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Laclos, les liaisons dangereuses, lettre 127

DNBAC

 

 

 

 

 

 

Laclos, oral EAF, les Liaisons dangereuses

Lettre 127 

 

 

Perspectives historiques  : Evolution du statut de la femme et représentation comme personnage romanesque

 

Comment la femme est-elle éduquée au XVIème siècle  ?

Seules les femmes de bonne famille sont éduquées mais pas autant ni comme les hommes. Leur éducation s'articule autour des nécessités d'une formation particulière = devenir une bonne épouse et une bonne mère. La femme reste malgré tout cantonnée à son rôle de femme et de mère. Pour cela, elle reçoit un enseignement en français, en arithmétique et un peu d'histoire  ;

Quelle éducation la femme reçoit-elle au XVIIIème siècle  ?

L'éducation de la femme fait l'objet d'une polémique entre Rousseau et certains penseurs comme Laclos et Condorcet. Ces derniers prônent une égalité entre homme et femme en matière éducative tandis que Rousseau met l'accent sur l'indispensable éducation pour qu'une femme soit une bonne mère. On note donc un certain progrès dans l'éducation des filles mais pas encore d'égalité entre les deux sexes. De plus, l'éducation se fait dans les établissements religieux ou encore à la maison.

Y a t'-il eu une élite intellectuelle féminine  ?

Oui avec Madame de Rambouillet par exemple qui tenait des salons autour d'une élite intellectuelle.

Qui sont les femmes qui revendiquent leur droit au savoir  ?

Les Précieuses, elles veulent une éducation littéraire et scientifiques

Citez deux femmes écrivains qui sont restés anonymes

Madame de la Fayette, Madame de Sévigné

Les femmes ont-elles joué un rôle dans la révolution  ?

Oui les femmes ont eu une place importante dans les foules révolutionnaire. Certaines femmes ont soutenu le clergé et les contre révolutionnaires.

Sont-elles engagées et pour quelles autres causes  ? Comment cela s'est -il traduit  ?

Les salons permettent de poser certaines réformes et projets politiques. On retrouve dans les salons Mme de Staël par exemple. Elles participent de plus en plus à la vie publique.

Ont-elles eu avec le temps de plus en plus de droits  ?

Oui, droits civils comme droit au divorce, égalité dans l'héritage mais les mœurs n'évoluent pas si vite car en 1795, les femmes n'ont plus le droit d'assister à une réunion politique. Puis elles n'auront plus le droit au divorce sous le code civil napoléonien.

 

 

Les Liaisons Dangereuses

Choderlos de Laclos 1789

Présentation

 

 

Laclos

Les Liaisons dangereuses

Questionnaire sur Choderlos de Laclos

Quel est le nom de Choderlos de Laclos?

Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos

Quelles sont ses dates?

né à Amiens le 18 octobre 1741, sous le règne de Louis XV, il meurt le 5 septembre 1803

Quel est le contexte intellectuel de l'écriture des Liaisons?

C'est le siècle des Lumières : idéal des lumières = l'idéal de la raison et de la liberté d'expression. Les philosophies comme Voltaire, D'Alembert, Rousseau..., les encyclopédistes donc combattent pour défendre cet idéal. Ils contournent la censure par des pseudonymes et les publications anonymes.

Cela suscite l'apparition de genres littéraires comme le roman épistolaire, les Essais, les dialogues, le roman philosophique.

Originalité de Laclos

Quels sont les deux genres littéraires à l'origine de son ouvrage les Liaisons dangereuses?

Le roman épistolaire et le roman libertin.

Son originalité consiste à proposer un modèle féminin de libertin, c'est Madame de Merteuil. La séductrice cherche le pouvoir.

Citez un autre roman libertin

Sade, la philosophie dans boudoir

Laclos était-il libertin?

Non Laclos avait le sens de la fidélité. Il n'était pas libertin

Laclos était-il féministe?

Oui, il croyait qu'en éduquant bien les filles, elles éduqueraient bien à leur tour leurs enfants. Laclos croyait en l'évolution positive de la société par l'éducation.

Comment présenter Laclos d'un point de vue politique?

Ses idées étaient républicaines. C'était un noble qui luttait contre les privilèges des nobles.

 

Questionnaire sur le roman épistolaire

Les Liaisons, roman épistolaire

De combien de lettres les Liaisons sont-elles composées?

