"Aux pâles habitants du voisin cimetière
Et la mortalité sur les faubourgs brumeux. "
Les temps sont le présent et le passé, puis futur, idée des cartes qui annoncent l'avenir. La mort est partout, elle se faufile même en l'homme et dans les objets, les choses.

II - Le spleen fait écho à la mort

Le spleen touche la ville, le poète est assimilé au chat, puis il annihile les hommes et les choses.

Le deuxième quatrain est soumis à la même violence, du froid et de la mort, le poète et son chat sont victimes, "frileux", "gouttière", "maigre et galeux vers". L'âme du poète est tourmentée. Le chat est tel le poète et inversement, ils se substituent l'un à l'autre. Il y a une identification du poète au chat, au chat. Mais le poète est diminué, "triste voix" peut connoter la vision d'un poète mourrant, incapable d'écrire, en proie à l'angoisse despotique du spleen : le poète ne peut plus créer. L'écriture poétique n'est plus salvatrice, elle ne libère plus le poète de ses maux, il ne la maîtrise plus, il n'est plus que victime d'un spleen trop violent, trop puissant. La litière devient cercueil;

"L'âme d'un vieux poète erre dans la gouttière
Avec la triste voix d'un fantôme frileux. "


Le spleen progresse encore. Nous pouvons relever les verbes de lamentation "se lamente". Le poète trouve sa personnification dans les objets, "la pendule enrhumée". Les tercets se rapportent aux objets qui eux aussi souffrent du froid et de l'appel au spleen, le bourdon ne chante pas, il se lamente, la bûche ne brule pas, elle se consumme. Le poète devient ces objets qui le symbolisent tant dans son corps que dans son âme. Il devient le Spleen dépossédé de sa faculté d'écrire. Il subit.

Le futur est ici évoqué par l'image des cartes : "Le beau valet de cœur et la dame de pique" : Les cartes disent l'avenir mais c'est un jeu "plein de sales parfums". Nous nous éloignons des Correspondances/ Les parfums exotiques ne sont pas mis en valeur. Les parfums, les couleurs et les sons ne se répondent plus. Il n'y a plus d'harmonie "fausset", "sales parfums". Cela peut se rapprocher de l'oxymore des Fleurs du mal

Les cartes connotent la fatalité, le destin du poète : ce à quoi il ne peut échapper. Les cartes annoncent au poète qu'il est condamné à la mort de l'amour.


Le thème de l'eau :

1er vers : "Pluviôse" : cela peut évoquer l'idée d'un déluge et donner une connotation religieuse à la poésie. Le spleen serait dans ce cas une punition divine.

Le thème de l'eau se poursuit à la fin du poème avec l'idée d'une intériorisation du spleen assimilé au mal :

"Héritage fatal d'une vieille hydropique"

Conclusion :

Cette poésie fait de la mort omniprésente la véritable force d'un spleen progressif, violent, envahissant et fatal. Cette vision retire tout espoir au poète de créer l'enfermant définitivement dans un gouffre noir duquel il ne peut sortir. Plus d'harmonie, plus de création, plus de parfums suggestifs aux pouvoirs évocateurs d'harmonie des sens. Le spleen traduit peut-être une certaine culpabilité du poète qui se punit par l'écriture ou le défaut de l'écriture. Le spleen peut-il exprimer un sentiment de faute? Le spleen ainsi intériorisé est-il assimilé au Mal chez Baudelaire?

Cela justifierait le thème de l'eau et la punition divine du déluge évoqué dans le vers 1.

 

Entretien de 60 questions avec réponses en commentaire

 

 

 

LXXVIII -  Spleen, Charles Baudelaire, les Fleurs du Mal

Lecture du poème :


Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit  gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le  cercle
II nous verse un jour noir plus triste que les nuits; 


Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance,  comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et  se cognant la tête à des plafonds pourris;


Quand la pluie étalant  ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un  peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos  cerveaux,


Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent  vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans  patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.


- Et de longs  corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme;  l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon  crâne incliné plante son drapeau noir.


Les Fleurs du  mal, Charles Baudelaire,  1857

 

Plan de l'étude :

  • I - Le récit d'un combat :
  • La construction du poème
  • Double postulation
  • II - précisions sur la nature du spleen :
  • Etouffement et enfermement
  • Un combat intérieur
  • Conclusion
  • Ouverture

 

 

Préparer l'entretien du bac de français : questions, problématiques, ouverture

Problématiques possibles :

Quels sont les enjeux et les particularités de ce poème?
En quoi cette poésie reflète t'elle la fuite du temps?

 

Analyse du poème

Ce poème est extrait des Fleurs du mal publié en 1857. Vers la fin de la section  "Spleen et idéal", quatre poèmes portent tous le même titre. Chacun présente un  visage différent qui accable le poème. Le spleen se présente comme un malaise  existentiel, ce poème mélange donc les conditions de celle-ci sur le physique et  les sens.
Afin de répondre à la problèmatique "Nous pouvons nous  demander quels sont les enjeux et les particularités de ce poème ?" Nous  étudierons dans un premier temps Le récit d'un combat, puis des Précisions sur  la nature du Spleen
Nous verrons, comment, en racontant ce combat entre  l'espérance et l'angoisse, Baudelaire nous propose ici une description du  Spleen.


I) Le récit d'un combat
1)  Construction du poème
Le  texte est composé de cinq quatrains, il n'y a aucune possibilité de symétrie. Le  poème est reparti en deux phrases, une de quatre quatrains, l'autre d'un seul,  cela signale un changement. Les trois premières strophes sont reliées par  l'anaphore "Quand" le rythme est languissant. Le poète décrit une situation de  crise qui allie trois éléments : L'air, la terre et l'eau. On peut remarquer  l'absence du feu car le décor présenté ici est terne et envahi par la grisaille.  La 4e strophe est le premier changement du rythme "Quand" est remplacé par "Tout  a coup" et au vers 13 on a une idée de mouvement avec les cloches qui s'agitent  au mouvement s'ajoute le bruit comme les "Hurlements". La 5e strophe est le  constat de défaite, l'espoir est vaincu allors que l'angoisse triomphe "Drapeau  de la victoire".
2) Double  postulation
Il y a dans tout homme, deux postulations simultanées  l'une vers Dieu, l'autre vers Satan. L'invocation à Dieu est un désir d'être  bon, celle de Satan est une joie de se rapprocher de l'Enfer. Il y a ici un  combat entre l'espérence et l'Angoisse tout au long de cette strophe, on  rencontre la métaphore de la guerre où deux puissances s'opposent. La défaite de  l'espoir est visible avec la rime finale puisque le poème fait rimer "Espoir" et  "Noir".


