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Baudelaire, les Petites vieilles commentaire bac

 

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Les corrigés du bac de français : Baudelaire, les Petites vieilles

Séquence la poésie

 

Sujet :

Vous ferez le commentaire du poème de Baudelaire, « les petites vieilles », tiré des tableaux parisiens des Fleurs du mal, 1857. Les corrigés du bac de français

Ce corrigé intégralement rédigé fait 3 pages Word, il comprend une introduction, un développement en trois parties avec transitions et deux à trois arguments par partie, ainsi qu'une conclusion avec ouverture.

 

Poème de Baudelaire :

« Les petites vieilles »

 

- IV -

Telles vous cheminez, stoïques et sans plaintes,

A travers le chaos des vivantes cités,

Mères au cœur saignant, courtisanes ou saintes,

Dont autrefois les noms par tous étaient cités.

Vous qui fûtes la grâce ou qui fûtes la gloire,

Nul ne vous reconnaît ! Un ivrogne incivil

Vous insulte en passant d’un amour dérisoire;

Sur vos talons gambade un enfant lâche et vil.

Honteuses d’exister, ombres ratatinées,

Peureuses, le dos bas, vous côtoyez les murs :

Et nul ne vous salue, étranges destinées !

Débris d’humanité pour l’éternité mûrs!

Mais moi, moi qui de loin tendrement vous surveille,

L’Œil inquiet, fixé sur vos pas incertains,

Tout comme si j’étais votre père, ô merveille !

Je goûte à votre insu des plaisirs clandestins:

Je vois s’épanouir vos passions novices;

Sombres ou lumineux, je vis vos jours perdus;

Mon cœur multiplié jouit de tous vos vices!

Mon âme resplendit de toutes vos vertus !

Ruines! Ma famille ! Ô cerveaux congénères!

Je vous fais chaque soir un solennel adieu!

Où serez-vous demain. Eves octogénaires,

Sur qui pèse la griffe effroyable de Dieu?

Charles Baudelaire, « les fleurs du mal »

Tableaux parisiens, 1857

 

 

Plan proposé :

 

Introduction

Baudelaire est un poète et critique de peinture. Il est l’auteur « des petits poèmes en prose », « des paradis artificiels » et « des fleurs du mal ». Ce dernier recueil est caractéristique de l’état d’esprit du poète déchiré entre le spleen et l’idéal, ainsi que le suggère l’oxymore, titre du livre. Nous définirons le spleen comme mal de vivre et l’idéal comme ce vers quoi Baudelaire cherche à tendre. Le poète peut se définir comme un être à part en proie aux doutes et aux contradictions les plus manifestes et les plus variées. Auteur marginal et original, il incarne l’essence de la poésie par excellence comme expression de toutes les angoisses métaphysiques et existentielles de l’homme. Dans cette poésie, il évoque les silhouettes de vieilles femmes que les gens de la ville croisent sans plus faire attention, sans même les voir. Nous étudierons la dernière partie de ce poème. Il s’agit d’une poésie en alexandrins, nous avons ici six quatrains réguliers. Il s’adresse directement aux vieilles femmes dont il fait en quelque sorte l’éloge. Il nous décrit les déambulations parisiennes de ces vieilles femmes devenues invisibles, car les hommes ne savent plus voir. Il ne s’agit pas en fait d’une description, mais au-delà de l’éloge du troisième âge, de la condition du poète toujours là pour pallier aux oublis, aux erreurs, à l’indifférence des autres hommes du sens commun; le poète est là, il sait voir et peut raconter et s’exprimer par la poésie, véritable ressource pour la mémoire collective. Nous pouvons avoir l’impression que Baudelaire dans le cas particulier de cette poésie ne fait que son devoir de mémoire en tant que poète écrivain, mais en fait nous verrons qu’il tente de s’affirmer lui-même, et de conjurer le temps qui passe à travers ces « Eve octogénaires ». Nous étudierons notre poème en nous concentrant dans une première partie sur le portrait fait par le poète de Paris, nous intitulerons notre première partie, les tableaux parisiens, en second lieu, nous analyserons la condition et le rôle du poète, puis en dernier lieu, nous verrons en quoi il s’agit d’une poésie allégorique et métaphysique.

 

 

I Les tableaux parisiens

Description de la scène

Les contrastes de ce tableau

Transition

II La condition et le rôle du poète

L’émotion de Baudelaire

La condition du poète

Transition

III La connotation métaphysique et allégorique de la poésie

La fonction allégorique

La fonction métaphysique

Conclusion avec ouverture

 

 

Analyse de la poésie :

 

I Les tableaux parisiens

Description de la scène

Le poète retrace un tableau parisien pittoresque et contrasté. Au milieu d’un monde en mouvement apparait le portrait de petites vieilles. La scène est en mouvement, « la vieille capitale » s’anime, ce qui n’est pas sans nous rappeler « à une passante ». Le tableau fait l’objet d’une description en toile de fond, le décor est en fait assimilé « à un chaos des vivantes cités » côtoyées par les vieilles. Les autres passants sont personnifiés par l’image d’une foule variée et anonyme aux comportements divers, nous avons ici « un ivrogne incivil », là « un enfant lâche et vil » qui « gambade ». La foule en mouvement se redouble d’un portrait paradoxal bien contrasté.

