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La matière et l'esprit, cours de philosophie, la Raison et le réel

 

 

"qu'est ce que la matrice ? " extrait de Matrix des Wachowski (1999)

Matrix (en France) ou La Matrice (au Québec et au Nouveau-Brunswick) (The Matrix) est un film australo-américain de science-fiction1, un « cyberfilm2», réalisé par Larry et Andy Wachowski, qui deviendront plus tard Lana et Lilly Wachowski, et sorti en 1999.

 

La matière et l'esprit

 
Illustration du dualisme par René Descartes. Les entrées sensorielles sont transmises par les organes sensoriels à la glande pinéale dans le cerveau, puis à l’esprit immatériel.

 

Réflexion sur la matière et l'esprit : De quoi la réalité est-elle faite? 

Quelles sont les réponses possibles?

 

Selon le matérialisme, la matière est à l'origine et au principe de tout : la réalité doit-être pensée selon la matière

Selon l'idéalisme ou le spiritualisme, l'esprit est à l'origine et au principe de tout : la réalité doit-être pensée selon l'esprit. 

Selon le dualisme, il faut associer la nature matérielle à la nature spirituelle. La réalité doit-être pensée selon sa double nature. 

La réalité est :

- spirituelle

OU

- Matière

OU

- Matérielle et spirituelle

Comment penser le corps et l'esprit?  Quels sont les enjeux? 

L'Ethique du vivant

- Si l'esprit dépend de la matière les enjeux sur la question de la liberté humaine ne sont pas les mêmes que si l'on affirme que l'esprit est indépendant de la matière.  Le sujet est-il à l'origine de ses pensées et de ses actes?  Nos pensées nous sont-elles propres?  L'homme subit-il le déterminisme ou peut-il se déterminer lui-même de manière autonome?  Le matérialisme est-il compatible avec une autonomie de l'esprit? 

- Si tout n'est que matière, comment penser la question de Dieu? Le matérialisme entraîne t'-il l'athéisme?   

- Ethique du vivant : euthanasie, avortement....

 

Le corps, obstacle à la pensée

 

Tant que nous aurons notre corps et tant que notre âme se trouvera mêlée à un tel mal, jamais nous ne possèderons suffisamment ce que nous désirons : la vérité, disons-nous. Le corps, en effet, nous occasionne mille embarras par la nécessité qu'entraîne son entretien; en outre, si quelques maladies surviennent, elles nous entravent dans notre chasse au réel. Il nous remplit d'amours, de désirs, de craintes, de simulacres de toutes sortes et d'innombrables frivolités, de sorte que, comme on le dit à bon droit, il ne nous est jamais réellement donné par lui de penser. D'où proviennent donc les guerres, les séditions et les conflits, si ce n'est du corps et de ses appétits ? Toutes les guerres, en effet, ne naissent que du désir d'acquérir des richesses, et nous sommes contraints par notre corps d'acquérir ces richesses, asservis à ses soins. Pour toutes ces raisons et à cause de lui, nous vivons sans loisir pour la philosophie. Mais le pire de tout, c'est que, lors même qu'il nous permet quelque loisir et que nous nous livrons à quelque réflexion, il intervient encore de toutes les façons en toutes nos recherches, nous occasionne du trouble et de la confusion, et nous paralyse au point de nous rendre incapables de pouvoir par son fait discerner la vérité.
 
Platon, Phédon, vers 383 av. J.-C.
 
Cet extrait du Phédon de Platon nous montre que nous sommes dans une pensée dualiste : le réel est composé de la matière et de l'esprit.
Mais, la matière est perçue comme un obstacle chez Platon pour l'esprit. Le corps est une prison pour l'âme.  Nous sommes dans le monde sensible, comme les prisonniers de la caverne. Nous devons nous élever aux Idées, nous détacher du sensible, nous détacher du corps pour nous tourner vers le monde Intelligible. 
 

Tout n'est que matière et vide

 

La nature entière, telle qu'elle est, a donc une double origine; elle comprend des corps et ce vide dans lequel ils se situent et se meuvent. L'existence des corps, le sens commun suffit pour nous l'attester, et sans ce fondement inébranlable de notre pensée, nous ne pourrions, à l'égard de faits plus obscurs, appuyer sur rien notre jugement. Quant à l'espace que nous nommons vide, s'il n'existait, il n'y aurait pour les corps ni place ni moyen de mouvement, comme je viens de te le montrer.