II) Précisions sur la nature du  Spleen
1) Les  symptômes : Enfermement et Etouffement
Un symptôme : Signe d'une  maladie quelconque. Dans la mesure où Baudelaire considère le Spleen comme une  maladie, il y aura donc deux symptômes :
-L'enfermement : Avec le champ  lexical de l'enfermement avec les mots "Couvercle", "Cachots", "Mur", "Plafond",  "Prison", "Barreaux", "Plats".
-L'etouffement est exprimé par un  bestiaire effrayant, "Chauve souris", symbolique car elle est aveugle, et ne  fait pas la distinction entre le jour et la nuit, ce qui accentue l'idée  d'enfermement et d'étouffement. La monstruosité des araignées est accentuée  par le pluriel, et les araignées sont des prédateurs. Les adjectifs  qualificatifs les différencient. La chauve souris est timide, sa faiblesse  se manifeste aussi par le singulier, tandis que les araignées sont infâmes et en  force.
Jour noir : C'est l'oxymore (deux termes opposés à côté) qui est  repris au vers final par le drapeau noir.
2) Un combat intérieur
Tout  indique que cette bataille est mentale, qu'elle se déroule à l'intérieur de  l'esprit du poète (Exemple : Vers 2 "Esprit", vers 12 "Au fond de nos cerveaux",  Vers 20 "Sur mon crâne".)
Le combat est purement intellectuel comme nous  montre la rime "Barreaux" et "Cerveaux" au fur et à mesure du poème, on passe de  la généralisation (Nous verse,  Nos cerveaux) à une  personnalisation, celle du poète qui va parler a la première personne du  singulier (Mon âme, Mon crâne). La défaite est bien celle  du poète qui est désormais régi par l'angoisse victorieuse qui est l'esclave du  Spleen comme le montre l'image sinistre de l'enterrement à la fin (corbillards).  On peut remarquer que, comme toujours chez Baudelaire, les fausses notes  dominent. Il ne s'agit pas d'une musique funèbre mais de hurlements. 


Conclusion : Ce poème  nous montre une sorte de crise du Spleen avec deux forces qui s'opposent dans  chaque individu. En fait, sous la généralisation, le poète cache sa propre  défaite, il est soumis à l'angoisse. Les quatre poèmes descriptifs et  explicatifs du Spleen s'achèvent sur un constat de défaite et le poète devient  définitivement mélancolique. L'opposition radicale entre le Spleen et l'Ideal ou  autrement dit entre Dieu et Satan domine tout au long de cette poésie.  L'opposition est radicale et n'est jamais dépassée.


Ouverture : Le double postulat d'un  être déchiré entre Spleen et Idéal domine. Cette dualité est le lieu de tout le  drame Baudelairien. Le Spleen connote le temps qui passe : Le temps étudie  le malaise : Point commun avec les autres poèmes "Spleen" : "J'ai plus de  souvenirs que si j'avais 1000 ans." : Traduction du malaise existentiel  Baudelairien.

 

 - Construction du poème

- Combien de quatrains cette poésie a t'elle? - 5 -
- Qu'est ce qu'un quatrain? Une strophe de 4 vers
- Combien de phrases contient elle? Une phrase de 4 quatrains et une autre d'un seul : 2 phrases
- Quelle est la figure de rhétorique qui permet de relier les trois premières strophes? l'anaphore
- Que marque cette structure anaphorique?
L'anaphore "quand" permet de relier les trois premières strophes. Elle met en avant l'image d'un univers oppressant.
- Quels sont les éléments mis en avant grâce à cette structure anaphorique? Air, terre, eau, avec les
vers 1"quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle"
vers 5 : "quand la terre est changée en un cachot humide"
vers 9 : "quand la pluie étalant ses immenses traînées"
L'oppression est accentuée par le champ lexical de la prison "cachot", la comparaison "comme un couvercle".
- Comment les effet d'accumulation et de resserrement sont ils restitués au niveau de la composition du poème? Par les deux phrases, une longue allant des vers 1 à 16, puis le dernier quatrain isolé par un tiret. L'oppression est aussi suggérée et accentuée par la répétition dans chaque strophe d'un vers commençant par la conjonction de coordination "et".
- Comment qualifier la ponctuation? Vers 4 et 8, nous notons la présence d'un point virgule et d'une ponctuation forte. Vers 12 et 13, il y a un point virgule qui reflète l'idée d'un enchaînement sans pause.
- Quelle est la figure rhétorique vers 19? Personnification de l'espérance.

 

Questions en fonction du plan proposé : toutes les réponses sont dans le commentaire

I -
- A quel paysage le spleen est-il associé? Paysage de pluie
- Relevez le champ lexical de la noirceur
- Relevez un oxymore : "jour noir", victoire du spleen
- Le spleen a t'-il à voir avec le paysage intérieur?
- Relevez le champ lexical de l'enfermement
- Dernier quatrain : Spleen : expression de l'angoisse/vide
- Relevez l'expression qui montre que le dernier quatrain décrit un enterrement
- Relevez les notations auditives qui connotent la torture
- Quelle expression symbolise la victoire des forces mauvaises? " Drapeau noir"

II -
- Relevez une anaphore
- Que marque t'-elle?
- Comment se traduit la dramatisation baudelairienne - combat et déchirement
- Relevez une allégorie
- Relevez l'expression qui marque l'humeur noire
- Que peut-on dire de la rime finale? Espoir/Noir
- Relevez les expressions opposées : "espérance", "espoir", "angoisse"
- Poète : un être de douleur : bataille mentale
- Relevez les expressions qui le montrent : "sur l'esprit", v. 2 " au fond de nos cerveaux", V.12, "sur mon crâne" V.13
"Barreaux"/"cerveau"
- La défaite est-elle celle du poète ou celle de la condition humaine?
Le dernier quatrain : le "Je" apparaît clairement , le poète est plus sensible que les autres, il est plus en proie au spleen.

Ouverture :

Laforgue : réécriture du spleen : mal du siècle des romantiques  

 

Le Spleen

Définitions :
*Spleen :  Malaise existentiel : Un état d'âme synonyme d'ennui, d'enlisement = Le mal  baudelairien
*L'idéal : L'anti-monde du Spleen : Le spleen se  rapporte au temps. L'idéal se rapporte à l'instant.

• Origine du mot :

l’anglais spleen « humeur noire, bile » est un emprunt au grec splên qui désignait la rate.

Au sens baudelairien, spleen = mélancolie. Angoisse du poète

Le sujet spleenétique est représenté dans Spleen 1, 2, 3 et 4.

Ces poèmes retracent les manifestations du spleen. On appelle éthopée l'expression du moi dans ses manifestations du spleen, par conséquent, les quatre "Spleen" sont des éthopées.