Elles sont composées de 175 lettres

Qu'est-ce qu'un roman épistolaire?

Le roman épistolaire repose sur l'écriture de lettres

Ce genre de roman est-il à la mode au 18 ème siècle ?

Oui c'est une forme de roman à la mode au 18ème siècle.

Citez deux autres exemples de romans épistolaires

Les lettres Persanes, Montesquieu

La Nouvelle Héloise, Rousseau

Le roman épistolaire se soucie t'-il de la réalité?

Oui il recherche la fidélité au réel en mêlant la fiction à la réalité : prendre la fiction pour la réalité et faire croire que les lettres viennent de personnes réelles et non de l'auteur = pacte de lecture, structure romanesque, structure en miroirs. La préface contribue aussi à restituer l'effet de réel.

Quels sont les avantages d'une écriture épistolaire?

L'écriture épistolaire reflète la réalité, elle permet en outre d'influencer de manière persuasive le lecteur destinataire de part son argumentation. Plusieurs points de vue peuvent être développés dans l'épistolaire donc un même évènement peut être l'objet de plusieurs interprétations. Il y a une double énonciation.

Le lecteur se sent un voyeur comme un peu au théâtre avec la double énonciation.

L'épistolaire permet-elle la variété des styles?

Oui. On le voit dans les Liaisons dangereuses, ainsi Merteuil à un style très cultivé contrairement à Cécile.

Comment le roman est-il construit?

Il y a 175 lettres et 4 parties.

la première partie : lettres 1 à 50

La deuxième partie : lettres 51 à 87

La troisième partie : lettres 88 à 124

La quatrième partie : lettres 125 à 175

La construction des Liaisons dangereuses est donc parfaitement symétrique

Quelle est la morale de l'oeuvre?

L'intention de l'auteur : faire en sorte que le lecteur se méfie des libertins et des nobles. L'hypocrisie est dénoncée.

Il faut avoir l'esprit critique vis-à-vis des gens et de la société : l'écriture de la lettre permet et favorise la remise en question, elle permet de lutter contre le dogmatisme

D'une manière générale, les Liaisons dangereuses nous enseigne un principe pédagogique majeur : tout lien social peut devenir dangereux

Que peut-on dire sur le titre?

Le premier titre que Laclos voulait garder est "Danger des liaisons". Il a ensuite donné une tournure active à son titre. Les autres deviennent victimes avec ce titre : on a peur d'être la victime de ces liaisons. Les lettres permettent et répondent à une volonté de sociabiliser, c'est une pratique sociale.

Historique du roman épistolaire

Quand cette forme littéraire fait-elle son apparition?

En 1669 avec Lettres portugaises de Guilleragues.

Au 18è, les Lettres Persanes de Montesquieu, La Nouvelle Héloise, Rousseau et Laclos, les Liaisons dangereuses. On est dans l'apogée du genre littéraire.

Citez un ex de roman qui pratique l'épistolaire au XX° siècle

Balzac, Le Lys dans la vallée

C'est un genre littéraire qui connait son apogée au XVIIIème siècle après la publication de la Nouvelle Héloise de Rousseau. 

 


Laclos, Les liaisons dangereuses (1782)

Etude de la lettre 127

 

Situation du texte

roman épistolaire mettant en scène deux libertins de la haute société, le Vicomte de Valmont et la Marquise de Merteuil. Ils étaient amants, tous deux manipulateurs et en quête de manœuvres perverses. Après avoir séduit Cécile de Volanges en respect du pacte passé avec Mme de Merteuil, Valmont doit à présent séduire Madame de Tourvel.

Le combat des femmes est incarnée par Madame de Merteuil qui se sert de la séduction pour exercer son pouvoir sur les hommes et avoir la place désirée dans la société, elle est soucieuse de sa place en société, rebelle, non soumise à l'homme, indépendante  : elle cherche à toujours tout maîtriser pour mieux abuser des hommes tout en s'affichant de manière respectable. Son instrument de domination est la séduction, autre arme, la dissimulation, la manipulation. Ses armes sont masculines.

Dans la lettre 127, elle va humilier les prétentions de Valmont, autre libertin. Leurs relations vont donc se tendre car Madame de Merteuil ne laisse aucun homme exercer un quelconque pouvoir sur elle. Elle va faire preuve d'une grande ironie.

