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Le parti pris des choses, Ponge

 

DNBAC

 

Notes pour un coquillage , FRANCIS PONGE : Commentaire, Document 1

Le parti pris des choses

 

Lecture du texte :
  • Un coquillage est une petite chose, mais je peux la démesurer en la replaçant où je la trouve, posée sur l'étendue du sable. Car alors je prendrai une poignée de sable et j'observerai le peu qui me reste dans la main après que par les interstices de mes doigts presque toute la poignée aura filé, j'observerai quelques grains, puis chaque grain, et aucun de ces grains de sable à ce moment ne m'apparaîtra plus une petite chose, et bientôt le coquillage formel, cette coquille d'huître ou cette tiare bâtarde, ou ce "couteau", m'impressionnera comme un énorme monument, en même temps colossal et précieux , quelque chose comme le temple d'Angkor, Saint-Maclou ou les Pyramides , avec une signification beaucoup plus étrange que ces trop incontestables produits d'hommes.
  • Si alors il me vient à l'esprit que ce coquillage, qu'une lame de la mer peut sans doute recouvrir, est habité par une bête, si j'ajoute une bête à ce coquillage en l'imaginant replacé sous quelques centimètres d'eau, je vous laisse à penser de combien s'accroîtra, s'intensifiera de nouveau mon impression, et deviendra différente de celle que peut produire le plus remarquable des monuments que j'évocais tout à l'heure !
  • Les monuments de l'homme ressemblent aux morceaux de son squelette ou de n'importe quel squelette, à de grands os décharnés : ils n'évoquent aucune habitation à leur taille. Les cathédrales les plus énormes ne laissent sortir qu'une foule informe de fourmis, et même la villa, le château le plus somptueux faits pour un seul homme sont encore plutôt comparables à une ruche ou à une fourmilière à compartiments nombreux, qu'à un coquillage. Quand le seigneur sort de sa demeure il fait certes moins d'impression que lorsque le bernard-l'hermite laisse apercevoir sa monstrueuse pince à l'embouchure du superbe cornet qui l'héberge.
  • Je puis me plaire à considérer Rome, ou Nîmes, comme le squelette épars, ici le tibia, là le crâne d'une ancienne ville vivante, d'un ancien vivant, mais alors il me faut imaginer un énorme colosse en chair et en os, qui ne correspond à rien de ce qu'on peut raisonnablement inférer de ce qu'on nous a appris, même à la faveur d'expressions au singulier, comme le Peuple Romain ou la Foule Provençale.
  • Que j'aimerais qu'un jour l'on me fasse entrevoir qu'un tel colosse a réellement existé, qu'on nourrisse en quelque sorte la vision très fantomatique et uniquement abstraite sans aucune conviction que je m'en forme ! Qu'on me fasse toucher ses joues, la forme de son bras et comment il le posait le long de son corps.
  • Nous avons tout cela avec le coquillage : nous sommes avec lui en pleine chair, nous ne quittons pas la nature : le mollusque ou le crustacé sont là présents. D'où une sorte d'inquiétude qui décuple notre plaisir.

 

  • Problématique :
  • Comment PONGE montre t-il la démesure de l'homme qui l'oppose a la mesure de la chose?
  • Plan du commentaire :
  • I) LE COQUILLAGE
  • a) La démesure
  • b) La mesure
  • Transition
  • II) LA DEMESURE HUMAINE
  • a) Architecture démesurée par rapport à l'homme
  • b) Orgueil manifesté par cette démesure
  • Conclusion
  • Ouverture

 

 

Commentaire

Introduction

Poète du 20ème siècle, Francis Ponge est marqué par les courants réalistes, surréalistes et absurdes. Son oeuvre est profondément marquée par toutes formes d'opposition à l'anthropomorphisme et à une dizaine d'années d'écriture qui débouche en 1942 sur la publication, Le parti prix des choses. Dans ce recueil le poème "notes pour le coquillage" présente un certain nombre de réflexions sur la mesure et la démesure. Comment  PONGE montre t-il la démesure de l'homme qui l'oppose a la mesure de la chose?