Manifestation du Moi

Spleen 1 = la représentation du moi est objective (dépersonnalisation. Le spleen est une dépossession du moi, le sujet disparait dans les objets. )

J'ai plus de souvenirs

Dissociation du moi qui n'est plus en adéquation par rapport à lui-même, le moi est incertain

Je suis comme le Roi

Le moi est problématique car il est défini comme un autre le "je" est un autre. Enigme du moi/ Comparant "roi d'un pays pluvieux". Le moi est objet de fiction. Le moi Roi.

Quand le ciel bas et lourd :

Représentation objective du moi. Le moi se confond avec le paysage. Le poète se confond avec le monde. Il y a une sorte de spatialisation du monde.
 

LXXVI

SPLEEN



J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C’est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
— Je suis un cimetière abhorré de la lune,

Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher
Hument le vieux parfum d’un flacon débouché.

Rien n’égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L’ennui, fruit de la morne incuriosité,
Prend les proportions de l’immortalité.
— Désormais tu n’es plus, ô matière vivante,
Qu’un granit entouré d’une vague épouvante,
Assoupi dans le fond d’un Saharah brumeux,
— Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
Oublié sur la carte, et dont l’humeur farouche
Ne chante qu’aux rayons du soleil qui se couche.

 

 

LXI

SPLEEN



Je suis comme le roi d’un pays pluvieux,
Riche, mais impuissant, jeune et pourtant très-vieux,
Qui de ses précepteurs méprisant les courbettes,
S’ennuie avec ses chiens comme avec d’autres bêtes.
Rien ne peut l’égayer, ni gibier, ni faucon,
Ni son peuple mourant en face du balcon.
Du bouffon favori la grotesque ballade
Ne distrait plus le front de ce cruel malade ;
Son lit fleurdelisé se transforme en tombeau,
Et les dames d’atour, pour qui tout prince est beau,

Ne savent plus trouver d’impudique toilette
Pour tirer un souris de ce jeune squelette.
Le savant qui lui fait de l’or n’a jamais pu
De son être extirper l’élément corrompu,
Et dans ces bains de sang qui des Romains nous viennent,
Et dont sur leurs vieux jours les puissants se souviennent,
Il n’a pas réchauffé ce cadavre hébété
Où coule au lieu de sang l’eau verte du Léthé

 

Baudelaire, Les correspondances

Oal EAF

 

 

  • Questions sur les Fleurs du mal : recherches personnelles
  • I - Les Fleurs du mal : -
  • Dans quelle section le poème "spleen" est il tiré?
  • - Combien y a t'il de poésies ayant ce même titre "spleen"?
  • Section "spleen et Idéal" : Le poème est intitulé "spleen", LXXVIII. C'est le 4ème poème ayant le même titre.
  • - Que signifie le spleen?
  • Ce terme vient de l'anglais dès le début du 18ème siècle. Baudelaire a commencé à l'introduire en France : il signifie "mélancolie" : humeur noire : dépression

Structure des Fleurs du mal :

Les Fleurs du mal :

recueil composé de six sections et d'un poème préliminaire ou prologue, " Au Lecteur ".

  • - " Au Lecteur " –
  • - Spleen et Idéal (85 poèmes)
  • - Tableaux Parisiens (30 poèmes)
  • : - Le vin (5 poèmes) –
  • -Fleurs du mal (9 poèmes) :
  • - Révolte (3 poèmes) :
  • - La mort (6 poèmes) :

 

  • Questions sur les Fleurs du mal :
    Quelles sont les sections qui composent le recueil ?
  • Quels sont les grands thèmes abordés dans le recueil ?
  • Quelle image de la femme le recueil propose-t-il ?
  • Quelle section des Fleurs du Mal est dominée par l'image de Satan ?
  • Réponse : C'est la section intitulée « Révolte » qui est dominée par l'image de Satan. Baudelaire emploie souvent la forme du sonnet.
  • Quand cette forme a-t-elle été mise à la mode en poésie française ?
  • Réponse : Cette forme poétique inventée en Italie a été importée en France sous la Renaissance, au XVIe siècle. Dans sa préface au Spleen de Paris, Baudelaire rend hommage au créateur du poème en prose.
  • De qui s'agit-il? Réponse : C'est à Aloysius Bertrand que Baudelaire a rendu hommage au début du Spleen de Paris.
  • Quel mouvement littéraire et pictural fut fortement inspiré par Baudelaire, notamment par son poème Correspondances.
  • Réponse : Le Symbolisme.
  • À qui ont été dédiées Les Fleurs du Mal ? Réponse : Les Fleurs du Mal ont été dédiées à Théophile Gautier
 

 

 

 

Les Fleurs du Mal – Baudelaire

 

LES CORRESPONDANCES

 

 

«  Correspondances  », Les fleurs du mal «  spleen et idéal  » IV 1857

Problématique :

En quoi ce sonnet illustre-t-il la modernité de la poésie de Baudelaire  ?

 

 

 

Introduction

Symbolisme

Thèmes novateurs, quête de la modernité, reprend des éléments traditionnels mais reste une poésie ouverte

Parallélismes, oppositions, comparaisons, personnifications

«  Mais inspecter l’invisible et entendre l’inouïe étant autre chose que reprendre l’esprit des choses mortes, Baudelaire est le premier voyant, roi des poètes, un vrai Dieu  » nous dit Arthur Rimbaud. Baudelaire est un poète incroyable qui va avoir une manière totalement nouvelle d’appréhender la poésie. Il parle beaucoup d’ambivalence entre le Spleen et l’Idéal comme on peut le voir dans son œuvre Les Fleurs du mal, qui sera censuré lors de sa première publication en 1857.

 

Correspondances

L’idée que par derrière le désordre des formes, les perversions, il y a un ordre et qu’une idéalité cachée domine, cela est confirmé par le fait que nous ayons une présentation allégorique du monde. Plutôt que le terme du symbole, Baudelaire préfère celui de correspondances, d’allégorie : exemple, l’albatros. Le poète pratique la technique du transfert des émotions ou réalités immédiates dans l’espace des signes allégoriques, le sonnet « correspondances » ou « la chevelure »; le pouvoir du verbe est l’affirmation de l’infaillibilité des images poétiques et de leur puissance de restitution d’une totalité que l’on croyait perdue. Les correspondances naissent de cette faculté qu’est l’imagination.

Lecture de la poésie

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,

Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

 

 

1 L’homme et la nature  : thème nouveau et symbolisme

A- La Nature

La Nature nous est présentée avec une majuscule ce qui lui donne une grande importance. Une métaphore fait ensuite figure d’analogie entre Nature et temple  «  La Nature est un temple où de vivants piliers  » (v.1). La Nature a donc une connotation religieuse, c’est un lieu sacré dont une partie reste mystérieuse au commun des mortels. C’est une métaphore filée car elle est développée «  de vivants piliers  ». On remarque clairement dans ce poème que la nature prédomine sur l’Homme. Les enjambements des vers 1 à 2 et 3 à 4 accentuent la personnification de la Nature. On retrouve aussi le champ lexical de la nature pour encore une fois mettre en exergue son importance.

