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Diderot, ch. 2 Supplément au voyage de Bougainville

 

ORAUX EAF

 

Supplément au voyage de Bougainville 1772 ; Diderot

 

« Qui es-tu donc, pour faire des esclaves… », chapitre 2

les philosophes et la civilisation

Problématique : Quelles nouvelles visions de l'Humain la rencontre avec des civilisations différentes autorise-t-elle ?

Objet d'étude : La question de l'Homme dans les genres de l'argumentation, du XVIe siècle à nos jours.

Perspectives : Le mouvement des Lumières/

Les genres de l'argumentation indirecte : contes philosophiques, dialogues philosophiques, romans épistolaires...

Lectures analytiques:

 « Discours du vieux Tahitien », Supplément au Voyage de Bougainville, Diderot, II de « Puis s'adressant à Bougainville... » à « ...tes inutiles lumières. »

 « Dialogue de L'aumônier avec Orou », Supplément au Voyage de Bougainville, Diderot, III de « Eh bien ! Nous croyons que ce monde... » à « ...une pierre qui s'ébranle? »

 « Candide chez les Oreillons », Candide, Voltaire, Chapitre 16 de « A leur réveil... » à « ...je n'étais pas jésuite. »

 « Le nègre de Surinam », Candide, Voltaire, chapitre 19 de « En approchant de la ville... » à « il entra dans le Surinam »  « Comment peut-on être Persan? », Lettres persanes, Montesquieu, la lettre XXX

ORAUX EAF

Lecture du texte :

 

En 1771, Bougainville fit connaitre au public son voyage autour du monde. L’année suivante, Diderot écrivit un Supplément au voyage de Bougainville, dans lequel il s’interroge sur la colonisation, l’esclavage, la liberté.

 

Puis s'adressant à Bougainville, il ajouta: "Et toi, chef des brigands qui t'obéissent, écarte promptement ton vaisseau de notre rive: nous sommes innocents, nous sommes heureux; et tu ne peux que nuire à notre bonheur. Nous suivons le pur instinct de la nature; et tu as tenté d'effacer de nos âmes son caractère. Ici tout est à tous; et tu nous as prêché je ne sais quelle distinction du tien et du mien. Nos filles et nos femmes nous sont communes; tu as partagé ce privilège avec nous; et tu es venu allumer en elles des fureurs inconnues. Elles sont devenues folles dans tes bras; tu es devenu féroce entre les leurs. Elles ont commencé à se haïr; vous vous êtes égorgés pour elles; et elles nous sont revenues teintes de votre sang. Nous sommes libres; et voilà que tu as enfoui dans notre terre le titre de notre futur esclavage. Tu n'es ni un dieu, ni un démon: qui es-tu donc, pour faire des esclaves? Orou! Toi qui entends la langue de ces hommes-là, dis-nous à tous, comme tu me l'as dit à moi, ce qu'ils ont écrit sur cette lame de métal: Ce pays est à nous. Ce pays est à toi! Et pourquoi? Parce que tu y as mis le pied? Si un Tahitien débarquait un jour sur vos côtes, et qu'il gravât sur une de vos pierres ou sur l'écorce d'un de vos arbres: Ce pays appartient aux habitants de Tahiti, qu'en penserais-tu?... Tu es le plus fort ! Et Quesque cela te fait ? Lorsqu’on t’a enlevé une des misérables bagatelles dont ton bâtiment est rempli, tu t’es récrié, tu t’es vengé ; et dans le même instant tu as projeté au fond de ton cœur le vol de toute une contrée !

 

Tu n'es pas esclave: tu souffrirais la mort plutôt que de l'être, et tu veux nous asservir! Tu crois donc que le Tahitien ne sait pas défendre sa liberté et mourir? Celui dont tu veux t'emparer comme de la brute, le Tahitien est ton frère. Vous êtes deux enfants de la nature; quel droit as-tu sur lui qu'il n'ait pas sur toi? Tu es venu; nous sommes-nous jetés sur ta personne? Avons-nous pillé ton vaisseau? T’avons-nous saisi et exposé aux flèches de nos ennemis? T’avons-nous associé dans nos champs au travail de nos animaux? Nous avons respecté notre image en toi.

 

"Laisse nous nos mœurs; elles sont plus sages et honnêtes que les tiennes; nous ne voulons plus troquer ce que tu appelles notre ignorance contre tes inutiles lumières.

 

 

Diderot, Supplément au voyage de Bougainville, ch.2, les questions pour l'oral du bac

 

ORAUX EAF

Oral de 76 questions avec réponses en commentaire

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Autre étude :

 

ORAUX EAF

 