En outre, il n'est rien dont tu puisses affirmer l'existence hors de toute espèce de corps, hors du vide, rien en quoi tu puisses t'imaginer avoir découvert comme une troisième manière d'être. En effet, quoi qu'elle fût, encore lui faudrait-il, pour exister, des dimensions grandes et petites; or, si le toucher pouvait l'atteindre, même le moins du monde, on devrait la compter au nombre des corps, l'ajouter à leur total. La supposerait-on impalpable, incapable d'opposer dans quelqu'une de ses parties la moindre résistance au passage des corps, alors elle serait précisément ce que nous nommons le vide.

Lucrèce, De la nature, 1er siècle av. JC
 
Pour l'épicurisme, tout est matière même l'esprit.  
   L'épicurisme est une école philosophique née au IVe siècle avant J.-C. en Grêce et fondée par Épicure. La vision du monde est matérialiste. Seuls la matière et le vide existent.  Il n'y a que des atomes, la matière est la seule réalité et tout est soumis au déterminisme. 
 
 

Le morceau de cire

 

Commençons par la considération des choses les plus communes, et que nous croyons comprendre le plus distinctement, à savoir les corps que nous touchons et que nous voyons. Je n'entends pas parler des corps en général, car ces notions générales sont d'ordinaire plus confuses, mais de quelqu'un en particulier.

Prenons pour exemple ce morceau de cire : il vient tout fraîchement d'être tiré de la ruche, il n'a pas encore perdu la douceur du miel qu'il contenait, il retient encore quelque chose de l'odeur des fleurs dont il a été recueilli ; sa couleur, sa figure, sa grandeur sont apparentes ; il est dur, il est froid, il est maniable, et si vous frappez dessus, il rendra quelque son. Enfin toutes les choses qui peuvent distinctement faire connaître un corps se rencontrent en celui-ci.

Mais voici que pendant que je parle, on l'approche du feu : ce qui y restait de saveur s'exhale, l'odeur s'évapore, sa couleur se change, sa figure se perd, sa grandeur augmente, il devient liquide, il s'échauffe, à peine peut-on le manier, et quoique l'on frappe dessus, il ne rendra plus aucun son.

La même cire demeure-t-elle encore après ce changement ? Il faut avouer qu'elle demeure ; personne n'en doute, personne ne juge autrement. Qu'est-ce donc que l'on connaissait en ce morceau de cire avec tant de distinction ? Certes ce ne peut être rien de tout ce que j'y ai remarqué par l'entremise des sens, puisque toutes les choses qui tombaient sous le goût, sous l'odorat, sous la vue, sous l'attouchement et sous l'ouïe, se trouvent changées, et que cependant la même cire demeure. Peut-être était-ce ce que je pense maintenant, à savoir que cette cire n'était pas, ni cette douceur du miel, ni cette agréable odeur des fleurs, ni cette blancheur, ni cette figure, ni ce son ; mais seulement un corps qui un peu auparavant me paraissait sensible sous ces formes, et qui maintenant se fait sentir sous d'autres. Mais qu'est-ce, précisément parlant, que j'imagine lorsque je le conçois en cette sorte ? Considérons-le attentivement, et, retranchant toutes les choses qui n'appartiennent point à la cire, voyons ce qui reste. Certes il ne demeure rien que quelque chose d'étendu, de flexible et de muable.

Or qu'est-ce que cela : flexible et muable ? N'est-ce pas que j'imagine que cette cire étant ronde est capable de devenir carrée, et de passer du carré en une figure triangulaire ? Non certes, ce n'est pas cela, puisque je la conçois capable de recevoir une infinité de semblables changements, et je ne saurais néanmoins parcourir cette infinité par mon imagination, et par conséquent cette conception que j'ai de la cire ne s'accomplit pas par la faculté d'imaginer. Qu'est-ce maintenant que cette extension ? N'est-elle pas aussi inconnue ? Car elle devient plus grande quand la cire se fond, plus grande quand elle bout, et plus grande encore quand la chaleur augmente ; et je ne concevrais pas clairement et selon la vérité ce que c'est que de la cire, si je ne pensais que même ce morceau que nous considérons est capable de recevoir plus de variétés selon l'extension que je n'en ai jamais imaginé. Il faut donc demeurer d'accord que je ne saurais pas même comprendre par l'imagination ce que c'est que ce morceau de cire, et qu'il n'y a que mon entendement seul qui le comprenne. Je dis ce morceau de cire en particulier : car pour la cire en général, il est encore plus évident. Mais quel est ce morceau de cire qui ne peut être compris que par l'entendement ou par l'esprit ? Certes c'est le même que je vois, que je touche, que j'imagine, et enfin, c'est le même que j'ai toujours cru que c'était au commencement.

