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Apollinaire, Cortège à l'oral

 

 

Entretien préparé

Apollinaire, Cortège

Alcools

 

ORAUX EAF

Lecture du poème

 

Un jour je m'attendais moi-même
Je me disais Guillaume il est temps que tu viennes
Et d'un lyrique pas s'avançaient ceux que j'aime
Parmi lesquels je n'étais pas
Les géants couverts d'algues passaient dans leurs villes
Sous-marines où les tours seules étaient des îles
Et cette mer avec les clartés de ses profondeurs
Coulait sang de mes veines et fait battre mon cœur
Puis sur cette terre il venait mille peuplades blanches
Dont chaque homme tenait une rose à la main
Et le langage qu'ils inventaient en chemin
Je l'appris de leur bouche et je le parle encore
Le cortège passait et j'y cherchais mon corps
Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même
On me bâtit peu à peu comme on élève une tour
Les peuples s'entassaient et je parus moi-même
Qu'ont formé tous les corps et les choses humaines

Temps passés Trépassés Les dieux qui me formâtes
Je ne vis que passant ainsi que vous passâtes
Et détournant mes yeux de ce vide avenir
En moi-même je vois tout le passé grandir

Rien n'est mort que ce qui n'existe pas encore
Près du passé luisant demain est incolore
Il est informe aussi près de ce qui parfait
Présente tout ensemble et l'effort et l'effet

 

Petite biographie pour l'oral : Apollinaire

 

Apollinaire : questions sur sa vie et son oeuvre

Guillaume Apollinaire

  • Nom de naissance Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary de Wąż-Kostrowicki Activité(s)
  • Poète
  • Naissance 26 août 1880 Rome, Royaume d'Italie
  • Décès 9 novembre 1918 (38 ans) Paris, France
  • Langue d'écriture français Genre(s) poésie

 

Nom de naissance Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary de Wąż-Kostrowicki Activité(s) Poète Naissance 26 août 1880 Rome, Royaume d'Italie Décès 9 novembre 1918 (38 ans) Paris, France Langue d'écriture français Genre(s) poésie Guillaume Apollinaire, de son vrai nom Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary de Wąż-Kostrowicki, est un écrivain français (né polonais, sujet de l'Empire russe), né le 26 août 1880 à Rome et mort le 9 novembre 1918 à Paris.

Questions sur Apollinaire

  • - A quel siècle appartient il?
  • Fin du 19ème, début du 20ème : né le 26 août 1880 à Rome et mort le 9 novembre 1918 à Paris
  • - Quel est le terme de son invention?
  • Le calligramme
  • - Définir le calligramme : citer deux exemples de calligrammes
  • poèmes écrits en forme de dessins
  • - Le Calligramme est un néologisme créé par Apollinaire (1918), par croisement entre calligraphie et idéogramme dans un poème éponyme ; du grec kallos, « beau. Le calligramme est un des recueils de Guillaume Apollinaire, en tout premier lieu le poète nomme ses calligrammes, des "idéogrammes lyriques". Un calligramme est un poème visuel où les vers sont composés typographiquement de manière à former un dessin.», et gramma, « lettre »). Exemples de calligrammes, la cravatte et la montre, la colombe et le jet d'eau, Tour Eiffel.
  • - Comment est il mort? Où est il enterré?
  • Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Il meurt de la grippe espagnole.
  • - De quel autre terme que le calligramme, Apollinaire est il l'inventeur?
  • Surréalisme, il est admiré de Breton, Aragon. Il s'affranchit de toutes les influences d'école. Son art est fondé sur un seul principe : l'acte de créer vient de l'imagination, de l'intuition

 

ORAUX EAF

 

L'entretien préparé :

La préparation :

Les questions et la ou les problématiques sont toujours en rapport avec la séquence.

Les questions peuvent porter sur les textes et les introductions des séquences.

  • Conseils pour réussir : petit guide méthodologique
  • La préparation :
  • - Toujours tenir compte de la question
  • - Adapter les axes proposés dans le cadre de l’étude à la problématique donnée par l’examinateur
  • - Faire une introduction, reprendre la problématique, préciser le genre littéraire sans oublier de faire une petite biographie de l’auteur
  • - Faire un développement sous forme de plan en deux ou trois axes avec des sous parties et une transition entre chaque partie.
  • - Une conclusion avec une ouverture

 

Questions sur l’introduction : la poésie

Proposer une définition de la poésie

– poésie vient du grec poiêsis : création

Les règles de la versification :

Le vers :

Quelle est la structure des rimes plates ou suivies?