Puis s'adressant à Bougainville, il ajouta : " Et toi, chef des brigands qui t'obéissent, écarte promptement ton vaisseau de notre rive : nous sommes innocents, nous sommes heureux ; et tu ne peux que nuire à notre bonheur. Nous suivons le pur instinct de la nature ; et tu as tenté d'effacer de nos âmes son caractère. Ici tout est à tous ; et tu nous as prêché je ne sais quelle distinction du tien et du mien. Nos filles et nos femmes nous sont communes ; tu as partagé ce privilège avec nous ; et tu es venu allumer en elles des fureurs inconnues. Elles sont devenues folles dans tes bras ; tu es devenu féroce entre les leurs. Elles ont commencé à se haïr ; vous vous êtes égorgés pour elles ; et elles nous sont revenues teintes de votre sang. Nous sommes libres ; et voilà que tu as enfoui dans notre terre le titre de notre futur esclavage. Tu n'es ni un dieu, ni un démon : qui es-tu donc, pour faire des esclaves ? 0rou ! toi qui entends la langue de ces hommes-là, dis-nous à tous, comme tu me l'as dit à moi-même, ce qu'ils ont écrit sur cette lame de métal : Ce pays est à nous. Ce pays est à toi ! et pourquoi ? parce que tu y as mis le pied ? Si un Tahitien débarquait un jour sur vos côtes, et qu'il gravât sur une de vos pierres ou sur l'écorce d'un de vos arbres : Ce pays est aux habitants de Tahiti, qu'en penserais-tu ? Tu es le plus fort ! Et qu'est-ce que cela fait ? Lorsqu'on t'a enlevé une des méprisables bagatelles dont ton bâtiment est rempli, tu t'es récrié, tu t'es vengé ; et dans le même instant tu as projeté au fond de ton cœur le vol de toute une contrée ! Tu n'es pas esclave : tu souffrirais plutôt la mort que de l'être, et tu veux nous asservir ! Tu crois donc que le Tahitien ne sait pas défendre sa liberté et mourir ? Celui dont tu veux t'emparer comme de la brute, le Tahitien est ton frère.
Vous êtes deux enfants de la nature ; quel droit as-tu sur lui qu'il n'ait pas sur toi ? Tu es venu ; nous sommes-nous jetés sur ta personne ? avons-nous pillé ton vaisseau ? t'avons-nous saisi et exposé aux flèches de nos ennemis ? t'avons-nous associé dans nos champs au travail de nos animaux ? Nous avons respecté notre image en toi. Laisse nous nos mœurs ; elles sont plus sages et plus honnêtes que les tiennes ; nous ne voulons point troquer ce que tu appelles notre ignorance, contre tes inutiles lumières. Tout ce qui nous est nécessaire et bon, nous le possédons.
Sommes-nous dignes de mépris, parce que nous n'avons pas su nous faire des besoins superflus ? Lorsque nous avons faim, nous avons de quoi manger ; lorsque nous avons froid, nous avons de quai nous vêtir. Tu es entré dans nos cabaties, qu'y manque-t-il, à ton avis ? Poursuis jusqu'où tu voudras ce que tu appelles commodités de la vie ; mais permets à des êtres sensés de s'arrêter, lorsqu'ils n'auraient à obtenir, de la continuité de leurs pénibles efforts, titre des biens imaginaires. Si tu nous persuades de franchir l'étroite limite du besoin, quand finirons-nous de travailler ? Quand jouirons-nous ? Nous avons rendu la somme de nos fatigues annuelles et journalières la moindre qu'il était possible, parce que rien ne nous paraît préférable au repos. Va dans ta contrée t'agiter, te tourmenter tant que tu voudras ; laisse-nous reposer : ne nous entête là de tes besoins factices, ni de tes vertus chimériques.

Supplément au voyage de Bougainville (extrait) - Diderot

 

Supplément au voyage de Bougainville, 1772

« Puis s’adressant à Bougainville […] ni de tes vertus chimériques. » (chapitre II)

 

*** Notes pour une lecture analytique d'un élève

 

Deux systèmes opposés

 

Un orateur talentueux

 

 

Représentant des Otaitiens fervent défenseur

Très peu de « je », plus de nous qui correspond à tout son peuple

Vieillard Bougainville (amiral)

1ère apostrophe :

Périphrase chef des brigands, tu : manque de respect, dépréciatif

Egalité

Les Occidents sont une menace pour l’île, le vieillard défend la liberté de son peuple, ne veut pas être mis en esclavage

L’indigène refuse la colonisation car ils ont introduit vices et corruption à Tahiti. L3 « tu ne peux que nuire à notre bonheur »

Appropriation du bien d’autrui

Les français sont : des brigands, ils ont des vertus chimériques, principes des Lumières non respectés, ils sont vicieux, champ lexical de la violence « féroce » « égorgés » « sang » caractère nocif = controverse de Valladolid quand le dominicain décrit les méfaits des espagnols

Notion de propriété « prêché je ne sais quelle distinction du tien et du mien. » injustice et jalousie

Phrases exclamatives, questions rhétoriques ; présent de vérité général, oppositions

« tu n’es ni un dieu ni un démon »

Bcp d’apostrophes

tahiti

Europe

Partage

Possession tien-mien

Pureté morale

Corruption des mœurs

Nécessité

Cupidité

Universalité de la nature humaine

Vieillard= diderot : double énonciation

Vieillard sage aime la philosophie, sage

Attaque des Européens ayant reçu l’enseignement des Lumières mais ne le mettent pas en pratique

Argumentaire structuré

Vérités générales , impératif

 

 

Récit de voyage :

Marco Polo italien le livre des Merveilles (Chine, Asie…) 13ème siècle comparaison avec l’Europe

Joan de Léry Voyage au Brésil 15ème s

Bougainville Voyage à Tahiti 18ème

 

Supplément au voyage de Bougainville écrit par Diderot resté en France. Raconte à la manière d’un voyageur mais pourtant reste à Paris. Comment le cataloguer ?

Diderot

Philosophe né en 1713. Appartient au mouvement des Lumières, lutte contre les injustices Ecrit l’Encyclopédie en 1750 à 1772, Jacques le fataliste, ceci n’est pas un conte, Supplément au voyage de Bougainville

A vécu sous Philippe d’Orléans et Louis XVI.

France et Russie

Meurt en 1784 peu avant la révolution

 

Date de dernière mise à jour : 05/08/2017

Commentaires

  • Inconnue
    Merci :)
  • Jean-Pierre
    • 2. Jean-Pierre Le 22/02/2016
    Vous vous êtes trompé en ce qui concerne la date de naissance et de mort de Diderot dans l'introduction

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