Si le coquillage parait démesuré face au grain de sable, l'auteur souligne que la bête qui l’ occupe est à la mesure même de la chose. Cela lui permet de souligner ce qu'il considère comme un défaut chez l'homme, la démesure illustrée ici par l'architecture afin de conserver l'image de la bête habitant son coquillage. Cependant l'homme est capable de mesurer lorsqu'il produit toute forme de son intériorité comme la musique mais surtout la parole. Celle-ci habite l'homme dans sa totalité et à la façon du mollusque dans son coquillage. Elle épouse la forme de l'écrivain. Dans un premier temps, nous étudierons le coquillage, puis, en second lieu, la démesure humaine.

I) LE COQUILLAGE

a)La démesure

Le coquillage est très grand par rapport au grain de sable « démesurer en la remplaçant où je la trouve, posée sur l’étendue du sable »  mais tout petit par rapport à la plage « un coquillage est une petite chose  », démesurée.

b)La mesure

Le coquillage est un mollusque où vit une bête, un être vivant qui s’accroît fortement et très rapidement grâce à l’eau. Ce qui est très différent des monuments.  


II) LA DEMESURE HUMAINE

a) Architecture démesurée par rapport à l'homme

L’architecture est démesurée ici par rapport à l’homme. Ponge nous enseigne que les plus grands monuments ne sont pas forcément les plus remplis par exemple le château pour une seule personne ou a contrario les cathédrales  remplies de « fourmis »

b) Orgueil manifesté par cette démesure

Ponge nous montre l’orgueil humain de cette démesure,  il site même des villes très connues comme « Rome » « Nîmes » et exagère en énumérant de nombreux ordres grâce à l’impératif, il faut  continuer de créer de nombreux monuments ainsi. Mais il se rend compte que l’exagération n’est pas une bonne choses pour la société il faut se contenter de peu dans la vie pour en faire profiter plus d’un.

CONCLUSION

Usant donc de l'image du coquillage et de la bête habitant, Ponge met en avant l'orgueil démesuré qui se manifeste dans les constructions humaines. Cependant et afin de conserver sa première image il souligne la capacité dont dispose l'homme pour sa production artistique et intellectuelle a garder la mesure à l'échelle de l'artiste. Pourtant ces constructions extérieures et particulièrement architecturales que parait condamner Ponge ne sont-elle pas la marque d'un être vivant en société et la comparaison de l'homme semblerait plus loyale avec une abeille au milieu de sa ruche qu'avec un coquillage isolé sur la plage. En fait  Ponge semble vouloir mettre en garde l'Homme contre la démesure non pas tant de son architecture que son imagination orgueilleuse.

 

L'Orange : Commentaire, Document 2

 

  • Lecture du texte
  • Comme dans l'éponge il y a dans l'orange une aspiration à reprendre contenance après avoir subi l'épreuve de l'expression. Mais où l'éponge réussit toujours, l'orange jamais: car ses cellules ont éclaté, ses tissus se sont déchirés. Tandis que l'écorce seule se rétablit mollement dans sa forme grâce à son élasticité, un liquide d'ambre s'est répandu, accompagné de rafraîchissement, de parfums suaves, certes, -- mais souvent aussi de la conscience amère d'une expulsion prématurée de pépins.
  • Faut-il prendre parti entre ces deux manières de mal supporter l'oppression ? -- L'éponge n'est que muscle et se remplit de vent, d'eau propre ou d'eau sale selon : cette gymnastique est ignoble. L'orange a meilleurs goût, mais elle est trop passive, -- et ce sacrifice odorant... c'est faire à l'oppresseur trop bon compte vraiment.
  • Mais ce n'est pas assez avoir dit de l'orange que d'avoir rappelé sa façon particulière de parfumer l'air et de réjouir son bourreau. Il faut mettre l'accent sur la coloration glorieuse du liquide qui en résulte et qui, mieux que le jus de citron, oblige le larynx à s'ouvrir largement pour la prononciation du mot comme pour l'ingestion du liquide, sans aucune moue appréhensive de l'avant-bouche dont il ne fait pas hérisser les papilles.
  • Et l'on demeure au reste sans paroles pour avouer l'admiration que suscite l'enveloppe du tendre, fragile et rose ballon ovale dans cet épais tampon-buvard humide dont l'épiderme extrêmement mince mais très pigmenté, acerbement sapide, est juste assez rugueux pour accrocher dignement la lumière sur la parfaite forme du fruit.
  • Mais à la fin d'une trop courte étude, menée aussi rondement que possible, -- il faut en venir au pépin. Ce grain, de la forme d'un minuscule citron, offre à l'extérieur la couleur du bois blanc de citronnier, à l'intérieur un vert de pois ou de germe tendre. C'est en lui que se retrouvent, après l'explosion sensationnelle de la lanterne vénitienne de saveurs, couleurs, et parfums que constitue le ballon fruité lui-même, -- la dureté relative et la verdeur (non d'ailleurs entièrement insipide) du bois, de la branche, de la feuille: somme toute petite quoique avec certitude la raison d'être du fruit.
  • Francis Ponge - Le parti pris des choses (1942)