  • Questionnaire possible :
  • Pourquoi Nature est-il écrit avec une majuscule
  • Relevez le champ lexical de la Nature
  • Analysez la connotation religieuse de la Nature
  • Relevez les enjambements du poème
  • La Nature prédomine t'-elle sur l'homme? 

 

B- Les symboles que nous déchiffre en partie le poète

L’homme ordinaire ne déchiffre pas les symboles, messages mystérieux qui ne peuvent être interprétés que par des initiés. On le voit au vers 3 «  Forêt de symboles  » symbole = signe de reconnaissance. Le déchiffrement de la Nature est nécessaire. La nature envoie des signaux à l’homme, ces symboles représentent beaucoup plus que ce qu’il paraît et renvoie à des mystères. Le poète va déchiffrer ses symboles.

  • Questionnaire possible :
  • Le poète est-il un initié?
  • Peut-on parler d'écriture moderne? 
  • Pourquoi le déchiffrement de la Nature est-il nécessaire? 
  • Le poète est-il un intermédiaire entre la Nature et l'homme? 

 

C- La confusion de l’homme

Champ lexical de la confusion  : confusion de l’homme par rapport à la nature. L’homme est comme perdu dans cette nature «  confuses paroles  » «  de longs échos qui au loin se confondent  » «  ténébreuse  » Il a du mal à comprendre la nature de manière complète.

En outre le poète moderne qu’est Baudelaire nous présente de manière originale et perturbante la Nature mais comment met-il en forme son message et quelle est l’importance des synesthésies et correspondances que l’on retrouve  ?

  • Questionnaire possible :
  • Relevez le champ lexical de la confusion
  • Baudelaire est-il un poète moderne? Pourquoi? Expliquez

 

 

2 - harmonie des 5 sens (synesthésies et correspondances)

A- Un sonnet organisé

Baudelaire conserve ici une forme traditionnelle  : le sonnet. Composé de deux quatrains qui exposent sa théorie, puis de tercets qui l’illustrent en exemples. Les vers sont des alexandrins ce qui rythme le poème. Nous observons des rimes embrassées, croisées et suivies qui mettent en exergue des mots importants et les relient formant correspondances et synesthésies.

  • Questionnaire possible
  • En quel sens peut-on parler d'un sonnet organisé? 
  • Rappeler la définition d'un sonnet, d'un quatrain, d'un tercet

 

B- Des synesthésies nouvelles

Une synesthésie correspond à l’harmonie des sens, les modalités sensorielles se mélangent. On en retrouve dans ce sonnet par des perceptions auditives, olfactives, visuelles qui «  se confondent  » et «  se répondent  » comme l’accentuent les rimes embrassées. Le vers 8 est évocateur de l’harmonie entre les sens, c’est une synesthésie qui traduit le rapport harmonieux entre les sens. «  Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.  »

«  Vaste comme la nuit et comme la clarté  »  sont perçus comme des espaces et non des sensations visuelles, c’est une comparaison étrange avec une antithèse  ; pour illustrer une sensation olfactive le poète la traduit par d’autres sensations, c’est ainsi qu’on peut établir des correspondances au niveau horizontal. Ces différentes sensations font un lien entre monde terrestre et surnaturel.

  • Questionnaire possible :
  • Qu'est-ce qu'une synesthésie? 
  • Comment se traduisent-elles dans le poème? 
  • Pourquoi le vers 8 est-il évocateur? 
  • De quelle nature les correspondances sont-elles? 
  • Quel lien font-elles? Expliquez

 

C- Des correspondances qui visent à mieux appréhender le monde

En comprenant les correspondances horizontales on peut aller vers les correspondances verticales  ; c’est-à-dire que nous devons, à partir de nos observations, comprendre ce qui n’est pas explicite et qui est caché. Du monde des choses nous devons passer au monde des idées. Les correspondances sont traduites par des figures d’analogie facilement compréhensibles, concrètes alors que les correspondances verticales relèvent de la raison, il faut chercher à comprendre les mystères, ce à quoi renvoient les symboles.

La nature nous offre des symboles et si nous parvenons à décrypter par les correspondances afin de comprendre le monde alors le but du poète est atteint. Il faut percevoir la poésie et le sens des symboles. Si, à partir de paroles confuses et de symboles, nous parvenons à trouver le sens profond des choses alors nous passons de l’empirique à l’intelligible, tel le prisonnier de la caverne de Platon qui cesse enfin de prendre le reflet des choses pour les choses elles-mêmes. Le poète, qui perçoit et déchiffre les symboles, perçoit le monde avec l'indicible et l'ineffable que cela suppose. On devrait dire il sait voir les choses.

On le voit dans le dernier vers l’influence de l’esprit et des sens que nous cherchons à atteindre, ce vers exprime les rapports entre le monde matériel et le monde spirituel. C’est d’ailleurs la chute du sonnet "transport de l'esprit et des sens".

  • Questionnaire possible :
  • Expliquez le passage des correspondances horizontales aux correspondances verticales
  • Expliquez l'analogie au mythe de la caverne de Platon

 

 

 

Conclusion

Ainsi, Baudelaire nous présente la Nature sous un nouvel angle. Il nous invite à déchiffrer le sens des analogies qui permettent de passer du monde des perceptions à celui des idées. Quel philosophe a cherché à faire passer le même message  ? (Platon  : le prisonnier de la caverne  ; prend le reflet des choses pour les choses elles-mêmes)

Cette présentation allégorique du monde, cet ordre et cette idéalité ne sont-ils pas annonciateurs d'un désordre à venir?

 

  • Oral du baccalauréat de français
  • Définitions :
  • *Spleen : Malaise existentiel : Un état d'âme synonyme d'ennui, d'enlisement = Le mal baudelairien
  • *L'idéal : L'anti-monde du Spleen : Le spleen se rapporte au temps. L'idéal se rapporte à l'instant.

 

 

 

 Histoire littéraire

Donnez les définitions suivantes:

 

Parnasse

Mouvement littéraire poétique apparu en France dans la seconde moitié du 19ème siècle. Le Parnasse valorise l'art pour l'art, rejette l'engagement social et politique de l'artiste et les excès lyriques, sentimentaux du romantisme (Lamartine). La perfection formelle est mise en avant. L'art n'est pas utile, il vise purement et simplement la beauté = théorie de l'art pour l'art de Théophile Gautier

Symbolisme

Le symbolisme est un mouvement littéraire apparu en France vers 1866 contre le naturalisme et le Parnasse. Le symbolisme tente d'établir un rapport entre l'Idée abstraite et l'image qui l'exprime. Pour les symbolistes, le monde reste à déchiffrer. Ce mouvement trouve ses origines dans les Fleurs du mal de Baudelaire.

