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Germinal, l'incipit et l'explicit, Zola, oral EAF

 

ORAUX EAF

 

Oral EAF, l'explicit de Germinal, Zola

*** Séquence roman, un roman naturaliste

Naturalisme de Zola : réalités, symboles et critique sociale

 

Objet d'étude

 « Le roman et la nouvelle au XIXe siècle : réalisme et naturalisme »

Problématique et objectifs

A travers des textes représentatifs de l'écriture naturaliste du romancier, il s'agit d'étudier comment l'écrivain opère la transfiguration d'une réalité particulière en symboles, le plus souvent porteurs d'une critique sociale. critique de la société corrompue du second Empire.

 

Questions sur Zola :

 

  • Qui est Zola?

Émile Zola est un écrivain et journaliste français

  • Quelles sont ses dates?

né à Paris le 2 avril 1840 et mort dans la même ville le 29 septembre 1902

  • De quel courant littéraire est-il le représentant?

Considéré comme le chef de file du naturalisme, c’est l'un des romanciers français les plus

  • Citez trois de ses œuvres

Germinal, Nana, L’Assommoir

  • Quelle est son œuvre majeure? Que pouvez-vous en dire?

Sur le plan littéraire, il est principalement connu pour Les Rougon-Macquart, fresque romanesque en vingt volumes dépeignant la société française sous le Second Empire et qui met en scène la trajectoire de la famille des Rougon-Macquart, à travers ses différentes générations et dont chacun des représentants d'une époque et d'une génération particulière fait l'objet d'un roman.

  • Quel engagement a marqué la fin de sa vie?

Les dernières années de sa vie sont marquées par son engagement dans l'affaire Dreyfus avec la publication en janvier 1898, dans le quotidien L'Aurore, de l'article intitulé « J'accuse » qui lui a valu un procès pour diffamation et un exil à Londres dans la même année.

ORAUX EAF

 

Lecture du texte

l’explicit de Germinal: le départ d’Etienne.

Etienne prit à gauche le chemin de Joiselle. Il se rappela, il y avait empêché la bande de se ruer sur Gaston-Marie. Au loin, dans le soleil clair, il voyait les beffrois de plusieurs fosses, Mirou sur la droite, Madeleine et Crèvecoeur, côte à côte. Le travail grondait partout, les coups de rivelaine qu'il croyait saisir, au fond de la terre, tapaient
5 maintenant d'un bout de la plaine à l'autre. Un coup, et un coup encore, et des coups toujours, sous les champs, les routes, les villages, qui riaient à la lumière: tout l'obscur travail du bagne souterrain, si écrasé par la masse énorme des roches, qu'il fallait le savoir là-dessous, pour en distinguer le grand soupir douloureux. Et il songeait à présent que la violence peut-être ne hâtait pas les choses. Des câbles coupés, des rails
10 arrachés, des lampes cassées, quelle inutile besogne! Cela valait bien la peine de galoper à trois mille, en une bande dévastatrice! Vaguement, il devinait que la légalité, un jour, pouvait être plus terrible. Sa raison mûrissait, il avait jeté la gourme de ses rancunes. Oui, la Maheude le disait bien avec son bon sens, ce serait le grand coup: s'enrégimenter tranquillement, se connaître, se réunir en syndicats, lorsque les lois le
15 permettraient; puis, le matin où l'on se sentirait les coudes, où l'on se trouverait des millions de travailleurs en face de quelques milliers de fainéants, prendre le pouvoir, être les maîtres. Ah! quel réveil de vérité et de justice! Le dieu repu et accroupi en crèverait sur l'heure, l'idole monstrueuse, cachée au fond de son tabernacle, dans cet inconnu lointain où les misérables la nourrissaient de leur chair, sans l'avoir jamais vue.
20 Mais Etienne, quittant le chemin de Vandame, débouchait sur le pavé. A droite, il apercevait Montsou qui dévalait et se perdait. En face, il avait les décombres du Voreux, le trou maudit que trois pompes épuisaient sans relâche. Puis, c'étaient les autres fosses à l'horizon, la Victoire, Saint-Thomas, Feutry-Cantel; tandis que, vers le nord, les tours élevées des hauts fourneaux et les batteries des fours à coke fumaient dans l'air
25 transparent du matin. S'il voulait ne pas manquer le train de huit heures, il devait se hâter, car il avait encore six kilomètres à faire. Et, sous ses pieds, les coups profonds, les coups obstinés des rivelaines continuaient. Les camarades étaient tous là, il les entendait le suivre à chaque enjambée. N'était-ce pas la Maheude, sous cette pièce de betteraves, l'échine cassée, dont le souffle montait
30 si rauque, accompagné par le ronflement du ventilateur? A gauche, à droite, plus loin, il croyait en reconnaître d'autres, sous les blés, les haies vives, les jeunes arbres. Maintenant, en plein ciel, le soleil d'avril rayonnait dans sa gloire, échauffant la terre qui enfantait. Du flanc nourricier jaillissait la vie, les bourgeons crevaient en feuilles vertes, les champs tressaillaient de la poussée des herbes. De toutes parts, des graines se
35 gonflaient, s'allongeaient, gerçaient la plaine, travaillées d'un besoin de chaleur et de lumière. Un débordement de sève coulait avec des voix chuchotantes, le bruit des germes s'épandait en un grand baiser. Encore, encore, de plus en plus distinctement, comme s'ils se fussent rapprochés du sol, les camarades tapaient. Aux rayons enflammés de l'astre, par cette matinée de jeunesse, c'était de cette rumeur que la