Or ce qui est ici grandement à remarquer, c'est que sa perception n'est point une vision, ni un attouchement, ni une imagination, et ne l'a jamais été quoiqu'il le semblât ainsi auparavant, mais seulement une inspection de l'esprit, laquelle peut être imparfaite et confuse, comme elle était auparavant, ou bien claire et distincte, comme elle est à présent, selon que mon attention se porte plus ou moins aux choses qui sont en elle, et dont elle est composée.

Descartes, Méditations métaphysiques, II, §11-13, 1641
 
La perception, œuvre de l’esprit. Quelle place revient à l’esprit dans la perception ?
La question a été posée par Descartes dans l’analyse du morceau de cire dans laquelle il s’interroge sur la connaissance du monde sensible en prenant l’exemple d’un morceau de cire dont se modifie l’apparence sensible lorsqu’on l’approche du feu. On affirme que la même cire demeure après ce changement. Mais qu’est-ce qui autorise à le faire sinon l’entendement qui permet de comprendre que le même morceau d’étendue subsiste malgré l’altération des qualités ? L’étendue dans son essence abstraite n’est pas saisie par la vision des yeux mais par l’inspection de l’esprit. Nous disons, nous voyons la même cire au lieu de dire que nous jugeons que c’est la même. La seule puissance de juger réside dans notre esprit selon Descartes
 
 
 
 


Le morceau de cire (Descartes)

 

 

Commentaire :


Descartes commence par exposer ce qui passe pour une évidence.

" Commençons par la considération des choses les plus communes, et que nous croyons comprendre le plus distinctement, à savoir les corps que nous touchons et que nous voyons. Je n'entends pas parler des corps en général, car ces notions générales sont d'ordinaire plus confuses, mais de quelqu'un en particulier."


Ce que nous connaissons le mieux, avec la plus grande distinction = l'évidence car elle est vraie

"ce qui est clair et distinct ne peut être faux"


EX :morceau de cire d’abeille.

"Prenons pour exemple ce morceau de cire qui vient d'être tiré de la ruche: il n'a pas encore perdu la douceur du miel qu'il contenait, il retient encore quelque chose de l'odeur des fleurs dont il a été recueilli; sa couleur, sa figure, sa grandeur, sont apparentes; il est dur, il est froid, on le touche, et si vous le frappez, il rendra quelque son. Enfin toutes les choses qui peuvent distinctement faire connaître un corps, se rencontrent en celui-ci."


Ce morceau de cire affecte nos sens : odeur, couleur, taille, dureté, son

Il est ce qu’il nous apparaît.

Mais si on approche ce morceau de cire d'une source chaleur les caractéristiques changent. Il affecte nos sens avec de nouvelles déterminations.
Le morceau de cire a des apparences changeantes pour chaque sens

"Mais voici que, cependant que je parle, on l'approche du feu: ce qui y restait de saveur s'exhale, l'odeur s'évanouit, sa couleur se change, sa figure se perd, sa grandeur augmente, il devient liquide, il s'échauffe, à peine le peut-on toucher, et quoiqu'on le frappe, il ne rendra plus aucun son."

Le morceau de cire change et reste le même.

il a des apparences sensibles variables.

Pourquoi?

"La même cire demeure-t-elle après ce changement ? Il faut avouer qu'elle demeure; et personne ne le peut nier. Qu'est-ce donc que l'on connaissait en ce morceau de cire avec tant de distinction? Certes ce ne peut être rien de tout ce que j'y ai remarqué par l'entremise des sens, puisque toutes les choses qui tombaient sous le goût, ou l'odorat, ou la vue, ou l'attouchement, ou l'ouïe, se trouvent changées, et cependant la même cire demeure."


Le morceau de cire n'affecte plus mes sens de la même manière donc on ne peut plus dire que c'est par les sens qu'on le connait, les déterminations ont changé. Et pourtant, c'est le même morceau de cire.

.Connaître une chose, c'est saisir ses déterminations nécessaires, c'est-à-dire celles qui lui appartiennent en propre et non pas des déterminations accidentelles comme celles qu'on saisit par les sens.

par les sens, nous ne connaissons rien des objets physiques, puisque par eux nous ne saisissons pas ce qui en eux est durable

ce que je perçois est de l’ordre de l’illusion ou du mirage.

