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Le Gorgias et le Phèdre : dialectique et rhétorique

Dnbac commentaires

 

 

RHETORIQUE ET DIALECTIQUE

-première partie-

 

Définition et éléments pour une réflexion : langage et discours

 

La rhétorique dans le Gorgias

 

définition métaphysique de la rhétorique

Dans la Grèce antique, la rhétorique est un art du langage qui recouvrait l’ensemble des techniques de persuasion du discours. La rhétorique ancienne détermine trois genres de discours, le judiciaire, le délibératif, donc le discours politique et enfin l’épidictique qui comprend, l’éloge, et l’éloquence oratoire. Certaines règles régissent la construction de ce type de discours :

 

L’invention ou la conception

La disposition ou organisation du discours sous forme de plans, narration, confirmation, argumentation etc.

L’élocution ou style de discours, allégorie, ironie etc.

L’action ou prononciation du discours, diction ou code gestuel.

 

Du point de vue métaphysique, la rhétorique est une technique et une codification de la parole publique. Cela nous renvoie à la technique de la productivité discursive enseignée dans les écoles et dont l’enseignement a été supprimé en France fin XIXème siècle.

 

 

la rhétorique dans le Gorgias de platon

Le début du dialogue nous tourne vers Socrate et Gorgias, le philosophe Socrate interroge Gorgias pour savoir à quoi se rapporte l’art oratoire. Ce à quoi ce dernier répond, « l’art oratoire se rapporte à la vérité. La connaissance de cet art se rapporte aux discours; cet art est mené à son terme par le moyen de la parole ». L’art de flatter est celui qui se subdivise en quatre pour s’insinuer sous chacune de ces espèces et fait mine d’être cela même en quoi il s’est insinué sans souci de ce qui vaut le mieux. Sous la médecine, la cuisine fait mine de connaître les aliments qui valent le mieux pour la santé du corps. Elle est incapable de rendre raison à celui à qui elle administre son savoir faire. Sous l’art de la gym,la parure, la sophistique sous l’art législatif et l’art oratoire sous l’art judiciaire. Donc la définition de la rhétorique est la suivante, c’est un simulacre d’une espèce de l’art politique; la rhétorique est cette partie de la flatterie qui contrefait la politique, elle est cette espèce d’imitation.

Peut-il y avoir une bonne rhétorique?

Il y a pour l’âme, une santé apparente et une santé réelle; au regard de l’essence, seule la seconde est un bien. Le vrai discours est un discours sur la santé réelle de l’âme; le vrai discours doit aller au-delà de la simple persuasion, au-delà de la santé apparente. Il doit être producteur du bien par opposition au plaisir. Il y a une condamnation de la rhétorique déjà impliquée dans la différence entre la santé réelle et la santé apparente. Relativement à l’âme, il y a une technique d’éducation et une pratique de corruption qui a pour but de faire plaisir et de flatter. Par exemple, dans la poésie tragique, il faut obtenir la faveur du public. Si on retranche l’accompagnement musical, il reste les paroles, la poésie est donc aussi une éloquence publique analogue à l’art oratoire, donc, une flatterie. Dans ce dialogue, l’art oratoire s’exerce sur une structure involuée de l’âme, flatter instaurer un rapport de sympathie au sens d’une ressemblance, il faut s’attirer les grâces, l’amitié du peuple. Être un bon orateur signifierait enseigner la justice donc être un homme juste. le mal n’est pas dans la volonté mais dans l’ignorance du bien. L’ignorance de l’orateur est une ignorance qui s’ignore et qui s’adresse à l’ignorance de la foule. Le rhéteur est donc un faux politique. La mauvaise politique est celle du rhéteur qui ignore le juste. La bonne politique, est celle du philosophe qui a connaissance du juste; en se vouant à la philosophie, on se prépare du même coup à la politique;

 

 

RHETORIQUE ET DIALECTIQUE

- deuxième partie -

 

Définition et éléments pour une réflexion

-langage et discours-

 

 

la rhétorique, définition, le Phèdre

Faut-il bien penser pour bien parler?

L’étude des discours de Socrate permet de préciser quelle est cette science, cette technique que doit posséder l’orateur. Un discours doit être considéré comme un tout organique, nous avons dans le Phèdre de Platon une description de la méthode dialectique. Elle contient l’enseignement essentiel, le chemin à suivre pour le dialecticien. Nous avons une fausse et une vraie rhétorique. Il faut connaître la vérité sur l’objet dont on veut parler et le détour par le stade de l’essence vient de nous apprendre comment acquérir cette connaissance. Mais la rhétorique ne doit pas seulement connaître la vérité, elle doit la transmettre. Le stade de la définition avait mis en lumière le lien nécessaire entre la prétention de parler et l’obligation de penser et de penser vrai. Bien penser engendre t’il la faculté de bien parler? Socrate et Phèdre écoutent les inventions des sommités de la rhétorique puis interrogent les techniques courantes, médecine, poésie dramatique et musique, pour juger ces découvertes qui se prétendent scientifiques. Ce sont des recettes préalables à l’art et non pas l’art lui-même

 

 

comment acquérir le véritable art de parler et de persuader?

La dialectique comme condition première à la rhétorique

Il en est de la rhétorique comme de la médecine. pour la rhétorique, le recours à la dialectique sert à plusieurs niveaux :

 

À connaître le sujet que l’on se propose de traiter

À connaître l’âme des auditeurs sur qui l’on veut agir

A connaître les procédés rhétoriques, ces recettes préalables à l’art.

 

Donc ce qu’enseignent les rhéteurs ne sont que des notions préliminaires de l’art. ils oublient l’essentiel, l’art de disposer tous ces moyens, narration, déposition, preuve, présomption, en vue de la persuasion. Pour acquérir l’art véritable, pour enseigner à discourir avec art, il faut faire comme Périclès, étudier la philosophie sans laquelle on ne peut se perfectionner dans aucune science. Il faut surtout connaître la nature de l’âme. Les rhéteurs pensent que cela n’est pas nécessaire, ils estiment qu’il ne serait pas nécessaire pour être un bon orateur de connaître la vérité. Il suffit de persuader et la persuasion relève de la vraisemblance. Il faut connaître selon eux, la vérité exacte sur tous les sujets dont on veut parler avec vraisemblance. Le point de vue philosophique est tout autre. La rhétorique comme toutes les grandes techniques a besoin de la dialectique donc elle ne se confond pas avec la dialectique. La dialectique d’après ce dialogue, le Phèdre serait la condition pour qu’une rhétorique soit une bonne rhétorique. La rhétorique contient des éléments de science et de routine. L’élément dialectique écarté, il ne subsiste plus dans la rhétorique que les préliminaires de l’art. l’orateur doit donc être philosophe. Socrate nous montre le dialecticien à l’action qui des hauteurs de la connaissance consent à redescendre pour enseigner et pour produire dans l’âme des disciplines des discours qui confèrent le plus haut bonheur qu’il soit possible d’atteindre pour l’homme.

 

Le véritable orateur est le dialecticien

La vraie rhétorique

Le véritable orateur est le dialecticien qui recherche la vérité et qui la transmet à ses disciples. La question du discours écrit ne sert à rien d’autre qu’à préciser ce fait. La rhétorique apparaît comme une valeur dérivée car elle allie le principe hégémonique, dialectique et l’empirisme. Du point de vue dianoétique, la rhétorique est une pratique composite et hybride. Mais le futur orateur une fois qu’il aura accompli l’ascension ne touchera plus aux éléments de routine et d’empirisme; l’orateur accompli devra être dialecticien, alors il ne sera plus orateur.

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 16/08/2017