 

  • Problématique :
  • Peut on dire que la description de l'objet, "l'orange", parte de l'extérieur vers son sens?
  • Plan du commentaire :
  • Problématique
  • Introduction
  • Développement
  • I - Description extérieure de l’orange, la texture
  • 1) Comparaison avec l'éponge, mentionnant la composition une seule matière pour l'éponge et plus pour l'orange
  • 2) l'odeur et le liquide de l’orange par rapport à l’éponge
  • Transition
  • II- A la suite de la pression de l'orange, celle-ci dégage de nombreuses effleures
  • 1) Comparaison au citron
  • 2) Mention particulière du citron qui marque par son acidité ce que l'orange n'a pas comme défauts
  • Transition
  • III- Au coeur de l'agrume elle parvient ainsi au pépin
  • Source de renaissance
  • Conclusion
  • Ouverture

 

Introduction:

 Né en 1889, Francis Ponge est un auteur marqué par les différents courants qui suivent la grande guerre mais poète solitaire, il n'adhèrera à aucun. Son oeuvre est marquée par le refus du formalisme et l'anthropomorphisme. En 1942 il publie un recueil de poème Le parti prix des choses dans lequel est inscrit le poème " L'orange ". Ce poème fait une description d'un objet familier anodin. Description dans laquelle, Ponge étudie physiquement l'objet partant de l'extérieur vers son sens. Quel procédé utilise-t-il pour parvenir à une telle description en s'efforçant d'éviter tout anthropomorphisme. Une telle ambition est-elle réalisable? Partant de l'extérieur de la texture de l'agrume le poète progresse vers le centre du fruit par un certain nombre de comparaisons, d'expressions sensorielles de l'orange pour parvenir au point central la source, le pépin.

Plan

I - Description extérieure de l’orange, la texture

1) Comparaison avec l'éponge, mentionnant la composition une seule matière pour l'éponge et plus pour l'orange

L’orange est ici comparée à l’éponge où cette dernière est composée d’une seule matière contrairement à l’éponge qui en possède plusieurs. «son élasticité, un liquide d’ambre s’est répandu, accompagné de rafraîchissement, de parfums suaves » Alors que l’éponge « n’est que muscle et se remplit de vent, d’eau propre ou sale»

2) l'odeur et le liquide de l’orange par rapport à l’éponge

L'orange dégage beaucoup d'odeurs et de liquide « son élasticité, un liquide d’ambre s’est répandu, accompagné de rafraîchissement, de parfums suaves » «  l’orange a meilleur goût » « la conscience amère d‘une expulsion prématurée de pépins. » L’éponge ne dégage aucune odeur et aucun liquide.

II- A la suite de la pression de l'orange, celle-ci dégage de nombreuses effleures

1) Comparaison au citron

L’orange est également comparée au citron car comme lui elle rejette un liquide agréable pour « l ‘avant bouche » L’orange est dite meilleure que le citron, aucune acidité. Son enveloppement est divin à contrario du citron. « rose ballon ovale dans cet épais tampon buvard pigmenté. »

2) Mention particulière du citron qui marque par son acidité ce que l'orange n'a pas comme défauts

L’orange n’a pas de défauts «  mais ce n’est pas assez avoir dit de l’orange que d’avoir rappelé sa façon particulière de parfumer l’air » comme le citron, elle n’est pas acide ce qui ne fait donc pas « hérisser les papilles ». Son goût est apprécié. « l’orange a meilleur goût »

              III- Au coeur de l'agrume elle parvient ainsi au pépin

Source de renaissance

Le pépin est l’outil de renaissance, il permet de retrouver le goût merveilleux de ces agrumes qui pousserons dans l’arbre fruité. «  du bois, de la branche, de la feuille » . Ce pépin est la forme également du citron il est personnifié car Ponge veut nous montrer que ce dernier est un minuscule pépin et qui grandira grâce à la nature.