La structure est aabb

Quelle est la structure des rimes croisées?

La structure est abab

Quelle est celle des rimes embrassées?

Elle est en abba

Qui a rendu le sonnet célèbre? 

 Le sonnet a été rendu célèbre par l'itation Pétrarque et apporté en France au début du XVI siècle. Encore composé de quatorze vers, il est en premier constitué en 10 syllabes, puis en majorité en alexandrins.

Quelle est la règle du "e muet"?

-Le -e muet est supprimé en fin de vers ou dans la prononciation devant un mot commençant par une voyelle ou un H muet.

Qu'est-ce qu'une diérèse?

La dièrèse est la séparation d'une syllabe en deux par vocalisation d'une spirante.e

Qu'est-ce qu'une synérèse?

La synèrèse est la prononciation « normale » d'un mot qui comporte deux sons voyelles en contact.

Sur quelle règle l'accentuation des vers repose t'-elle? 

 Les vers simples (8 syllabes ou moins) et vers complexes (plus de 8 syllabes) ont tous un accent fixe obligatoire sur la dernière syllabe.

Définir le rondeau

Le rondeau trouve son nom à la ronde qui était dansée lorsqu'on le chantait autrefois. Sa structure a beaucoup changé, mais il est question, en principe, d'une poèsie qui contient 3 strophes de huit syllabes ou de dix syllabes, issues de deux rimes uniquement, et avec un refrain.

Comment un sonnet est-il construit?

Il est bâti sur deux quatrains de rimes enlacées (abba abba) suivis de six syllabes (on les retrouve souvent sous forme de deux tercets), avec une structure des rimes qui change.

Quels sont les modèles essenties de strophes?

Les modèles essentiels de strophes sont le tercet (3 vers), le quatrain (4 vers) et le sizain (6 vers).

 

ORAUX EAF

 

Problématique :

En quoi le poète en quête de lui-même met-il la poésie au service d'une évocation de la richesse du monde ?

 

Plan possible :

  • I. Un poète en quête de lui-même
  • II. Evocation de la richesse du monde

 

 

Commentaire :

Vers 48 à 69

 

Introduction

Après sa rupture avec Annie Playden, Apollinaire a éprouvé pendant un temps des difficultés à écrire. Puis peu à peu son ambition littéraire s’est ranimée ainsi que le sentiment d’être devenu plus fort en dépit de ses échecs amoureux. De cette régénération, sa poésie a gagné en authenticité : Apollinaire est passé par l'expérience et ses textes ont cessé de n’être qu’intellectuels pour prendre un aspect plus personnel. Désormais, le poète parle à la première personne. De même, ce retour à la vie lui permet d’introduire un thème qui devient capital dans le recueil : celui du phœnix c’est à dire celui de l'éternel recommencement, de l’éternelle régénération. « Cortège » a été publié en 1912, mais on en trouve une première version très parcellaire qui date de 1906. La partie que nous étudions se présente en un seul et long paragraphe suivi d’un autre plus court. En réalité, l'organisation des rimes et la thématique nous permettent de déduire quatre quatrains des vers 48 à 63 avec le plus souvent des rimes suivies. Puis on a un distique vers 64-65 et à nouveau un quatrain des vers 64 a 69. La plupart des vers sont des alexandrins, même si on relève quelques octosyllabes, ainsi que quelques vers cle 13 ou 14 syllabes. Finalement, en dépit d’une apparence d‘écriture très libre, ce texte reste relativement traditionnel dans sa métrique.

  • Questions sur l’introduction du commentaire :
  • De quelle renaissance pour Apollinaire ce poème est-il le fruit?
  • Qu’affirme t’-il désormais?
  • Quel thème devient important dans son recueil?
  • Expliquez le thème du Phoenix
  • De quel recueil, « Cortège » est-il tiré?
  • Quand a t’-il été publié?
  • Etudiez la métrique
  • Avons-nous un poème traditionnel ou d’une écriture libre?