Cela veut dire seulement que ce que je perçois ne constitue pas une connaissance de ce que je perçois

"Peut-être était-ce ce que je pense maintenant, à savoir que la cire n'était pas ni cette douceur du miel, ni cette agréable odeur des fleurs, ni cette blancheur, ni cette figure, ni ce son, mais seulement un corps qui un peu auparavant me paraissait sous ces formes, et qui maintenant se fait remarquer sous d'autres. Mais qu'est, précisément parlant, que j'imagine, lorsque je la conçois en cette sorte ? Considérons-le attentivement, et éloignant toutes les choses qui n'appartiennent point à la cire, voyons ce qui reste. Certes il ne demeure rien que quelque chose d'étendu, de flexible et de muable."


je peux dire qu’il est quelque chose d’étendu dans l’espace, un volume géométrique donc, qu’il est flexible et muable

"Or qu'est-ce que cela: flexible et muable ? N'est-ce pas que j'imagine que cette cire étant ronde est capable de devenir carrée, et de passer du carré en une figure triangulaire ? Non certes, ce n'est pas cela, puisque je la conçois capable de recevoir une infinité de semblables changements, et je ne saurais néanmoins parcourir cette infinité par mon imagination, et par conséquent cette conception que j'ai de la cire ne s'accomplit pas par la faculté d'imaginer. Qu'est-ce maintenant que cette extension ? N'est-elle pas aussi inconnue, puisque dans la cire qui se fond elle augmente, et se trouve encore plus grande quand elle est entièrement fondue, et beaucoup plus encore quand la chaleur augmente davantage ? Et je ne concevrais pas clairement et selon la vérité ce que c'est que la cire, si je ne pensais qu'elle est capable de recevoir plus de variétés selon l'extension, que je n'en ai jamais imaginé. Il faut donc que je tombe d'accord, que je ne saurais pas même concevoir par l'imagination ce que c'est que cette cire, et qu'il n'y a que mon entendement seul qui le conçoive, je dis ce morceau de cire en particulier, car pour la cire en général, il est encore plus évident."


Ce qui reste du morceau de cire une fois éliminées les apparences sensibles, à savoir l’extension, la flexibilité et la muabilité, n’est pas imaginable.

Alors, je ne peux pas plus connaître ce morceau de cire par les sens que par l’imagination.

il sera toujours étendu et muable. Or, il n’y a que l’entendement qui soit capable de saisir ces deux déterminations : les sens les ignorent, l’imagination n’en représente que des exemples.

Une inspection de l'esprit.

"Or quelle est cette cire, qui ne peut être conçue que par l'entendement ou l'esprit ? Certes c'est la même que je vois, que je touche, que j'imagine, et la même que je connaissais dès le commencement. Mais ce qui est à remarquer, sa perception, ou bien l'action par laquelle on l'aperçoit, n'est point une vision, ni un attouchement, ni une imagination, et ne l'a jamais été, quoiqu'il le semblât ainsi auparavant, mais seulement une inspection de l'esprit, laquelle peut être imparfaite et confuse, comme elle était auparavant, ou bien claire et distincte, comme elle est à présent, selon que mon attention se porte plus ou moins aux choses qui sont en elle, et dont elle est composée."

Toute la démarche est l'œuvre d'une inspection de l'esprit, c'est-à-dire d'un examen progressif, d'une analyse effectuée par l'entendement.

Donc, si c'est la même cire selon nous, ce n'est pas parce que cela se voit, mais parce que nous le jugeons ainsi, ce qui est un acte de l'esprit et non le résultat d'une perception.

Lorsqu'on dit qu'on voit que c'est le même morceau de cire, en fait on ne le voit pas, on en juge ainsi.

 

  • A voir

  • L'esprit est plus aisé à connaître que le corps
  • Cogito ergo sum
  • Je pense donc je suis
  • "Que suis-je moi qui suis? Je suis une substance pensante"

 

C'est l'esprit qui fait la dignité de l'homme : Pascal, les Pensées

L'homme est un roseau pensant

 

Je puis bien concevoir un homme sans mains, pieds, tête (car ce n'est que l'expérience qui nous apprend que la tête est plus nécessaire que les pieds). Mais je ne puis concevoir l'homme sans pensée: ce serait une pierre ou une brute.(339-111)

Pensée fait la grandeur de l'homme. (346-759)

L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser: une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C'est de là qu'il nous faut relever et non de l'espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser: voilà le principe de la morale.(347-200)

Roseau pensant. Ce n'est point de l'espace que je dois chercher ma dignité, mais c'est du règlement de ma pensée. Je n'aurai pas davantage en possédant des terres : par l'espace, l'univers me comprend et m'engloutit comme un point; par la pensée, je le comprends. (348-113)

Immatérialité de l'âme. Les philosophes qui ont dompté leurs passions, quelle matière l'a pu faire ? (349-115)

La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable.
  C'est donc être misérable que de se connaître misérable; mais c'est être grand que de connaître qu'on est misérable. (397-114)

Pascal, Pensées, 1670

 

 

Date de dernière mise à jour : 23/08/2017