Conclusion:

Afin de décrire l'agrume, le poète l'aborde par l'extérieur et donne des précisons sur sa texture usant ainsi d'un premier sens le toucher. La pression exercée sur le fruit dégage des odeurs et des liquides goûteux qui ne connaissent pas l'acidité du citron. Enfin il parvient au point ultime de l'agrume, le coeur est déjà porteur de la renaissance. Par l'image de son explosion, il décrit ainsi le pépin qui donne la vie. Mais tout au long de cette description, le poète fait preuve d'un anthropomorphisme qu'il récuse pourtant en faisant appel au cinq sens de l'homme. Est-il donc conceptualisable de faire une description quelconque en usant de la plume,  du pinceau, du crayon, du ciseaux à bois ou d'un autre outil sans user de ces sens et donc sans rentrer dans une forme d'anthropomorphisme. L'homme lui même peut-il s'abstenir de son imagination?Il y fait appel puisque celle-ci s'exerce toujours en comparaison avec ses connaissances, ses sentiments, ses sensations extérieures.

 

 

*** Entretien préparé de 38 questions avec réponses en commentaire

Le pain : Commentaire et oral préparé : Document 3

Séquence la poésie : l'objet en poésie

Lecture du poème en prose :

" La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes. Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente. Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable… Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation. "

Francis Ponge, Le Parti-pris des choses,

 

Questions sur Le Parti pris des choses :

  • Quand le recueil est-il paru?
  • Citez cinq poésies du recueil
  • Les textes du recueil sont-ils en prose ou en vers?
  • Que tente t'-il de décrire dans son recueil?
  • Que veut-il offrir au lecteur?
  • Peut-on parler d'écriture surréaliste?
  • Quelles sont les figures de style les plus courantes?
  • Peut-on parler d'une recréation des choses et des objets au delà de tous les stéréotypes?

 

A consulter pour répondre aux questions sur le recueil

  • La synthèse sur le parti pris des choses à l'oral
  • Le Parti pris des choses est un recueil de poèmes en prose écrit par Francis Ponge et paru en 1942. Dans ce recueil, il tente de décrire les objets et les choses du quotidien d'une apparence banale et les investies de connotations diverses. Il tente ainsi d'offrir une autre vision des choses en leur conférant une fonction et une beauté nouvelles. Les fonctions sont déplacées et la poétisation des objets à son paroxysme. Les objets sortent ainsi de leur banalité quotidienne grâce aux mots dotés de qualités linguistiques nouvelles. Ce poète est l'un des seuls à avoir donné une telle beauté aux objets du quotidien. Il utilise les images, métaphores, comparaisons, pour mettre en avant l'originalité de ses descriptions et offre de ce fait au lecteur une autre perception des choses hors du sens commun. Il nous suggère une poésie hors des stéréotypes et des règles d'écriture. Le papillon devient "une allumette volante", la fleur, "une tasse mal lavée"...
    Il créé ses propres objets poétiques, le pain, le cageot, l'orange..... et subjectivise leur rapport au monde. Il recrée les choses au-delà de tous les stéréotypes possibles.

 

Questions sur Ponge :

  • Quelles sont ses dates?
  • Quel est son parcours scolaire?
  • Sous quel pseudonyme a t'-il publié son premier sonnet?
  • Citez trois de ses oeuvres
  • Quelle est son oeuvre littéraire essentielle?
  • Etait-il un homme engagé?
  • Quels sont les principes de la génération surréaliste partagé par Ponge?
  • Quel est le fondement de sa poétique?
  • Quel recueil a marqué son entrrée dans le monde littéraire?
  • Quelle renommée acquiert-il dans les années 1947?
  • Que publie t'-il en 1948?
  • Citez deux poètes contemporains de Ponge

 