 

l) Un poète en quête de lui-même

1) Un corps que l’on bâtit peu à peu

La quête de soi du poète commence avant tout par la quête de son corps. Ainsi voit-on peu à peu dans le texte le corps du poète être reconstitué par ceux qui en amènent les différents éléments « les morceaux >> v.62. Noter l'allitération en [m] dans le vers qui lui confère une harmonie. Au v.55, on note d’abord « sang de mes veines » et << battre mon cœur». Ensuite au v.59 on relève « leur bouche» à propos

des peuplades qui enseignent au poète un langage nouveau . Enfin les vers 60 et 65 font référence au << corps >> globalement. Au final, c’est le poète qui apparaît << je parus moi-même » v.64. On note un mouvement qui va de l'intérieur du corps (le sang, le cœur, les veines) vers l’extérieur (le corps) et du « parcellaire >> (les organes) au général (l’être entier). On remarque aussi que ce sont des parties << nobles » du corps (le sang, le cœur, la bouche) qui à chaque fois sont décrites. Nous avons donc la description d’un corps qui, de par sa symbolique, semble définir un poète (le sang, le cœur l’inspiration, les sentiments ; la bouche:  le sens du langage de la poésie).

  • I -
  • 1 - Questionnaire
  • En quoi le poète est-il en quête de lui-même?
  • Par où commence la quête du poète?
  • Quelle image avons-nous du corps du poète?
  • Quels sont les éléments du poème qui montrent le corps du poète se reconstituant?
  • Relevez une allitération et un assonance
  • Quels vers font référence au corps du point de vue général?
  • A quel vers le poète apparaît-il?
  • De quelle nature le mouvement du poème faisant apparaître le poète est-il?
  • Citez le vers qui justifient le mouvement du corps et son passage du particulier au général
  • En quel sens peut-on parler d’une symbolique du corps?

 

2) L ‘alchimie de la transformation

Au v.48 et 49 le poète se nomme lui-même dans sa poésie ce qui donne au texte un ton très personnel : << moi-même » « Guillaume». Ce dédoublement de soi apparaît deux fois dans l’ensemble du poème [cf v.21]. Le tout semble une incantation magique comme le signe d’une éternelle quête de soi, d’un renouveau sans cesse invoqué. Au v.54 opposition oxymorique « les clartés de ses profondeurs » a propos de la mer paraît étrange. Cependant on peut en donner une interprétation si l’on remarque que cette image est associée dans le vers suivant au sang du poète << coulait sang de mes veines ». Assonance en [] << mer », << coulait », << veines >> renforce l’unité thématique. Comme la mer, le sang du poète est à la fois lie à l’obscurité (il coule au plus profond du corps) et à la clarté (sa couleur rouge rappelle le feu). Cela renvoie à l’idée des alchimistes pour qui une régénération s’effectue d’abord au plus profond de soi, dans le plus sombre avant de paraître au grand jour. Chez les alchimistes, cette opération s’appelle l’œuvre au rouge : c’est celle qui demande de chauffer « au rouge » le métal sombre, comme le soleil rouge doit succéder à l’obscurité. C’est également l’idée contenue dans le mythe du phœnix qui renaît du feu purificateur (? la vie, la clarté sort de l’obscurité). Le symbole de la rose v.57 est lié lui aussi à l'alchimie. Apollinaire associe le plus souvent cette fleur à la lumière << et les roses de l'électricité »] mais c’est aussi le symbole du monde

Si les peuplades apparaissent une rose à la main, c’est un signe positif d’espoir, cela connote la lumière et la richesse du monde.

  • 2 - Questionnaire
  • En quel sens parler d’une alchimie de la transformation?
  • Dans quels vers le poète se nomme t’-il lui-même?
  • Expliquez l’idée de dédoublement au sens d’incantation magique
  • Citez pour justifier votre réponse
  • Relevez un oxymore
  • A qui se réfère t’-il? Expliquez et justifiez votre réponse
  • Pourquoi cela nous renvoie t’-iol aux alchimistes?
  • Analysez le symbole de la rose. Quelle fonction remplit-il?
  • Comment l’espoir est-il connoté?