Classicisme

Le classicisme est un mouvement littéraire, culturel, artistique qui s'est développé en France entre le XVII et XVIIIème siècle. Les valeurs du classicisme renvoient à un idéal qui s'incarne dans l'honnête homme et dans la quête de la perfection et de la raison : respect des règles, modèles de l'art antique : équilibre, mesure et vraisemblance.

Romantisme

Le romantisme est un mouvement littéraire, culturel (littérature, peinture, sculpture, musique), apparu en Allemagne et en Angleterre vers la fin du XVIIIème siècle. Le romantisme est une expression absolue des états d'âme en matière d'art, c'est une réaction du sentiment contre la raison au profit de l'évasion, du rêve, du sublime.

Quelle place Baudelaire occupe t'-il dans l'histoire littéraire?

Baudelaire est un poète  nourri de romantisme mais malgré tout tourné vers le classicisme entre le Parnasse et le symbolisme. Baudelaire est un poète de la modernité

 

Baudelaire, A une passante

Oal EAF

 

 

Les Fleurs du Mal – Baudelaire

« A une passante ».

                                                  

Le thème de la rencontre chez Baudelaire

 

Le sonnet que nous nous proposons d’étudier est tiré des Fleurs du Mal, de Baudelaire écrit en 1857. Dans ce poème, Baudelaire propose par l'intermédiaire de la rencontre avec la femme, une allégorie du beau. 

Dans le but de répondre à notre problématique, nous verrons dans un premier temps une passante qui incarne l'idéal de beauté, en second lieu, nous montrerons en quoi le poète est subjugué et enfin dans notre dernière partie, nous étudierons l'apparition fugitive et l'espoir impossible de retrouver l'idéal. 

Problématiques possibles :

La plus facile : problématique retenue pour l'étude 

En quoi la femme rencontrée est-elle une allégorie du beau ?

Une problématique plus difficile

Montrez que les thèmes de la rencontre et de la disparition traduisent l'opposition entre la réalité et l'idéalité chez Baudelaire

I-Une passante qui incarne l’idéal de beauté baudelairien

A/ Un cadre moderne et bruyant

Le vers 1 du poème inscrit d’emblée celui-ci dans le décor des tableaux parisiens : il s’agit d’un Paris moderne, bruyant, affairé. La rue est présentée comme un milieu hostile : on observe ainsi une personnification de la rue (« la rue hurlait »), qui la présente comme une entité agressive. L’adjectif « assourdissante » souligne cette cacophonie urbaine. Syntaxiquement, le poète est encerclé par la rue (« autour de moi hurlait »). On peut relever une allitération en « r » qui connote une certaine dureté. Le hiatus (« moi hurlait ») rend la phrase plus rude.

B/ L’apparition de la passante

Une passante apparaît, majestueuse, laissant un sentiment de perfection au poète. La description de la passante suit le regard de Baudelaire qui voit d’abord sa silhouette (« longue », « mince », « en grand deuil ») puis admire le geste de la main (« d’une main majestueuse »), le détail de sa toilette (« le feston et l’ourlet », « la jambe de statue »). Par ailleurs, l’énumération d’adjectifs antéposés retarde l’apparition de la femme au vers 3 (« une femme passa ») et suspend ainsi le lecteur au regard du poète qui voit la femme s’approcher. Le passé simple « passa » a une valeur événementielle (action dans le passé) : la femme est vue comme une apparition. Cette femme est gracieuse et sa démarche harmonieuse. Le rythme ample (= rythme qui donne l’impression de ne jamais s’arrêter) des vers 2 et 4 suggère cette harmonie. Le portrait de la femme s’étend d’ailleurs sur un enjambement sur le second quatrain, suggérant toujours cette idée d’expansion et d’harmonie. On peut également souligner l’harmonie du vers 4 constitué de quatre groupes de trois syllabes (« soulevant »,  « balançant », « le feston », « et l’ourlet ») = rythme tertiaire. Cette régularité retranscrit les mouvements amples et balancés de la femme tandis que l’allitération en « s » et l’assonance en « an » font entendre le bruissement des tissus.

II-Un poète subjugué

A/ La fascination du poète

Baudelaire est fasciné par l’apparition de la passante qui incarne son idéal de beauté. Le poète réapparaît brusquement au vers 6 avec le « moi » isolé en début de vers. Son trouble se perçoit à travers le rythme haché du vers 6 et 7 qui traduit sa forte émotion intérieure « Moi, je buvais, crispé comme un extravagant/Dans son œil, ciel livide… ». L’adjectif « crispé » insiste sur sa paralysie. Baudelaire est paralysé, stupéfait : le seul verbe « moi je buvais » (v.6) connote l’avidité, la soif ardente du poète face à la femme.

B/ L’idéal de l’amour baudelairien

Baudelaire est d’autant plus subjugué qu’il retrouve chez la passante les composantes de l’amour idéal où se mêle douceur et violence. On retrouve ainsi des antithèses qui soulignent le contraste entre douceur, calme et la violence. L’assonance en « s » au vers 7 et 8 souligne cette douceur et la fascination qu’elle suscite. La métaphore « ciel livide où germe l’ouragan » montre que la femme est en apparence calme mais peut également représenter un certain danger. La passante incarne si bien l’idéal de l’amour baudelairien que cette dernière a fait renaître le poète (v.10). Il fait comprendre par le verbe « renaître » que la passante lui a fait entrevoir l’idéal de beauté et lui a insufflé vie et inspiration.

III-Un moment fugitif

A/ Une apparition fugitive

[nb : conception de la modernité pour Baudelaire : la modernité c’est le transitoire, le fugitif, le contingent ( ce qui peut ne pas être nécessaire), la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable). L’apparition de la passante n’est toutefois qu’un moment fugitif, vite disparu. La soudaineté de la vision et sa disparition est soulignée au vers 9 par trois points de suspension (« un éclair… puis la nuit »). L’éclair est bien évidemment l’illumination de Baudelaire par l’apparition de l’incarnation de cette beauté tandis que la nuit peut représenter la solitude et la détresse du poète. Le champ lexical du temps dans les deux tercets met en relief la brièveté de l’apparition : « fugitif », « soudainement », « trop tard », « jamais ». L’antithèse entre « fugitive » au vers 9 et « éternité » (v.11) met en lumière la soudaineté de la disparition de la passante et la recherche de celle-ci qui ne peut désormais se faire que dans un futur mystique « ne te reverrais-je que dans l’éternité ».