40 campagne était grosse. Des hommes poussaient, une armée noire, vengeresse, qui germait lentement dans les sillons, grandissant pour les récoltes du siècle futur, et dont la germination allait faire bientôt éclater la terre.

 

 

Analyse et questionnaire  de l'explicit:

 

Plan de l'étude

  • I- Un nouveau commencement ?
  • A- la connaissance du passe
  • B- la perception du présent
  • C- l'anticipation. De l'avenir
  • II- un naturalisme épique
  • 1- la nature
  • 2- le chant
  • 3- le peuple
  • III- politique de la littérature
  • A- le sens de l'histoire
  • B- de la violençe aux institutions
  • C- l'acte politique du roman

 

Notes introductives :

l'incipit du roman d'Émile Zola Germinal constitue une épanadiplose : le même personnage marche seul sur la même route. Dans l'explicit, il y a aussi une épanadiplose narrative.

Il faut attendre la dernière phrase pour comprendre le sens du titre : Germinal le mois du calendrier révolutionnaire : Mois de la germination mois pendant lequel se passe l'histoire -  C'est la germination d'un nouveau futur, l'ouverture d'un futur fleuri.
Questionnaire sur les notes introductives :
  • Comment l'incipit et l'explicit du roman s'ouvrent-ils? Expliquez
  • Quand comprenons-nous le sens du titre? Justifiez
 
Problématique :
 
Dans quelle mesure Zola nous présente t'-il un nouveau commencement par le moyen d'un naturalisme épique qui décrit un aspect politique de la littérature?
 
I-
Un nouveau commencement
1 -
la connaissance du passé
 
Texte caractérisé par la présence d'analepses l.1/2
L.12 Verbes au passé simple, à l' imparfait et au plus que parfait
L.11 L.21/22 Donne limpression qu'on fait un retour dans le temps
Nous avons une connaissance des lieux qui montre qu'il y a vécu : beaucoup de toponymes, (fosses) champs lexical de la géographie ( chemin, champs campagnes,…)Indications de lieux ( kilomètres, ....)
Noms des personnages, ( la maheude, camarades, Étienne,....)
Vocabulaire de mineur ( fourneaux , batterie des l24, l22, l9-10)
Champs lexical de la réflexion (songeais, saisir,...)