 

 

 

Lecture de la lettre

 


Lettre 127

La Marquise de Merteuil au Vicomte de Valmont

Si je n’ai pas répondu, Vicomte, à votre Lettre du 19, ce n’est pas que je n’en aie eu

le temps ; c’est tout simplement qu’elle m’a donné de l’humeur, et que je ne lui ai

pas trouvé le sens commun1. J’avais donc cru n’avoir rien de mieux à faire que de

la laisser dans l’oubli ; mais puisque vous revenez sur elle, que vous paraissez tenir

aux idées qu’elle contient, et que vous prenez mon silence pour un consentement,

il faut vous dire clairement mon avis.

J’ai pu avoir quelquefois la prétention de remplacer à moi seule tout un sérail ; mais

il ne m’a jamais convenu d’en faire partie. Je croyais que vous saviez cela. Au moins,

à présent, que vous ne pouvez plus l’ignorer, vous jugerez facilement combien votre

proposition a dû me paraître ridicule. Qui, moi ! je sacrifierais un goût, et encore un

goût nouveau, pour m’occuper de vous ? Et pour m’en occuper comment ? en attendant

à mon tour, et en esclave soumise, les sublimes faveurs de votre Hautesse.

Quand, par exemple, vous voudrez vous distraire un moment de ce charme inconnu2

que l’adorable, la céleste Mme de Tourvel, vous a fait seule éprouver ou quand vous

craindrez de compromettre, auprès de l’attachante Cécile, l’idée supérieure que vous

êtes bien aise qu’elle conserve de vous : alors descendant jusqu’à moi, vous y viendrez

chercher des plaisirs, moins vifs à la vérité, mais sans conséquence ; et vos

précieuses bontés, quoique un peu rares, suffiront de resteà mon bonheur !

Certes, vous êtes riche en bonne opinion de vous-même : mais apparemment je

ne le suis pas en modestie ; car j’ai beau me regarder, je ne peux pas me trouver

déchue jusque-là. C’est peut-être un tort que j’ai ; mais je vous préviens que j’en ai

beaucoup d’autres encore.

J’ai surtout celui de croire que l’écolier, le doucereux Danceny, uniquement occupé

de moi, me sacrifiant, sans s’en faire un mérite, une première passion, avant même

qu’elle ait été satisfaite4, et m’aimant enfin comme on aime à son âge, pourrait,

malgré ses vingt ans, travailler plus efficacement que vous à mon bonheur et à mes

1. sens commun : raison, bon sens.

2. Tous les termes en italiques dans la suite de la lettre sont des citations des lettres précédentes de Valmont.

3. de reste : plus qu’il n’en faut.

  1. Danceny est aussi l’amoureux de Cécile...

 

plaisirs. Je me permettrai même d’ajouter que, s’il me venait en fantaisie de lui

donner un adjoint, ce ne serait pas vous, au moins pour le moment.

Et par quelles raisons, m’allez-vous demander ? Mais d’abord il pourrait fort bien

n’y en avoir aucune : car le caprice qui vous ferait préférer, peut également vous

faire exclure. Je veux pourtant bien, par politesse, vous motiver mon avis. Il me

semble que vous auriez trop de sacrifices à me faire ; et moi, au lieu d’en avoir

la reconnaissance que vous ne manqueriez pas d’en attendre, je serais capable

de croire que vous m’en devriez encore ! Vous voyez bien, qu’aussi éloignés l’un

de l’autre par notre façon de penser, nous ne pouvons nous rapprocher d’aucune

manière ; et je crains qu’il ne me faille beaucoup de temps, mais beaucoup, avant

de changer de sentiment. Quand je serai corrigée, je vous promets de vous avertir.

Jusque-là, croyez-moi, faites d’autres arrangements, et gardez vos baisers ; vous

avez tant à les placer mieux !…

Adieu, comme autrefois, dites-vous ? Mais autrefois, ce me semble, vous faisiez un

peu plus de cas de moi ; vous ne m’aviez pas destinée tout à fait aux troisièmes

rôles ; et surtout vous vouliez bien attendre que j’eusse dit oui, avant d’être sûr de

mon consentement. Trouvez donc bon qu’au lieu de vous dire aussi, adieu comme

autrefois, je vous dise, adieu comme à présent.

Votre servante, Monsieur le Vicomte.