A consulter pour répondre aux questions sur la biographie de Ponge

  • La synthèse sur le parti pris des choses à l'oral
  • Biographie de Francis Ponge
    Francis Ponge (27 mars 1899 – 6 août 1988) Francis Ponge nait à Montpellier le 27 mars 1899, de Juliette Saurel et Armand Ponge, issu d’une famille huguenote nîmoise. Ponge était un amateur d'art et de philosophie En 1915, il obtient la meilleure note de l’académie en philosophie pour une dissertation sur ' L’art de penser par soi-même '. En 1916, il entre en hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand. Il publie son premier sonnet dans la Presqu’île n° 4 (octobre) sous le pseudonyme de Nogères. En 1921, il rédige ' Esquisse d’une parabole ', Francis Ponge (27 mars 1899 – 6 août 1988) Francis Ponge se dit lui-même de la génération surréaliste mais s’il partage certains principes – mysticisme, irrationnel et appel à l’inconscient – il adhère au parti socialiste et entre chez Gallimard suite à sa rencontre avec Paulhan. En 1926, il publie Douze Petits Ecrits que l’on peut définir comme le fondement de sa poétique. En 1937, il entre au Parti Communiste Français et en 1942, il publie Le Parti Pris des Choses qui marque son entrée dans le monde littéraire. en 1947 acquiert une renommée internationale alors qu’il est professeur à l’alliance française. Il publie Proêmes en 1948, La Seine en 1950, La Rage de l’Expression en 1952, Le Soleil placé en abîme en 1954, Pour un Malherbe en 1965 ainsi que divers textes sur la peinture. Il meurt à Bar-sur-Loup le 6 août 1988.

 

Plan du commentaire :

  • Introduction
  • Problématique
  • I – Description du pain
  • II - Une allégorie du monde
  • Conclusion

 

 L’introduction et la problématique :

Francis Ponge est un poète contemporain du XX siècle .Il est connu pour son recueil le parti pris des choses paru en 1942.Ce recueil est constitué de poèmes en prose .En effet, dans ce recueil Ponge nous donne une autre vision des objets du quotidien souvent banal.. Ainsi l 'extrait que nous allons étudier est le pain, nous avons une description en quatre courts paragraphes imagés, il magnifie un aliment commun et le charge de significations. L'observateur, en effet, y manifeste sa fascination, mais il joue aussi sur le langage afin de lui conférer la dimension d'un véritable symbole.De là nous pouvons nous poser la question , peut-on affirmer que ce texte est poétique ? Dans un premier temps nous allons montrer la description du pain puis nous allons montrer que Ponge utilise de nombreuses figures de style afin de montrer que le pain est une allégorie du monde.

I- Decription du pain

Le regard fasciné de l'auteur s'exprime par la précision de la description ainsi que par une invitation à la rêverie.Dés le début le poème commence par le présent de vérité générale par l 'intermédiaire du verbe être qui renvoie à une réalité physique incontestable du pain. Alors que le pain est une « chose » de notre vie quotidienne à laquelle on ne fait plus attention, Ponge le décrit comme s'il en voyait un. Aussi l'objet de la description est-il qualifié par de nombreux adjectifs précisés par des adverbes: « merveilleuse », « panoramique » « amorphe », « articulés », « minces », « ignoble » « lâche », « froid », « soudées », « friable ». La minutie de cette description est renforcée par des comparaisons: d'une part « la mie a son tissu pareil à celui des éponges », « comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois » ; d'autre part regarder du pain est « comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes ». A propos de cette dernière comparaison, l'examen du pain est tellement précis que Ponge y voit le monde entier, dans un grand panorama. De plus, la description se fait de l'éclatement au resserrement. En effet le premier paragraphe reste une vision éloignée, « panoramique »  où l'on ne voit que la « surface » du monde entier, des « Alpes » jusqu'à la « Cordillère des Andes ». Puis, le pain est regardé de plus près, à la loupe et l'on aperçoit dorénavant « vallées, crêtes, ondulations, crevasses... »ce qui est du vocabulaire géographique. Finalement dans le troisième paragraphe la croûte est éclatée et l'on aperçoit la « mie »  assimilée au « sous-sol » terrestre. Cette idée d'éclatement est ensuite renforcée avec l'expression « brisons-la » . Mais bien sûr, tout ce que l'auteur nous décrit, montagnes, vallées, crevasses n'est qu'imagination de sa part. Ponge nous invite à rêver, par de nombreuses images et par les points de suspension  qui interrompent la lecture et stimulent l'imagination du lecteur, même avec des objets apparemment banals. Le poète retrouve ainsi la magie du premier contact, car à force de trop voir les choses, nous cessons de les voir.