Questionnaire :

  • Relevez les analepses du texte
  • Analysez les temps du texte : quel est l’effet voulu ?
  • Avons-nous une connaissance des lieux? Justifiez votre réponse en citant
  • Relevez le champ lexical de la géographie
  • Quels sont les personnages en présence?
  • Relevez le champ lexical de la réflexion
 
I-
Un nouveau commencement
2 -
la perception du présent
 

Le roman est une expérience qui s'arrête quand le personnage quitte le milieu, c'est aussi une expérience : une scène --> le texte est centré sur le présent : imparfait qui donne l'impression de penser avec le personnage, flux de conscience d'Etienne (stream of counciousness : style d'écriture anglophone James joyce "Ulysses", "mrs. Dalloway" Virginia Wolf, critique qui a etudié ce style : Jean Louis Chrétien dans conscience et roman  dit que le stream of counsiousness est une manière de prendre la place de Dieu pour  le romancier car on est dans un société de moins en moins religieuse : technique littéraire dans un monde ou on ne croit plus en Dieu.

L2 l27 discours indirect libre qui est une technique moderne qui est mise en lien avec le stream of conciousness. Les effets des rythmes et de répétitions + Rythmes ternaires, binaires, --> on mime ce qui se passe

Questionnaire :

  • Comment le flux de conscience est-il traduit  dans le passage?
  • Quelle est l’intention véhiculée par le style d’écriture choisi?
  • Citez  un ouvrage littéraire dans lequel on retrouve ce style d’écriture
  • Que vise le romancier en adoptant un tel style d’écriture selon Jean Louis Chrétien? Pourquoi?
  • Avec quel discours ce style d’écriture s’accorde t’-il? Relevez les expressions du texte représentatives de cette technique moderne
  • Relevez les rythmes binaires, ternaires. Quel rôle remplissents-il?

 

I-
Un nouveau commencement
3 -
l'anticipation de l'avenir
Prolepse de la germination :  Deuxième moitié du 2ème paragraphe
Ce serait --> conditionnel : Valeur du futur du passé --> conditionnel --> prolepse
Champ lexical de la révolution au futur -->révolution qui repose sur l'usage des institutions politiques (syndicats, lois,...) Idée du futur thématisée. Parallélisme entre le futur politique et le cycle des saisons,  en effet ce parallèle se retrouve dans l'idée de germination --> mûrissait.
La première partie de l'explicite parle de la politique et la deuxième partie parle des saisons.

Les saisons recommencent mais le temps avance.  les révolutionnaires pensent que c'est le fait de revenir --> repartir à zéro comme les saisons : (germination cyclique des plantes) nouvelle naissance.  Marx disaiT que le communisme est un retour de l'homme --> communisme primitif

Questionnaire :

  • Que traduit le conditionnel?
  • Relevez le champ lexical de la révolution du futur
  • Sur quoi repose la révolution
  • Définissez les institutions politiques
  • L’idée du futur est-il thématisée?
  • Montrez en citant qu’il y a un parallélisme entre le futur politique et le cycle des saisons
  • Expliquez la notion de germination. Analysez le concept de germination cyclique en justifiant votre réponse par le texte.
  • A quoi se rapporte la première partie de l’explicit? A quoi se rapporte la seconde?

 

 II-

Un naturalisme épique

1 -

la nature -

La nature est importante de deux manières dans le naturalisme : Comme mileu, comme biologie du point de vue des espèces : Les hommes sont  comparés à des plantes qui germinent --> fusion de l'homme et de la nature La nature comme milieu : Omniprésente : les champs, betteraves, hais, feuilles vertes,.... Champ lexical du printemps --> vieux thème de la littérature : la reverdie (nature entrain de renaître)
La nature comme biologie : Fusion homme nature : L'homme est naturalisé : mûrissait l12, hommes poussaient, armée germait, le travail écrase par les roches

La nature est humanisée :  on retrouve cette idée dans le poème de Nerval, vers Dorés.