B/ L’espoir impossible de retrouver l’idéal aperçu

Dès la disparition de la passante, Baudelaire tente de revivre l’instant de la rencontre et de retrouver cette incarnation de la beauté. Cette tension s’observe à travers la forme interrogative du vers 11 et l’emploi du futur de l’indicatif (« ne te reverrais-je plus que dans l’éternité ? »). L’espoir de retrouver cet idéal de beauté s’amoindrit rapidement et le dernier tercet laisse entrevoir une certaine forme de désespoir. L’interrogation laisse aussi place aux exclamations (v.12) (« Ailleurs, bien loin d’ici ! Trop tard ! Jamais peut-être ! ». Baudelaire a peu d’espoir de retrouver cet idéal de beauté, ce qu’exprime l’adverbe « jamais » qui connote l’idée de fatalité laissant libre court à son lyrisme, Baudelaire s’adresse alors directement à la passante disparue à la fin du sonnet. Le vers 13 marque l’esprit par sa structure en chiasme.

Conclusion

On retrouve dans ce sonnet l’éternelle opposition des Fleurs du mal, entre la réalité et l’idéal, le spleen et l’idéal qui reflète la complexité du personnage de Baudelaire encore une fois confronté à l’impossible, l’irréversible. L’idéal de la femme est insaisissable. La femme n’est autre que l’allégorie de la beauté que le poète idéalise et sublime.

Ouvertures possibles

1 - En quoi l'allégorie de la beauté qui idéalise, sublime et esthétise la femme contribue t'-elle à moderniser la poésie?

Les fleurs du mal, Charles Baudelaire

«  A une passante  »

Questionnaire possible :

Recherches personnelles 

Définir le sonnet, le quatrain, le tercet, l'alexandrin

Qu'est-ce qu'un dandy?

Questions réponses 

Quelles sont les femmes qui ont marqué la vie de Baudelaire?

Les femmes qui ont marqué la vie de Baudelaire sont Jeanne Duval, Marie D'Aubrun et Mme de Sabatier.  

De quoi s'agit-il dans ce poème?

Ce poème est une allégorie du beau provoquée grâce à une rencontre 

Questionnaire possible :

Quels sont les deux moments essentiels de la rencontre?

Les deux moments essentiels de la rencontre sont soulignés par le premier hémistiche du vers 9, il y a une rupture par les points de suspension. La rencontre est associée à l'éblouissement, elle se situe dans les deux quatrains. 

Pourquoi le premier hémistiche du vers 9 attire t'-il l'attention? Expliquez

Il attire l'attention car il marque le moment essentiel du temps de la rencontre et anticipe l'éblouissement de la rencontre.  

Etudiez la ponctuation

Nous avons des points de suspension qui sont liés à la rupture

A quoi la rencontre est-elle associée?

A un éblouissement 

Relevez une métonymie de la femme

La métonymie est "La majesté" qui signifie la femme 

Quelle vision du poète cette métonymie traduit-elle?

La métonymie nous renvoie à la vision du poète 

Relevez participes présents qui connotent la démarche de la femme

"soulevant", "balançant"

Que marque le passé simple "passa"

Il marque la lumière furtive 

Questionnaire possible :

A quoi le nom "nuit" est-il associé?

Le nom nuit est associée à la disparition, il y a une connotation négative - le regard est perdu 

Relevez le champ lexical de la fuite

«  fuis  », «  bien loin d’ici  »

Comment se manifeste le désespoir du poète?

Relevez l'adverbe qui suggère l'aspect irreversible de la disparition de la passante.

Le désespoir du poète se traduit dans l'adverbe "jamais" qui met en avant le caractère irréversible de la rencontre 

Comment cela se traduit-il dans le poème?

Dans le poème la séparation entre les personnages se situe dans au niveau de la séparation quatrain/tercet. 

Questionnaire possible :

Comment le locuteur est-il nommé?

Il est nommé de manière récurrente grâce à des pronoms à la première personne du singulier «  moi  », «  je  », «  m’  », «  j’  »

A quelle vision le premier quatrain est-il consacré?

Tout le quatrain se rapporte à la vision de la passante

La subjectivité domine t'-elle?

Oui 

Le locuteur est-il statique? Cela s'oppose t'-il au mouvement de la passante?

le locuteur est en effet statique,, «  je buvais  », «  crispé  » et la passante est en mouvement

A quoi la puissance magique du regard se substitue t'-il?

A présent dominent le regret et l'incertitude

Le constat final est-il négatif? Expliquez en citant le texte pour justifier votre réponse

Le constat se situe dans le dernier tercet.  Il succède à l'euphorie de la rencontre 

Questionnaire possible :

Relevez les vers qui évoquent la passante

Elle est évoquée aux vers 2, 3, 4, 5, 7, 8, et 10

Comment l'apparition est-elle mise en avant? Sublimée?

Quelle impression cela donne t'-il au lecteur?

L’apparition dans le premier quatrain est rendue impressionnante par le rythme croissant et l’énumération qui donnent une impression d’harmonie, d’équilibre et de balancement 

Que signifie "jambe de statue"?

Qu'est-ce qu'un enjambement? Relevez en un dans le texte

 Cet enjambement fait accéder la femme au rang de déesse puisqu’on finit sur l’idée de statue

Que traduisent les sonorités

Les sonorités accentuent l’idée d’équilibre et d’ampleur

Relevez une antithèse 

«  le plaisir qui tue  » et «  la douleur qui fascine  »

Peut-on dire que cette apparition a une connotion magique?

 Le personnage devient merveilleux, la passante est féérique

Incarne t'-elle la femme? La beauté? Est-ce une allégorie de la beauté?

«  une fugitive beauté  ». Elle incarne l’allégorie de la beauté.

Questionnaire possible :

A quoi les deux tercets se rapportent-ils?

Ils sont un concentré de l'ensemble de la poésie 

Expliquez le vers 9

 Le vers 9 constitue la clé  explicitée ensuite par un grand nombre d’oppositions et d’antithèses. A partir de deux termes «  éclair  » et «  nuit  »

En quoi consiste la chute du sonnet?

 La chute du sonnet contient la richesse d’une rencontre non réalisée

Cela traduit-il le passage de l'idéal à la réalité? Est-ce une opposition qui caractérise la poésie de Baudelaire?

L’instant privilégié d’une encontre fascinante peut-être perçu comme une ouverture éphémère sur l’univers du beau ou comme la promesse d’un amour passionné.

 

L'Albatros de Baudelaire

Etude et oral préparé du baccalauréat de français

 

Charles BAUDELAIRE   (1821-1867)

 

L'albatros

  • Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
  • Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
  • Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
  • Le navire glissant sur les gouffres amers.

 

  • A peine les ont-ils déposés sur les planches,
  • Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
  • Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
  • Comme des avirons traîner à côté d'eux.
 
  • Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
  • Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
  • L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
  • L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

 

  • Le Poète est semblable au prince des nuées
  • Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
  • Exilé sur le sol au milieu des huées,
  • Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

 

Problématiques possibles

  •  
  • Découvrez la signification allégorique du poète
  • En quoi cette poésie reflète t'elle la fonction du poète?
 