  II-Une allégorie du monde

Mais l'auteur exprime aussi le sens symbolique que l'on prête au pain à travers son histoire: pour lui il s'agit d'une image de la vie. Au commencement, il n'y avait qu'une pâte, cette « masse amorphe » puis dans le « four stellaire » il s'est durci, s'est « façonné »  et pendant la cuisson, croûte et mie se sont distinguées. La progression chronologique est marquée par le passage du passé simple au passé composé. Ce n'est que l'explication de la fabrication du pain, mais que Ponge met en scène avec poésie grâce notamment aux métaphores. Dès le départ, le destin et  la mort du pain sont indiqués : inscrits dans les étoiles du « four stellaire », le pain est « pour nous ». Ce sacrifice est repris dans le dernier paragraphe où le poète nous dit que le pain doit finalement être « dans notre bouche », pour être mangé. Ce n'est qu'un objet « de consommation »  Mais le pain incarne aussi la vie en générale. Selon le poète, c'est un monde en miniature: il y voit, avec la comparaison « les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes »  ainsi qu'avec la métaphore des « vallées, crêtes, ondulations, crevasses », un coucher de soleil: « la lumière […] couche ses feux » (métaphore du four en réalité) ou encore des « feuilles ou fleurs » métaphore de la mie). Toutes ces analogies entre le pain et des divers éléments composant la nature nous rappellent le symbole de vie que le pain a longtemps été. En effet, pendant toute une époque, il s'agissait de la seule chose que l'on mangeait, à tous les repas pour pouvoir vivre... Grâce à tout cela, l'auteur donne une vraie symbolique à cette « chose » du quotidien qu'est le pain: et quel symbole que celui de la vie !

En conclusion :

même s'il s'agit d'un texte en prose et non en vers, Francis Ponge provoque ici une extraordinaire invitation au rêve, et associe un symbole fort à un des objets les plus prosaïque de la vie. Et c'est cela, la poésie.

 

Questions sur le commentaire en fonction du plan : toutes les réponses sont dans le commentaire

Questions sur l’introduction

  • Comment le texte « le pain » est-il structuré?
  • Que manifeste t’-il?
  • Joue t’-il sur le langage? Pourquoi?
  • Que pouvez-vous dire du langage?
  • Est-il symbolique? Chargé de symboles? Justifiez votre réponse en citant le texte.

 

I - La description du pain

  • Comment le regard de l’observateur s’exprime t’-il?
  • De quelle nature les descriptions sont-elles?
  • En quel sens pouvons-nous parler d’une invitation à la rêverie?
  • Quel temps ouvre la poésie?
  • Que marque le présent de vérité générale?
  • Quelle est la première vision du pain?
  • Comment est-il perçu?
  • Relevez les adjectifs et les adverbes qui le caractérisent?
  • La description est-elle précise?
  • Par quelle figure de style est-elle renforcée?
  • Que souligne cette figure de rhétorique?
  • Etudiez la dernière comparaison
  • Quelle est la vision de Ponge?
  • Comment la description se précise t’-elle?
  • Quelle vision le premier paragraphe nous donne t’-il? Citez pour justifier votre réponse
  • Comment le pain est-il ensuite regardé?
  • Que voit-on à présent?
  • De quel champ lexical le vocabulaire relève t’-il?
  • Que se passe t’-il dans le troisième paragraphe?
  • Comment l’idée « d’éclatement » est-elle renforcée?
  • La vision de Ponge est-elle subjective ou objective?
  • De quelle nature l’invitation est-elle ?
  • Etudiez la ponctuation
  • Quel rôle joue t’-elle?

 

II - Une allégorie du monde

  • Quel est le symbole du pain?
  • Quelle est la genèse du pain?
  • Citez le texte pour justifier son évolution
  • Quels sont les temps utilisés pour marquer la progression chronologique du pain?
  • Sur quelle figure de rhétorique repose la mise en scène poétique?
  • Quel est le destin du pain? Justifiez votre réponse
  • N’est-il perçu que comme un objet de consommation?
  • Représente t’-il aussi la vie, le monde en miniature?
  • Analysez les analogies entre le pain et les divers éléments. Insistez sur les figures de style
  • Peut-on dire du pain qu’il est symbole de la vie? En quoi? Justifiez

 

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 27/01/2018