Questionnaire

  • De quelles manières la nature est-elle valorisée dans le mouvement littéraire du naturalisme? 
  • Quels en sont les effets dans le texte?
  • Peut-on en ce sens parler de fusion entre l’homme et la nature?
  • Relevez le champ lexical du printemps
  • Est-ce un thème récurrent dans la littérature?
  • L’homme est-il naturalisé comme la nature est humanisée? Expliquez en justifiant
  • Chez quel poète retrouve t’-on cette idée d’une nature humanisée?

 

II-

Un naturalisme épique

2 -

le chant

Zola -  L'épopée dispositif politique --> comme récit destiné à éduquer le peuple : Brecht L'épopée comme production historique --> narration collective chantée racontant les histoires d'anciens héros : Homère Guerre.

Questionnaire

  • Montrez que l’on peut parler d’un naturalisme épique en justifiant votre réponse par le texte
  • Relevez le registre épique

 

II -

Un naturalisme épique

3 -

Le peuple

Sujet collectif : le peuple

Registre épique dans ce texte : "des millions de travailleurs" --> sujet collectif, hyperbole, le peuple Zola considérait que " les ouvriers qui travaillent sur les boulevard périphériques sont les Achilles et Ulysses de notre temps", "quelques milliers de fendants" "une armée noire".  Le peuple est sujet d'énonciations dans l'épopée.  

Le travail grondait partout --> désigne par métonymie tout le peuple

peuple devient sujet dénonciation d'une rumeur qui gronde "les voix chuchotantes" dans l'épopée  : on peut dire que le sujet d'énonciation est le peuple à travers la rumeur

Questionnaire

  • Quel est le sujet de l’épopée?
  • Relevez les expressions caractéristiques et représentatives dans le texte
  • Relevez la métonymie du peuple
  • Donnez la définition de la métonymie
  • Montrez que le peuple est associé à une rumeur
  • Quelle expression est-elle suggestive de cette idée?

 

III-
la politique de la littérature

1 -

Le sens de l'histoire

Nous pouvons trois sens - la révolution : Le sens de l'histoire.  L'acte du roman *le sens de l'histoire : le Fait que l'histoire a un sens , Marx(Hegel) le matérialisme historique  : l'idée que la lutte des classes est le moteur de l'histoire, la lutte de classe va disparaître pour laisser place à une terre sans capitalisme juste communiste et égalitaire.

"L15 "  Nous avons à la fois l'idée d'une lutte des classes entre le fendant et les travailleurs ( dimension polyphonique : on a trois voix). Sont ainsi mises en valeurs les idées  de  lutte des classe, d'exploitation (antithèse entre travailleurs et fainéants et hyperbole en face d'un euphémisme )

le capital est le nouveau dieu "le dieu repu et accroupi en crèverait sur l'heure"

"Ou trônait le dieu inconnu au fond de son tabernacle" -  Isotopie de la violence : cela montre la lutte;  Sens de l'histoire : on est dans le conditionnel qui a une valeur de futur et par ailleurs l'idée que les travailleurs deviendraient les maîtres, ce sens de l'histoire se retrouve avec la germination donc on peut affirmer que le sens de l'histoire ramène au sens de la vie.    Caractère inéducable du sens de l'histoire à travers la métaphore filée biologique : reprise du darwinisme social ( idée d'application de la biologie au niveau social)

Questionnaire

  • Quels sont les trois sens de l’histoire évoqués?
  • L’idée de lutte des classes est-elle mise en avant dans le texte? Justifier
  • Y a t’-il une isotopie de la violence?
  • Quelle est la valeur du conditionnel?
  • Quel sens de l’histoire trouvons -nous dans le concept de germination? 