 

 

Etude de l'Albatros : commentaire et oral EAF

Charles Baudelaire, poète français de la seconde partie du 19eme siècle, considéré comme précurseur du mouvement symboliste, est en réalité nourri de romantisme, tourné vers le classicisme, à la croisée entre le Parnasse et le Symbolisme, chantre de la « modernité », il occupe ainsi une place qui lui est propre dans l'histoire littéraire du XIXe siècle. Au fil de ses voyages et de sa vie de dandy parisien, il écrivit en 1857 Les Fleurs du Mal, œuvre majeur et unique recueil en vers du poète alors âgé de 36 ans. Ce Recueil lui valu le scandale d’un procès ainsi que la censure de 6 poèmes retirés pour cause « d’immoralité ». Malgré une seconde édition, Baudelaire se sent incompris par le public et rejeté par la société, il gagne ainsi sa réputation de « poète maudit ». Il faudra attendre la mort du poète, en 1867, pour que le livre rencontre le succès et soit reconnu comme un véritable chef d’œuvre. Les Fleurs du Mal, tendent à exprimer la tension entre l’expérience amère et mélancolique du Spleen et l’exaltation du rêve et de la beauté incarnée par l’Idéal. Contraint par sa famille d’embarquer pour une longue traversée dans les Indes. Baudelaire revient de son séjour des Îles Bourbon, que l’on appelle aujourd’hui, l’Île de la Réunion avec dans ses bagages des récits, des anecdotes, des parfums, des sensations mais surtout un goût très prononcé pour l’exotisme illustré ici par l’« Albatros » poème en quatre quatrains tiré de la section « Spleen et Idéal » du recueil « les Fleurs du Mal » publié en 1861 et dans lequel il relate une anecdote dont le personnage principal est cet oiseau des mer du Sud. Nous nous demanderons alors comment l’Albatros devient-il l’allégorie de la condition du poète ? Pour répondre a cette interrogation, nous montrerons d’abord comment Baudelaire met l’oiseau au centre de l’action pour ensuite étudier la mise en scène du sort de l’albatros. Enfin nous tenterons de d’identifier le prétexte de l’albatros pour évoque la condition du poète.

  • Questions sur l'introduction
  • En tant que poète précurseur du mouvement symboliste, de quoi Baudelaire est-il nourri en réalité?
  • Peut-on dire qu il soit à la croisée du Parnasse et du symbolisme?
  • Donnez une définition du Parnasse et du Symbolisme
  • En ce sens, affirmeriez-vous qu'il occupe une place particulière dans l'histoire de la littérature du XIXème siècle?
  • Quel âge Baudelaire avait-il lorsqu'il se mit à écrire son recueil en vers Les Fleurs du mal?
  • Quel en fut l'accueil?
  • Qu'est-ce qu'un dandy?
  • Combien de poèmes furent retirés des Fleurs du mal pour immoralité?
  • Quel est l'état d'esprit du poète?
  • Comment comprenez-vous l'expression «le poète maudit»?
  • A quel moment le recueil recevra t'-il le succès mérité?
  • Quels sont les concepts dominants dans les Fleurs du mal?
  • Donnez une définition du Spleen et de l'Idéal
  • De quelle section l'Albatros est-il tiré?
  • Est-il imprégné d'exotisme?
  • Étudiez la composition du poème
  • Quand fut-il publié?
  • Qui est le personnage principal de la poésie?

 

  • Plan de l'étude
  • I – Point de départ narratif
  • A – Installation du cadre spatio-temporel
  • B – L'oiseau au centre de l'action
  • II – Mise en scène de la condition de l'Albatros
  • A – La grandeur de l'Albatros
  • B – la déchéance de l'oiseau
  • C – Contraste entre prestige et déliquescence
  • III – Vison symbolique du poète
  • A – Assimilation de l'albatros au poète
  • B – Le poète, être exclu et incompris par la société
  • Problématique:
  • En quoi cette poésie reflète t'-elle la condition du poète?

 

I. Point de départ narratif.

a. Installation du cadre spatio-temporel.

- Dans ce poème, Baudelaire relate une anecdote de voyage dont le cadre est l’univers maritime suggéré tout d’abord par l’oiseau qui sert de titre l’« Albatros », animal vivant surtout dans les mer du Sud. - Dans la 1ere strophe, nous retrouvons le champs lexical des longues traversées « les hommes d’équipages », « voyage », « le navire », « les gouffres amers » qui évoque les hautes mers et les dangers de la traversée. - La scène se déroule donc en pleine mer et les « planches » du bateau deviennent alors une scène de spectacle ou ces sublimes animaux sont tournés en dérision devant l’assistance. - La 3eme strophe ajoute un détail réaliste pour rendre la scène plus vraisemblable avec le « brûle-gueule » pipe qu’utilise volontiers les matelots à l’époque .

  • I - Questionnaire
  • A -
  • De quelle nature l'anecdote relatée est-elle?
  • Quel en est le cadre?
  • Comment est-il suggéré?
  • Que pouvez-vous dire du titre de la poésie?
  • Relevez le champ lexical des longues traversées qui évoquent les hautes mers et les dangers
  • Que représentent les planches du bateau?
  • Quel en est le symbole?
  • Comment la troisième strophe rend t'-elle la scène plus vraisemblable?

 

b. L’oiseau au centre de l’action.

- Dans ce contexte maritime, Baudelaire décrit des marins cruels, brutaux et grossiers qui s’en prennent aux albatros. - La situation de l’oiseau est raconté comme celle d’un animal que les matelots capturent et persécutent et cette narration cherche a susciter la pitié. Le sort de l’oiseau est d’autant plus attristant qu’il est fréquent comme l’indiquent l’adverbe « souvent » et le présent itératif. - Aussi le verbe « prennent » souligne l’appropriation violente des albatros par les marins. - La violence de cette capture est telle que Baudelaire précise dès le premier vers qu’elle a pour seule motif l’amusement des marins « pour s’amuser ».

  • B - Questionnaire
  • Comment les marins sont-ils perçus dans cette poésie?
  • Quelle image Baudelaire en donne t'-il?
  • Donnez quelques adjectifs qualificatifs afin de les décrire au mieux
  • Quel sentiment la narration suscite t'-elle?
  • Que souligne l'adverbe «souvent»?
  • Quel rôle le présent itératif remplit-il?
  • Quel verbe met en avant l'appropriation violente des albatros par les marins?
  • Quel autre verbe met en évidence le motif de la capture?
  • Pouvons-nous affirmer que le texte poétique prenne un départ narratif et le poème, l'allure d'un récit?