 

3) Un dieu en formation

ll semble que peu à peu au fil du poème, les peuples décrits par le poète, et qui reconstituent son corps, soient en fait en train d’ériger une sorte de divinité. C’est ce que l’on peut interpréter notamment aux v.63/64 : le poète semble être une statue que les peuples auraient érigée comme le souligne le champ lexical de la construction « bâtit », << élève », << tour ». En fait le mouvement était déjà annoncé au vers 53 avec l'évocation de tours comme des îles. l'ensemble se situe en contraste avec la profondeur des villes des géants mais rejoint le double mouvement que nous avons déjà étudie’ de la profondeur qui mène à la clarté ou, comme ici, qui mène a l'élévation divine. ll semble donc que le poète soit à image de la tour ou de l’île, élevé au-dessus des hommes, par les hommes eux-mêmes comme on élève la statue d’un dieu païen. l/isolement du poète vis à vis du reste des hommes apparaît aussi une image commune à la tour et à l‘îlc. évocation des << dieux >> v.66 au pluriel confirme interprétation païenne. Quant au v.60, il fait référence au titre par évocation du << cortège », Ce terme possède bien entendu une connotation religieuse. Il s’agirait ici d’une religion païenne peut-être fondée sur la philosophie unanimiste liée à la quête de soi-même, de son identité et de sa relation au monde. En effet, Apollinaire devenu incroyant semblait s’être fait de unanimisme le fondement de sa croyance nouvelle.

  • 3 - Questionnaire
  • Quel Est-ce Dieu en transformation?
  • Comment l’image d’une divinité apparaît-elle?
  • Quels sont les vers qui le justifient?
  • Relevez le champ lexical de la construction?
  • Quel vers en était annonciateur?
  • Comment percevez-vous cette élévation divine?
  • Comment le poète apparaît-il aux hommes désormais?
  • Quel sens le lecteur peut-il donner au « Cortège »? Expliquez le titre
  • Etudiez la connotation religieuse
  • Expliquez la philosophie unanimiste

 

ll) Evocation de la richesse du monde

l) La diversité des hommes

Le texte v.64 évoque des peuples merveilleux qui semblent issus de légendes et révèlent la richesse de imaginaire du poète. On relève ainsi au v.52 << Les géants couverts d’algues » et au v.56 << mille peuplades blanches » dont la connotation tribale s’oppose aux géants «dans leurs villes » du v.52. Leurs habitats relèvent aussi de imaginaire merveilleux puisqu’ ils sont tantôt issus de profondeurs << sous marines » V53 tantôt issus de la Terre << Puis sur terre >> vr5ó _ On note toutefois que le poète apparaît étroitement relié à ces hommes, v.50, même si ce lien apparaît limité, v.5l et 61. ll semble que le texte se réfère ici encore à la philosophie unanimiste et a cette recherche de réunification de soi au reste du monde. Si le poète a conscience de la différence qui le sépare des autres hommes, il a plus conscience encore de ce qui les unit : chacun existe par la conscience de autre << ceux que j’aime ». [<< unanimisme » est une théorie littéraire et philosophique dont Jules Romains est initiateur. ll s’agit de la notion de conscience collective. L’idée lui étant venue un jour dans Paris, il l’appela « l’illumination de la rue d’Amsterdam ». A ce moment, il eut l’intuition qu’il existait une relation de nécessité dans tout ce qu’il voyait et cette relation était la conscience que lui avait du tout. Au delà de individu il existerait donc des groupes plus ou moins complexes, des âmes collectives. Par exemple, la ville serait l’une d’elles, Cela correspondrait donc à un dépassement de la vie individuelle

  • II - Questionnaire
  • 1 -
  • Comment l’imaginaire du poète se dévoile t’-il?
  • Quels sont les peuples évoqués?
  • Quelle image le poète en donne t’-il?
  • Le poète est-il intégré au monde des hommes?
  • Comment le poète perçoit-il sa différence par rapport au sens commun?
  • En quoi l’idée de conscience collective associe t’-elle le poète au reste monde malgré et au-delà de la différence?
  • Qui est l’initiateur de l’unanimisme?

 

2) Un enrichissement mutuel

Le poème marque le conscience d’un lien entre intérieur et extérieur. Cette interdépendance doit conduire à universalité du poète . celui-ci se définit autant par ce qui est en lui que par ce qui lui est extérieur << cette mer coulait sang de mes veines >> v,54-55. On remarque aux v, 6l-63 que le poète ses construit grâce à intervention des autres hommes, l’idée contenue dans cette image signifie peut-être que ce sont les autres qui nous donnent la vie par la regard qu’ils portent sur nous. En fait, nous n’existons que dans la mesure où les autres nous font exister dans leur conscience. Cela signifie aussi que pour que le poète existe en tant que tel, il doit prendre les éléments de la vie des autres, dans un mouvement continu d’échange, l’enrichissement mutuel s’opère aussi sur un autre plan : celui de l’échange. Ainsi aux 158-59, Apollinaire évoque un langage parlé par les peuples qui défilent et que le poète apprend grâce à eux. On peut dire que les hommes sont eux aussi des créateurs, des dieux puisqu’ils ont le pouvoir de créer un nouveau langage. Cela signifie aussi que le poète, dieu du langage trouve son pouvoir de création grâce au monde extérieur. Ainsi, ce poète que l’on a bâti « comme on élève une tour » nous renvoie par connotation à la tour de Babel. Le poète symbolise bien ambition des hommes à s’élever, à atteindre le divin et a rendre compte de toute la-diversité des hommes et de leur langage.