 

III-
La politique de la littérature
2 -
de la violence aux institutions

Tout le premier paragraphe dit que avant c'était la violence mais maintenant c'est les lois et l'institution qui font la révolution : il passe de souveraine à une position plus modérée du patron."il songeait que la violence peut être ne hâtait pas les choses", "la légalité pouvait être plus terrible" “sans réglementer  tranquillement,…L14”

Vision violente de Zola car c’est le début des syndicats. En ce sens, nous pouvons dire que Zola est Visionnaire et prophétique :

Il voit que le XXeme siècle serait un siècle communiste (Russie). 
institulialisation des syndicats "S'enrégimenter tranquillement" --> adverbe s'oppose à violemment , verbe pronominal --> négatif, être aliéné par l'armée mais le fait qu'il soit  pronominal montre que c'est volontaire.  Le syndicat est une structure qui retire de la liberté mais on le fait volontairement "Se connaître, se réunir" :  le sujet est un sujet collectif : nous nous connaissons les uns les autres, dimension lyrique de ce passage politique

Questionnaire :

  • Comment la révolution est-elle perçue ? A quels autres concepts est-elle associée?
  • La vision de Zola est-elle violente? Justifier en citant le texte
  • Pouvons-nous dire de Zola qu’il est à la fois visionnaire et prophète? Pourquoi? Justifiez
  • Comment Zola anticipe t’-il le Xxème siècle?
  • Que traduit l’adverbe « tranquillement »? A quel autre s’oppose t’-il?
  • La dimension de ce passage est-elle lyrique? Pourquoi? Expliquez

 

III-
La politique de la littérature
3 -
L'acte politique du roman
L'acte du texte :  L'effort : concept qui n'existe pas, c'est ce qu' Aristote a appelé : l'energeia.
Le lecteur de Zola est le bourgeois auquel il révèle la condition ouvrière et la révolution :
--> dimension prophétique, il s'agit de préparer le lecteur au XXeme siècle. Cette fin cosmique fait de Zola un prophète qui prépare le monde à venir : le travail polyphonique de germinal ressemble en quelque sorte  l’épopée guerrière qui confronte plusieurs postures politiques pour penser ce qui est à venir : Il s'agit de susciter la réflexion chez le lecteur. 

Questionnaire :

  • Quel est le profil du lecteur de Zola? Expliquez
  • A quoi Zola prépare t’-il le monde?
  • En quel sens peut-on assimiler Germinal à une épopée guerrière?
  • Zola tente t’-il de susciter la réflexion chez le lecteur?

 

Questions sur le naturalisme et le réalisme

 

Naturalisme

Crée en même temps que le romantisme (De Balzac à Stendhal), le réalisme ne prend vraiment son essort que dans la période 1850-1900 (par Flaubert et Maupassant) et se retrouve dans le naturalisme crée par Zola.

1) Réalisme et Naturalisme (à travers l'histoire) - Les romans emprunts de réalisme s'identifient à l'époque traversée: des révolutions de 1848 (qui se retrouve dans "L'Education sentimentale" de Flaubert, du coup d'état de L-N Bonaparte (conteste de "La Fortune des Rougon" de Zola) ou de la politique stable du 2ème Empire (1852 à 1870). -Les Années 1850-1900 virent la vraie naissance du capitalisme moderne: Zola le décrit à travers les grands magasins dans "Au bonheur des dames" paru en 1883, et à travers la bourse dans "l'Argent" paru en 1891. C'est une époque de fortes évolutuions tant sociales (naissance de la classe ouvrière) que urbaines (à travers le Paris du Préfet Haussmann). -C'est enfin le grand moment du positivisme, qui use de l'expérience scientifique comme fondement à tout savoir. Les romanciers écrivent aussi sur les avancées en médecine et en psychologie, Maupassant disserte sur la folie ("Le Horla" en 1887), les frères Goncourt s'expriment sur l'hystérie féminine ("Germine Lacerteux" en 1865), ou encore Zola sur les valeurs de l'hérédité, servant de base à ses "Rougon-Macquart" (de 1871 à 1893), période romanesque sous titrée "Histoire Naturelle et social d'une famille sous le second Empire".

Réalisme et naturalisme :

  • A quel moment le naturalisme prend t'-il son essor?
  • Citez deux romans réalistes
  • Quelles sont les caractéristiques du réalisme?
  • Quelles en sont les sources?
  • Quel est le cadre historique?