 

Transition : Il semble donc que Baudelaire se soit inspiré d’une anecdote de voyage dont il en tire une histoire plus général celle du sort particulièrement cruel réservé à l’albatros. L'Albatros se trouvant être l’objet de l’action et dont le poète en fait le récit des faits. Le texte poétique prend alors un départ narratif et le poème l’allure d’un récit. Mais très vite, la narration est remplacé par une longue description de l’albatros passant d’un état de sublime grandeur a un état décadent.

II. Mise en scène de la condition de l’albatros.

a. La grandeur de l’albatros.

- Dans son univers, l’albatros est souverain et majestueux, l’auteur utilise, tout au long du texte, des périphrases pour le désigner « vaste oiseau des mers », « ces rois de l’azur »,

« prince des nuées » -L’oiseau est alors présenté en symbiose avec le ciel, monde de la grandeur et de l’harmonie. Cette dernière est aussi donnée à entendre par les allitérations en [L] et en [S] qui suggèrent la fluidité de son vol et son aisance. - L’auteur utilise également des adjectifs a connotation méliorative pour qualifier l’albatros surplombant l’azur « beau », « géant ».

 

  • II - Questionnaire
  • A -
  • Comment l'Albatros est-il perçu dans son  univers?
  • Quels sont les adjectifs qui seraient susceptibles de le représenter au mieux?
  • Relevez les périphrases qui le désignent
  • Que traduisent les allitérations en «L» et en «S»?
  • Relevez les afin de les analyser

 

b. La déchéance de l’oiseau.

- Parallèlement, le poète emploie un lexique dévalorisant pour caractériser cet sublime oiseau sur terre « maladroit et honteux », « gauche et veule » ainsi que l’adverbe « piteusement » accentuant l’impression de disgrâce. - De sucrait, les adjectifs dépréciatifs qualifiant les albatros fonctionnent par paire coordonnées. Ces effets d’insistance accentuent la maladresse des oiseaux.

  • B -  Questionnaire
  • Relevez le lexique dévalorisant relatif à l'Albatros
  • Comment l'impression de disgrâce est-elle accentuée?
  • Quels sont les adjectifs dépréciatifs qui contribuent à mettre en évidence la maladresse de l'oiseau?

 

c. Contraste entre prestige et déliquescence.

- Le poème se construit ainsi sur une série d’antithèses qui soulignent le contraste entre la majestuosité des albatros dans les airs et leurs piteux aspects au sol. - La 2nd strophe est construite sur une césure classique « Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux » qui renforce alors le contraste entre majestuosité et laideur de l’animal. -Ce dernier domine les cieux, mais son incapacité a trouver sa place parmi les hommes l’handicape. L’albatros est ainsi méprisé par les hommes, lui qui les domine. - Le passage entre les deux états ou la chute est également dramatisée par la soudaineté de cette métamorphose indiquée au v 5 par l’adverbe « à peine » et par l’opposition entre la longue phrase ample et harmonieuse qui constitue la 1ere strophe et le rythme plus haché de la 3eme strophe. Cette dernière est en effet composée de 3 phrases courtes et exclamatives visant à exprimer la souffrance de l’albatros.

  • C -  Questionnaire
  • Relevez les antithèses qui soulignent le contraste entre l'aspect majestueux des albatros dans les airs et leur maladresse sur terre
  • Comment la seconde strophe est-elle construire?
  • Relevez une césure
  • Comment l'Albatros est-il regardé et jugé par les hommes?
  • Relevez et analysez les différents procédés utilisés par Baudelaire qui traduisent la métamorphose de l'animal
  • Étudiez le rythme de la troisième strophe

 

Transition : Si dans un premier temps, Baudelaire s’est employé à nous étaler l’image d’un animal sublime en proie a la cruauté des hommes et qui est tourné en dérision, humilié ; la dernière strophe va lui permettre de faire un parallèle entre ce destin malheureux et le sort du poète dans sa société.

III. Vision symbolique du poète.

a. Assimilation de l’albatros au poète.

- Nous assistons , au vers 13, au basculement de l’albatros au poète. Ces derniers sont explicitement assimilés et comparés l’un à l’autre « le poète est semblable au prince des nuées ». - On comprend alors mieux l’article défini singulier et la majuscule du titre du poème « L’albatros » qui met l’accent sur la valeur générale et symbolique de l’oiseau. - Baudelaire opère ainsi un passage de l’anecdote au symbole ce qui invite le lecteur a relire et interpréter le poème a la lumière de ce rapprochement. - Nous remarquons alors le double sens des métaphores « gouffres amers » désignant par la mer sur laquelle navigue les persécuteur des albatros, l’image de l’Enfer que peut représenter l’humanité pour le poète ainsi que « ailes de géants » signifiant la grandeur morale et spirituelle du poète supérieur aux autres hommes

  • III -  Questionnaire
  • A -
  • A quel vers le lecteur comprend t'-il que l'albatros n'est autre que le poète?
  • Que marquent l'article défini singulier et la majuscule du titre du poème?
  • Baudelaire opère t'-il ainsi un passage de l'anecdote au symbole
  • Cela incite t'-il à la relecture du poème?
  • Quel est le double sens des métaphores «gouffres amers»?

 

b. Le poète, être exclu et incompris par sa société.

- Néanmoins, la contrepartie du génie est rude et douloureuse pour le poète. Le symbole de l’albatros nous fait voir les deux maux dont souffre le poète : l’exclusion et l’inadaptation - L’exclusion du poète est clairement évoquée au vers 15 « exilé sur le sol » tandis que son inadaptation aux réalités transparaît a travers la métaphore filée entre l’albatros et le poète qui clôt le poème « Ses ailes de géant l’empêche de marcher » -Le poète qui évolue en hauteur « qui hante la tempête » est incapable de s’adapter a la bassesse, la vulgarité,et la médiocrité. Or cette inadaptation aux réalités suscite la moquerie et l’incompréhension des hommes « au milieu des huées ». -La dernière strophe se concentre alors sur la condition du poète partagé entre sa recherche de l’idéal au delà du monde des hommes et son spleen sur terre.

La narration d’une anecdote de voyage, dans laquelle des marins capturent des albatros afin de les persécuter et de se moquer d’eux, permet a Baudelaire de dépeindre la condition du poète moderne et son inadaptation dans sa société qui lui a valut son surnom de « poète maudit ». Il apparaît alors que ce portrait du poète est original dans la mesure ou il se distingue de l’aspect romantique revendiqué par Hugo et dans lequel le poète est représenté comme l’élu de Dieu.

  • B - Questionnaire
  • Quels sont les deux maux dont souffre le poète?
  • Baudelaire est-il fidèle à son image de poète maudit?
  • A quel vers l'exclusion du poète est-elle le plus clairement évoquée?
  • Étudiez la métaphore finale
  • Que nous apprend cette poésie sur la condition du poète?
  • Quels sont les concepts autour desquels le poète concentre sa vie?

 

 

Date de dernière mise à jour : 20/01/2018