Les contrastes de ce tableau

De la foule anonyme en mouvement divers se détachent les petites vieilles qui sont désignées par les pronoms personnels de la deuxième personne du pluriel, on peut lire, « vous », « vos » ou encore « mères…courtisanes ou saintes » ou bien encore « ma famille », elles donnent d’elles une image rassurante et sont toutes semblables, tour à tour femmes ou mères ou maîtresses. Mais paradoxalement, elles sont malgré tout des êtres multiples et contradictoires. Elles ont des origines diverses et pourtant toutes ont le visage de la femme éternelle, femme identifiée à « Eves » bien qu’octogénaires. L’image du contraste domine entre ce qu’elles étaient hier et ce qu’elles sont aujourd’hui. L’opposition est en effet faite entre leur destinée, leur gloire ancienne au vers 4 et les « débris » quelles sont devenus et qui contraste encore avec leur grandeur morale, « stoïques et sans plaintes «  malgré leur « dos bas », leurs « ombres ratatinées » aux « pas incertains ». L’image de ces femmes fatiguées préfigure la mort au-delà de leur attachement à la vie, elles oscillent sans cesse entre la vie et la mort telles des mortes vivantes, « des débris pour l’éternité mûrs », prêtes à mourir.

Le tableau parisien pittoresque et contrasté en mouvement et sous le signe du contraste est révélateur de l’identité du poète et de sa solitude, sa condition et son rôle.

 

 

II La condition et le rôle du poète

L’émotion de Baudelaire

La fonction de la description est plus profonde, c’est en fait un révélateur psychologique du poète. Nous constatons une forte présence du poète comme le soulignent les occurrences des indices personnels de la première personne, le poète est en fait le sujet du tableau dans les trois dernières strophes. L’émotion est sensible et se traduit par l’invocation lyrique en particulier dans le dernier quatrain. On peut mettre en avant les exclamations, l’interrogation, le rythme haletant des vers, la gradation rythmique de plus en plus ample au vers 21, l’exaltation rendue par les termes choisis comme « resplendit » « jouit », l’excitation.

La condition du poète

Que ressent le poète vis-à-vis de ces petites vieilles ? Quel regard porte t’il sur elles ? Les « vieilles « sont tels des objets offert au regard de Baudelaire qui les juge en tant que personnes âgées, « ratatinées », « débris d’humanité », fruits trop « mûrs ». Mais au-delà de la description que l’on pourrait qualifier d’objective, nous avons une grande tendresse, une immense sympathie dont le poète lui-même s’étonne, « ô merveille ». Le poète se découvre semblable à ses congénères, isolé, exilé dans un monde qui les rejette. Une sorte de fraternité s’établit, un peu comme s’il se découvrait une mère pour combler sa solitude. Baudelaire se perçoit tour à tour comme un fils, un orphelin et un « père » qui les « surveille ». Par conséquent, l’image de la condition du poète transparait à travers sa vision qu’il nous donne des « vieilles ».

Le rapport entre les vieilles et le poète est ainsi que nous l’avons vu très révélateur du poète mais, les petites vieilles sont font aussi l’objet d’une fonction allégorique et poétique.

 

 

III La connotation métaphysique et allégorique de la poésie

La fonction allégorique

Baudelaire nous fait un tableau très allégorique de ces « petites vielles », elles deviennent ainsi des figures allégoriques de la modernité, elles symbolisent à la fois le présent et le passé dans un monde sans cesse en transformation dont la ville moderne est l’image. Elles préfigurent notre vieillesse et la mort à venir, l’angoisse du lendemain, question existentielle chère à Baudelaire ainsi que le suggère l’interrogation : « où serez-vous demain » ? Ou encore l’expression «  jours perdus ». Cette poésie de la modernité est lourde en connotations métaphysiques.

La fonction métaphysique

Nous pouvons à ce niveau de notre réflexion mettre en évidence le pouvoir de transfiguration de la poésie. En effet, ces « petites vieilles » reflètent la magie de la poésie. En partant du quotidien dans ce qu’il a de plus banal et de plus réaliste, il transforme ces femmes en un spectacle étonnant mis en valeur par des termes mélioratifs comme « s’épanouir », « goûter »… Le vers 15 suggère le miracle, « merveille. Nous avons ainsi une certaine conception du monde et de la vie ainsi qu’une réflexion philosophique. Le thème dominant est celui du temps qui passe, des effets dévastateurs que les « petites vieilles «  incarnent dans l’indifférence la plus grande, « nul ne vous salue ». L’angoisse baudelairienne transparait et avec elle ses crises existentielles sur les questions les plus préoccupantes pour l’homme, le temps qui passe, notre condition mortelle et notre impuissance face à l’irréversibilité du temps qui passe. Paradoxalement, la poésie fait revivre ses « petites vieilles » en « Eves » resplendissantes. Le poète parvient ainsi à conjurer le temps qui passe grâce à l’écriture poétique qui remplit ici sa fonction essentielle : immortaliser.

 

 

Conclusion :

La fonction de la poésie se laisse facilement deviner dans cette poésie, il s’agit de reconnaitre à l’écriture poétique les pouvoirs d’immortaliser et de conjurer l’inexorable, la fatalité, le temps qui passe. Nous pouvons ainsi souligner le pouvoir transcendant de la poésie qui par les mots libère les hommes des maux les plus communs. Nous retrouvons cette même fonction de la poésie chez le poète Ronsard qui dans son sonnet pour Hélène, « Quand vous serez bien vieille » transcende également le temps.

Date de dernière mise à jour : 17/08/2017

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