 

2) Les clés du réalisme et du naturalisme: -Les principes généraux de la vision réaliste naissent chez Balzac qui crée, avec "La comédie Humaine" le roman total, vrai "concurrence à l'Etat-civil" (préambule de 1842) et chez Stendhal qui crée le roman assimilé à "une glace qui déambule sur une grande-route" ("Le Rouge et le Noir" en 1830). Les 2 écrivains affirment retranscrire la réalité de manière fidèle. -Le mot "réalisme survient, au début de manière péjorative pour enfin définir une nouvelle création de description, constituée autour de Gustave Courbet. Plus tard, Champfleury et Duranty se l'approprient en littérature en affirmant l'objectivité sur base romantique, et ses qualités de description. Le réalisme n'est cependant qu'au second plan comme courant en littérature: et même Flaubert, pourtant son affirmé (Chef de file, ne se disait-il pas comme non-réaliste. -Par contre, le naturalisme a bien représenté une école littéraire, avec les frères Goncourt et Zola ("Thérése Raquin", en 1867, puis les "Rougon Macquart" à partir de 1871). Les écrits de ce dernier écrivain, Le Roman d'expérience (en 1880) et les Romanciers (1881) apportent leur fondement au naturalisme; ils revendiquent un réalisme extrémiste par leur expérimentation du modèle scientifique. Ils s'attirent toutefois des avis mesurés, chez Maupassant (exemple: la préface de "Pierre et Jean", en 1887) ou chez Huysmans "exemple: la préface de "A retours", en 1903).

Les clés du réalisme et du naturalisme :

  • Quels sont les deux écrivains qui posent les clés du réalisme?
  • Définissez "réalisme"
  • Le naturalisme a t'-il représenté une école littéraire?
  • Quels écrits sont à l'origine du fondement du naturalisme?
  • Quel réalisme les écrivains fondateurs revendiquent-ils?
  • De quel modèle s'inspirent-ils?

 

3) Les genres réalistes et naturalistes: - Le roman est le genre le plus retenu: on estime qu'il décrit le mieux la réalité. Balzac avec "La Comédie Humaine", et Zola , avec les "Rougon-Macquart" racontent de grandes épopées familiales, empreintes de social et d'histoire. Contrairement aux romantiques avec le roman sur fond d'histoire, les réalistes et les naturalistes s'intéressent eux au présent et tirent leur inspiration de la vie réelle (Stendhal écrit aussi son roman "Le Rouge et le Noir" en se basant sur un fait divers relaté dans un journal). -Le descriptif a une grande importance, car il permet de décrire la réalité: il repète les "petits faits avérés" (Stendhal) et cela donne un effet de réalité. -Enfin, se focaliser dans ce genre de romans, autorise des effets complexes, entre narrateur présent en permanence, image du démiurge qui crée tout un monde (Balzac), et le "se focaliser" propre à Zola, qui permet au narrateur de se dissimuler derrière ses personnages.

Les genres réralistes et naturalistes :

  • Parmi les genres réralistes et naturalistes, quel est le genre le plus reconnu? Pourquoi?
  • Que racontent Balzac et Zola dans la Comédie humaine et les Rougon Macquart?
  • Quelle est la base de l'inspiration de ces genres littéraires?
  • Quelle est la place du descriptif?

 

4) Les Thèmes réalistes et naturalistes: -Le réalisme s'attaque d'abord au romantisme, qu'on accuse d'éloigner de la réalité. Flaubert dans "Madame Bovary", décrit les effets néfastes de l'illusion romantique sur l'héroisme de son roman). Par contre, réalistes et naturalistes revendiquent la réalité des villes, politique et sociale. Les héros de ces romans sont ordinaires, qu'ils soient de la classe bourgeoise de Flaubert ou de la classe ouvrière de Zola- Zola décrit aussi, dans les "Rougon-Macquart" le monde des prostituées, l'alcool et le crime. -C'est la réalité que les romans décrivent. C'est pourquoi le réalisme a souvent été qualifié d' inesthétique et parfois même manquant de moralité et apportant la subversion: en 1857; un procés a même été intenté contre Flaubert "Madame Bovary" sous l'accusation suivante: "Atteinte à la morale des gens et aux bonnes moeurs".