Du Château

de … le 31 octobre 17**

Choderlos de Laclos, Les liaisons dangereuses, Lettre 127.

 

 

Analyse littéraire et questionnaire EAF

 

Proposition de plan de lecture analytique

 

Introduction

I - Les revendications de Mme de Merteuil

Une femme fière, libre, supérieure, indépendante

Refus de se soumettre et de rendre des comptes à un homme

Revendication de son égalité à l'homme

II – Une victoire méprisante et humiliante

L'idéal d'égalité : métaphore du sérail

Complexe de supériorité de l'homme

Humiliation et ironie sarcastique

Conclusion

 

 

Problématique

En quoi la lettre 127 de Madame de Merteuil permet-elle à la Marquise de revendiquer son égalité à l'homme, sa liberté et son indépendance tout en marquant une victoire écrasante et humiliante sur Valmont ?

 

 

I – Les revendications de Madame de Merteuil

La Marquise est une femme singulière au caractère fort, elle n'hésite pas à s'affirmer dans le but de revendiquer ses différences et ses volontés de femme libre et supérieure. Elle refuse le modèle de la femme traditionnelle, soumise et dépendante de l'homme, inférieure ainsi que le suggère les phrases :

« la prétention de remplacer à moi seule tout un sérail », « je ne le suis pas en modestie ». D'un point de vue moral, la Marquise est dominatrice, très affirmée, autoritaire, n'hésitant pas à donner des ordres et à jouer de l'ironie pour être plus convaincante et acerbe. Son désir : toujours maîtriser les choses, décider pour elle-même, garder l'initiative, ne pas s'excuser de ses humeurs.

Ainsi sa réponse à Valmont lui permet de lui dire non : « il faut vous dire clairement mon avis ». Son refus est catégorique et sans appel, ne nécessitant aucune justification, elle décide pour elle-même de ses choix : « par quelles raisons, m’allez-vous demander ? Mais d’abord il pourrait fort bien n’y en avoir aucune ». L'homme n'a pas à lui signifier un quelconque désir, elle n'est pas une femme soumise au désir de l'homme ainsi que le suggère l'antiphrase « les torts » dont elle devrait « être corrigée », à savoir sa volonté incontournable de n'être pas à la portée de l'homme et de revendiquer sa liberté sexuelle et sa volonté de domination par la séduction : elle décide pour elle même. L'ironie lui permet de mettre en avant ses idées de femme singulière et rebelle au statut traditionnel des femmes.

 

Le pacte de la lettre 20 : Valmont estime que la Marquise devrait l'honorer dans le cadre d'une liaison amoureuse avec lui. Cependant ce point de vue n'est pas partager par la Marquise qui estime que Valmont n'a aucun droit sur elle et donc rien à exiger ou à lui imposer sous prétexte qu'ils ont eu une liaison.

« Trouvez donc bon qu’au lieu de vous dire aussi, adieu comme

autrefois, je vous dise, adieu comme à présent ». Elle reste l'auteur de ses décisions et refuse de se soumettre en objet à un homme qui collectionne les conquêtes. Ce serait pour elle une déchéance : « me

trouver déchue jusque-là ».Les femmes sont en outre selon la Marquise dépréciées par les jugements de Valmont, ce qu'elle n'autorise pas. Ici c'est la Femme qui est ciblée et non sa personne en particulier en tant que femme. En tant qu'amant, Valmont n'a pas à déprécier ou juger ses anciennes conquêtes. C'est un choix que l'homme s'accorde à tord et trop librement.

 

La femme doit se suffire à elle-même et revendiquer son égalité par rapport à l'homme dans une indépendance totale. D'où son instance à faire savoir à Valmont qu'elle ne se pliera jamais à sa demande et n'estime en rien lui être redevable : « moi, au lieu d’en avoir la reconnaissance que vous ne manqueriez pas d’en attendre, je serais capable de croire que vous m’en devriez encore ! »

Le ton devient ironique « vos précieuses bontés, quoique un peu rares, suffiront de reste à mon bonheur ! ». Ce sarcasme traduit la liberté totale, sa volonté de ne pas se soumettre, il y va du statut de la femme qui doit se libérer des aliénations inhérentes aux liaisons amoureuses dans lesquelles elle est le plus souvent encore soumise « esclave soumise » et réduite à l'état d'objet.