  • 2 - Questionnaire
  • Comment l’idée d’universalité apparaît-elle? Expliquez et justifiez votre réponse en citant le poème
  • En quel sens peut-on parler d’une véritable construction du poète?
  • Cette poésie a t’-elle des connotations philosophiques et est-elle riche par cet aspect parfois absent de la poésie?
  • L’altérité, l’autre « moi » qui me fait être : ce concept semble t’-il dominant dans la poésie?
  • Le poète crée et se recrée au contact du monde : est-ce le sens que Verlaine donne à sa « renaissance »?
  • Le poète devient un symbole : Lequel?
  • Quelles sont les fonctions du poète d’après Apollinaire dans cette poésie?

 

3) Le paradoxe du temps

extrait du poème étudié commence comme s’il s'agissait d‘un récit v.48 << Un jour », Cependant, la réflexion sur le temps contenue dans le poème ne va pas sans poser problème, Tout d’abord, on peut être surpris par l’emploi irrégulier de temps grammaticaux aux v.55 et 65 qui gênent la compréhension du texte. Ensuit, on remarque que le poème fait référence au temps aux vers 66-67 de manière négative : « trépassé », On note aussi le jeu de mots << passé/trépassés >> qui renforce l’image. L’ensemble du quatrain se trouve rythmé par l’emploi successif des mots << passé » v.66 << passent, passâtes >> v.67 « passé >>v.69. En réalité, le jugement porté sur le temps est de deux natures différentes selon que le poète évoque l’avenir ou le passé. Autant l’avenir lui paraît inutile v_68 « ce vide avenir» (noter l’allitération en [v] et l’assonance en [])) autant le passé lui semble prometteur vers 69 « je vois le passé grandir». Ainsi, Apollinaire développe l’idée paradoxale d’un passé plus vivant, plus riche que avenir. On relève le champ lexical du regard dans ces derniers vers : v.68 << mes yeux >> ; v,69 <<je vois ». (N.B. : le v.67 «je ne vis » provient du verbe vivre et non voir. Cependant ambiguïté phonétique renforce Fidee du regard du poète.) Ainsi le poète apparaît comme un « voyant», un prophète non de avenir mais du passé.

  • 3 - Questionnaire
  • Quels sont les temps grammaticaux du poème?
  • A quels vers avons-nous des références au temps de manière négative?
  • Relevez le jeu de mots. Que souligne t’-il?
  • Quels est le jugement porté sur le temps? Par rapport au passé et à l’avenir?
  • Quel est le paradoxe du temps? Justifiez et expliquez
  • Etudiez les assonances et les allitérations relatives au temps
  • Expliquez l’idée du prophète du passé. Le poète est un voyant du passé.

 

Conclusion

l'ensemble de extrait étudié se signale par une grande harmonie sonore et une relative régularité métrique. Cela donne au texte une tonalité globalement paisible et optimiste. ll est certain cependant que ce poème relève d’une thématique complexe dont le sens nous échappe toujours en partie. On peut cependant y voir entreprise orphique du poète c'est a dire une tentative de dentition de la poésie comme une opération mystique de reconstruction du passé. Le but est alors de remplacer le discontinu du temps par du continu. Le moi prophétique d’Apollinaire finit par contenir le monde entier et donne aux autres la possibilité d’exercer leur propre divinité. On y relève la figure de celui qui cherche à s’élever et qui en dépit de Echec momentané témoigne du rite initiatique de l'effort.

  • Conclusion : Questionnaire
  • Peut-on parler d’un poème paisible et optimiste?
  • Avez-vous trouvé cette poésie complexe?
  • Cette poésie vous a t’-elle familiarisé avec le moi prophétique d’Apollinaire?
  • Quelle est la fonction de l’écriture poétique après lecture de la poésie selon Apollinaire?

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 26/07/2017