Les thèmes réalistes et naturalistes :

  • A quoi le réalisme s'attaque t'-il?
  • Donnez un exemple
  • Que revendiquent les réalistes et les naturalistes?
  • Citez trois thèmes reccurrents chez Zola
  • Le réalisme est -il associé à la moralité ou au manque de moralité?
  • Que pouvons-nous dire à ce propos sur Madame Bovary?

 

ORAUX EAF

GERMINAL

Première partie chapitre 1 : l'arrivée d'Etienne

l'incipit du roman d'Émile Zola Germinal constitue une épanadiplose : le même personnage marche seul sur la même route

 

Lecture

Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d'une obscurité et d'une épaisseur d'encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n'avait la sensation de l'immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d'avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d'arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d'une jetée, au milieu de l'embrun aveuglant des ténèbres. L'homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d'un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d'un coude, tantôt de l'autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d'est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d'ouvrier sans travail et sans gîte, l'espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D'abord, il hésita, pris de crainte; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains. Un chemin creux s'enfonçait. Tout disparut. L'homme avait à droite une palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie ferrée; tandis qu'un talus d'herbe s'élevait à gauche, surmonté de pignons confus, d'une vision de village aux toitures basses et uniformes. Il fit environ deux cents pas. Brusquement, à un coude du chemin, les feux reparurent près de lui, sans qu'il comprît davantage comment ils brûlaient si haut dans le ciel mort, pareils à des lunes fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre spectacle venait de l'arrêter. C'était une masse lourde, un tas écrasé de constructions, d'où se dressait la silhouette d'une cheminée d'usine; de rares lueurs sortaient des fenêtres encrassées, cinq ou six lanternes tristes étaient pendues dehors, à des charpentes dont les bois noircis alignaient vaguement des profils de tréteaux gigantesques; et, de cette apparition fantastique, noyée de nuit et de fumée, une seule voix montait, la respiration grosse et longue d'un échappement de vapeur, qu'on ne voyait point. Germinal - extrait de la première partie chapitre 1 - Zola

Lecture analytique

L'incipit retrace,durant la nuit, l'arrivée à la mine d'Etienne Lantier qui vient d'être embauché.
Le personnage est ici encore anonyme et vu en situation de déplacement dans un contexte hostile.Le récit au passé suit l'évolution spatiale et temporelle de ce personnage encore inconnu du lecteur.
 
Comment Zola let-il en scène son personnage dans l'incipit?
 
1)L'évolution du personnage dans un univers hostile
 
Le texte est construit en fonction du déplacement du personnage grâce aux indications spatio-temporelles et à la récurrence des verbes de mouvement.
Ex:  "dans la plaine rase" CCL( complément circonstanciel de lieu)
 "grande route " voie empruntée + "10km" distance précisée.
La progression du personnage est montrée par des repères: "devant lui"  ;"sur la gauche"
Nous avons également des Toponymes (vrais lieux) "Montsou"
Le contexte temporel est présent dès le début : "sous la nuit " ;  "vers 2h" ;  "depuis 1h"
les verbes de mouvement aussi : ex:"suivait" ; "était parti" ; "marchait" ;"avançait"
Zola accorde ici une importance au contexte spatio-temporel qui permet la mise en scène et l'entrée du personnage dans le roman.Les lieux traversés , le moment et la raison créent un univers inhospitalier qui conduit le lecteur à s'interroger sur le personnage et son devenir.
Il y a également la présence de connotations dépréciatives qui nous montrent que les lieux sont vides et obscures.ex:rase,  "terres nues" ; "aucune"
le champ lexical de l'obscurité : "sans étoiles";  "sol noir" ; "ténèbres"
Ce qui renforce la nudité  :métaphore de la mer
Les éléments naturels ,hostiles "le ciel noir" "l'air" "vent froid" " souffle de vent de mai" "rafales" (mots en pluriels donnent de la puissance.
Il y a également la violence du froid:  "lanière du vent d'est faisait saigner""glacer  ;"grellotant" ;etc. C'est un contexte violent , douloureux pour le personnage
de la ligne 5 à 11 nous avons un passage interne:ce point de vue permet au de mieux percevoir ce que le personnage ressent.
 