Sans état d'âme une liberté totale de décision et de choix est affirmée contre la volonté de Valmont à qui elle n'offre pas ce luxe d'obéir et de se plier

  • Questionnaire possible
  • Dresser un portrait moral de Madame de Merteuil
  • Relevez les phrases et expressions du texte pour justifier vos réponses
  • Relevez une antiphrase, expliquez la
  • Refuser le statut traditionnel de la femme soumise et indépendante : est-ce le souhaite de Madame de Merteuil?
  • L'ironie est-elle son arme pour refuser ce statut? Analysez en citant
  • Quel est le souhaite de Valmont en rapport avec la lettre 20?
  • Comment Madame de Merteuil réagit-elle? 

 

 

II – Une victoire méprisante et humiliante

La métaphore du sérail illustre l'idéal d'égalité entre hommes et femmes. Par cette figure, la Marquise canalise les fantasmes de Valmont et au delà, les fantasmes des hommes. Cela permet à Madame de Merteuil de se projeter dans l'imaginaire libertin de Valmont. Ainsi elle évoque plusieurs femmes soumises au maître « tout un sérail », « vous distraire », « chercher des plaisirs », toutes ces femmes sont assimilés à des objets sexuels. Le complexe de supériorité de l'homme est ciblé et la femme est perçue comme victime par sa dépendance de ce vice masculin = « esclave soumise / sublimes faveurs de votre Hautesse / vos précieuses bontés ».

En fait la Marquise tente de se substituer à Valmont et reprend ainsi la métaphore pour elle, il n'est plus le maître, elle devient celle qui dirige, décide et entreprend à partir de la séduction. Elle agit selon ses fantaisies = « lui donner un adjoint », « le caprice

qui vous ferait préférer, peut également vous faire exclure ». La métaphore du sérail et son inversion permettent à la Marquise de revendiquer son égalité dans le libertinage. Ainsi elle se refuse à Valmont et l'humilie en se mettant en avant en tant que femme qui choisit ses amants et n'obéit qu'à ses caprices. Elle se refuse donc à Valmont et se substitue à lui en lui montrant qu'elle aussi peut diriger le jeu et faire subir ses caprices. La femme fait de l'homme dans ce cas de figure l'objet que l'homme faisait de la femme avec Valmont. L'humiliation se poursuit puisqu'elle l'invite à chercher ailleurs : «faites d’autres arrangements, et gardez vos baisers

; vous avez tant à les placer mieux ! »

La lettre permet à la Marquise de mieux cibler Valmont dans son dialogue entre elle et son correspondant = « vous jugerez facilement combien... », « vous voyez bien... », « croyez-moi » = son mépris est total ainsi qu'en témoigne la fin de la lettre = « au moins pour le moment, « beaucoup de temps, mais beaucoup », « adieu comme à présent ».

Le ton dominant du texte est ironique et s'illustre avec les antiphrases

« sublimes faveurs de votre Hautesse », « vos précieuses bontés »

« esclave soumise », « votre servante ». On notera en outre l'ironie dans les formules de politesse = « je me permettrai même d’ajouter », « je veux pourtant bien, par politesse », « je vous promets de

vous avertir »

Elle revendique son égalité et s'estime être l'égale du Vicomte. Elle lui répond dans cette lettre avec les mêmes armes.

  • Questionnaire possible
  • Analysez la métaphore du sérail
  • Madame de Merteuil tente t'-elle de se substituer à Valmont pour lui répondre dans sa lettre?
  • Montrez en citant que Madame de Merteuil revendique sa liberté dans le libertinage
  • Montrez en relevant les phrases et expressions que la Marquise souhaite humilier Valmont
  • Lui répond t-elle avec les mêmes armes que lui? 
  • Que peut-on dire de la fin de la lettre?
  • Le ton est-il ironique? 
  • Relevez les antiphrases
  • Analysez la fin de la lettre

 

Conclusion

Dans cette lettre Madame de Merteuil manie l'écriture avec brio pour revendiquer avec ironie ses droits en tant que femme libertine sur l'homme. Elle représente en ce sens l'émancipation féminine. C'est un combat pour sortir du schéma traditionnel de la femme soumise pour devenir indépendante, libre, égale à l'homme.

Ouverture

la liberté du libertin est – elle en question dans ce roman épistolaire ?

Date de dernière mise à jour : 15/01/2018

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