Transition:La marche du personnage semble le rapprocher progressivement du lecteur et Zola , en plaçant ce personnage en situation , va susciter , créer une attente.
 
2)Un personnage en situation
 
Le personnage est présenté au début du récit de manière indéterminée:"un homme"
Cependant  il y a l'emploi d'un déterminant qui donne de la  précision relativement au personnage "L'homme", il est progressivement plus accessible.
Nous avons accès à ses sensations ( de froid) : "contre ses flancs" ; "les mains gourdes"
Le verbe voir et les verbes de sensation sont présents : "grelottait"
Le premier paragraphe met l'accent sur les perceptions du personnage qui sont visibles et progressivement des signes ajoutent encore des précisions: ex l'indigence,chômeur, coton amincie, petit paquet, mains gourdes
  les choses changent : il y a apparition de la lumière et évocation de la chaleur ", brasier" , elle se fait de façon soudaine
Deux  interprétations sont possibles :
un aspect rassurant de la chaleur
aspect inquiétant " feu , brasier" --> l'enfer (de ce travail)
 le personnage hésite , on commence donc par de la crainte.
 
Conclusion
 
L'ouverture de Germinal met en place un personnage dont l'identité n'est pas encore révélée.Zola attise les attentes du lecteur , quant à la suite de l'histoire il lui permet d'élaborer différentes hypothèses:
Soit une suite réconfortante
soit une suite périlleuse
Par la mise en situation du personnage et l'accès à ses sensations il donne à voir le personnage.
 
 
 

Oral EAF, l'incipit de Germinal

 

Problématique: Comment Zola met-il en scène son personnage dans l'incipit?

 

Plan de l'étude:

 

1 – l'évolution du personnage dans un univers hostile

2 – Un personnage en situation

 

Questions sur l'introduction du commentaire:

*** Réponses dans l'introduction du commentaire

 

Quel est le personnage en présence?

Quelle est la situation de l'incipit?

Comment le personnage est-il perçu?

Dans quel contexte?

Comment le récit à lire est-il donné au lecteur?

Que sait le lecteur du personnage?

 

Questions sur le développement en fonction des axes d'étude:

*** Réponses dans le commentaire

 

I -

Comment le texte est-il construit?

Relevez un exemple du texte qui montre que l récit suit l'évolution spatio-temporelle du personnage

Quels sont les repères caractéristiques de la progression du personnage

Relevez un toponyme

Que mettent en avant les verbes du mouvement?

Le cadre spatio-temporel contribue t'-il à mettre en place la mise en scène et l'entrée du personnage dans le roman?

De quel nature l'univers créé est-il?

Relevez le champ lexical de l'obscurité et montrez qu'il renforce la nudité

Que traduit la métaphore de la mer?

Quels sont les termes et expressions qui connotent la puissance? La violence du froid?

Quelle est la focalisation? Justifiez votre réponse en citant

Le personnage est-il proche ou non du lecteur

Cela contribue t'-il à créer une attente?

 

II -

Comment le personnage est-il nommé au début de l'incipit?

A partir de quel moment dans le texte le personnage devient-il relativement plus accessible?

Relevez les expressions qui traduisent les sensations du personnage

Comment évolue t'-il? Le lecteur évolue t'-il très progressivement avec lui?

Qu'apprend ensuite le lecteur concernant le personnage au niveau social?

Quelles sont les deux interprétations possibles de la chaleur?

 

 

 

 

 

 

 

 

 
   

Date de dernière mise à jour : 09/08/2017